[Interview] : Dwail

Posté le : 22 décembre 2014 par dans la catégorie Interviews
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Une journée grisâtre de novembre. Vers 16 heures, la nuit commence déjà à tomber. Nous marchons vers le Charbon, café attenant au Nouveau Casino afin de faire la rencontre de Julian et Yannock de Dwail, et discuter un peu avec eux de l’album The Human Concern qui sort ce jour même. Vous pourrez retrouver la chronique de celui-ci dans nos colonnes. Psykup est en train de faire ses balances et les membres de Dwail profitent de l’attente avant de faire les leurs pour donner quelques interviews, dont la nôtre. L’ambiance est chaleureuse.

Sons Of Metal : Vous dites que Dwail est comme un nom qui définit le groupe, sans signification autre. Qui a choisi ce nom ?

Julian : Et bien, cela s’est révélé compliqué. Avant, nous avions un nom qui était Spade et cela ne nous plaisait pas trop. Au fur et à mesure de notre évolution, nous voulions un nom qui nous ressemble un peu plus. Finalement, la seule condition était d’avoir un nom qui sonnerait pareil dans toutes les langues, qui soit donc international et qui ne signifierait rien en particulier, qui puisse ne définir que le groupe en somme. Il fallait que ce soit court et précis. Du coup, cela part du verbe « to dwell » qui signifie « habiter, demeurer » que nous avons changé en Dwail pour que cela corresponde à nos critères et nous représente. Le but était aussi qu’en tapant Dwail sur un moteur de recherche, on ne puisse trouver que nous.

Effectivement et même pour le moment, on ne trouve pas grand chose sur la toile…

Mais ça va venir. Nous avons mis un peu de temps à nous mettre en place. Nous venons de loin, ayant commencé en 2006. Il y a eu beaucoup de changements de line-up. Le temps de pondre le premier album et nous avons bien mis quatre ans à y arriver.

Pour rappel, Helter Skelter, le premier album, est sorti en 2011. Donc, vous avez commencé les compositions pour l’album en fin 2012 ?

Non, pas vraiment. Il y a eu toute une phase au cours de laquelle nous avons bien tourné et nous voulions juste profiter de l’album Helter Skelter parce que nous étions tellement contents d’avoir fait ce premier album. Nous avons donc choisi de nous amuser et d’emmagasiner de la scène et de l’énergie live. Le concept pour The Human Concern était déjà là en 2011-2012, mais nous n’avons commencé à composer que très tardivement, pour que cela soit plus dans un esprit « one-shot » et direct.

Justement, en parlant du concept de The Human Concern, pourquoi avoir délibérément choisi de le faire en deux parties distinctes ? Deux phases de compositions, d’enregistrements, deux tournées.

Justement, comme nous sommes un groupe en voie de développement et qu’à l’époque du premier album nous étions réellement un jeune groupe, nous trouvions qu’il nous manquait encore un peu de maturité et d’expérience studio, entre autres. Nous nous sommes alors concertés pour nous lancer un défi : il fallait chaque année composer, enregistrer et tourner. Ceci pour essayer de se mettre dans la mouvance actuelle des choses. Comme tu le vois, tout va très vite maintenant. Les groupes sortent des albums en peu de temps, tournent, ressortent un album, re-tournent… Nous avons donc voulu faire cela et aussi nous améliorer en studio. Nous sommes plutôt contents car cela nous a apporté beaucoup de choses de respecter ce défi.

Pourquoi, dans le cours de ce concept, avoir envisagé l’extra-terrestre comme un envahisseur ?

Nous aimons bien quand ça pète dans tous les sens et avoir une bonne dose d’énergie et de violence, qu’elle soit maîtrisée ou non, d’ailleurs. Dans notre musique, nous laissons cela aller par soi-même. Nous voulions une vision de l’être humain qui soit au-dessus de lui, car il a tendance à se croire toujours au-dessus de tout. Nous avons alors pensé à prendre quelque chose qui le surpasse vraiment sous tous les aspects. Ce qui ne lui laisse pas d’autre choix que d’être sous le feu de l’ennemi. C’est ainsi également que nous avons voulu composer les morceaux. Si tu prends la partie Fall (premier EP), elle est très abrasive, très dense. En l’écoutant, tu te sens un peu comme en apnée. les morceaux s’enchaînent et il y a beaucoup de riffs. L’autre partie est quant à elle beaucoup plus maîtrisée, Rock n’ Roll et aérée, plus efficace. Un peu à l’image de la force de l’envahisseur. Tranquille, serein. Il fait le boulot.

