Blizzard 2014 afficheUne fois encore, l’association chambérienne Are You Stoned Inc remet le couvert avec son Blizzard Mountain’s Fest. Trois jours consacrés au Stoner, au Doom et au Rock psychédélique avec à l’affiche des groupes tels que Planet Of Zeus, Naam, Loading Data et Mars Red Sky. Deux villes, deux scènes pour une même cause.

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Mercredi 1er octobre, La Marquise, Lyon

La première soirée est un warm-up, organisé avec Labyrinthe Tour et a lieu à la Marquise, salle bien connue des métalleux lyonnais et scène atypique puisqu’elle est sur une péniche, amarré aux quais du Rhône. Si peu de spectateurs sont présents, les lieux seront fortement secoués par les trois groupes qui jouent ce soir. C’est parti pour Goatfather, Enlarge Your Monster et Planet Of Zeus.

Goatfather

GOATFATHER-20141001-009Bien que ce groupe lyonnais soit très jeune (fondé en janvier de cette année), il a pourtant rapidement acquis une belle notoriété. Nous allons le voir dans quelques instants, dès que le quintet entamera son concert devant quelques dizaines de spectateurs. Goatfather, c’est un peu comme si une chèvre enragée avait pris une guitare et… Non, ça ne mène nulle part, une chèvre ne peut pas saisir une guitare. Bref, Goatfather, ça envoie du Heavy Stoner assez gras et groovy à souhait, avec une bonne dose d’auto-dérision. Olaf (chant) possède un timbre grave et puissant mais aussi du bagou. Très vite, le vocaliste devient complice avec le public qui soutiendra d’autant plus le groupe. Les compositions du quintet sont variées et ont chacune leur personnalité. On ne s’ennuie pas une seule seconde. Les riffs entêtants sont légions tandis que la basse gronde comme le tonnerre. Sur le titre final, Olaf se saisit d’un crâne de chèvre et lui consacre une chanson. Avec des titres aboutis et un sens du spectacle maîtrisé, nul doute que Goatfather est un groupe à suivre de très près, son potentiel n’ayant pas encore explosé.

Enlarge Your Monster

ENLARGE YOUR MONSTER-20141001-001C’est au tour des Lyonnais d’Enlarge Your Monster de nous présenter leur vision du Desert Rock. Dès le premier morceau, une ambiance sombre et mystérieuse s’instaure avec les mélodies jouées par Philippe (chant, guitare) et son acolyte guitariste. Le répertoire est truffé de morceaux à tiroirs, dépassant souvent les cinq minutes et nimbés de textures doom, parfois presque gothiques. Le chant y est aussi pour beaucoup dans la création de cette atmosphère, Philippe évoluant dans un registre aigu. Musicalement, c’est du très haut niveau, nous ne sommes pas loin de Tool. Pourtant, le public a du mal à accrocher et plusieurs spectateurs quittent les lieux. Pour leur défense, nous sommes en milieu de semaine, un jeudi soir et demain, il faut aller bosser. L’heure tardive n’aide pas Enlarge Your Monster, quand bien même le groupe s’applique sur ses compositions. Malgré tout, le groupe sera bien applaudi par le public encore présent.

Planet Of Zeus

PLANET OF ZEUS-20141001-013Lancés dans une tournée européenne constituée d’une quarantaine de dates, les Grecs de Planet Of Zeus posent leurs flight cases à Lyon pour leur quatrième et dernier concert en France. Nantis de trois excellents albums, les Athéniens ont connu une croissance rapide et leur notoriété n’a cessé de croître ces dernières années. Pourtant, la Marquise est presque vide. Une trentaine de spectateurs, tout au plus, sont placés devant la scène où s’affaire le groupe. Le dernier métro a rappelé les citadins à leurs pénates et seuls les automobilistes et les riverains sont restés. Triste. Ceci n’empêchera pas Planet Of Zeus de nous en mettre plein les oreilles et la vue. Babis (chant et guitare), malgré sa ressemblance avec Henry Calvin (l’acteur qui campait le rôle de Sergent Garcia dans la série Zorro de 1957), s’érige en véritable leader de la formation et parvient à faire participer le public lyonnais sur plusieurs titres, dont le final sur lequel les spectateurs chanteront le refrain pendant que Yog (guitare lead) exécutera un solo de plusieurs minutes. Au top physiquement, les cinq musiciens se donnent tous au maximum de leurs capacités et cet effort finira par payer puisqu’une partie du public exécutera un pogo. Ce à quoi Babis réagira en nous disant : « Vous êtes le meilleur public ! ». Une complicité naît entre l’assistance et le groupe, chaque chanson étant accueillie avec forts applaudissements et sifflements. Planet Of Zeus, encouragé par cet engouement, réalisera une excellente performance, carrée, pleine d’énergie et sans baisse de rythme. C’est une grosse claque, technique et scénique que nous prenons de plein fouet. Un concert passionnant du début à la fin qui aura donné beaucoup de plaisir, autant aux Lyonnais qu’aux Athéniens.

