Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery coverL’histoire de Lost Ubikyst In Apeiron démarre avec la fin de The Gateway, premier projet de Schrissse. Le désir de produire de la musique, même sans groupe, s’était déjà prononcé quelque peu auparavant avec une première démo solo. Le processus de composition et le projet sont lancés en 2007. Nous avons ici à faire à un one man band puisque Schrissse s’occupe de tout : des guitares au chant, en passant par la programmation synthé et batterie. L’enregistrement et le mixage sont eux aussi fait maison. Il aura fallu pas moins de six ans au projet pour voir un aboutissement du point de vue composition et enregistrement, la mise en presse et la constitution de la pochette ayant pris une dernière année pour s’achever sur une bonne note.

Genre : progressive, melodic death, opera rock - Date de sortie : 22 août 2014

Genre : progressive, melodic death, opera rock – Date de sortie : 22 août 2014

La pochette, parlons-en justement. L’image est très travaillée, belle et intéressante. Chacun pourra se livrer à son interprétation personnelle de ce travail graphique en rapport avec le contenu du disque à proprement parler, mais l’ensemble est professionnel et sans concession. Cela méritait bien d’attendre un peu plus.

D’un point de vu sonore, disons simplement pour commencer que si nous nous attendions à du travail propre, nous ne nous attendions pas à ce que nous avons pu entendre. En effet, il est impossible de déceler le fait que cela soit une autoproduction. Le son est nickel, ne souffrant d’aucun défaut. La balance et l’équilibre entre chaque partie, chaque morceau et chaque instrument est comme il faut. Nous avons plus souvent entendu des albums professionnels moins bien enregistrés que cela que des autoproductions aussi soignées. Qualitativement, nous sommes très satisfaits. Mais, me demanderez-vous alors : si l’album étant soigné, propre et d’une qualité sonore a priori irréprochable, qu’en est-il de la composition ?

Les influences citées sont diverses, variées et regroupent des styles qui se rejoignent uniquement par le fait qu’ils nécessitent du travail et du soin. Par exemple Meshuggah et Steve Vai ne jouent pas la même chose, cela est plus que certain, mais il n’en reste pas moins que dans leur style, ils sont maîtres. La maîtrise technique donc ? Notre homme-à-tout-faire, monsieur Schrissse, sera-t-il à la hauteur de son enregistrement ? Et bien figurez-vous qu’en plus, oui, cet homme se paye le culot de mettre sept ans à sortir un album, de tout faire lui-même, d’être un bon ingénieur du son et en plus, un bon technicien instrumental et vocal. Les ambiances changent progressivement au fil des morceaux, des parties vaguement électros enchaînées avec des grosses rythmiques bien modernes auxquelles succèdent des parties solo de haute voltige, le tout dans un ensemble harmonieux, mélodique et sensible. Une technicité maîtrisée pour la musique et non pas le show pur et simple de technique sans âme. Si les influences sont palpables par endroit, nous sommes bien loin ici de la caricature ou de la copie. Il faudra même parfois réfléchir un peu pour « trouver » une éventuelle similitude. Le style lui-même, s’il est définitivement proche du progressif ou de l’opéra rock à la Devin Townsend, sait garder ses distances, flirtant entre le guitar-hero, le Djent et tout le reste. Le growl mélodique et juste de Schrissse achève de nous amener dans son monde. Chaque morceau aura sa personnalité propre.

Le seul point noir, si jamais nous devions en trouver un (histoire de dire qu’il y en a un), c’est que les fanas de gros Metal bien gras sans fioritures passeront sûrement leur chemin. Malgré tout, ils pourraient y trouver quelques passages plaisants. Notre avis ici est totalement positif. Il n’y a rien à dire de particulier si ce n’est qu’il faut définitivement écouter cet album qui deviendra vite la pièce maîtresse d’une collection de disques à laquelle il aurait pu manquer un opus mélodique, travaillé et plein d’émotions. La touche d’originalité est un plus indéniable. La programmation de la batterie reste audible mais passe très bien dans l’ensemble. Nous n’y avons guère prêté attention qu’au cours du premier morceau, le temps de nous laisser porter par la musique. Après quoi, vous oublierez facilement que ce n’est pas un batteur humain derrière les fûts. Ce qui prouve que la programmation d’une part a été bien faite et que le son de base est de bonne qualité, d’autre part. Laissez-vous emporter par cette œuvre qui, d’un premier album fait déjà quasiment un classique incontournable. Nous attendons presque avec impatience une scène un jour. À priori, le projet est en cours et des nouveaux morceaux sont en cours de composition. Qu’attendez-vous pour vous laisser tenter ?

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Line-up :

  • Schrisse : tout

Tracklist :

  1. Nothing To S(l)ave
  2. The Way
  3. Deaf To Reason
  4. Final Roar
  5. Blind Cyclops
  6. Swallow The Earth
  7. Dead And Gone
  8. Sarkonna
  9. The Void
  10. Peace
  11. Gaïane

http://www.lostubikystinapeiron.com/

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