À ce moment, nous sommes interrompu. Annonce est faite que Vidda (guitariste de Psykup) n’a plus de tête d’ampli pour jouer et Julian est donc sollicité pour voir comment il peut aider. Un échange avec Yannock, chanteur du groupe, est donc opéré et c’est avec lui que nous continuons pour l’instant.

Finalement, c’est plutôt bien que tu remplaces Julian car je voulais parler des textes. Désolé mais je pense ne pas avoir tout compris. Donc concrètement, que racontent-ils ?

Yannock : Nous avons fait cela en deux parties, ce qui était voulu. Nous avions décidé de décrire la même situation mais vue de deux côtés différents, de deux façons différentes. La première, vue du côté des humains, le premier EP, et l’autre se sont les extra-terrestres qui parlent de leurs raisons d’être là, pour lesquelles ils exterminent les humains par rapport à ce qu’ils ont fait. De la manière dont les morceaux s’enchaînent, la planète Terre envoie des signes, via les crop circles. Ces signes sont en fait les stigmates d’une maladie. Cela appelle une force extra-terrestre qui vient nettoyer cette espèce de cancer. En gros, c’est de cela qu’il s’agit.

L’ordre des morceaux correspond-il à l’ordre de l’histoire ?

Oui, tout à fait.

Je demande parce que Crop Circles est le cinquième morceau sur le disque.

Nous avons donné ce nom à la base à un interlude qui n’était pas encore un véritable morceau. D’ailleurs, il y a un sample dessus avec un poème d’un espèce d’hurluberlu arraché anglais qu’on a trouvé sur le Net, ce qui nous a semblé très drôle. C’est pour cette raison qu’on a appelé ce morceau Crop Circles. Mais après, il y a tout de même une chronologie entre les morceaux.

Peut-on faire un parallèle entre les deux parties et comparer morceau par morceau alors ? Par exemple, Influx avec A Ray Of Light, puisqu’il y a comme un interlude aussi sur le premier EP avec le titre Human Concern que je mets en parallèle avec Crop Circles.

Oui, c’est la même structure en fin de compte. Justement, nous voulions faire le parallèle. Dans la composition des deux, nous avons gardé la même structure. Tu as un morceau qui va claquer à tel endroit d’un EP et sur l’autre, ce sera pareil. Nous voulions vraiment faire un parallèle entre les deux.

Julian nous rejoint pour terminer l’interview avec Yannock. Le problème semble n’avoir pas été résolu pour Vidda.

Pourquoi avoir sorti l’album complet plutôt que de sortir un second EP comme cela était prévu initialement ?

Yannock : C’était une volonté du label. Nous voulions à la base sortir les deux EP, voire même faire un coffret avec les deux EP pour ceux qui ne l’avaient pas. Car effectivement, c’est dommage de racheter l’EP quand on l’a déjà. Au final, notre label voulait un album entier pour simplement une meilleure promotion auprès des médias, car les médias veulent des albums, ce que je trouve dommage d’ailleurs.

Julian : C’est surtout que nous ne sommes pas encore assez gros, pour l’instant, pour intéresser les gens avec simplement un EP. Nous avons alors décidé de regrouper les deux EP sur un album. Cela nous a permis d’un côté d’être distribué par Season Of Mist dans les bacs, ce qui nous apporte cette visibilité supplémentaire. Le deuxième point fort de ce choix est que Klonosphere peut aussi mieux le promouvoir. C’est donc uniquement un « souci » de label.

C’était donc aussi volontaire de mettre la deuxième partie avant la première pour montrer d’abord ce qui est nouveau pour réécouter ensuite le premier EP dans la continuité ?

