Lelahell coverLelahell est un trio de Brutal Death old school tout droit venu… d’Algérie. Le groupe est formé en 2010 par un cador de la scène underground algérienne, Lelahel (guitare, chant, ex Litham). Ce dernier, après la sortie d’un premier E.P en 2012 entièrement auto-produit  s’adjoint les services des redoutables Nihil (basse, ex – Barbaros) et Slaveblaster (batterie, ex Barbaros). Une fois les sommaires présentations faites, il s’agit désormais de s’attarder sur la première offrande longue durée de nos algérois, toute fraîchement publiée chez le label américain Horrors Pain Gore Productions.

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Genre : Brutal death – Sortie : 2014

Genre : Brutal death – Sortie : 2014

Première impression : l’artwork d’Al Insane… The Re-Birth of Abderrahmaneest splendide. Ce prophète menaçant ne semble pas venu délivrer un message d’amour et de paix universelle. Non, ses mains crachent l’éclair, illuminant le nom du groupe d’une aura de puissance qui ne peut signifier qu’une chose : on va se faire rosser. Et sérieusement qui plus est. D’ailleurs, l’impression de carnage imminent se révèle dès l’introduction : Mazaghran. Un sample nous immergeant dans une bataille, une voix aux intonations mystiques énonçant une prophétie en arabe, le tout en 19 secondes, et là: Bim ! On est parti pour une séance de ça-va, ça-vient à la sauvage. Alors, on va éviter l’écueil d’entrée de jeu : certes, un groupe algérien, ça attire une certaine curiosité pour l’exotisme. Mais Lelahell n’est pas décidé à jouer sur ce terrain-là. On a sur cette galette des titres froids, à mille lieux de la chaleur du Maghreb. Nous avons là une guitare accordée en mode «tronçonneuse», et j’exagère à peine, une basse bourdonnante, une batterie ultra triggée, virtuose et très bavarde et pour finir, un chant suintant la haine. Certes, quelques petites touches traditionnelles parsèment ici et là l’album mais en touche légère sur quelques riffs seulement. Seule l’interlude instrumentale Imzad joue à fond la carte de l’arabisant. Ce que l’on trouve en quantité, en revanche, se sont des alternances de passages ultra-bourrins et d’autres plus catchy, voire carrément groovy, dont sont dotés chacun des morceaux. Chaque morceau contient en effet une touche progressive. Les changements de tempos et les break sont légions, de sorte que chaque titre soit compartimenté en plusieurs parties et suive une évolution qui lui est propre. Cela permet d’ailleurs à l’album de passer le cap de plusieurs écoutes car si la formule reste globalement la même durant tout le disque, les morceaux sont tous différents. On a parfois de l’épique, comme le monstrueux Al Intissar qui ouvre l’album. D’autres morceaux sont de pures moments de brutalité, tel Voices Revealed et ses gravity blast, le très catchy Hypnose et ses paroles en français, ou encore Am I in Hell. On peut également piocher dans l’opus du speed avec le très « nilesque » Kalimet Essir et du black avec Black Hands. Dans tout ce déchainement de violence, l’interlude arabisante, accompagnées de percussions traditionnelles situées en milieu d’album Imzad est aussi salutaire que courte. Fait assez rare pour être souligné : la répétition des refrains fait qu’ils s’impriment très facilement en tête. On se surprendrait presque à en fredonner certain.

Bon, cet album étant le premier du jeune groupe, des imperfections sont tout de même à noter. La première : la voix. Non pas que le growl de Lelahel soit mal maitrisé, d’ailleurs il ressemble fortement à celui de Stéphane Buriez de Loudblast. C’est juste que son chant, en death ou black, manque cruellement de personnalité. Ensuite, la production. Face aux canons du genre (Nile, Origin ou Krisiun), elle paraît faiblarde. La faute surement à un manque de moyen, la rendant moins claire et moins puissante que les groupes nommés précédemment. Cela dit, elle confère à l’ensemble un son plus roots qui fait parfois penser à Entombed. Brutal Death Old School qu’on vous dit.

Pour conclure, cet album est bon. L’ensemble est technique et maitrisé, avec une mention spéciale à Slavebaster qui semble véritablement inhumain. Les influences de groupes tels que Nile, Origin ou Necrophagist sont bien digérées. Certes, Al Insane… The Re-Brith of Abderrahmane n’est pas un album qui va révolutionner le genre death, mais il fait bien le boulot. À mettre dans son casque, le son au maximum, pour profiter pleinement des blasts et du son bien dodu de Lelahell. La scène Metal algérienne s’est trouvé un fer de lance plus qu’honorable.

Walhälla

Tracklist :

  • Mazaghran (Intro)
  • Al Intassar
  • Voices Revealed
  • Kalimet Essir
  • Hypnose
  • Imzad
  • Am I in Hell ?
  • Hillal
  • Black Hands
  • Mizmar

Site :

http://lelahell.bandcamp.com/