Cette soirée s’annonçait chaude depuis déjà un moment. Psykup n’avait plus guère donné de signe de vie depuis six ans, environ. Les fans les attendaient donc de pied ferme. Ils ont ainsi décidé de faire une date à Paris en cette fin d’année. Signe précurseur d’une reprise d’activité ? Les spéculations vont bon train. Toujours est-il que nous sommes contents de les voir passer par ici et comme tous les autres, nous allons profiter du concert et d’un bon moment garanti.

Dwail

Les hostilités débutent un peu après 19H40, ce qui ne fait pas beaucoup de retard dans la programmation. Les Toulousains de Dwail n’ont qu’une petite demi-heure pour faire leurs preuves et nous aurons donc droit à un set efficace qui laissera la part belle aux dernières compositions du groupe. Ce concert fête en partie le lancement de l’album The Human Concern que vous pourrez retrouver en chronique dans nos colonnes. Quoi de mieux qu’un petit concert de mise en jambe avec les amis de Psykup pour se lancer ? Le démarrage est brusque. Les lumières s’éteignent, des ombres se meuvent sur scène et nous partons déjà pour le premier morceau de la série qui sera aussi le premier titre de l’album, avec Influx qui donne le ton. Le public n’est à ce moment pas encore extrêmement nombreux dans la salle. Cependant, une bonne moitié est remplie et quelques-uns qui attendaient ici se rapprochent. Le concert commence. Musicalement, c’est un carnage. Toutefois, le public démarre tout juste et ne vient pas forcément pour voir Dwail. Le mouvement est palpable mais pas extrêmement intense.

Côté scène, par contre, c’est un déchaînement de riffs à la fois vifs et acérés, parfois plus syncopés, plus Blues ou Rock, frisant le Stoner par moment. Mais l’identité musicale est là et bien là. Au fil des morceaux, le mouvement s’intensifie un peu dans le public, surtout après les annonces entre chaque morceau du passage tant attendu de Psykup ensuite.Le son est plutôt bon mais souffre parfois d’un léger manque de clarté. Cela se traduit par une guitare pêchue mais qui manque un tout petit peu de présence. La basse est perceptible mais pas trop intense. Mis à part cela, l’ensemble est homogène et carré. Les musiciens se déchaînent et donnent tout ce qu’ils ont physiquement aussi, nous permettant de passer un bon moment. Dommage que certains ne se soient pas un peu plus penchés sur ce groupe pourtant prometteur. Mais c’est la loi du spectacle et le lot de nombre de premières parties. Pour notre part, nous aurions vraiment aimé un concert plus long car une petite demi-heure passe très vite. La musique était bonne et en trente minutes, les personnes qui les découvrent n’ont eu que le temps de s’échauffer et de commencer à apprécier. Il faut déjà tourner la page mais nous en garderons un bon souvenir, en espérant les voir plus longuement la prochaine fois.

Psykup

Après un entracte de rigueur d’une trentaine de minutes, tout comme précédemment, les lumières s’éteignent, des ombres bougent sur scène et une lourde clameur monte d’un public massé en nombre cette fois-ci, devant une scène qui paraît avoir un peu rétréci. Gageons qu’il ne restait pas une place de disponible. Le concert était en effet sold out depuis déjà un moment. Et quand nous pensons qu’il a failli ne pas avoir lieu. Au cours des balances dans l’après midi, la tête d’ampli guitare de Vidda (guitariste) a « cramé » pour la seconde fois en peu de temps, entendons-nous. Du coup, panique : il faut en retrouver une identique, autrement, le concert ne peut avoir lieu. Remercions donc bien l’organisation d’avoir fait son possible pour que cela fonctionne et le groupe remercie d’ailleurs son bienfaiteur à la toute fin du concert. Mais qu’en est-il justement de ce concert ?Après la clameur d’un public impatient, nous commençons tout en douceur avec To Be (Tray)… Or Not To Be, dont le sympathique arpège introductif délicat, accompagné de quelques touches de synthé créé une ambiance particulière. Le public répond au doigt et à l’œil, tout le monde connaît les titres par cœur. Cela s’annonce plus que bien pour la suite. Dès les premiers gros accords et les parties plus violentes, c’est le choc total. Que ce soit en salle ou en mezzanine, tout le monde bouge et saute en rythme.

Pendant un instant, nous nous sentons mal : la salle va-t-elle s’effondrer ? Si vous pensez que nous exagérons, imaginez le sol qui se mette à faire des vagues au rythme d’une foule folle furieuse qui se donne dans une salle pas si grande que cela. Imaginez aussi la mezzanine qui fasse des mouvements plutôt inquiétants à ce même rythme. Et voici l’idée que cela peut donner. Bienvenue au Nouveau Casino, c’est Psykup qui régale et tout le monde participe à ce festin musical tant attendu. Peut-être trop attendu. Les titres s’enchaînent sans répit, alternant les parties calmes, les parties plus pop, le Grind, le Death. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe, sachez que c’est une expérience auditive tout d’abord, mais le live rend totalement justice à ce style déjantée. D’ailleurs, n’avons-nous pas encore parlé du son ? Il était assez exceptionnellement bon. Sans dire que l’on retrouvait la qualité d’un enregistrement, la clarté était tout à fait notable, chaque instrument étant parfaitement audible, les chants au bon niveau, la basse faisant corps avec le groupe et le public, et la batterie nous assénant des coups avec une délicatesse particulière. Le son donc, était particulièrement bon. Les musiciens, disons-le aussi en passant, n’étaient pas en reste.

Que dire de plus ? Un moment intense de retrouvailles entre un groupe fou et son public pas mieux. Un cri d’amour brutal dans une nuit éclairée par des lumières roses Kitty nous montrant des bouchers étripant des bisounours. Il faut ajouter à ce tableau les dialogues hilarants entre certains morceaux qui pouvaient parfois durer un petit moment. L’ironie aussi avec des : « Paris, tu n’es pas mal. Et tu es content, toi, qu’on te dise que tu es pas mal ? Non, hein… » et d’enchaîner pour faire bouger encore plus le public. Toutes les figures de style ont été représentées. Le pogo, le crowd surfing, le circle pit, le wall of death, les types qui montent sur scène avant de sauter et qui s’attardent parfois un peu trop, allant même jusqu’à débrancher accidentellement la guitare de Vidda à force de rôder. Mais tout cela fait partie du show. Les Psykup, après une heure et quinze minutes de concert, s’apprêtent à partir. Alors, sous les acclamations de la foule, ils reviennent pour un rappel de trente minutes, excusez du peu. Au cours de cette demie-heure, toujours dans cet esprit décalé, nous aurons droit à des amorces de reprises façon meddley, entrecoupées de sentences ironiques et nostalgiques. Un hommage à Sepultura avec Roots Bloody Roots pour nous rappeler cette magnifique époque. Un membre du public affublé de dreadlocks « prêtera » ses cheveux à MiLKa. Dans l’enchaînement, c’est au tour de KoRn d’y passer avec Blind. Julien réclame au public un sac Eastpack, qu’il obtient. Vidda le met pour jouer avec. « Vous savez pourquoi on jouait avec des sacs, avant ? Nous non plus… ». Finalement, nous avons eu droit à un grand merci. Réciproque, cela va de soi. Le concert se termine dans une ambiance parfaite, après une trentaine de minutes de Dwail et une heure quarante-cinq minutes de Psykup.

Alors, c’est quand le prochain ?

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Note : notre reporter F4R n’étant pas accompagné d’un reporter-photographe, nous sommes dans l’incapacité de vous présenter des photos du concert. Veuillez nous en excuser.