PLANET OF ZEUS-20141001-011 PLANET OF ZEUS-20141001-005 PLANET OF ZEUS-20141001-001

Le Warm-up se termine avec le set de Planet Of Zeus. Une soirée en demi-teinte car si la qualité fut de mise, la réussite au niveau des entrées est loin d’être atteinte. Mais ne tombons pas dans le défaitisme, il reste encore deux jours de festival, cette fois-ci à Chambéry.

Jeudi 2 octobre, Le Brin de Zinc, Chambéry

De longs mois se sont écoulés depuis ma dernière visite au Brin de Zinc, ce café-concert établi à Barberaz, à proximité de l’ancienne capitale de la Savoie. Le Blizzard pose ses valises ici pour deux jours et nous permettra de profiter des performances des meilleurs groupes de Stoner. Près de l’entrée où flânent quelques clients, nous voyons deux artisans exposer leurs produits : l’un fabrique ses propres pédales d’effets marquées Sentenza, un autre fait tester un amplificateur créé par ses soins, baptisé Benrey, aux allures de fligh case. Un jeune homme expérimente l’engin, équipé d’une Gibson SG qui ne demandait que ça. Plus loin se trouve le stand du graphiste Jo Riou, auteur de nombreuses affiches de concert et de quelques pochettes d’albums pour des groupes de Stoner/Doom. À l’intérieur du Brin de Zinc, la scène est prête, les instruments accordés et posés contre les amplis, les musiciens terminent de se restaurer et quelques spectateurs affluent à la billetterie. Il est temps de commencer.

 Buddy & Chief

BUDDY & CHIEF-20141002-004C’est le duo atypique Buddy & Chief qui ouvre la soirée. Buddy & Chief, ce sont deux lurons qui ne se prennent pas au sérieux, contrairement à leur musique qui est faite avec la plus grande passion. Une batterie (Chief) et une basse (Buddy), rien de plus. Buddy use de nombreux effets sur sa basse comme le fuzz, l’overdrive, une pincée de delay, un zeste de booster et tout ira pour le mieux dans le meilleur du Stoner psychédélique. Car le psychédélisme représente une part importante de ce concert, poussé parfois à la limite de la compréhension lorsque Buddy invite un ami « qui prend la vie comme elle vient » à monter sur scène pour couper du bois et utiliser ce même morceau comme un téléphone portable. Téléphone fictif qui sera remis à Buddy recevant un appel d’un autre ami. Une fois le « téléphone » reposé à côté de la scie, l’invité saisira une roue de voiture et s’en servira d’altères (?!) Le tout sur une musique transcendante du duo, naviguant sur un flot de mélodies hypnotiques recouvertes de fuzz. Ne pensez pas que le spectacle des Savoyards part dans tous les sens, il est au contraire terriblement cohérent. La musique, l’ambiance, l’esprit, le personnage de Buddy… Tout est là pour nous faire entrer dans une monde complètement différent de la triste réalité qui nous entoure. En cela, sans parler de l’excellente maîtrise technique et artistique, Buddy & Chief a tout compris à son sujet. Le duo nous aura fait une très forte impression, la même que plusieurs mois auparavant, lors du concert de soutien pour le Stone Rising Fest, le 16 janvier dernier. La progression des musiciens est impressionnante et nous sommes certains qu’ils nous réservent encore de belles surprises. À découvrir absolument !

