Finntroll  (10) (1024x683)Pour finir l’été avec le soleil (enfin) pour une fois et la saison des festivals, je me rends au milieu des montagnes, dans la ville des Jeux Olympiques d’hiver : Albertville. Et oui, l’ancienne ville des J.O. accueille sept groupes aux styles variés. En tête d’affiche, se sont les Finlandais de Finntroll qui sont à l’honneur ce soir. No Return, Hypocras, Idensity, Chaosis, General Cluster et Festering Progress viennent compléter l’affiche de cette première édition du Rock Spirit Mountains Of Hell pour la première soirée. Heureusement, le temps est agréable au milieu de ce ciel rougeoyant du crépuscule. L’ouverture des portes se fait attendre, on entend et aperçoit les dernières balances. On profite des derniers rayons de soleil pour ce festival en plein air.

Festering Progress

Festering Progress  (1024x683)Les hostilités débutent avec Festering Progress. Les premières notes retentissent dans les airs alpins, le public s’avance timidement au devant de la scène. Festering Progress nous assène un Death Metal-Grind assez décapant aux puissant riffs enragés ! On découvre deux chanteurs, Bobao (Steph) et Mathieu qui se trouve en fauteuil roulant, une jambe bandée mais cela n’enlève rien à sa rage d’être sur scène, ni à celle de Bobao non plus. Tout deux véritables bêtes de scène ! Les titres s’enchaînent bien tout au long du set.

General Cluster

General Cluster (4) (1024x684)Changement de plateau, on poursuit l’aventure avec General Cluster, venu de Grenoble, un groupe tout aussi décapant que le précédent mais dans un style Stoner Metal dont le public semble apprécier davantage. Les riffs sont lourds, aux sonorités sudistes. Logique, me direz vous, vu le nom du groupe. Dammut, le chanteur, ne tient pas en place, parcourt la scène de long en large et monte sur les enceintes posées entre la scène et le public. D’ailleurs, tout les autres groupes feront de même. Durant leur prestation, une partie des fans s’avancent tandis que l’autre reste en retrait pour laisser la place aux headbangers. General Cluster déborde d’énergie qu’ils savent bien transmettre aux spectateurs.

Chaosis

Chaosis 12.09.2014 (4) (1024x683)Après une petite pause, le temps d’aller boire une bière et casser la croûte, on revient devant la scène pour Chaosis, venu d’Annecy, juste de l’autre côté des montagnes. C.Drikk (chant) a une nette ressemblance et influence avec Phil Amselmo (Down, ex Pantera). Leur style Thrash Death Hardcore n’est pas sans rappeler les mêmes origines. Les riffs sont tout autant survoltés. le départ d’un circle-pit est demandé par C.Drikk et l’ambiance reprend de plus belle dans le chaos du public. Les musiciens n’hésitent pas à monter sur les enceintes pour être au plus proche des fans. Une partie de l’organisation monte sur scène pour quelques headbanging et choeurs sur le dernier titre.

Idensity

Idensity (1) (1024x683)La soirée continue sur un bel élan qui ne semble pas s’essouffler. Venu de la région parisienne, Idensity nous livre un Death Metal progressif, influencé par Opeth et Katatonia, entre autres. Des musiciens dynamiques qui savent se mettre en scène, en particulier Antoine Boisselier à la guitare rythmique et Christophe Ferreira au chant, ainsi que les autres musiciens. Idensity alterne entre Death et mélodique interprété par la ravissante Mayline au violon. Ces mélodies apportent une certaine légèreté à un style plutôt brut.

Hypocras

Hypocras (2) (1024x683)Place maintenant au Folk Viking Metal non pas venu de Scandinavie comme on pourrait l’imaginer mais de Suisse, plus précisément de Genève. Loin des boucliers, côtes de mailles et drakkars, les membres d’Hypocras débarquent sur scène vêtus comme des loques, les corps lacérés à coup de peinture de guerre. Bref, une horde de vikings venus nous enchanter au doux son de la flûte d’Arnaud Sotirov et aussi nous endiabler avec des instruments plus modernes tels que la guitare de Nicolas Sautier, la basse de Benjamin Alfandari et les tambours de Samuel Jukabuc. Le tout agrémenté par la voix death et les growls d’Alexandre Sotirov. Les fans se montrent plus nombreux devant la scène et les chevelures virevoltent au premier rang. Il semblerait que le public se montre plus enthousiaste pour le Folk Metal que le Death des groupes précédents. L’ambiance est joyeuse et les headbangs ne manquent pas dans la foule ainsi que quelques “stage diving”, histoire de se réchauffer un peu. L’air fais des montagnes commence à se faire ressentir, faut dire qu’on a dépassé minuit et on attend la suite mais pendant le changement de plateau, on nous annonce que le programme est modifié. En effet, le festival ayant prit beaucoup de retard, Finntroll inverse sa place avec celle de No Return qui jouera en dernier.