Julian : Tout à fait. Comme nous étions obligés de regrouper sur le même album, nous avons choisi de mettre « la fraîcheur » en premier et les compos un peu plus vieilles derrière. Ce qui fait une surprise quand même pour ceux qui ont déjà le premier EP qui ne vont pas réécouter d’abord les morceaux qu’ils connaissent déjà.

Yannock : Nous voulions vraiment faire un packaging à part, à la base. Mais cela ne pouvait pas se faire.

L’album est plus porteur du coup, c’était peut-être mieux de le sortir à ce moment là.

Yannock : Exactement. On nous a dit que stratégiquement parlant, il était mieux pour nous de sortir l’album entier car cela aurait plus d’impact vis-à-vis des gens, comme nous ne sommes pas encore très connus. Je ne me souviens plus combien nous avons vendu du premier EP.

Julian : Il est quasiment parti en totalité. Ce qui fait environ 500 exemplaires.

Cela paraît peu !

Julian : De toutes façons en ce moment, en vente de disques, on reste sur des petits chiffres.

Tant mieux finalement s’il ne reste plus rien du premier EP, comme ça l’album le remplacera.

Yannock : Nous l’avons encore en merch pour ceux qui voudraient un truc collector, car il y a quand même une pochette différente qui est assez intéressante, je trouve. Cela reste trouvable au stand.

En parlant de la pochette, est-ce inspiré des géoglyphes Nazca ?

Julian : Oui. C’est Pierre, celui qui nous fait les pochettes, il s’est inspiré de tout cela. Nous lui avons exposé le thème en lui disant qu’il avait quartier libre. Nous voulions juste, et surtout, que la deuxième partie soit plus énigmatique et plus sombre. Sur la pochette de la première partie, on voit vraiment un visage qui est lié aux humains et à la Terre. Là, c’est plus énigmatique et ça représente la venue des extra-terrestres.

Pourquoi le crowd-funding pour la deuxième partie ?

Yannock : Problème d’argent! Quand nous avons fini la mini-tournée du premier EP, nous nous sommes aperçus que nous avions les caisses assez vides. Cela a été une grosse question. Nous sommes allés nous renseigner chez plusieurs personnes qui voulaient bien nous enregistrer et qui trouvaient le projet séduisant. Et nous nous sommes aperçus que nous n’avions pas le budget. Alors comment faire? Nous nous sommes posés énormément de questions, y compris de savoir si nous allions pouvoir le faire, ou le repousser car l’argent ne tombe pas du ciel. Au final, Marie, une amie à moi qui travaille dans le marketing, s’était cassée la jambe et passait le mois chez moi. Je lui en ai parlé et elle m’a dit : « T’inquiètes pas, de l’argent on va en créer. Je vois que cela vous bloque et c’est dommage ». Et un jour, elle a eu l’idée de faire ce Kisskissbankbank avec des vidéos et tout le reste. Elle m’a dit que, là par contre, il allait falloir bosser. Nous avons fait quatre ou cinq vidéos et travaillé pendant bien trois mois à fond ce qui, je pense, à séduit pas mal de gens aussi, de montrer qu’on se bouge un peu.

Julian : Cela nous a aussi redonné confiance et foi.

Yannock : Nous avions besoin d’une personne hors du groupe quand même pour nous pousser.

Julian : Nous étions vraiment dans une mauvaise phase. Disons qu’à la base, nous étions cinq et nous avons perdu un guitariste à ce moment là. C’était tout de même le cinquième qui partait et nous restions toujours les quatre mêmes membres du groupe qui ne bougeaient pas. Nous avons donc décidé de continuer à quatre. Quand le premier EP est sorti, le premier concert de cet EP nous l’avons fait à quatre et tout était composé pour cinq. Cela a été vraiment dur, il fallait réarranger les morceaux. Le plaisir n’était pas le même. C’était vraiment de la bataille. Finalement, cela s’est bien passé. Pour le dernier EP, au niveau de la compo, cela nous a changé en nous permettant d’aller plus à l’essentiel et de faire vraiment ce que nous aimons. Cela a été un mal pour un bien.