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Loading Data

LOADING DATA-20141002-003L’un des fleurons, si ce n’est LE fleuron du Stoner français (avec Mars Red Sky que nous verrons plus tard) est de retour en Savoie pour notre plus grand plaisir. Le dernier concert auquel votre serviteur a assisté l’aura laissé sur sa faim. Le 28 mars dernier, Loading Data jouait alors avec 7 Weeks et Dust Blenders, au Warmaudio. Le groupe nous avait alors semblé en retrait, pas totalement concentré sur son sujet. Un jour sans, probablement. Ce soir, c’est une formation complètement transformée et revigorée que nous allons voir. Un groupe souriant, complice et soudé comme une famille. Le concert est introduit par Pablo (guitare) usant de ses effets, rejoint par Patròn (chant, guitare), Louise (basse) et Hervé à la batterie, remplaçant Robin en congé parental. Le titre Are You Reading My Mind, extrait de l’avant dernier opus Rodeo Ghetto Blaster, nous met alors dans le bain. Déjà, l’interprétation est carrée et ne souffre d’aucun défaut, aussi bien dans la technique, le jeu de scène ou le son. La suite est du même acabit, les titres phares du combo parisien se succédant : Do It On The Beach, Double Disco Animal Style, Daddy’ O, So High, Voodoo… La liste est longue et il n’y aucune baisse de régime. Louise ajoute une touche féminine bienvenue sur les choeurs, dynamisant un registre vocal déjà fort étendu grâce à la voix typée crooner de Patròn. Ce type aurait fait un carton aux Etats-Unis dans les années 50 ! Le groupe prend soin de son public, gardant le contact visuel avec lui et lui intimant de se rapprocher de la scène. L’intimité se renforce tandis que Loading Data poursuit sa route avec le sourire. On se laisse emporter et soudain, on se surprend à gigoter sur les riffs dansants tricotés par les musiciens. Louise agite ses cordes de basse, danse dans la lumière pendant que Pablo fait chanter sa Gibson. Derrière les fûts, Hervé abat un travail remarquable. Soudain, le groupe nous annonce que c’est le dernier titre. En guise de conclusion, nous découvrons une époustouflante interprétation de On My Heart, titre bouclant le dernier opus en date, Double Disco Animal Style. Un riff de basse hypnotique, un chant entêtant… Voilà, nous sommes définitivement partis pour de longues minutes d’extase. Loading Data vient de prouver une fois encore, en moins d’une heure et s’il en était réellement besoin, qu’il faut compter avec lui pour les années à venir. À quand un passage au Hellfest ?

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Naam

NAAM-20141002-002Tout droit venus de New-York (plus précisément de Brooklyn), Naam fait une escale en France pour nous présenter son Rock psychédélique. En vérité, il s’agit là d’un psychédélisme très marqué auquel on adhère ou non. Nous avons là l’expression la plus poussée de ce style musical. Attention, ce n’est pas non plus du Hawkwind mais presque. Si les musiciens sont peu bavards de prime abord, c’est pour mieux laisser parler la musique. Principalement instrumentales, les compositions de Naam peuvent partir très loin dans l’expérimentation sonore, qu’il s’agisse des notes ou des effets. Le synthé tenu par Johnny Weingarten occupe une place discrète mais se met en avant dès que les soli arrivent. De l’autre côté de la scène, le bassiste John Preston Bundy s’éclate avec sa Precision vintage et semble même entrer en transe, par instants. Le plus impressionnant est finalement le batteur Eli Pizzuto, le dos bien droit, les yeux cachés par des lunettes de soleil rondes, l’air impassible et l’esprit concentré sur les patterns. La musique de Naam revêt différentes formes et couleurs, le concert n’est pas linéaire mais plutôt une esquisse abstraite. Les spectateurs se laissent bercer par toutes ces notes à la fois étranges et communes. Nous aurons droit à un rappel qui verra le chanteur Ryan Lee Lugar jeter sa Strat’ avec force, la pauvre six cordes rebondissant sur les planches et finissant son parcours chaotique sur les pieds du claviériste. La guitare devient alors muette, redevenant qu’un simple assemblage de bois et de métal, les notes disparaissent et le temps reprend son cours.

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Le deuxième soir du Blizzard aura ressemblé à un voyage spirituel, nous permettant de voir un autre monde. Il est maintenant temps de rentrer, prendre du repos avant de revenir une dernière fois pour le dernier acte du festival.

Vendredi 3 octobre 2014, Le Brin de Zinc, Chambéry

Pour la première fois depuis le début de cette seconde édition (voire même pour les deux éditions du Blizzard, celui de 2013 affichant une affluence particulièrement décevante), le Brin de Zinc sera presque rempli, les spectateurs ne cessant de croître au fil de la soirée. Bien leur en prenne car ce soir, ils ont auront pour leur argent.

Space Fisters

SPACE FISTERS-20141003-004Un mois et demi après leur passage remarqué au Sylak, les Space Fisters investissent le Brin de Zinc et vont montrer à quel point ils se sont améliorés. S’il est un aspect impressionnant chez ce trio, c’est bien leur capacité à nous étonner par leur niveau technique. Leur courbe de progression semble sans fin car, à chaque fois que nous les voyons, ils sont encore meilleurs ! Montés discrètement sur la scène, Clément, Robin et Léo, respectivement bassiste, guitariste et batteur, donnent le ton dès l’introduction. Un son puissant et clair, réglé aux petits oignons par l’ingé-son neurasthénique et claustro du Brin de Zinc (*), nous fait profiter des compositions alambiquées du trio. Originales et très inventives, les chansons des poings de l’espace n’ont de cesse de nous surprendre et nous émerveiller. Impossible de s’ennuyer devant une telle performance. Ce groupe n’a besoin que d’un léger coup de pouce médiatique pour prendre son envol sur la scène internationale. Avec Loading Data, nous avons certainement là un autre fer de lance du Stoner français. Pour résumer, Space Fisters, ça déboîte ! Mais jusqu’où iront-ils ?! Avant de nous quitter, Clément nous annonce la sortie d’un premier enregistrement courant novembre 2014, nouvelle accueillie avec beaucoup de joie, naturellement.

