the sirens 2014_12_06__9999_483 (8) (800x533)La mythique salle du Z7 à Pratteln (Suisse, région de Bâle) a eu l’idée, à partir de 2013, de regrouper en une seule soirée plusieurs groupes de Metal symphonique à la réputation moindre que les trois « grands » du milieu (Nightwish, Within Temptation et Epica). Une salle bien remplie pour les deux premières éditions ayant regroupées entre autre Xandria, Serenity, Delain ou Leaves’ Eyes. Pour cette troisième édition organisée le 6 décembre 2014, l’organisation a prévu une sélection beaucoup plus hétéroclite. En effet, si Stream of Passion et Vision of Atlantis correspondent à la description des affiches passées, la présence de The Sirens et de Gloryhammer accompagnés de ses deux premières parties pour la tournée The Unicorn Invasion Of Europe, va faire passer l’auditeur par un voyage en haute mer qui ne satisfera pas toujours l’ensemble du public présent. Pourtant, c’est une très bonne soirée que vont vivre les reporters de Sons of Metal : Mélissa et Khaos.

Twilight Force

Twilight force 2014_12_06__9999 (800x533)Il est 16h00 lorsque les portes s’ouvrent alors que seule une petite trentaine de fans sont présents. Dès l’entrée, nous apercevons dans la salle Anneke van Giersbergen, l’une des têtes d’affiches de la soirée en grande discussion avec Alexander Krull (Leaves’ Eyes, Atrocity). Un petit bonjour amical et un bienvenue échangé qui met d’emblée de bonne humeur. Le premier groupe à se présenter une demi-heure plus tard est Twilight Force, venu de Suède. Backdrop représentant un dragon qui crache du feu, les musiciens débarquent dans des costumes médiévaux : moines-soldats, elfes, barbares. Le chanteur bondit sur scène quelques secondes plus tard armé d’une épée qui nous rappellera l’Excalibur de la légende du roi Arthur. Le Quintet nous offre un Power Metal épique dans la lignée de ce que fera Gloryhammer plus tard dans la soirée. Une belle voix, des guitares bien mélodiques, la sono semble toutefois se chauffer ce qui a pour conséquence des instruments qui ne sont pas toujours distinctement entendus. En une demi-heure, la petite tornade du nord aura le temps de réveiller le public qui commence à arriver en plus grand nombre. Un certain nombre de fans venus pour Gloryhammer connaissent visiblement un bon nombre de paroles des chants de Twilight Force. Une prestation correcte dans un style où le groupe n’aura rien inventé mais aura parfaitement su exécuter ce qu’il avait à faire. Un grand bravo pour la prestation scénique et les costumes qui sont bien sympathiques.

Setlist :

  1. Forest Of Destiny
  2. Enchanted Dragon Of Wisdom
  3. Twilight Horizon
  4. Fall Of The Eternal Winter
  5. Gates Of Glory
  6. The Power Of The Ancien Force
Shear

Shear 2014_12_06__9999_608 (1) (800x533)Après le changement de matériel et les balances, ce sont les Finlandais de Shear qui vont monter sur scène. Le style que nous allons entendre là va être intermédiaire entre le Power et le Heavy classique. La section rythmique est mise en avant et il est vrai que le batteur cogne beaucoup plus fort que le groupe précédent. Quant au bassiste, il est de très bon niveau et porte haut le reste des musiciens. Les guitares nous sortent des riffs et un son plus lourd. La chanteuse, quant à elle, est une pile électrique. Pleine d’énergie, elle manquera quelque fois de faire tomber un pied de micro ou de se prendre le sien dans un câble. La sono ne mettra malheureusement pas sa voix suffisamment en avant pour qu’on puisse réellement juger de ses capacités vocales. Une demi-heure que le groupe aura du mal à tenir, non pas par manque de talent mais parce que le public attends visiblement autre chose. L’ouverture d’esprit des Suisses venus principalement pour Gloryhammer saura cependant accueillir Shear en gentleman, en tentant de réagir aux interactions que propose Alexa. Il est vrai que le style de Shear est difficile à définir précisément, il ne ressemble à rien de déjà connu. Je trouve que tout le mérite lui revient de chercher et d’inventer du neuf, même s’il ne se sera pas fait beaucoup d’amis ce soir. D’un point de vue strictement musical, nous pouvons remarquer quelques atouts intéressants. Avec un peu d’humour on pourra dire que « Shear, ça déchire ». Leur musique devrait plaire mais à un autre public. Un groupe à revoir dans un autre contexte.