Yannock : Pour en revenir à la question, c’est ma pote Marie qui est notre pseudo-manageuse et qui sera là ce soir, qui nous a un peu bousculés. Car nous étions dans une ambiance un peu morose et elle nous a dit « Là, faut y aller ! ». Au final, cela a bien marché. Nous n’y avons pas trop cru à la base. Nous ne savions pas que nous avions une fan-base comme celle-ci. Mais les gens ont répondu et c’est vraiment bien. Cela nous fait plaisir aussi.

Niveau son maintenant, est-ce que vous avez changé votre manière d’enregistrer entre les deux parties ?

Yannock : Dans un premier temps, ce n’est pas la même personne qui s’en est occupé. En plus de cela, nous étions un peu plus mâtures. Nous voulions vraiment enregistrer deux fois pour arriver à cette maturité, ce qui nous a fait du bien car nous avions besoin de rentrer en studio souvent. Et Vidda qui nous a enregistré, nous a enseigné une autre manière de le faire, peut-être un peu plus simple, sans se prendre trop la tête. Les compos aussi y ont fait. Elles étaient plus simples, plus efficaces. Nous avons essayé de rentrer dans ce système de plus en plus, arrêter de tricoter et rentrer dedans.

Julian : Essayer de faire des morceaux et non pas des structures qui s’enchaînent.

Ce que je trouvais intéressant justement, c’est que sur Song Of Cleansing et The Elements, nous avons un son beaucoup plus Rock n’ Roll et par contre, Influx est bien rentre-dedans. L’alternance peut surprendre.

Yannock : Nous nous tournons de plus en plus vers le Blues, qui est la base.

Julian : Au final, cela nous parle beaucoup plus.

Yannock : Du Blues, du Rock n’ Roll et tout cela en mode énervé. Je pense que nous allons de plus en plus nous tourner vers cela, toujours avec cette patte Metal mais nous allons passer de plus en plus de ce côté-là.

Un genre de Blues Metal Hardcore ?

Yannock : Je suis très fan de Entombed qui sonne très bluesy au niveau des guitares et j’ai toujours aimé ce groupe pour cette raison.

Julian : Et puis Pantera.

Vous avez plus ou moins déjà répondu mais pourquoi pas une seconde guitare dans le groupe ? Parce qu’il y a eu trop de changements ?

Julian : Effectivement. Parce qu’à un moment donné, les quatre mêmes étaient toujours là et nous allions dans la même direction. Nous nous sommes alors dit : « Faisons-nous confiance, restons à quatre ». Et avec la situation actuelle de la musique, quelque part cela devenait plus pratique : moins de monde sur la route, moins de matériel ou du moins un matériel différent. Enfin, des riffs qui en fin de compte doivent claquer avec une seule guitare. Pour la composition, l’optique est différente : tu vas moins faire d’arrangements et de fioritures. Il faut trouver tout de suite le riff ou la tourne qui va faire que cela sonne déjà fat et puissant.

Yannock : Que ce soit au niveau du matos ou des compos, nous cherchons à minimaliser le plus possible tout en envoyant le maximum de poutrage dans la tronche des gens. C’est un concept, là aussi. Nous avons pensé à tout minimaliser en envoyant du gros son. C’est ce qu’on essaye de faire. Même pour la batterie, nous avons enlevé des éléments. C’est vraiment là que l’on retrouve l’essence du Rock, à la base. Il n’y a pas grand chose mais ça sonne. Par ailleurs, au lieu de faire des morceaux, nous essayons de faire des chansons. Et nous essayons de faire danser les gens.

Julian : Nous essayons de faire passer autre chose, pas par la technicité mais plus par ce qu’on ressent, ce qu’on a dans les tripes. Nous avons quand même bien changé notre vision de la chose.

Pour les compositions, vous choisissez un thème et vous écrivez par-dessus ou bien vous avez des idées et vous choisissez le thème après ?

Yannock : Le thème général est d’abord réfléchi à quatre. Ici, j’avais donné l’idée de l’ufologie, ce qui a plu à tout le monde. C’était une époque où j’étais vraiment à fond dedans : je n’arrêtais pas de regarder des choses sur le sujet et de lire beaucoup dessus. Nous avons alors décidé de faire cela en deux fois.

Julian : Les morceaux sont composés de manière libre. Quand nous avons des idées, nous ne nous disons pas : « Tel morceau va illustrer tel texte ». L’assemblage est fait ultérieurement. Yannock va parfois choisir de parler de telle chose sur tel morceau.

