[Interview] Dave Lombardo

Posté le : 28 novembre 2014 par dans la catégorie Interviews
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Version française

Mardi matin. Le temps est gris et il fait froid. Je tremblote un peu. Je suis sur le point de rencontrer Dave Lombardo à son hôtel. Quand j’entre, tout est lumineux et propre. Les gens sont tous calme, prenant leur petit déjeuner, lisant des journaux ou simplement regardant leurs téléphones. Je vais voir la réceptionniste, non sans passer sous le regard attentif de deux vigiles en costumes. Je lui dis qui je suis et pourquoi je suis ici. Elle appelle alors immédiatement Mr Lombardo. Il répond apparemment qu’il va bientôt descendre quand il sera prêt. Disons que j’ai un petit quart d’heure d’avance. Je rencontre le responsable de la promotion qui m’installe pour l’attendre. Il arrive un peu plus tard, tout de noir vêtu, l’air détendu et reposé. C’est un homme très sympathique et ouvert qui nous répond aujourd’hui. Cette interview fut un réel plaisir. La voici maintenant pour vous.

Interview réalisée par F4R le 18 novembre 2014, dans un hôtel en face de l’Opéra à Paris.

Sons Of Metal : Pourquoi as-tu décidé de donner le mixage et le mastering à d’autres que vous cette fois-ci, alors que vous vous en étiez occupé pour Harmonic ?

Dave Lombardo : Et bien cette fois-ci, je voulais un son différent. Alors j’ai choisi les bonnes personnes pour s’en occuper. C’est très bien de tout faire par soi-même, mais j’avais besoin de quelqu’un d’autre.

Le son semble un peu plus propre qu’auparavant et l’impression de « live » a diminué un peu, tout en restant palpable. Est-ce que cela correspond à ce que tu attendais ?

Oui, cela correspond tout à fait à ce que j’attendais. C’est ce que je voulais et les gars ont bien fait le travail.

À propos du processus de composition, vous avez dit juste après l’enregistrement de Harmonic que vous aviez déjà 25 idées de prêtes, parmi lesquels vous deviez en travailler dix pour l’album suivant. Cela s’est-il réellement passer ainsi ?

Oui, tout à fait. Pour le premier album, Harmonic, nous avions peut-être cinq morceaux composés avec un autre bassiste. Alors nous avons pris ces morceaux et nous avons ensuite créé de la musique avec le nouveau bassiste (ndlr : Pancho Tomaselli). C’était Harmonic. Mais durant les sessions en studio, nous avons enregistré d’autres morceaux, et ces chansons ont donné Fire From The Evening Sun. Maintenant, nous venons d’enregistrer ce nouvel album mais nous avons aussi, encore, enregistré six morceaux supplémentaires. Nous en avons même huit actuellement. Donc nous avons déjà le prochain album.

As-tu une idée pour la date de sortie de cet album ?

J’espère en mai de l’année prochaine. Je dois vraiment beaucoup travailler maintenant, parce que nous sommes déjà à la mi-novembre. Je ne rentre pas chez moi avant la première semaine de décembre. Donc je dois travailler durant le mois de décembre et janvier, pour pouvoir le rendre en janvier et que ce soit prêt en mai. Ce sera difficile, mais nous essaierons de le faire.

Le processus s’accélère maintenant alors ?

Oui, nous sommes en accélération. C’est passionnant. J’ai envoyé un message au guitariste (Gerry Nestler), à l’ingénieur et au bassiste et je leur ai dit : « Travaillez sur la musique car quand je reviens, nous allons tout finir ». Pour enregistrer la musique. Donc ils travaillent en ce moment, de manière factuelle.

Comment dirais-tu que le processus de composition a évolué ? Car, depuis Harmonic jusqu’à Fire From The Evening Sun, il y a comme une grosse différence.

Cela n’a pas réellement évolué. Nous pouvons juste dire que nous avons maîtrisé le processus créatif. Nous avons un album et déjà les morceaux pour le suivant. C’est très productif pour nous tous. C’est en quelque sorte passionnant pour moi, parce qu’il n’y a jamais un instant où nous n’avons rien à faire. Il y a toujours du travail. Et en ce moment, je pense que le groupe est stimulé. Notre cerveau est stimulé. Tout le monde est créatif, et c’est passionnant.