Setlist :

  1. Heaven Into Hell
  2. In Solitude
  3. Home
  4. Not Myself
  5. Last Warning
Visions of Atlantis

Visions of atlantis2014_12_06__9999_776 (7) (800x578)Ce sont ensuite les Autrichiens de Visions of Atlantis, accompagnés de la française Clémentine Delauney (ex Whyzdom, Serenity, Melted Space) qui viendront enfin soulager ceux qui attendaient du symphonique. Deuxième participation à ces soirées pour le groupe qui porte l’inconvénient d’avoir connu une rotation importante de son personnel. Clémentine (chant féminin) et Siegfried (chant masculin, également membre de Dragony) ne sont dans le groupe que depuis 2013, les fans ne savent donc pas trop à quelle sauce ils vont être cuisinés. Musicalement, les sons au synthétiseur sont entièrement samplés et comme avec le groupe précédent, nous regretterons parfois une sonorisation qui ne mettra pas les voix assez en avant. Pourtant, lorsque les instruments se calment notamment lors des ballades, nous pouvons remarquer deux voix très belles et puissantes. Le moment fort aura été l’interprétation larmes aux yeux par Clémentine de Last Shut Of Your Eyes, chanson en hommage à Nicole Bogner, première chanteuse du groupe décédée à l’âge de 27 ans. Nous avons quand même eu le temps de remarquer là des capacités musicales qui pourraient permettre à ce groupe de sortir d’une certaine léthargie. Cela pourrait se faire avec une stabilité des membres et un son qui devrait refléter une identité propre. C’est donc un nouveau groupe qu’ont découvert ceux qui avaient déjà vu Visions of Atlantis par le passé. Espérons qu’ils auront été convaincus du potentiel musical et artistique des franco (cocorico)-autrichiens qui ne manquent pas de qualités.

Setlist :

  1. At The Back Of Beyond
  2. Through My Eyes
  3. Seven Seas
  4. Lost
  5. Winternight
  6. Lovebearing Storm
  7. Last Shut Of Your Eyes
  8. Passing Dead End
  9. New Dawn
Stream of Passion

Stream of passion 2014_12_06__9999_114 (14) (800x533)Place nette désormais à l’une des étoiles montante du Metal Symphonique : Stream of Passion. Pour une fois, l’ingénieur du son aura compris que la voix magnifique de la mexicaine Marcela Bovio méritait une petite hausse du potentiomètre qui a en charge le micro. La dernière galette est largement présentée mais certains tubes des plus anciens albums comme Collide ou In the End passent aussi très bien sur scène. Une heure pleine d’émotions alternant passages puissants et plus calmes, le groupe aura produit une prestation convaincante. Johan, le bassiste, est non seulement très bon musicalement mais il saute aussi comme un cabri et parcours la scène dans tous les sens pendant tout le set. Deux guitares dont une plus tournée vers des soli joliment exécutés, un synthétiseur présent mais pas excessivement et une batterie qui tient la route. Le combo néerlandais nous fait gravir quelques marches de plus en qualité par rapport aux prestations des groupes précédents. S’il en manque encore, elles ne sont assurément plus nombreuses pour atteindre les majors du style symphonique. Marcela sort parfois un violon, chante aussi dans sa langue d’origine (l’espagnol), ce qui tend à donner une identité propre au groupe. C’est peut-être en accentuant ces aspects là qu’ils pourront se distinguer et franchir les quelques échelons qu’il reste. Après cette prestation, le public est pleinement dedans. Des lumières excessivement bleues afin, sans doute, de rappeler la pochette du dernier album, rendra toutefois le travail des photographes plus ardu. Ceux-ci sont nombreux dans l’espace qui leur est dédié ce soir. Malheureusement, l’affluence ne bougera plus beaucoup et ce festival n’aura rempli qu’un bon tiers de la salle, ce qui est bien dommage.