Donc, pour le choix, c’est plus Yannock qui choisi quel texte mettre sur quel morceau ?

Yannock : Tout à fait. Comme cela, je peux faire une chronologie que nous discutons ensemble, bien sûr. Cela permet d’avoir une cohérence. Nous essayons d’amener les gens vers quelque chose. Soit quelque chose de plus bourrin, soit ralentir et faire une cassure. On peut jouer comme cela sur l’oreille des gens.

Pour tous les instruments on note peu, ou pas, d’excursions solo. C’est volontaire de votre part en restant dans cette logique ? Pour rester dans la force brute ?

Julian : Tout à fait. C’est plus notre délire d’être tous unis et d’y aller même si de temps en temps, il y a des ponts ou des passages plus axés sur un instrument ou un autre. Mais après, nous avons beau aimé le old-school, Pantera, Entombed etc… Nous aimons vraiment la puissance hardcore où tout le monde joue et avance ensemble.

Après écoute, la partie qui donne le point de vue de l’humain sur l’humain paraît plus sombre que celle donnant le point de vue de l’extra-terrestre sur l’humain.

Yannock : C’est parce que pour moi, l’humain est extrêmement torturé et il ne se rend compte de rien. Au final, il subit sa propre médiocrité. Donc, effectivement, je ne lui fait pas de cadeau à l’humain.

Julian est appelé ailleurs et nous quitte à ce moment là. Yannock répondra donc seul à toutes les questions restantes.

Mais il s’agit quand même d’un humain un peu extérieur à cela pour donner ce point de vue ?

Yannock : En fait, ce n’est pas un humain qui parle quand il moralise un petit peu les choses. C’est plutôt quelque chose d’ambiant. Je ne saurais pas trop comment t’expliquer. C’est en quelque sorte un jugement qui tombe. C’est un narrateur qui juge, sur cette partie particulière. Les humains subissent beaucoup dans le premier EP et ne s’en rendent pas compte.

Nous avons des thèmes comme LD50, Gang Rape…

Gang Rape, je l’avais écrit à la fin parce que nous voulions à la base écrire le même morceau, avec le même texte mais avec deux musiques différentes sur les deux EP. Ce que nous n’avons finalement pas fait car cela ne nous intéressait plus au moment de le faire. Gang Rape, c’est la planète qui se fait souiller. C’est un viol collectif, en fait. Je raconte l’histoire d’une prostituée mais cette prostituée, c’est la planète Terre.

Ta voix semble avoir évolué. As-tu fais des efforts particuliers ?

Pas du tout. J’ai arrêté d’essayer de faire des choses que je n’arrivais pas à faire et qui me saoulaient, en fin de compte. J’ai voulu trouver quelque chose de plus naturel et bosser dans ce sens-là. Et surtout des choses que j’arrive à ingérer, que j’assume et qui sont plus moi. À mesure que j’avance dans la musique et que je progresse, j’arrive à plus me connaître et savoir davantage ce que je veux faire. Par conséquent, c’est plus naturel et c’est pour cela probablement que je l’assume beaucoup plus et que j’arrive à envoyer un peu plus aussi. Je pense que ça n’a pas fini d’évoluer non plus. Je ne compte pas faire une symphonie mais au fil de mon travail, notamment avec des gens comme Vidda, les membres de mon groupe qui me font bosser sur des notes. Je viens du Punk et du Hardcore, donc plutôt musique de squat où les notes ce n’est pas trop ça. C’est quand je suis arrivé dans Dwail que j’ai appris ce qu’était une note ou une tonalité. Au fur et à mesure, j’y arrive de mieux en mieux. J’arrive par ailleurs à faire passer plus mes influences Blues et Rock dans ce que je veux faire, en assumant beaucoup plus ce que je fais. Je pense que cela m’aide.

D’ailleurs, sur Song Of Cleansing ou The Elements, tu fais des passages qui ne sont plus en scream. Tu tentes des voix différentes, même si ça reste « gras ».

