[Interview] Soul Tripper

Posté le : 12 décembre 2014 par dans la catégorie Interviews
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SOUL TRIPPER-20140607-014Soul Tripper, voilà un nom qui revient dans Sons Of Metal depuis que nous les avons vu pour la première fois au Teilia Festival, en Ardèche le 7 juin dernier, nous laissant une très forte impression. Ce soir, le jeune quartet joue à domicile et nous avons réussi à coincer son leader et chanteur très talentueux, Pierrick, pour une rapide entrevue.

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Réalisée par Mike et Kouni, le 28 novembre 2014 à Romans Sur Isère

Sons Of Metal : Salut Pierrick, peux-tu te présenter, s’il te plaît ?

Pierrick : Je m’appelle Pierrick, je suis le chanteur de Soul Tripper.

SOM : Ça fait combien de temps que ce groupe existe ?

Et bien, officiellement depuis 2006 mais nous avons eu des changements de line-up parce que nous avions commencé très jeunes, à l’âge de 13 ans, donc en 2016 ça fera dix ans… Avec cette formation actuelle, ça fait depuis 2011. (Ndlr, le line-up se compose de : Pierrick au chant, Anthony à la batterie, Flavien à la basse et Florian à la guitare).

SOM : Parles-nous un peu de la soirée. C’était une date spéciale ?

En fait, c’est Laurent, l’animateur de la MJC Robert Martin (là où eu lieu le concert, ndlr) qui m’a appelé en me disant qu’il voulait organiser un concert de Rock/Metal pour faire venir du monde, mais le faire gratuitement, plus exactement à entrée gratuite. J’ai répondu présent, normal ! Après, il y a un enjeu derrière, cette MJC est un endroit où nous avions l’habitude d’organiser des concerts, où on a passé beaucoup de temps, à y faire la fête… C’était vraiment un plaisir d’organiser ça.

Florian et Pierrick, lors du Teilia Fest, en Ardèche.

Florian et Pierrick, lors du Teilia Fest, en Ardèche.

SOM : Ce soir, nous avons vu beaucoup de monde dans la salle. Tu es étonné de voir ça à Romans ?

Non, je ne suis pas étonné. C’est-à-dire que Romans est un fief du Metal. Il y a toujours eu beaucoup de métalleux et de rockers, ici. Il faut savoir qu’il y a quelques années à Romans, de nombreux groupes se sont formés et ont joué mais il y a aussi d’autres groupes français qui sont venus, dans des salles tenues par des mecs hyper passionnés qui se sont montés en asso’ et ont fait venir des groupes comme Benighted, pas encore connu à l’époque. C’était vraiment un berceau. Puis, en même temps, à Romans on se fait chier quand on est ado. Du coup, on fait du Rock dans une cave, quoi… Donc, non, ça ne m’étonne pas du tout. Et la soirée est gratuite alors, ça aide forcément. Il y avait beaucoup de jeunes (ndlr : Kouni et moi étions les plus vieux… Ne vous moquez pas, merci) et le groupe Fasteria qui a ouvert la soirée assure bien la relève. Comme ils sont jeunes, au lycée, ça a drainé pas mal de jeunes lycéens. C’est plutôt rassurant. J’ai tenu à faire cette soirée car la MJC va peut-être fermer.

SOM : C’est un concert de soutien ?

Pierrick, concert à Romans, le 28 novembre 2014.

Pierrick, concert à Romans, le 28 novembre 2014.

Non, pas vraiment. Nous n’avons pas voulu mettre ce terme-là sur l’événement parce qu’on veut se tenir à l’écart de toutes ces conneries diplomatiques de merde. En gros, le problème est que la maire baisse les subventions de la MJC d’environ 50%, donc la salle n’a sûrement pas longtemps à vivre, peut-être, je ne sais pas ! Je n’ai pas trop suivi le dossier. On a quand même voulu passer une dernière soirée, avec un bon esprit. Et puis, c’est aussi parce qu’on avait envie de jouer, tout simplement, faire venir les potes de DeadSide, on avait envie de mettre un nouveau groupe sous les lumières, les présenter à des personnes comme vous, par exemple. C’est juste du partage, en fait.

SOM : On va revenir sur Soul Tripper. Dans vos influences, on retrouve un peu du Pantera, du Lamb Of God, du Thrash… Quels sont les groupes qui vous ont marqué et donné envie de faire de la musique ?

Et bien pour moi… Heu… C’est une question piège ? (rires) Non, parce que je ne sais jamais quoi répondre à ça. J’ai tellement de noms de groupes en tête… J’adore tous les styles de musique. Quand j’étais gamin, ce qui m’a donné envie de faire ça, c’est AC/DC ! À huit ans, j’ai découvert les Beattles et j’ai été à fond dessus. Après, je suis passé à du son plus dur, donc AC/DC. On étant ado, j’écoutais Metallica puis Pantera. Après, on entre un peu dans le Brutal Death puis ainsi de suite… Dans Soul Tripper, on adore certains groupes que tu as cité avant : Pantera, Lamb Of God, Down, Snot, un peu de Red Hot Chili Peppers aussi, Rage Against The Machine. En fait, on adore tout ce qui groove, quand on sent quelque chose qui donne des frissons ! On va dire que lorsqu’on joue, on n’a jamais une grosse ambiance où ça pogote de partout, ça se met des doitres… Non, généralement, les mecs sont toujours comme ça (Il imite un headbanger). Et juste ça, nous on fait : « Ah ben c’est bon, nickel, continuez comme ça les gars ! ». C’est génial ! On a envie de communiquer avec le public. Maintenant, la mode c’est : « Allez, j’envoie le bois, je défonce tout ». C’est bien, surtout quand ça joue bien mais il faut qu’il y est un lien avec ton public, quelque chose qui se crée.