Finntroll

Finntroll  (10) (1024x683)Après l’invasion viking, voilà une horde de trolls finlandais qui débarquent sur la scène des Alpes, le visage peint, rayé d’une bande noire, Finntroll débute son set par “Blodsvept” dont les fans venus en nombres reprennent en choeur le refrain. Et là, on s’aperçoit que le public est venu pour Finntroll. D’ailleurs, la fraîcheur des Alpes ne semble pas toucher les fans qui sont en pleine forme, tout comme leurs idoles finlandaises. On remarquera quelques trolls dans le public, descendus de leur montagne pour cette occasion. Les musiciens sont au mieux de leur forme et donnent le meilleur d’eux même. Vreth (chant) est plus enjoué que les précédents concerts où je l’ai vu (Lyon, Genève, “Blodsvept Tour” 2013). Les riffs de Skrymer et Routa sont toujours autant percutants, ainsi que les notes de Toundra à la basse. Vitra apporte ses airs folk grâce à son clavier, c’est aussi l’occasion de voir et entendre leur nouveau batteur MörkÖ qui s’en sort assez bien pour succéder à Beast Dominator, ce qui n’était pas gagné d’avance. Les chansons s’enchainent bien lorsque le visage de Vreth s’assombrie entre deux titres. Vitra lui annonce qu’ils n’ont plus que deux titres à jouer. La déception apparaît alors, autant sur scène que parmi les fans. Vreth se tourne vers le public et lance :”Fuck, fuck, fuck ! Only two songs to play !?”. La consternation se lit sur tous les visages. Finntroll ne perd pas de temps et enchaîne aussitôt avec le titre suivant puis finit en toute beauté avec l’incontournable “Trollhammeren”. Leur setlist fut réduite de moitié, une prestation trop courte en effet, mais ô combien excellente. Il n’empêche que c’est une sensation de désenchantement qui règne sur cette fin de concert et cela se comprend.

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No Return

Après les adieux de Finntroll à leur fans, une grande partie du public quitte le stade olympique, croyant le festival terminé. Les techniciens ôtent leur matériel, mais il n’en est rien et aussitôt, le drap de scène de No Return se hisse à l’arrière de la scène. Les parisiens montent sur scène à deux heures du matin. Malgré l’heure tardive, les musiciens donnent le meilleur de leur Thrash Death Metal à une poignée de fans restés. Mick Caesare (chant) décrit sa colère, justifiée et n’hésite pas à dire ce qu’il pense de l’organisation du festival : “En vingt cinq ans de carrière, trois heures de retard sur un festival, c’est du jamais vu […] Une orga de merde, mais un bon festival avec des groupes sympas”. Les riffs d’Alain Clément (guitare) et de David Barbosa sont furieux et efficacement bons. À peine le temps de chanter quelques titres que les projecteurs s’éteignent. No Return continue de jouer dans le noir puis un court instant plus tard, on leur coupe carrément le son. Reste Joël Barbosa (batterie) seul à se faire entendre. Le set de Finntroll était court mais là c’est pire, No Return n’a joué qu’un quart d’heure. La poignée de fidèles restés jusqu’au bout a bien tenté de les faire continuer de jouer, mais en vain. Evidemment, cette succession d’actes n’ont en rien atténués la colère de Mick Caesare, bien au contraire. Le concert de No Return se termine sur des notes d’amertumes. Dommage, ils méritaient de jouer leur concert en entier, tout comme Finntroll…

Le seul point négatif de ce festival aura été le retard accumulé (dont j’ignore les causes), obligeant un changement de programme, comme cité plus haut. Cette première édition du Rock Spirit Festival, dont le vendredi soir était dédié au Metal, aura attiré 350 personnes. Le festival s’est déroulé dans la bonne humeur, dans un cadre agréable au milieu des montagnes d’Albertville et en plein air. Fort heureusement, nous avons eu beau temps. Ajoutons les soixante bénévoles pour la concrétisation de cet évènement, sans qui rien n’aurait été possible.

Pour finir, merci à Finntroll, No Return, Hypocras, Idensity, Chaosis, General Cluster et Festering Progress, Adn Artistes Compagnie pour l’organisation, Carpediem Evènement chargé de la sono pour cette première édition du Rock Spirit Festival.

Melissa