BLACK BOMB A-20141213-005Bienvenue à tous dans la SMAC de la préfecture de l’Ain, La Tannerie ! Ce soir, la salle accueille le groupe Black Bomb A qui n’est plus à présenter, ainsi que les locaux de Drift, déjà vus à plusieurs reprises dans notre webzine. Une heure avant le début du concert, les Burgiens arrivent en nombre, soucieux d’avoir une bonne place devant la scène. Il est 20h30, les amplis résonnent, les lumières s’éteignent, on peut commencer. Bourg-en-Bresse va connaître un terrible tremblement de terre, ce soir…

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Drift

DRIFT-20141213-013La dernière que nous avons vu ce quintet, il avait réalisé alors une performance peu convaincante, voire même inquiétante pour l’avenir du combo. Nous attendons donc de voir ce que va faire Drift ce soir, le groupe ayant à nouveau subi un changement de personnel. Exit le batteur peu groovy et trop technique vu au Sovengard quelques semaines auparavant, il a laissé sa place à un Tom, plus en phase avec le Hardcore groovy qu’interprète le groupe. Grâce à lui et à une confiance visiblement retrouvée, Drift se montre sous son meilleur jour. Plus cohérent et plus uni, le groupe réalise une performance remarquable, tout de suite saluée par un jeune public chaud comme la braise. Les slammers sont légion et nous voyons Gabin, le fils du chanteur Chris, monter sur scène muni d’une guitare en plastique et mimer les gestes de Pete Townsend (The Who). Le petit bonhomme seulement âgé de sept ans, reste sur les planches pendant trois chansons avant de redescendre. Nous le verrons à nouveau aux côtés des musiciens un peu plus tard. Dans la fosse, un circle pit démarre, fortement motivé par Chris qui encourage sans cesse les spectateurs à se déchaîner. En cas de non-exécution, le groupe fait diffuser des samples de génériques des séries télé américaines des années 80, telles Magnum, Supercopter… En parlant de Magnum, il s’agit là d’une chanson jouée par Drift dont le superbe (et difficile) solo parfaitement exécuté par Steph (guitariste soliste) laisse pantois de nombreux spectateurs. La section rythmique constituée de Mag (basse), Tom (batterie) et Alex (guitare rythmique) est carrée et même si quelques erreurs se font entendre, sans parler des retours de plus en plus aphones, ça ne gâche en rien la performance du groupe, plus soudé que jamais. Nous avons vraiment l’impression de revoir le Drift que nous avons connu il y a un an en arrière, avant qu’il ne connaisse une longue période de turbulences. Cette fois, le groupe semble remis sur les bons rails de la bonne entente et du succès. Preuve en est l’engouement suscité dans la salle dont la température ne fait que monter. Le rappel verra une bonne quinzaine de personnes monter sur la scène et headbanguer furieusement avant de partir en slam. Ce soir, Drift nous a donné deux leçons : la première est technique. Rarement, nous les avions vu si cohérents et obtenir l’approbation du public à ce point. La deuxième leçon nous prouve le sens de l’adversité du noyau dur de la formation, à savoir Chris et Mag qui, malgré les tempêtes, sont parvenus à reconstituer un groupe uni et compétent. Bravo à eux. Désormais, nous attendons avec beaucoup d’impatience le premier album du combo, prévu pour 2015.

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Black Bomb A

BLACK BOMB A-20141213-021Après un intermède d’environ trente minutes, les franciliens de Black Bomb A déboulent sur les planches de la Tannerie. À peine les lumières sont-elles éteintes que le public, chauffé à blanc, hurle sa joie. Poun et Arno (chanteur au sein du groupe de 2002 à 2007 et de retour cette année) s’avancent et là, la guerre éclate dans la fosse. Nous n’en attendions pas moins d’un tel groupe, capable de déplacer les masses et de provoquer la furie partout où il passe. Ce concert ne dérogera pas à la règle. D’autant que le groupe est en pleine forme, Jacou (basse) et Snake (guitare) alignent les riffs assassins tout en arpentant la scène de long en large. Du côté du public, les slams ne se font pas attendre. Du début à la fin, de sont des dizaines de slammers qui vont apparaître et disparaître à tour de rôle. Certains prennent le temps de faire un selfie avec les chanteurs (?!) avant de sauter sur la foule. Derrière son kit, Hervé cogne comme si sa vie en dépendait, sans faire une seule erreur et regarde d’un œil amusé ses camarades subir les assauts d’un public désormais incontrôlable. Un wall of death sera organisé par les deux vocalistes, chacun motivant sa « moitié » pour défoncer l’autre. Le choc est brutal et donne naissance à un circle pit épique. Sur scène, l’album Human Bomb (2001) est très bien représenté avec pas moins de cinq titres sur quatorze joués. Un seul extrait de Ennemy Of The State, le dernier opus en date, est interprété (Come On Down). Arno remplaçant avantageusement, vocalement parlant, son prédécesseur écossais Shauny. Sa différence de timbre vocal apporte un réel dynamisme et une plus grande dimension aux morceaux. Le groupe nous présente un nouveau titre, extrait du prochain album à paraître courant 2015. Celui-ci remporte facilement les faveurs du public, dans la continuité des derniers albums produits. À plusieurs reprises, le public entonne le refrain de la chanson Mary, ce à quoi Arno répond : « Un peu de patience, Bourg-en-Bresse ! Quand on fait l’amour, il faut y aller doucement, prendre son temps. Toi, tu veux éjaculer tout de suite. Attends un peu ! ». Le public devra attendre pour avoir sa dose. En attendant, les cartouches se succèdent, toujours dans la même ambiance de fête débridée. Le groupe quitte la scène, laisse patienter la salle quelques courtes minutes puis un riff de basse très bien connu des fans résonne. Le public hurle, ovationne, explose, c’est enfin la libération avec Mary ! Les musiciens reviennent sur les planches et relancent les hostilités. Les slams sont plus nombreux que durant tout le concert. Sur l’avant-dernier titre, une trentaine de ces fougueux spectateurs monteront sur scène, faisant réagir Arno et Poun : « Oh, la scène tremble ! Doucement les enfants, doucement ! ». Puis la dernière chanson arrive, inexorablement et les membres de BBA quittent définitivement la scène, en sueur, trempés jusqu’aux os, au bout du rouleau. Ils ont physiquement tout donné, tout comme le public. La température de la salle doit afficher pas loin de quarante degrés, avec un taux d’humidité certainement très élevé. L’atmosphère est devenue irrespirable. Il faut sortir et profiter de la fraîcheur de ce mois de décembre, particulièrement doux.

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Vous l’avez compris, cette soirée fut mémorable, incroyable. Il est rare de voir deux groupes se tirer la bourre à ce point, motivés par un public surexcité. Tout le monde rentre chez soit, exténué mais heureux d’avoir participer à une telle fête.

Nos remerciements au personnel de la Tannerie pour son accueil et son professionnalisme. Merci à Black Bomb A et à Drift et surtout, merci aux Burgiens de s’être mobilisés en masse. Vous êtes au top !

Kouni