Sais-tu dans quel esprit sera le prochain album ? Car nous avons eu un album plutôt psychédélique avec Harmonic, un album à tendance Punk avec Fire From The Evening Sun…

Je ne sais pas. Nous ne savons pas avant que cela sorte. Mais ce qu’il y a de passionnant à ce propos, c’est que j’ai ramené la double grosse caisse. Pour les deux premiers albums, je ne jouais qu’avec une seule grosse caisse. Cela va être un petit peu différent. Cela ne sera pas du Thrash Metal, ni même du Metal d’aucune sorte. C’est simplement Philm, avec de la double grosse caisse. Un petit peu en tous cas, alors ce sera un peu plus… Certaines personnes vont aimer ça.

Le projet était au démarrage aux alentours de 1995 – 1996, à un moment où Gerry n’était pas encore vraiment connu. Je me demandais donc comment vous vous êtes finalement rencontrés et avez élaboré ce projet ?

Et bien, Gerry est connu. Il a joué dans ce groupe appelé Civil Defiance (ndlr : le premier album The Fishers For Soul est sorti en 1996). Nous nous sommes rencontrés à cette époque et il est venu chez moi. Des amis mutuels nous ont présentés l’un à l’autre. Il est venu chez moi et c’était très intéressant, parce que je me souviens qu’il avait une personnalité très calme. Mais quand il m’a montré sa guitare et a commencé à jouer, je savais qu’il était spécial. Je savais qu’il était un guitariste tout à fait unique et talentueux. Je n’avais encore jamais entendu un guitariste comme cela. Seulement des guitaristes des années soixante ou soixante-dix comme Eric Clapton, Jimi hendrix, Jimi Page. Il a cette sorte de style Blues et cela me plaît. Je ne pense pas que les musiciens du Heavy Metal aient cela et mélangent du Blues avec du Metal ou du Thrash. Quand je l’ai rencontré, il a été quelque chose de passionnant pour moi parce que j’étais avec Slayer durant des années et j’ai travaillé avec Grip Inc., Fantômas et j’ai fait de l’Indus avec Sin. Alors quand Gerry est venu me voir, il jouait ces riffs heavy mais… Blues ? Je me suis fait : « Waow ! C’est vraiment cool ! ». J’ai toujours aimé sa façon de jouer.

Est-ce que c’était comme revenir aux origines ?

Les origines du Rock’n’roll oui. Mais c’est comme les origines du Rock’n’roll qui rencontrent une sorte de style Thrash. J’aime le style moderne, mais aussi le bon vieux Rock classique. Ainsi, Gerry a commencé à jouer – et il sait comment jouer – de nouveaux riffs thrashy aussi.

Oui nous pouvons entendre cela sur Fire From The Evening Sun. Des riffs Blues alternant avec du Thrash et d’autres, aussi. J’étais assez impressionné car il n’y a pas de double grosse caisse, mais c’est pourtant tellement puissant.

Je suis content que vous, beaucoup de journalistes, ont vraiment cerné cette musique et l’ont aimé. Parce que je voulais faire cela. Je voulais créer quelque chose de différent pour les fans et pour les journalistes car j’écoute de la musique en permanence et parfois, il n’y a rien de passionnant.

Parfois on joue simplement pour jouer, sans y prendre plaisir.

Oui, c’est tout à fait cela ! C’est palpable. Parfois, dans les enregistrements c’est palpable parce que c’est monotone. C’est très linéaire. Il n’y aucune dynamique.

Et Philm en est l’exact opposé ?

Tout à fait.

Maintenant, j’aurais juste une question concernant Corner Girl. Cette chanson est vraiment très différente de toutes les autres sur le disque et je me demandais : pourquoi cette chanson ? C’est très bien de l’avoir placée à la fin de l’album mais c’est complètement différent. Alors de qui était-ce l’idée ?

