123-3Nous sommes le jeudi 13 novembre, alors que la France se réveille tranquillement, il est l’heure pour votre serviteur de prendre la direction du Kings Arms Tavern, où aura lieu une magnifique soirée. Pourquoi me demanderez-vous ? La raison est simple, Chaos NZ Proudly offre au public d’Auckland ni plus ni moins que le Death Metal des Québécois de Gorguts. Pour l’occasion, ils seront accompagnés d’Ulcerate qui partira en tournée prochainement en Europe (avec quelques dates françaises), Dawn Of Azazel et Carnal. Comment ne pas se déplacer pour une telle affiche ? Et bien, Sons Of Metal ne se laissera pas prier deux fois.

Carnal

123-10C’est devant une salle vide que Carnal débute son set. Depuis l’arrivée de votre serviteur en Nouvelle-Zélande, c’est une constante pour les groupes d’ouvertures d’être seuls au monde. Cette soirée ne sera pas l’exception qui confirme la règle. Comme les spectateurs ont décidé de déserter le Kings Arms Tavern, la salle ne sera remplie que pour Ulcerate et Gorguts. Parlons un peu du jeu musical que déverse la formation. Techniquement, on sent le Death Metal de Carnal très abouti de par une puissante batterie et une guitare explosive. De plus, le duo de chanteur constitué de Daniel Birrell et Jesse Critchley (guitare) ne gâche rien et permet d’entrer pleinement dans le concert. Mais il ne faut pas oublier le bassiste Daniel Fyte qui arrive à dégager de sa basse un son pouvant nettement rappeler un troupeau dévastant tout sur son passage. Dommage que nous ne soyons pas plus pour assister à une telle démonstration.

Dawn Of Azazel

123-3Vous l’aurez compris, le public n’est toujours pas arrivé. Cependant, il est temps pour Dawn Of Azazel de grimper sur les planches du Kings Arms Tavern. Avec ce trio, nous voici plongés dans un univers où tout est fait pour entrainer le spectateur sur un chemin sinueux et truffé d’embûches au fin fond de la musique Metal. La basse et la guitare déroulent à une vitesse vertigineuse un peu comme quand mamie tricotait une veste pour ses petits enfants. Si bien qu’il faut être attentif pour ne pas perdre une note du Death de Dawn Of Azazel. Comme si cela ne suffisait pas à être noyé, à l’arrière, Jeremy Suckling (batterie) ne laisse rien au hasard, lui aussi balançant une double pédale des plus destructrices pour appuyer un peu plus sur la tête de l’auditeur. Après la démonstration de Carnal, Dawn Of Azazel aura mis tout le monde d’accord sur la qualité de l’affiche. Quand on pense que ce n’est pas fini.

Ulcerate

Avec le trio d’Auckland Ulcerate, on change de Death. En effet, la formation va s’employer à nous faire découvrir les pentes ardues d’un Death atmosphérique. Il faut avouer que sur le coup, cela surprend et nous plongeons alors dans la pénombre avec pour seule lumière deux spots rouges à l’arrière et une petite lumière sur la batterie. On comprend mieux où le groupe veut en venir, car tous les ingrédients sont réunis pour permettre au public de s’élever vers des cieux plus cléments et ainsi se laisser porter par l’ambiance que crée le trio à chaque instant. C’est donc avec bonheur que les spectateurs présents en nombre « conséquent » absorbent la musique d’Ulcerate avec un engouement incroyable. On peut dire que la soirée est enfin lancée. Il était temps puisque juste après, ce sera nos cousins québécois de Gorguts.

Gorguts

123-3Après une rapide installation, il est l’heure pour le quartet Canadien de monter sur les planches. Déjà, l’ambiance a changé puisque le devant de la scène, délaissée jusqu’à présent, va être pris d’assaut par les fans. Plus que quelques secondes avant le coup d’envoi du Death technique des Québécois, le temps de faire grimper la température. Les premières notes de guitare sont lancées par Luc Lemay, suivi de ses trois compères. Votre serviteur n’avait jamais eu l’occasion de voir Gorguts sur scène, c’est désormais chose faite. Tout est là : la puissance, la technique, la précision, la volonté. On comprend très facilement que le groupe soit un des piliers de la scène Death nord-américaine quand on assiste à une telle leçon musicale. En effet, que ce soit du côté rythmique, chant ou mélodie, les ingrédients se mélangent et s’imbriquent de manière parfaite, donnant une dimension spectaculaire à la musique du quartet. C’est incroyable de voir à quel point un groupe peut sortir du lot grâce à des petites choses qui paraissent imperceptibles pour le commun des mortels. Gorguts le fait et les fans du genre sont ravis. D’ailleurs, nous n’avions pas eu énormément de pogos jusque-là. Ce qui aura été normal, au vu du nombre de spectateurs. Au fur et à mesure que le set avance, on sent des auditeurs enjoués et une ambiance ne cessant de monter, si bien qu’au moment du rappel, c’est d’une seule et même voix que le public scande « Gorguts, Gorguts » pour que la bande à Luc Lemay revienne sur scène et offre un dernier titre pour le Kings Arms Tavern qui se sera réveillé au fil de la soirée. Le concert se finira sur une note magistrale grâce à la qualité du set des Québécois.

Il est temps pour moi de reprendre la direction de mon auberge avec le sourire aux lèvres, d’avoir enfin pu voir cette talentueuse formation sur scène. D’ailleurs, c’est un public ravi qui quitte les lieux, le temps pour de nombreuses personnes de passer féliciter le quartet de Gorguts. Un grand bravo à l’organisation Chaos NZ Proudly qui aura mis le paquet pour cette affiche et aux formations Carnal, Dawn Of Azazel qui se sera surpassée devant une salle vide, ainsi qu’un bon point pour Ulcerate avant leur tournée européenne dans quelques jours.

Elovite