Soul Tripper – Fucking Straitjacket

Posté le : 09 octobre 2014 par dans la catégorie Chroniques

Soul Tripper coverAmis gastronomes, bienvenue. Au fourneau ce jour, Soul Tripper, groupe drômois actif depuis 2010, dont l’équipe se compose de la manière suivante : Pierrick au chant, Anthony aux baguettes, Flavien à la basse et Florian à la six cordes. Ces derniers nous présentent pour la première fois sur galette leur lourde et grasse recette à base de Sludge suintant et de groove métal relevé. Le tout servi généreusement avec sa sauce Anselmo. Mais trêve de métaphore culinaire impromptue, place à la chronique.

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Sludge/Groove Metal – Sortie : 2014

Sludge/Groove Metal – Sortie : 2014

Ce qui marque en premier chez Soul Tripper, c’est une réelle maturité. Pour un premier E.P, on ne peut qu’être impressionné par la qualité des cinq compositions que le jeune groupe nous propose et par le son. Fucking Straitjacket  n’est pas produit avec les pieds, loin s’en faut. Le tout sonne clair et puissant, ça fait très pro tout ça. Deuxième impression, dont nous ne pourrons se départir durant l’écoute : Phil Anselmo habite l’offrande. Déjà par le riffing et le son de guitare, on trouve du Pantera. Le morceau titre et Hatred Bewitchment sont de parfaits exemples. Avec ce son gras, lourd, cette batterie versatile et cette basse rampante, on peut aussi penser au groupe Stoner de notre Lousiannais favori, Down. De plus, Pierrick est très clairement inspiré, sans toutefois être une pâle copie du maestro. Son chant très typé hardcore, Sludge oblige, nous porte tout au long de l’opus sans jamais lasser. Cependant, léger bémol, car rien ne saurait être parfait, un gros accent français que certains trouveront peut-être gênant. Mais ne boudons pas notre violent plaisir, Soul Tripper nous tabasse sèchement sur cinq titres inspirés, variés et parfaitement maitrisés. Pour preuve, Until the Redemption qui ouvre les hostilités et qui, d’entrée de jeu, nous en met plein la vue : outre un riff classiquement Stoner/Sludge, on trouve un superbe break qui nous fera irrémédiablement penser à Neurosis. Sur les autres pistes, on note chez le groupe un vrai attrait pour le breakdown. À ce titre, le breakdown de Natural Submission est un modèle du genre. Puissant, carré, chirurgical, très Gojiresque dans l’âme, il apporte une touche de modernité aux compos. On imagine cette piste taillée pour le live. Idem pour Destruction, Sadness and Misery qui avec son riff rock’n’roll et son refrain entêtant, promet le K.O dans le pit.

Vous l’aurez compris, le chroniqueur que je suis a été plus qu’emballé à l’écoute de cet E.P prometteur. L’ensemble est homogène et chaque piste possède sa propre identité, ce qui explique pourquoi l’E.P ne lasse pas. Pour un premier jet, Soul Tripper convainc car il s’est déjà trouvé un son bien à lui, en mixant ses influences Stoner/Sludge/Hardcore avec intelligence. Il reste au groupe à transformer l’essai avec un opus grand format que l’on attendra assurément avec impatience. En attendant, on croise les doigts pour que le groupe parte défendre son Fucking Straitjacketen dehors de sa Drôme natale…

Walhälla

 Tracklist :

  • Until the Redemption
  • Fucking Straitjacket
  • Hatred Bewitchment
  • Destruction, Sadness and Misery
  • Natural Submission

Site : http://soultripper.bandcamp.com/