Gerry a commencé à jouer ce morceau dans le studio, car nous avons un piano électrique. Il a commencé à jouer et Pancho et moi avons fait : « Qu’est-ce que c’est que ça ?! Gars, allons jouer ! ». Nous avons commencé à jouer ensemble, improviser et créer. Je pense que le moment magique était quand nous étions en train de réécouter la chanson après coup. Et tu sais, la section avec de la trompette au milieu ? Cette section à l’origine avait des paroles. Il y avait des paroles au milieu et tout au long de la chanson. Pancho a dit : « Vous savez quoi ? Je n’aime pas cette partie. Il faut la retirer les gars, ce n’est pas bon. » Et il a rajouté : « Nous avons besoin de mettre une trompette ici. Allons chercher un trompettiste pour jouer un solo ». J’ai répondu : « Ok ! Faisons comme ça, allez ! ». Je sens que quand l’un des membres du groupe a une idée, il faut que nous le fassions. Alors nous essayons et si cela fonctionne tant mieux, sinon tant pis et nous passons à la suite. Alors il a appelé le trompettiste, un musicien de Tower Of Power, le groupe de Funk, puisque Pancho connaît beaucoup de monde dans ce milieu. Il est venu dans notre tout petit studio, s’est assis et a joué la partie de trompette. C’était tellement bon. C’est une très jolie chanson. Je pense qu’elle est excellente. Ce morceau montre aussi la diversité des musiciens, ce que nous pouvons faire. Je joue des bongos et du guido, Pancho joue juste de la basse sur le morceau et Gerry, évidemment, joue du piano. Les musiciens dans ce groupe sont très bons, surtout, bien sûr, Gerry et Pancho.

C’est toujours vous trois qui composez les morceaux ?

Toujours ensemble, oui. Ce n’est jamais séparément.

Il n’y a donc jamais l’un d’entre vous qui vient avec une idée ou un morceau pour travailler dessus ?

Non, mais parfois Gerry vient avec un riff et je demande : « D’où ça vient ? » et il me réponds : « Je ne sais pas, j’ai fait ça la nuit dernière ». Alors il le joue et nous commençons à boeufer ensemble. Parfois, j’ai une idée avec la batterie et je lui montre. Mais ce n’est jamais un morceau complet. Ils ne viennent jamais me voir en disant : « Hey, j’ai une chanson ici, voici le couplet, voici le refrain… » Non. Tout est fait ensemble et nous partageons tout musicalement. Donc, il n’y aura pas de problème dans l’avenir avec quelqu’un qui ne serait pas content parce qu’il n’a pas participé à l’écriture et que l’un gagne plus d’argent que l’autre. Donc maintenant, c’est bien.

Vous ressentez que le trio est une bonne formation musicale ?

Oui parce que naturellement, en tant qu’humains je pense, parfois quand il y a quatre personnes dans un groupe ou même cinq, il y en a toujours trois qui restent ensemble. Et maintenant avec le trio Philm, nous sommes soudés et unis. Nous nous parlons mutuellement. C’est comme un triangle. C’est vraiment bon comme combinaison. C’est aussi une très bonne amitié que nous avons. Nous sommes tous de très bons amis. On s’envoie tous les jours des messages. J’ai juste eu un message de Pancho, parce que lui et sa femme vont avoir un enfant et il me disait : « C’est un garçon ! ». Ils viennent juste d’apprendre cela et il est très excité. Nous avons une très bonne petite famille de groupe. Nous l’appelons la « famille Philm ».

C’est bien et nous pouvons même entendre cela dans la musique. Nous pouvons entendre qu’il y a une bonne entente musicale. Comme parfois lorsque vous jouez un rythme très rapide, Gerry ne jouant que deux ou trois notes, Pancho ajoutant sa ligne dessus et cela sonne énorme. Cela fonctionne.

Oui et quand nous faisons des solos ? Quand Gerry commence à partir en solo, il n’y a pas d’autre guitare, pas de doublage. C’est juste une guitare soliste, une basse et une batterie. C’est tout. Donc quand tu écoutes cela, c’est un vrai trio parce qu’il n’y a pas d’autres pistes de guitare et pas d’autre guitariste.

C’est ce qui est bon. Quand Gerry part en solo et qu’il y a juste la basse et toi qui jouez…

Tu dois absolument voir ça en live !

Oh oui, j’attends cela. Sais-tu quand vous viendrez jouer en France ?