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(*) Cette description purement subjective et humoristique est adressée à ce très bon ingé-son qu’est Franck.

Libido Fuzz

LIBIDO FUZZ-20141003-006Les Bordelais de Libido Fuzz prennent place sur la scène devant un public bien garni. Tout aussi remarquable que Space Fisters, ce trio possède une touche Hendrixienne non négligeable et très appréciable. Pour qualifier la musique des Bordelais, il faudrait d’abord parler de Boogie, un heavy Boogie teinté de Stoner et de fuzz. Une musique aboutie et particulièrement entraînante. Les soli de guitares sont techniquement impressionnants, fous, impétueux. On ne peut prévoir où va nous emmener le guitariste-chanteur Pierre-Alexis. Là aussi, le niveau du combo est élevé. Un problème de jack frappera le guitariste, sans gêner le déroulement du set puisque le bassiste, nouvelle recrue du groupe et le batteur feront perdurer le couplet jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Si le bassiste accompli parfaitement son rôle, ponctuant ici et là les compositions de notes mélodieuses, le batteur n’est pas en reste avec ses fûts et cymbales martyrisées. Les regards des spectateurs se posent essentiellement sur Pierre-Alexis, dont les riffs et soli semblent être l’expression physique de ses états d’âme. Il ne fait qu’un avec son instrument, devenant la continuité de ses mains. Un concert haut en couleurs, passionnant de bout en bout. À tel point que le public réclamera à vive voix un rappel, ce à quoi le trio répondra par la réinterprétation du titre handicapé par un problème technique, cette fois sans soucis.

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Mars Red Sky

MARS RED SKY-20141003-003Quelques mois après son passage sur la scène Valley, au Hellfest, Mars Red Sky retrouve les scènes plus intimistes pour nous plonger dans son univers singulier. Le trio bordelais a désormais acquis une reconnaissance européenne, à juste titre et va nous montrer que cette réputation n’est pas exagérée. Premier signe : le public s’est massé devant la scène, rendant les déplacements des photographes quasi impossible. C’est donc assis à côté d’un retour que je vais faire mon travail et profiter d’une musique riche et variée, aux multiples textures. Mars Red Sky, ce n’est un style mais plusieurs réunis en un seul. Ce sont des riffs de guitares aériens, des lignes de basses puissantes voire même pachydermiques, si vous me permettez la comparaison, et une batterie qui ferait passer les coups de Mike Tyson pour des câlins (toutefois, la rédaction de Sons Of Metal vous déconseille d’accepter les câlins de ce dernier pour des raisons de santé). L’introduction est lancée par Julien (guitare, chant) qui use d’effets divers pour poser l’ambiance. À ses côtés, le bassiste Jimmy Kinast assène ses premiers coups de basse, elle aussi garnie d’effets. Ne croyez pas que la musique de Mars Red Sky repose que sur les effets, bien qu’ils soient prépondérants. Il s’agit avant tout d’un talent de composition indéniable et d’un chant habité. Avec son timbre proche de celui de Thom Yorke (Radiohead), il contraste avec la musique lourde et grave. Le trio n’oublie pas le côté visuel et pour cela, il a fait appel à un vidéoprojecteur affichant des boucles d’images énigmatiques, parfois angoissante, tantôt captivantes sur le fond de scène. Le spectacle de Mars Red Sky prend aux tripes, tout simplement. Il est de ces groupes qui prouvent que le Stoner français à de beaux jours devant lui et mérite sa place sur le plan international, comme le fut le Desert Rock US en son temps. Il y avait Hawkwind, Electric Wizard, Monster Magnet puis Kyuss, il y a maintenant Mars Red Sky.

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Le Blizzard s’achève sous un tonnerre d’applaudissements attribués à la prestation mémorable de Mars Red Sky et au travail abattu par l’équipe de Are You Stoned Inc. Cette seconde édition fut un succès, les spectateurs auront répondu présent la dernière soirée et les groupes furent au top. Un énorme « merci » aux groupes, au public, au Brin de Zinc et la Marquise pour leur accueil. Merci et bravo à Are You Stoned Inc et Labyrinthe Tour pour leur travail et leur passion. Nous attendons avec impatience l’annonce officielle d’un troisième Blizzard.

Ci-dessous, l’équipe Are You Stoned Inc au grand complet. Merci à eux !

Kouni

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