Tout à fait. J’essaye de faire quelque chose de naturel et assumé. Je ne suis ni juste, ni faux, ni devant, ni derrière. Les personnes qui m’enregistrent et avec qui je bossent m’ont dit : « C’est ton style, vas-y. On ne te demande même pas de chanter juste. » Si tu regardes bien, mes chants sont tout le temps à côté. Si cela amène quelque chose, je le garde sinon je ne garde pas et je fais autre chose.

Donc tu fais l’enregistrement en spontané ?

Disons que si l’on voit qu’en enregistrement le truc passe moyennement, on essaye de le changer. Avec Vidda qui s’occupait aussi un peu de la production, avec Ju (guitare) et même Léa (batterie) qui m’a donné certaines lignes de chant à des moments. En pré-prod, nous avons aussi vu beaucoup certains passages. Mais dans l’ensemble, j’avais une façon de composer différente. Le premier, Helter-Skelter, j’avais tout composé en yaourt pour avoir mes lignes de chant et faire mes arrangements avant et placer mes textes après. Le deuxième, j’avais écrit mes textes et je suis rentré en studio en balançant tout ce que je pouvais comme je le pouvais et le ressentais en one-shot. Et pour le dernier, j’ai fait un mix des deux. Je pense que cela m’a aussi aidé.

Est-ce que vous avez des projets en parallèle ?

Moi non. Léa, oui. Pour décrire ce que c’est : une chanteuse, une batteuse et un clavier. Julian a joué dans Manimal mais c’est terminé. Nous nous interdisons de trop nous disperser. Personnellement, j’aimerais bien monter d’autres projets mais je vais attendre que Dwail soit un peu plus sur les rails. Nous avons certes des envies mais notre projet ultime c’est Dwail et cela nous prend déjà pas mal de temps.

Comment vois-tu la suite pour Dwail ?

J’espère que nous aurons des facilités de tourne. Je vois beaucoup de concerts et beaucoup de « marrade »! C’est un peu le thème de Dwail : tourner et se marrer. Nous adorons être sur les routes. Je vois aussi un autre album sur lequel nous sommes déjà en train de cogiter. Un joli petit avenir en somme, quel qu’il soit. Peut-être que nous parviendrons un jour à être sur les routes à l’international. Cela nous branche aussi. Nous allons tenter de nous attaquer à la Belgique, à l’Allemagne et à la Suisse. Nous allons donc voir et essayer de nous exporter.

C’est en cours de programmation ?

C’est en cours et même en bonne voie. Nous ne pouvons pas en parler car rien n’est fait pour l’instant.

Après vision du clip de Darkening Trees, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander: pourquoi ce clip ?

Nous prenons le bus assez régulièrement et nous emmenons quarante fans en tournée avec nous. Là, il s’agit d’un bus où nous avions fait Bayonne-Hendaye pour jouer sur un festival. Nous avions décidé de tout filmer et de faire ce clip. De cette manière, cela fait aussi un souvenir pour les gens. Nous voulions quelque chose de brut et surtout qui nous ressemble, donc qui parte un peu dans tous les sens. De toutes façons, à huit heures du matin, nous étions déjà bourrés…

Et l’idée de rajouter des coupures avec les sons live du bus ?

C’est une idée de Seb, le caméraman avec qui nous bossons et comme cela nous paraissait cool, nous avons validé. J’étais aussi un grand fan de Pantera et de leurs DVD de l’époque et cela nous permettait aussi de faire un petit clin d’œil. Mais il faut savoir que le bus, nous allons le faire encore quatre fois l’an prochain et à chaque fois, nous essaierons de ramener le maximum de gens et donc ramener une partie de notre public. Je crois que nous sommes les seuls à faire cela.

Pour terminer, une question classique pour Sons Of Metal : as-tu un groupe dont tu aimerais parler maintenant et qui ne soit pas encore vraiment connu ? Ou ton coup de cœur du moment ?

C’est difficile… Ah oui, peut-être mon coup de cœur du moment, ce serait Tokyo Sex Destruction. C’est un groupe de Barcelone qui fait une sorte de Rock n’ Roll soul et qui, pour moi, déchire.

Propos recueillis par F4R537KTP09

Chronique du concert donné par Dwail le soir-même : ICI