En mars. Ou février. À la fin du mois de janvier, nous allons au Brésil et après, nous rentrons pour deux jours avant de repartir en Europe pour faire une tournée. C’est une tournée d’un mois. Nous sommes plutôt enthousiastes. Je pense que Paris y est. Je vais vérifier parce que je suis curieux… (Il vérifie l’agenda dans son téléphone)

Ce trio doit sonner énorme dans n’importe quelle salle.

Oh mon Dieu, et la basse… La basse de Pancho c’est : elle te rentre dans l’estomac, c’est vraiment… (Il s’arrête en tombant sur une page de son agenda) Quoi ? il n’y a pas de France ?

Peut-être que la programmation est en cours ?

Oui peut-être.

Ok, en tous cas si ce n’est pas cette fois-ci, ce sera la prochaine !

Oui parce que nous DEVONS jouer à Paris.

Je me demandais aussi, puisque tu as été nourri dans ton enfance par de la musique cubaine et que tu aimes le R’N’B : est-ce possible que vous enregistriez un jour des chansons de Philm typées cubaines ou R’N’B ?

Oui, il n’y a aucun doute. Aucun doute que nous ne fassions cela un jour. Corner Girl contient un peu de musique latine dans la section centrale.

Oui, en même temps, cela sonne un peu comme du « piano bar ». Je connais déjà la réponse à cela, mais : est-ce que tu vois Philm comme un projet longue durée ?

Oui, parfaitement. Je pense que notre amitié va nous permettre de dépasser tout le reste. Et je pense que c’est très important dans un groupe d’avoir des amis, pour la longévité.

Oui, pas des collègues de travail mais des amis. Ce qui me dirige vers cette question. Depuis des événements récents, impliquant un groupe dont nous ne parlerons pas maintenant, il semblerait que tu aies acquis plus de confiance en toi. Il y a une sensation d’un grand développement en tant qu’artiste. Peux-tu confirmer cette impression ? Parce que nous pouvons te voir participer à la composition pour le monde du cinéma, pour la musique de la série Californication, Disney, tu joues Ghost Rider avec un orchestre. Ce qui donne l’impression que tu n’es plus seulement un batteur maintenant, mais davantage un musicien.

Oui, tu peux confirmer cela.  Je me sens tellement bien. Mais je pense que cela a à voir avec les gens avec qui l’on s’entoure. Tu apprends dans la vie qui sont réellement tes amis. Je me suis entouré de gens qui sont très encourageants et très attentionnés que tiens en haute estime dans mon cœur. Des gens qui m’ont soutenus au fil des années. Qui m’ont vu jouer sur les plus grandes scènes, comme sur les plus petites. Ils m’ont vu en haut et en bas. Je pense qu’avoir une bonne équipe de soutien et de très bons amis, cela aide un musicien et un artiste à se développer et être créatif. Je pense que c’est bon pour la richesse musicale de quelqu’un.

Peut-on ainsi dire que la fin de cet autre groupe n’aura été que le début des plus grandes choses ?

Oui, toujours et il y a plus encore à venir.

Je veux dire que j’aime bien le Thrash mais il faut aller au-delà. En tant que grand fan de Fantômas, j’aime aussi l’expérimental et je ressens que tu vas dans cette direction. Que tu essaies dans de nombreuses directions pour réussir, ou au moins avoir essayé.

Oui, c’est tout ce que nous avons à faire, c’est essayer. Si cela fonctionne, cela fonctionne. Sinon : tu as essayé ! Et oui, Fantômas… Nous allons nous remettre ensemble, tu savais ?

En fait non, je ne savais pas ! Est-ce qu’il y a un enregistrement en route ?

Non pas d’enregistrement de prévu encore. Mais refaire des concerts. Nous donnons deux concerts au Chili, dont un en festival et l’autre dans une salle. Cela va être génial.

Y a-t-il des chances pour l’Europe ?

Oui, je suis sûr qu’il y aura quelque chose l’année prochaine.

Et y a-t-il une chance de voir un jour un concert d’un éventuel Philm-Fantômas Big Band ?

Tu peux imaginer ça ? Si c’est pas ça, j’aimerais pour le moins faire des premières parties pour Fantômas. Avoir Philm en première partie de Fantômas ou avoir Philm en première partie des Melvins. Ce serait marrant.

