Zapruder – Fall In Line (Album)

Posté le : 31 octobre 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Zapruder - Fall In Line coverZapruder, vous connaissez ? Non, nous ne parlons pas ici du type qui a filmé les derniers instants, suivie de l’explosion capitale, d’un certain JFK . Nous parlons d’un groupe né courant 2010, à Poitiers. Cela ne vous dit toujours rien ? Vous ne vous souvenez pas d’un album sorti en 2012 avec un humanoïde à tête de cheval, sans slip, dans un tunnel noirâtre en guise de pochette ? Au cas où, sachez que cet album sorti en septembre 2012, s’appelait Straight From The Horse’sMouth. Et disons juste que les prémisses de ce que nous avons à nous mettre dans les oreilles aujourd’hui, étaient déjà bien présentes. La suite, deux ans après un premier opus réussi, est désormais en vente et prête à être accueillie chez vous, si vous le voulez bien. Mais commençons par le commencement.

Genre : Hardcore, post Hardcore, Mathcore - Date de sortie : 20 octobre 2014

Genre : Hardcore, post Hardcore, Mathcore – Date de sortie : 20 octobre 2014

Fall In Line est un album qui présente bien dans son digipack sympathique. L’illustration signifiera beaucoup de choses pour certains, moins pour les autres. Dans un cercle éblouissant blanc se trouvent le nom du groupe et le titre de l’album. Le point de vue semble issu du sol, ou même en dessous, regardant vers le ciel, par-delà les bâtiments d’une ville qui pourrait être Hong-Kong, tellement elle semble haute et tentaculaire. À la base du dessin, des graphies blanches évoquant des nuages, des vagues. D’un point de vue sonore, l’enregistrement est relativement bon. Pourquoi relativement ? Le son est agréable et colle bien, parfaitement bien au style. Nous pensons qu’il a été volontairement enregistré et mixé de sorte à laisser comme un arrière-goût cradingue, de cacophonie. Il n’est pas d’une propreté extrême. Il bave, sature un peu, les instruments parfois se mélangent (le meilleur exemple sur Monkey On My Back avec la partie centrale du morceau) et l’on ne sait plus exactement ce qui se passe. Pourtant, cette sonorité « sale », particulière, est tout à fait contrôlée et contribue à l’ambiance générale. Tous les instruments sont audibles et surgissent parfois de la masse sonore pour mieux nous happer et nous replonger dans le magma gluant et bouillonnant de ce son particulier. D’un certain point de vue, cela donne un style assez unique, la qualité sonore allant du Punk noisy à du bon gros Hardcore.

Nous avons plus ou moins déjà vendu la mèche en décrivant le son et vous aurez donc certainement déjà deviné quelle est la teneur des compositions. À la première écoute, vous feriez mieux de rester assis, sinon vous risqueriez de tomber. Nous hésitons par moment entre exploser de rire à une transition donnée, être choqué, rêveur, sauter par la fenêtre, danser, hurler à la lune. Il y a de tout sur cet album. Le « post-truc », si bien trouvé par le groupe lui-même pour définir le genre musical distillé ici, se trouve alors pleinement justifié. Au sein d’un même morceau, nous pouvons trouver plusieurs ambiances bien différentes, comme par exemple sur Cyclops qui commence en blast typé Brutal Hardcore et qui vire au fil du morceau à un tempo plus lent, une musique plus introspective, avec un peu de saxo au cas où. Du post-Hardcore ? En passant par la musique des origines, sans préfixe : du Hardcore. Pourquoi s’arrêter là ? Mettons aussi une touche de Mathcore ! Et ceci n’est qu’un exemple.

S’il vous reste quelques neurones et que vous souhaitiez trouver un moyen intéressant de les faire sauter, vous ne pourriez trouver mieux qu’une prescription illégale de Fall In Line qui les fera effectivement tomber comme autant de dominos, les uns derrière les autres, sans retour en arrière possible. Zapruder revisite le genre, passe allègrement des frontières en les faisant sauter sans honte et sans reproche entre tous les genres contenant le préfixe « post » ou le suffixe « core ». Un gros bras d’honneur vers ceux qui aiment coller des étiquettes. Et pourquoi pas ? L’album dans son chaos apparent est finalement d’une grande unité. Nous passons les transitions Delusion Junction et Loquèle (ndla : mot issu du vieux français qui signifie : « avoir de la facilité à parler de façon commune) avec un petit sursaut de surprise mais après quelques écoutes, la logique sous-jacente apparaît un peu plus clairement. Le calme, comme l’œil de la tempête, ne fait qu’annoncer encore bien des déboires à celui qui se croirait sorti du labyrinthe, empli de monstres, que constitue Fall In Line.

Regardez vers le ciel.

Vous croyez que c’est terminé ?

Ce n’était que le début.

Un album à la fois violent, créatif et profond. Une excellente découverte. Nous ne saurions trop le recommander.

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Line-Up :

  • Isaac : chant
  • Etienne : guitare, choeur
  • Quentin : guitare, choeur
  • François : basse, choeur
  • Romain : batterie, choeur

Tracklist :

  1. We Are Orphans
  2. Cyclops
  3. Modern Idiot
  4. Moloch
  5. Delusion Junction
  6. Doppelgänger
  7. Monkey On My Back
  8. Loquèle
  9. Je ferais de ma peau une terre où creuser

https://www.facebook.com/zaprudertheband?fref=ts

http://zaprudertheband.bandcamp.com/