Setlist :

  1. Monster
  2. A War Of Your Own
  3. The Curse
  4. Collide
  5. Exile
  6. In The End
  7. Now Or Never
  8. This Endless Night
  9. Street Spirit (reprise Radiohead)
  10. Haunted
Gloryhammer

Gloryhammer 2014_12_06__9999_1082 (13) (800x579)Les rangs se serrent à proximité de la barrière car ce sont les très attendus Gloryhammer qui vont à présent arpenter le pavé. Christopher Bowes (claviers) qui est aussi le créateur du groupe de pirate-Metal Alestrom, va nous assommer les tympans avec sa bande venue des Highlands. Double pédale de grosse caisse presque permanente, claviers et guitares bien mélodiques et la voix superbement puissante de Thomas Winkler seront les ingrédients pendant une heure et demie. Si les boys ont ici laissés leurs costumes de pirates, ils les ont troqués avec d’autres dignes de la chevalerie et de l’univers héroïque-fantastique. Christopher en magicien, le batteur en moine, James le barbare à la guitare basse, le très bon Paul Templing en soldat à la guitare et pour finir, le héros de l’aventure Angus McFife que joue notre ténor du jour. Celui-ci va nous livrer un chant plein d’énergie, passant aisément des graves aux aigus en n’oubliant pas la technique du Falseto. Les soli vont se succéder à la guitare ou aux claviers. La batterie nous délivrera un bruit de galop comme la licorne dont le groupe nous prévient de l’invasion. Thomas viendra aussi plusieurs fois avec un marteau géant « The Hammer of Glory », ce qui vaudra le titre le plus épique du set. Le show se terminera aussi par un couronnement, pendant que les Français couronnent miss France devant leur téléviseur, les fans de power-épique couronnent le barbare (et pourquoi pas Angus, je n’en sais trop rien). Le public va être nombreux pour reprendre à tue-tête les refrains qu’une bonne partie de l’audience connaît par cœur. Nous pouvons même apercevoir dans la foule des fausses épées ainsi qu’un masque de licorne qu’orneront certains fans visiblement bien dans le délire du groupe. Une description plus en profondeur des titres de Gloryhammer sera bientôt présentée dans ces pages à travers une chronique de leur unique album : Tales From The Kingdom Of Fife. Dans le déroulé, nous découvrirons aussi un titre qui n’a pas encore de matérialisation sur album : Rise Of The Chaos Wizards. Le groupe réussit parfaitement son show et n’a pas hésité à rejoindre le public pendant l’entracte qui à suivi. Thomas et ses adjoints furent de suite entourés d’une myriade de fans ou plutôt de fanes. Bien qu’une partie du public venu plus spécialement pour le symphonique ait vécu difficilement ce moment, une grande partie de l’audience a été conquise par un groupe qui rejoindra très vite les plus grands du genre tel que Rhapsody Of Fire. Gloryhammer a grondé comme un tonnerre, place maintenant à la deuxième tête d’affiche de la soirée, The Sirens, qui vont nous mener dans d’autres contrées.

Setlist :

  1. Anstruther’s Dark Prophecy (intro)
  2. The Unicorn Invasion Of Dundee
  3. Quest For The Hammer Of Glory
  4. Magic Dragon
  5. Rise Of The Chaos Wizards
  6. Amulet Of Justice
  7. Hail To Crail
  8. The Epic Rage Of Furious Thunder
  9. Angus McFife
  10. Wizards !
  11. The National Anthem Of Unst (outro)
The Sirens