Chez Sons Of Metal, nous sommes très passionnés et nous aimons promouvoir des groupes inconnus, ou assez peu connus. Ma question est donc : as-tu un groupe à nous présenter ou dont tu aimerais nous parler et qui ne soit pas connu,  ou très peu connu. Ou un groupe dont tu te dises que c’est l’avenir ?

Et bien, pas pour l’instant. Ou alors, il y a le groupe de mon fils. Cela s’appelle To Humans et qui est plutôt bon. C’est de la musique alternative. Je suis plutôt fier d’eux. Ils font du beau boulot. Ils sont jeunes et motivés. Ils ont enregistré leur album qu’on peut trouver sur Spotify, Pandora et partout. Ils sont juste un jeune groupe travaillant dur pour réussir.

Un mot pour tes fans français ?

Ils me manquent ! J’aimerais avoir un van, là, maintenant, voyager à travers toute la France et m’arrêter dans toutes les villes. J’aimerais faire cela. Pas seulement Paris, car il y a plein de jolies villes aux alentours. Ils me manquent.

Propos recueillis, retranscrits et traduits par F4R537KTP09

English version

Tuesday Morning.

The weather was grey and cold.

I was a bit shaky.

I was about to meet Dave Lombardo at his hostel. When I came in, it was a bright and clean place. People were calm, taking their breakfast, reading their newspaper or just watching their phones. I get to the girl in charge at the reception desk, telling who I was and why I was here. She immediately called Mr Lombard. And he answered, that he was getting ready and will get down soon. Well, I was expected a quarter hour later. I then met the promotion manager that gets me sitted, waiting for him.

Then he came, wearing black, looking cool. A really nice man, smiling and opened to any questions. This interview was quite a pleasure. Here it is for you down here.

Why did you decide to give the mixing and the mastering to others this time, even though you have made it by yourself on your last album, Harmonic?

Well, this time I wanted a different sound. So I picked up the right people to make it. It is nice to do everything by yourself, but I needed someone else this time.

The sound seems a little cleaner than previously, and the “live” impression has diminished even if it’s still present. Does it match your expectations?

Yes, it totally matches my expectations. That’s what I wanted, and the guys did the job well.

Concerning the composition process, you just said after releasing Harmonic, that you already had twenty five ideas ready, including ten you would work for the next album. Did it really happen this way?

Yes, it did. For the first album, Harmonic, we had like maybe five songs from the previous bass player. So we brought those songs in and then we created music with the new bass player. That was Harmonic. But during the recording, we recorded other songs, and so those were the songs for Fire From The Evening Sun. So now we recorded Fire From The Evening Sun, but we also have recorded six more songs, and we even have eight now. So we already have the next album.

Any idea for the date of release of this new album ?

I hope May next year. I have to work really hard now, because we are already in the middle of November. I don’t come home before the first week of December. So I have to work through December and January to deliver by January to have it ready by May. It’s going to be hard, but we’ll try to do it.

So the process is accelerating right now.

Yes, it’s on acceleration. It’s exciting. Because, I text message the guitar player (Gerry Nestler) and my engineer and the bass player, and I said : « Work on the music, because when I get back, we’re going to finish everything. » For releasing the music. So they are working now, really working.

How would you say that the composition process evolved ? Because, from Harmonic to Fire From The Evening Sun, there is a sort of big difference.

It didn’t really evolved, we can just say that we mastered the process of creativity. We have an album, and we already have the songs for the next one. It’s very productive for all of us. It’s kind of exciting for me, because there never is a time when we have nothing to do. There is always work to do. And right now, I think the band is like: the brain is stimulated. Everybody is creative and it’s exciting.

And do you already know what atmosphere would be the next album? Because we had a “psychedelic” album with Harmonic, a “punkish” album with Fire From The Evening Sun…

I don’t know. We don’t know until it comes out. But, what is exciting about it is that I brought the double bass (drum) back. For the first two albums I only played single bass (drum). And then for this next album I bring double bass. It’s going to be a little bit different. It’s not going to be thrash metal, or metal in any way. It just is Philm with double bass. A little bit of it, so it’s a little more… Some people are going to like it.

The project was at its starting point around 95’ – 96’, at which point Gerry was not really known or reknown yet. And so I wondered how you finally came to meet and elaborate this project?

