LOFOFORA-20141204-003Le froid et la pluie se sont installés sur la cité lyonnaise mais Lofofora débarque pour faire chauffer le Kao. Les places seront précieuses, au sens propre comme au figuré car les supporters de football investissent les lieux, en attendant le match au stade Gerland, situé à quelques centaines de mètres de la salle de concert. Mike et votre serviteur auront la chance d’interviewer le groupe montant Flayed (à lire dans nos colonnes cette semaine) puis de saluer Reuno, le charismatique chanteur de Lofo’. Il est vingt heures, le concert va bientôt commencer et la salle se remplit à vue d’œil.

Bottle Next

BOTTLENEXT-20141204-003Ce très surprenant duo complètement imprévisible a la charge d’ouvrir la soirée. Pierre s’avance vers son micro, guitare acoustique en mains, son batteur Martin s’assied derrière son kit. Le feu est allumé ou plutôt l’incendie ! La musique de Bottle Next est complètement folle, imprévisible, impétueuse. Le mélange de plusieurs genres comme le Folk, le Rock et le Blues crée une véritable alchimie irrésistible. Les deux musiciens sont très complices, Pierre réagissant scéniquement à chaque puissant coup sur une cymbale et inversement. C’est sans surprise que le public soutient mordicus le duo. Les encouragements et applaudissements pleuvent, surtout aux premiers rangs, visiblement (surtout auditivement) occupés par les fans. Concernant la technique du groupe, elle est irréprochable et bien servie par un réglage du son très précis. Sur scène, le duo s’amuse et s’applique à nous faire passer un excellent moment. Nous verrons le batteur gêné par ses cheveux empêtrés dans la perche de son micro passant au-dessus de sa tête, cela ne l’empêchant pas de s’acharner sur son kit, à tel point qu’on se demande si les peaux de frappe auront survécu à ce traitement. Durant un intermède musical, Pierre pose la guitoune pour s’emparer d’un saxophone et nous offrir quelques mesures jazzy, hélas trop courtes, à l’image du concert. À peine trente minutes et puis s’en va, pas de rappel puisqu’il faut respecter l’horaire. Bottle Next nous quitte sous un tonnerre d’applaudissements et de sifflements, amplement mérités.

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Flayed

FLAYED-20141204-012Voici un groupe désormais habitué à figurer dans nos colonnes. En effet, cette année Flayed est apparu au Sylak et au Serpaize Rock, quelques mois plus tard. À chaque fois, le groupe nous a surpris par sa capacité à s’améliorer et nous proposer un concert toujours plus impressionnant. Cela sera t’il le cas ce soir ? Et bien… Oui ! À l’aise et devant un public très enthousiaste, Renato (chant) fais rapidement les présentations avant de lancer le premier morceau. Le concert des Viennois démarre sur les chapeaux de roues et gardera le même rythme jusqu’à la fin. Un pogo est lancé dans la fosse, juste aux pieds du chanteur, forçant les autres spectateurs à se coller aux murs et à la scène. Les membres du groupe sont aussi en grande forme, Julien (guitariste soliste) interprétant ses soli avec beaucoup de précision et de feeling. La basse grondante de Charly se fait bien entendre (ce qui n’étais, hélas, pas le cas au Serpaize Rock), l’imposant bassiste étant en parfaite harmonie avec le reste de la section rythmique et les nappes de clavier de Raff. Renato se permet de courts discours avec son public pour le motiver à hurler et bouger toujours plus. Un concours de puissance vocale sera organisé pour mettre en compétition les spectateurs dans la fosse et ceux placés sur le balcon du Kao. Même lorsque Flayed ne joue pas, on ne s’ennuie pas. Le concert reprend de plus belle et le vocaliste nous apprend qu’un nouvel album est déjà en préparation et pour l’occasion, un extrait nous sera présenté. Il s’agit d’un Blues classique mais parfaitement joué, captivant et mélancolique. Après cette surprise, retour aux chansons du premier album, Symphony For The Flayed. Tous les meilleurs titres y passent : Machine Fun, Superhero, Sweet Coverage, Son Of Sickness… Avec à chaque fois le même accueil de la part de l’assistance lyonnaise : headbang, pogos et applaudissements. La bière commence à bien recouvrir le sol du Kao. Trois quarts d’heure plus tard, Flayed nous annonce qu’il laisse la place à Lofofora, Renato nous demandant une dernière fois de faire autant de bruit que possible pour les accueillir. Ce qui sera chose faite, bien évidemment. Une fois de plus, les Viennois nous ont montré ce qu’ils avaient dans les tripes et que les grandes salles étaient faites pour eux. Vite, une place au Hellfest !