SOM : Il y a des musiques plus épidermiques et d’autres qui te prennent aux tripes…

Oui, on voit clairement la différence entre DeadSide et nous. On a pas le même but. On aime bien partager, faire ressentir quelque chose. Quand j’écoute de la musique, j’adore faire découvrir un groupe à quelqu’un et si on me laisse faire, je vais lui apprendre toute sa biographie, sa discographie. Le mec ne repart pas, quoi. Je pars dans mon trip ! En fait, on ne sait pas se donner un style dans Soul Tripper.

SOM : Ce serait un peu du Thrash groovy, tu as de la grosse basse à la Pantera. Du Stoner Metal Thrash…

Carrément ! À nos débuts, j’étais à la gratte et au chant. C’était du Thrash, nous étions à fond dans Slayer. Ce qui nous est un peu resté, d’ailleurs. En grandissant, on s’est dit que nous allions faire différemment parce qu’on a compris comment fonctionnait la musique, qu’il fallait travailler autrement, apporter quelque chose. Du coup, les influences ont changé. Il y a beaucoup de choses comme du Blues, du Jazz. Ça nous apporte vraiment beaucoup.

Flavien, bassiste.

Flavien, bassiste.

SOM : Quels sont vos projets pour Soul Tripper ? Vous avez déjà sorti un EP…

Oui. L’EP est sorti en… 2013… Je crois. (rires) Pour les projets, nous voyons loin car nous avons tous des projets personnels, à côté. Nous avons été contacté par un label du nom de Worm Hole Death pour faire un album. Au début, on n’y croyait pas, on pensais que c’était des robots qui envoient automatiquement des emails. (rires) Après une petite recherche, on a vu que c’était vrai, le mec existe bien ! (rires) On a étudié la question et avons dit : « oui, mais pas avant deux ans ». Nous avons d’abord envie de terminer nos projets personnels pour pas se retrouver dans la merde si ça ne marche pas. Là, ce qu’on va faire, c’est plus de concerts dans l’année et en septembre (2015), on va s’enterrer et peut-être se faire oublier, tant mieux, avec le but de ressortir avec un putain de nouveau set et un putain d’album pour taper fort. Nous avons aussi une surprise pour très bientôt. Pour l’instant, il n’y a que ça comme projets. Bien sûr, on compose toujours, à fond. On répète un maximum, on essaye de travailler le plus précisément possible pour sortir encore plus fort. Beaucoup de choses peuvent se passer en deux ans.

SOM : Nous arrivons bientôt à la fin alors j’aurai deux questions. Une simple : avec qui tu rêverais de jouer ?

Oh putain ! Tu m’en colles une, là ! (rires) Heu… (il réfléchit longuement) Je ne sais pas. Je ne pourrais pas te dire. Il y en a trop !

SOM : Même pas un Top 5 ?

Pfff… J’ai tellement d’influences…

SOM : Un Top 100, alors ? (rires)

Ah ah ! Je ne pourrai pas te dire précisément car il y a tellement de groupes que j’adore et avec qui j’adorerai jouer, comme Lamb Of God ou Snot. J’adorerai aussi jouer avec Pearl Jam ! Il y a trop de groupes, c’est pas possible de choisir ! (rires) C’est horrible cette question ! (rires)

SOM : C’était la question-piège. À chaque interview, on donne le dernier mot à l’artiste en face de nous. Donc, pour conclure, aurais-tu un message pour nos lecteurs ?

Je trouve que vous êtes un bon binôme, quand même ! (rires) Ce que j’aime bien, c’est que vous avez une bonne oreille. Continuez car vous faites vraiment du bon boulot. Un truc tout con : quand je t’ai demandé si tu couvrais la date et que tu m’a répondu « oui », j’ai adoré quand les Fasteria m’ont dit : « Oh putain, il y a Sons Of Metal qui vient !!! (rires) Juste pour leur mettre le flip, j’en ai rajouté ! (rires) Ça leur a mis la pression ! C’était magique ! (rires) Donc, juste pour ça, merci à vous d’être venus ! Et surtout, que la scène continue de bouger pour ne pas mourir !

Interview menée par Mike

Retranscription et photos de Kouni

Liens :

Notre reportage sur le concert à la MJC Robert Martin, Romans Sur Isère

Notre reportage sur le festival Teilia, en Ardèche : Teilia Open Air Fest

Notre chronique de l’EP : Fucking Strait Jacket