Well, Gerry is known, he played in a band called Civil Defiance (first album The Fishers For Souls was released in 96’). And we met around that time. We met and he went to my house. Some mutual friends introduced us to each other. And then he went over to my house and that was really interesting because I remember his personality was very quiet, but when he showed me his guitar and started playing, I knew he was special. I knew he was a very unique and very talented guitar player. And I never heard a guitar player like that. Only guitar players back from the sixties, like Eric Clapton, Jimi Hendrix, Jimi Page. He has that blues kind of style and I love that. I don’t think heavy metal musicians have that and meddle blues style in metal or in thrash. So when I met him he was something exciting for me, because I was in Slayer for many years, and I was working with Grip Inc, Fantômas, and I was in the industrial with Sin. So when Gerry came to me, he was playing these heavy riffs but… Blues? I was like: “Waow! This is very cool!”. I always loved his playing.

Was it like coming back to the roots?

The roots of rock’n’roll yes. But it’s like the roots of rock’n’roll meeting a kind of thrash style. I like the modern style, but also old classic rock. And then when Gerry started to play – and he knows how to play – new thrashy kind of riffs too.

Yes, we can hear that on Fire From The Evening Sun. Blues riffs alternating with thrash, and then others. I was kind of impressed, because there is no double bass drum, but still, it’s so powerful. It was punchy.

I am happy that you, a lot of the journalists, really embraced it, and liked it. Because … I wanted to do that. I wanted to create something different for the fans and for the journalists, because I hear music all the time, and sometimes, there’s nothing that is exciting.

Sometimes you just play and you don’t have fun.

Yes, exactly! You can tell. Sometimes in the recordings you can tell because it’s monotone. It’s very straight. No dynamics.

And Philm is the exact opposite of this.

Yes!

And now just a question concerning Corner Girl. Because this song is really different from all the others on the record, and I just wondered: why this song? It’s really good to have placed it at the end of the record. But it’s totally different. So whose idea was it?

Gerry started playing the song in our studio, because we have an electric piano. He started playing, and then Pancho and I were like: “What is that?! Dude, let’s play!”. And then we started playing, and improvising, and creating. But I think the magic moment was when we were listening back to the song. And you know the trumpet section in the middle? That section originally had vocals. There were vocals in the middle, and throughout the whole song. And Pancho said: “You know what? I don’t like that part. It’s got to go guys, it’s not good”. And he said: “We need to put a trumpet in there. Let’s get a trumpet player to do a trumpet lead”. And I was like: “Ok! Let’s do it, come on!”. I feel that, when my band members have an idea, I feel that we need to do it. Then we try, and if it works it’s ok, and if not, let’s go to the next idea. Then he called the lead trumpet player for Tower Of Power, the funk band, as Pancho knows a lot of people in the funk world. He came over in a really small studio, sat there, and did the trumpet section. It was so good, so great. It’s a beautiful song. I think it’s great. The song also shows the diversity of the musicians, what we can do. I’m playing bongos, guido, Pancho is just playing bass on the song, and Gerry obviously plays the piano. So the musicians, they’re really good in this band, especially, obviously, Gerry and Pancho.

So it’s always the three of you composing every song?

Always together. Yes, it’s never separate.

So there never is one of you coming with an idea or a song to work with?

No. But, sometimes, Gerry comes with a riff, and I ask “Where is that from” and he answers: “I don’t know, I made it up last night”. Then he’ll play it and we’ll start to jam on it together. Maybe I have an idea with the drum and show it to him. But it’s never a complete song. They never come to me with: “Hey I have this one song here, here’s the verse, here’s the chorus”. No. Everything is together, and we share everything musically. So there is no problem for the future with anybody being unhappy because they don’t contribute to the writing, and some earn more money than the other. So now it’s good.

And you feel that the trio is a good musical formation?

Yes, because naturally, as humans I think, sometimes whenever there’s four people in a band, or five, there’s always three that stay together. And right now, with the trio in Philm, we’re tight and unit. We talk to each other. It’s like a triangle. It’s really good as a combination. It’s also a good friendship that we have. We’re all really good friends. We always text each others. I just got a text from Pancho, because he and is wife are having a baby and he says: “It’s a boy!” They found out what it is and he is really excited. So we have a good little band family. We call it “the Philm family”.

