Between The Zones – Shiftings

Posté le : 04 novembre 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Between The Zone - Shifting coverBelle découverte que ce groupe à l’atmosphère unique et originale. Plonger dans l’univers de Between the Zones vous emmène justement entre ces zones. Naviguer quelque part entre des accents d’indus à la Nine Inch Nails, un fort penchant progressif que ne renierait pas Devin Townsend et quelques touches héritées du grunge. La pochette de l’album créée « en interne » par deux membres du groupe est également en adéquation avec ce qui va suivre musicalement. La couverture représente un être mi ange mi démon. De sexe féminin (mais on dit que les anges n’ont pas de sexe), elle se dévêtue d’un costume noir ailé pour retrouver sa peau blanche, des cornes lui poussant sur le haut du font. Toute cette scène se joue dans un lac entouré de colonnes grecques. On peut y voir la lutte entre la lumière blanche qui apparaît au loin et l’obscurité noire et fuyante.

Genre : Alternative metal - Sortie : mai 2013

Genre : Alternative metal – Sortie : mai 2013

Cette même intensité va se retrouver musicalement dans ce premier album complet des Montpelliérains. Initialement, le projet BTZ était le projet solo d’un homme : Gom de son pseudonyme, chanteur et guitariste. Initié en 2005, il sera ensuite rejoint par Ontoum et le duo produira un premier EP nommé Rough en 2008. Un an plus tard, un deuxième EP, Almost, affermira le style du groupe en y adjoignant la section rythmique et le clavier.

D’un point de vue global, l’ensemble de l’album est très bien réalisé, Shiftings peut s’appuyer sur des musiciens de qualité. Ceux-ci ne se contentent pas de faire le plus de bruit possible en utilisant de la distorsion de manière presque permanente. Si la guitare lourde et grasse est bien présente, elle fait son apparition à des moments judicieux dans un morceau. À travers plusieurs flèches musicales envoyées en direction de l’auditeur, la surprise se tapi à chaque titre, à chaque minute qui passe. Quelle sera l’évolution du morceau en cours ? Cette question taraude l’esprit de celui qui prend le temps d’écouter cet album avec attention. L’équilibre entre les instruments est excellent, particulièrement le synthétiseur qui fait son apparition à plusieurs moments avec un son angoissant, ce qui nous permet de plonger dans l’esprit torturé de la créature présentée sur la pochette. La voix est parfaitement maîtrisée, alternant chant type grunge, chant hurlé et même des passages légèrement chuchotés. Ainsi, la fin du titre Messiah rappellera à certains la façon dont Kurt Cobain s’éclate sur la fin de Where Did You Sleep Last Night pendant l’Unplugged In New York. Quant à la guitare, outre les moments d’apparition d’un bon son saturé, les petites notes mélodiques, précises, incisives et directes éveillent votre appétit musical à plusieurs moments de l’écoute.

L’album débute tout d’abord par un titre instrumental où le synthé nous fait d’emblée plonger dans l’ambiance qui nous suivra tout au long de l’album. Le clavier est juste accompagné par une guitare électrique aux effets bien mariés avec lui. Puis arrive Her Name Was Thanathos et son chant hurlé, une basse bien grasse et une guitare saturée. Sur la fin du morceau revient le synthé comme rappel du premier titre. Plutôt que de vous décrire l’ensemble des quatorze titres qui composent cet album, je préfère m’attarder sur les trois titres qui ont le plus retenus mon attention : Monster, Astrid et Hippocampus.

Je trouve dans le premier nommé, à la fois dans l’introduction à la guitare puissante et la variation des techniques de chant parfaitement maîtrisées, une merveilleuse tension puis vers le milieu du morceau, vous avez un passage hyper calme avec une batterie mise pour une fois en avant sur fonds de piano et guitare grinçante, avant que le chant crié ne revienne comme si The Monster était réapparu après s’être caché. Dans Astrid, l’ambiance au début du titre est assurée par la basse et un bon son de gratte et puis tout d’un coup : une guitare acoustique nous fait un petit pont. Elle apporte vraiment quelque chose comme un moment de calme après l’explosion finale où tous les instruments se lâchent. Hippocampus est certainement le titre le mieux équilibré entre instruments, variant temps calmes et pleins. Le rythme lourd fait encore davantage ressortir les influences prog pendant que la voix passe aisément d’un registre à un autre.

Outre l’introduction, deux titres entièrement instrumentaux, Each Uisge et Delete Me, s’introduiront dans l’album, ayant tous les deux leur ambiance propre. Le genre de chanson où vous fermez les yeux et laissez partir votre imagination, portés par l’atmosphère de la musique.

Pour moi, la musique que produit Between the Zones fut une belle découverte et une bonne surprise. Le groupe qui participe aussi à une communauté d’aide aux artistes nommée Délivrance Collective, met en ligne l’intégralité de ses titres afin de les partager. La qualité de ce qui est produit mérite cependant de voir cet album rejoindre votre discothèque. Si vous avez l’habitude de classer les CD par genre, vous hésiterez à placer Shiftings à côté de The Fragile de Nine Inch Nails, entre In Utero et le dernier Alice in Chains ou pas trop loin de votre collection de Devin Townsend, tant la recherche du décalage, la qualité vocale et instrumentale vous rappellera le génie canadien.

Khaos

Tracklist :

  1. Bardo
  2. Her Names Was Thanatos
  3. Awakening
  4. Corrupted
  5. The Monster
  6. Cold Shapes
  7. Each Uisge
  8. Messiah
  9. Hell Is Empty And All The Devils Are Here
  10. Astrid
  11. Hippocampus
  12. To Live Is To Wait
  13. Delete Me
  14. Shiftings

http://betweenthezones.bandcamp.com/album/shiftings-lp