Philm – Harmonic (Album)

Posté le : 27 novembre 2014 par dans la catégorie Chroniques
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Philm - Harmonic coverLes débuts de Philm furent lents et laborieux. Le groupe faillit démarrer en 1995-1996 puis en 2004-2005, pour finalement voir véritablement le jour en 2008 sous la formation que nous lui connaissons actuellement. Dès les origines se trouvèrent Dave Lombardo et Gerry Nestler, alors à ses débuts face au grand public. Le premier bassiste ayant dû se désister en cours de route, c’est Pancho Tomaselli qui reprend le poste en 2008. Dès lors, le processus était lancé. Ceci en partie « grâce » à des problèmes liés à Slayer qui laissèrent alors le temps à Dave Lombardo de se consacrer à ce nouveau projet qui lui tenait à cœur. Nous vous présentons aujourd’hui le premier album de cet objet étrange, sorti le 15 mai 2012.

Genre : expérimental, Punk,  psyché, Metal - Date de sortie : 25 mai 2012

Genre : expérimental, Punk, psyché, Metal – Date de sortie : 25 mai 2012

La pochette du disque, en sobre noir et blanc est difficile à décrire. Nous penserons à une œuvre d’art abstraite, même si elle évoque quelque chose de mystérieux et vaguement inquiétant. Le nom du groupe et le titre sont calés en bas à droite de la pochette. Pas grand chose de plus à dire ici, si ce n’est que l’album n’est pas si facile à trouver que cela, sauf à le connaître et passer par les réseaux Internet.

La qualité du son est intéressante. Nous avons à faire ici à un trio avec guitare-chant, basse et batterie. Le mixage est plutôt réussi et sans surprise, nous retrouvons la qualité d’une grosse production. L’enregistrement de chaque instrument est net et clair, la voix est légèrement mise en avant, tantôt scandée, tantôt hurlée, tantôt invocatrice. La basse qui nous envoie de belles lignes est présente et sort du lot sur certaines envolées, plus en retrait sur les parties d’accompagnement pure et dure qui, notons le en passant, seront assez rares. La batterie est là et bien là, il nous sera impossible de la manquer. Enregistrement, mixage et master seront donc de bonne qualité. Remarquons toutefois un effet légèrement « sale » du son, un côté plus roots et qui sonnera presque punk tout au long du disque, évoquant plus un enregistrement live qu’un travail de studio exclusif, propre et clinique. Ceci donnant à l’enregistrement un côté plus organique et chaleureux. Par exemple, la guitare avec un son tantôt crunchy blues à souhait, plus grave et chaud en saturation légère laissant ressortir toute la dynamique de l’instrument. Les nuances de chacun seront en tous cas perceptibles.

Musicalement, les fans de Slayer devraient probablement passer leur chemin, à moins d’avoir l’esprit ouvert à d’autres horizons musicaux. Ici, point ne sera question de Thrash, sauf peut-être de manière anecdotique. Les amateurs de Gerry Nestler pourraient par contre y trouver davantage leur compte. Quoi qu’il en soit, le travail entre les musiciens venant tous trois d’horizons variés, voire éloignés, aura bien porté ses fruits. D’un morceau à l’autre, l’ambiance évoluera du Speed-Core au Punk, du Noise au Rock indie, de la musique psyché à du bon gros Metal. L’album peut pratiquement se diviser en quatre parties. D’abord assez violent et rapide, évoluant ensuite vers un passage plus calme et psychédélique, pour remonter à de la musique un peu plus brutale et spontanée, pour finir par une alternance tension/détente tout à fait jouissive. Il sera donc possible de sauter partout par moment, puis de se poser et méditer plus tard pour se redresser et agiter vivement les cervicales. L’album sera aussi tout à fait écoutable en pistes aléatoires pour un effet plus tranché. La part est belle pour les instruments et nous avons droit à des soli de qualités de-ci de-là, chacun donnant tout ce qu’il a.

Vous chercheriez en vain de la double grosse-caisse ou des descentes de toms infinies par ici. Par contre, si vous cherchez un groupe original, vivant, avec cette énergie très live qui se fait de plus en plus rare, sauf justement sur des enregistrements en public, vous ne pourrez pas manquer cet album. Dés que vous mettrez le disque en lecture, vous commencerez un voyage initiatique vers un monde nouveau, des zones restées dans l’ombre du Metal, des résurgences Pink Floydiennes. Le paysage musical change de minute en minute et vous arrivez à des points de tensions qui finissent par se relâcher d’eux-mêmes. Vous ne saurez pas trop comment vous serez passé de la position debout et dans un état surexcité à cet état de contemplation méditative des dalles de votre plafond, mais vous y serez bel et bien. Il y a tant de subtilités derrière cette œuvre qu’il serait dommage de mettre cela en musique d’ambiance. Avec ce style de jeu, il sera impossible de ne pas penser à Naked City, Tomahawk ou Fantômas mais c’est bien un autre rejeton de cette vague expérimentale qui nous sourit en grand aujourd’hui. Tendez lui la main et laissez-vous entraîner vers le pays des merveilles version bad trip. La magie opérera bien jusqu’à la dernière seconde et vous ne regretterez pas le détour.

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Line-Up :

  • Gerry Nestler : guitare, chant, piano
  • Pancho Tomaselli : basse, piano
  • Dave Lombardo : batterie, percussions

Tracklist :

  1. Vitriolize
  2. Mitch
  3. Hun
  4. Area
  5. Way Down
  6. Harmonic
  7. Exuberance
  8. Sex Amp
  9. Amoniac
  10. Held In Light
  11. Dome
  12. Killion
  13. Mezzanine
  14. Mild
  15. Meditation
  16. Symptom Of The Universe (reprise Black Sabbath)

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