the sirens 2014_12_06__9999_483 (8) (800x533)La communication autour du projet The Sirens n’a visiblement pas permis de rassembler les foules et ceci est bien regrettable. En effet, malgré un talent qui n’est plus à prouver de la part des trois sirènes, nous pouvons difficilement classer leur musique dans l’univers du Metal. L’heure et demie qui va suivre nous fera naviguer entre Rock/Pop, Rock atmosphérique, Metal gothique et Doom. Le projet est parti de la très éclectique Anneke Van Giersbergen, dont je ne serai pas objectif quant à mon opinion sur son immense talent. C’est un fan qui écrit ces lignes. La Néerlandaise n’est pas totalement étrangère au milieu du Metal puisqu’elle collabore en tant qu’interprète dans les trois derniers albums du Devin Townsend Project et prépare un projet nommé The Gentle Storm avec Arjen Lucassen (Ayreon). C’est cependant le reste de sa carrière qui sera plus mis à profit avec les sirènes : son passage plus que remarquable pendant plus de douze ans derrière le micro du groupe The Gathering et sa carrière solo plus orientée Rock/Pop. C’est à la suite de rencontres pour des enregistrements ou en marge de festivals, qu’elle émet l’idée d’une collaboration, tout d’abord avec Kari Rueslatten (ex The 3rd and the Mortal), puis avec Liv Kristine (ex Theatre of Tragedy, Leaves’ Eyes). Ces trois pionnières populariseront au milieu des années 1990 le chant féminin dans l’univers du Rock/Metal. Cela permettra ensuite l’émergence des Tarja Turunen et autres Floor Jansen (dans leur style propre). Les trois divas n’ont donc rien à prouver ce soir. Les titres de cette soirée vont surfer entre des tranches de Pop/Rock avec les carrières personnelles de Anneke et Liv, du Rock atmosphérique avec les reprises de The Gathering et le magnifique 1 000 Miles Away From You. Nous trouverons aussi le Rock/Metal gothique de Theatre of Tragedy interprété par Liv avec le guitariste Ferry Druijsen qui s’essaiera au chant guttural. Puis, des titres beaucoup plus méditatifs à l’accent Doom à travers les compositions personnelles de Kari ou les reprises de son ancien groupe. Forcément, après le galop envoyé par Gloryhammer, l’ambiance ne pouvait pas rester dans la même intensité. C’est un autre genre d’ondes que vont nous envoyer The Sirens : de l’émotion et même beaucoup d’émotion. Ces sirènes-là ne sont pas dangereuses comme celles de la mythologie homérique, c’est le genre de sirènes cool que tu invites à un barbecue sympa un soir de printemps et avec qui tu rigoles bien, passe une bonne soirée, part chez toi content et sobre. Toutes les trois ont en effet en permanence le sourire aux lèvres, elles communiquent aisément avec le public. Elles partageront la scène à deux et même parfois à trois pendant la moitié de leur set, nous proposant aussi deux compositions originales créées pour l’occasion. Le groupe autour d’elles saura parfaitement les mettre en valeur en tenant hautement leur rang. Après leur prestation, il sera aisément possible pour toutes les personnes qui le désirent d’échanger quelques mots avec ces trois grandes dames, de prendre des photos et signer quelques autographes. Une partie du public venu spécialement pour Gloryhammer a succombé au charme des femmes-poissons puisqu’affluence au merch il y avait jusqu’à ce que le videur presse le pas des retardataires. Un projet musical fort intéressant mais qui a peut-être manqué de communication. Un album en commun avec des compositions travaillées de la part des trois sirènes et un univers musical défini aiderait grandement à faire venir d’avantage de monde. C’est tout ce qu’on peut souhaiter à ces trois talentueuses artistes.

Setlist :

  1. Treat Me Like A Lady
  2. Vervain
  3. Saturnine (The Gathering)
  4. Exile
  5. Venus (Theatre Of Tragedy)
  6. Silence
  7. Mental Jungle
  8. Image (Theatre Of Tragedy)
  9. 1 000 Miles Away From You
  10. Why So Lonely (The 3rd And The Mortal)
  11. Death Hymn (The 3rd And The Mortal)
  12. Love Decay
  13. In Motion 1 (The Gathering)
  14. Embracing The Seasons
  15. Atupoema (The 3rd And The Mortal)
  16. Ride
  17. Trollferd
  18. Siren (Theatre Of Tragedy)
  19. Strange Machines (The Gathering)
  20. Sisters Of The Earth

Cette troisième édition du Master Of Symphonic Metal aura été une grande soirée pour ceux qui sont à l’écoute d’univers assez éclectiques mais tout de même largement mélodiques. Ils n’auront par contre que moyennement satisfait les aficionados de Power qui auront trouvé The Sirens trop léger. Dans le même temps, une autre partie du public venue plutôt pour The Sirens et le Metal symphonique auront dû prendre leur mal en patience pendant la furie héroïco-médiévale. Cette édition a donc souffert d’un choix de groupes aux styles trop différents, ce qui en a certainement découragé certains à participer. Des habitués me décrivaient une salle pleine pour les deux éditions précédentes. The Sirens étant de passage à Paris le 20 décembre au Divan du Monde, nous conseillerons à tous les Français du coin qui ne sont pas accrochés aux brisages de nuques et autres pogos déchainés de venir voir ces trois grandes artistes. Vous pourrez même y emmener vos beaux parents qui habituellement ne supportent pas ce que vous écoutez. Toute la famille passera une bonne soirée, c’est assuré. Un grand merci à la salle du Z7 qui fait vivre de très bons moments à tous les metalleux du secteur et même au-delà. Un petit clin d’œil aussi à un public suisse très sympathique et chaleureux.

Photos de Mélissa

Chronique de Khaos