That’s nice, and we can even feel that in the music. We can feel their is a good musical understanding of each other. As sometimes you play a quite fast rhythm and Gerry just play two or three notes, Pancho adding his bassline and that sounds huge. That works.

Yes. And what about when we do the leads? When Gerry starts going into a lead, there is no other guitar, there’s no overdub. It’s just a lead guitar, a bass and the drums. That’s it. So when you listen to it, it’s a real trio because there is no other guitar track and no other guitar player.

That’s what is good. Because when Gerry goes on a lead, and there is just the bass and yourself playing…

You have to see it live!

Oh yes I’m waiting for it. Do you know when will you come to France to play?

March. Or February. In the end of January we’re going to Brasil, and then we go home for two days before going to Europe to do a tour in the entire Europe. It’s a month long tour. We’re pretty exciting. I think that Paris was there. I’ll just check, because I’m curious… (he checks his schedule in the phone)

I get to see you only in videos, but I guess that this really isn’t the same thing to be in the very same room.

Live is way better.

This trio should sound big in any kind of room.

Oh my god, and the bass… Pancho’s bass it’s like: it gets you in your stomach, it’s really… (stopping while checking the phone at the same time) What? There is no France?

Maybe the booking is on it’s way?

Yes maybe.

Ok, even if it’s not this time, we’ll see you later.

Yes because we HAVE TO play in Paris.

I was also wondering, since you were fed younger with Cuban style music, and you like R’N’B, is it possible that you record some Cuban-style or R’N’B style Philm songs?

Yes, no doubt. There is no doubt that we will give a little in that. You know, Corner Girl has a little bit of latin. In the middle section.

Yes, at the same time it sounds a little “piano bar” like. I obviously already know the answer to that one but still: do you see Philm as a long time running project?

Yes I do. I think our friendship is going to supercede anything else. And I think that’s very important; when you have friends in your band. For the longevity.

Yes, not working partners, but friends. Which leads me to this one: Since recent events, implying a band we won’t talk about now, you seem to have earned more confidence in yourself, and there is a feeling of you growing up a lot as an artist. Do you confirm this feeling? Because we can see you as a part in composing for the movie industry, for the motion picture soundtrack of Californication, Disney, you play Ghost Rider in an orchestra. So it feels like you’re not only the drummer now but a musician.

Yes you can confirm that. It feels so good. But I think it has to do with the people with you around. You learn in life who your friends really are. I’ve surrounded myself with people that are very supportive and very caring, and I hold very dear in my heart. People that have supported me throughout the years. When they see me on a big stage, or a very small one. They’ve seen me up and down. I think having a good support team and really good friends, it helps a musician, and an artist to grow and be creative. I think it’s good to one’s music wealth.

And so can we say that the ending of this other band was only the beginning of bigger things?

Yes. Always. And there is more to come.

I mean, thrashing is good, but we have to go beyond. As a great Fantômas fan I like experimental too, and I feel you are going this way. That you try many ways to succeed and at least just try.

Yes, that’s all we have to do. It’s trying. If it works, it works. If not: you tried! And yes, Fantômas. We’re getting together again, did you know?

No I didn’t actually. Is a record on the go?

No, there is no recording yet. But doing live shows again. We are doing two shows in Chile, including a festival and a club show. That’s going to be great.

Any chance for Europe?

Yes, I am sure next year there will be something.

And is there any hope to see a Philm-Fantômas Big Band live show?

Can you imagine? If not that, I would like to at least open up for Fantômas. Have Philm opening for Fantômas. Or have Philm opening for Melvins. It would be fun.

For Sons Of Metal, we are very passionate people, and we like to promote unknown or quite unknown bands. So my question is: do you have any band you would like to talk about now that is unknown yet, or quite unknown and you think can be the next thing?

Oh well. Not at this point. Or, there is my son’s band. It is called To Humans, which is pretty good. It’s alternative music. I am pretty proud of them. They do really good. They are young, up and coming. They released their album. It is on Spotify, Pandora, everywhere. They are just a young hardworking band trying to make it.

A word for your French fans?

I miss them! I wish I could get in a van right now and travel all through France and stop in all the cities. I would love that. Not only Paris, because there are lots of beautiful cities around. I just miss them.

Interview realized and transcribed by F4R537KTP09

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