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Lofofora

LOFOFORA-20141204-001Là, ça ne rigole plus. Les spectateurs sont tous chauds bouillants, prêts à s’élancer dans de furieux circles pits. Les lumières s’éteignent et le groupe arrive rapidement, la scène plongée dans le noir et décorée d’un immense backdrop réalisé par Raf Péaud. Reuno s’empare du micro et nous salue. David entame le riff de Notre Terre, extrait du dernier album en date, L’épreuve Du Contraire. Dès la seconde mesure, le public se met à headbanguer et un pogo démarre. Lofofora est au top de sa forme, le son est excellent et Reuno n’a que peu d’efforts à faire pour stimuler les spectateurs. Très à l’aise vocalement, sa puissante voix nous emporte et nous secoue les tympans. C’est comme si des ondes sonores possédaient des bras et nous attraperaient pour nous jeter dans un mosh pit. Le second titre, L’Œuf, provoque l’hystérie dans la salle. Le chanteur profite de quelques secondes pour dire aux Lyonnais de ne pas laisser leur ville aux mains des fachos qui prennent de plus en plus d’importance (notamment le pseudo groupe de protection « Jeunesse identitaire »). Les perles s’enchaînent, le dernier album étant particulièrement bien représenté : Pornolitique, Contre Les Murs, Le Malheur Des Autres, La Dérive, Pyromane, Double A… Que du bonheur ! Le public est complètement déchaîné, la sueur dégouline des murs du Kao, transformé en sauna en l’espace de dix minutes. Les slammers s’en donnent à cœur joie, certains chantent un vers avec Reuno avant de s’élancer sur le public. L’un d’eux manquera son escalade de la scène, ce qui n’échappera pas au chanteur qui le chambrera amicalement avant de lui demander s’il « fait pas d’autres danses ou numéros, comme faire une roulade le long de la scène ? ». Ce à quoi le slammer maladroit répondra en exécutant une roulade d’un bout à l’autre de la scène, devant un Reuno hilare et accompagné d’une musique d’ambiance jouée par le groupe. Quitte à faire l’idiot, autant le faire jusqu’au bout ! La suite du concert est du même tonneau, le pogo ne s’arrêtant jamais et le groupe ne faisant que monter la barre toujours un peu plus haute, techniquement parlant. Après tout, ce n’est pas un hasard si ce groupe existe depuis tout ce temps. La fin approche mais avant de quitter les planches, Reuno tient à rendre un dernier vibrant hommage à son ami Schultz, disparu le 12 septembre dernier. C’est alors toute une salle qui s’y associe en entonnant Le Port d’Amsterdam avec le chanteur. Nous arrivons au dernier morceau de la liste et en guise de (faux) rappel, Lofofora invite les membres de Mediatone sur scène pour fêter l’anniversaire d’un des membres. Nous voyons Abdel (chargé de relations pour Mediatone) faire éclater le bouchon d’une bouteille de champagne, déversant ainsi une quantité non négligeable d’alcool sur les premiers rangs. Le concert se termine avec la chanson Double A et une bonne trentaine d’invités aux côtés des musiciens, y compris quelques spectateurs. Un concert qui aura eu l’air d’une immense fête, d’une réunion entre potes. L’esprit Lofo, quoi.

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Le groupe quitte la scène, les techniciens commencent à débarrasser le matériel et les vigiles peu avenants nous poussent vers la sortie, les instruments à peine débranchés. Ambiance…

Tous nos remerciements à Mediatone, au techniciens du Kao et aux groupes pour leur accueil et leur gentillesse.

Kouni