Space Fisters - Vol 1 coverLes Space Fisters font irruption dans notre monde délabré pour nous en mettre un gros coup dans les gencives et plus si affinité, en l’année 2012 dans la région de Haute Savoie, près d’Annemasse dans une jolie bourgade baptisée Cranves-Sales. La rencontre de trois personnages souhaitant élaborer un projet de musique bien lourde, aux aspirations similaires, n’est probablement pas un hasard. Leurs passages sur scène se font remarquer un peu plus au fil du temps et leur niveau global s’améliore. Ils ont ainsi pu passer au Sylak où ils se sont fait remarquer positivement, avant de passer sur un autre festival reporté dans nos colonnes, le Blizzard Mountain’s fest. Les concerts ne sont pas encore si nombreux que cela mais il devient de moins en moins rare de voir passer une date avec leur nom.

Genre : Sludge, Psychédélique, Rock, Heavy - Sortie : 20 décembre 2014

Genre : Sludge, Psychédélique, Rock, Heavy – Sortie : 20 décembre 2014

La pochette de l’album est extrêmement soignée dans un premier temps et de visu, rien à dire, l’effet est garanti. Le nom du groupe est inscrit tout en bas à droite, dans une typographie qui rappelle les années antérieures telles que les sixties ou les seventies. Un avant-goût de ce que l’on va retrouver au creux des sillons ? Le dessin représente dans des tons sépias de bon goût trois « choses » étranges qui font penser à des montagnes flottant dans le ciel, au milieu des nuages. En y regardant de près, cela ressemble aussi éventuellement à des masques ou des chapeaux percés pour laisser passer le regard de celui qui les porterait. Le visuel est étrangement séduisant donc et laissera chacun libre de l’interpréter à sa guise.

Parlons désormais du son. Il est impossible de ne pas remarquer l’orientation prise par le groupe de revenir vers quelque chose de plus antique. L’enregistrement est très propre mais avec ces tonalités qui évoquent les belles années du début du Heavy Metal et de la musique psychédélique à son apogée. La voix sur laquelle quelques effets de spacialisation comme de la réverbération assez longue, de l’écho et parfois d’autres effets plus ambiants se calent, est mise légèrement en retrait avec un son plutôt mat. Les aigus effacés laissent ainsi plus de place pour le son des effets qui seront mis, de ce fait, en avant et rajouteront leur couleur dans le mix. La basse est ronde et un peu grasse avec cette même tonalité un peu mate que nous remarquions précédemment sur la voix. Elle sonnera bien dans le mix, ayant une bonne place dans les graves et les medium graves. La guitare, quant à elle, évoque le Blues-Rock avec une disto fuzzy comme un bon gros crunch sur-saturé qui laisse fuser des harmoniques agréables, restant dans des champs à la fois medium aigus et un peu grave. Il suffit d’imaginer du Blues énervé ou du Heavy Metal old-school pour s’en faire une idée assez juste. La batterie est un peu plus classique en ce qui concerne les groupes « modernes ». Notons cependant une présence moins marqué du kick au profit d’un « vrai » son de grosse caisse plus gras. Le mixage et le master sont très bons. L’album a bien la patte des meilleurs groupes du genre.

Certains se sont peut-être demandé plus haut pourquoi nous parlons d’un album plutôt que d’un EP. Cette remarque paraît justifiée. Pourtant, cet enregistrement de « seulement » quatre titres n’en fait pas moins une grosse demi-heure, suffisant pour qualifier celui-ci d’album. Chaque composition apporte son eau au moulin créatif des fisters interplanétaires. Short Daze qui porte plutôt mal son nom vu sa durée de dix minutes environ, amène une introduction angoissante comme le passage sombre d’un film d’horreur avec un gros monstre malsain tapis dans le coin de l’écran, là où bien entendu, nous ne pouvons le voir, avant de nous sauter dessus. Bref, cette introduction salutaire nous amène dans l’univers des Savoyards qui nous assènent, dans la suite logique des choses, de gros riffs plein de gras, de sueur et d’énergie. Nous avons l’impression à la fois de remonter dans le temps et de découvrir quelque chose de neuf. Ces sons, cette énergie, nous évoquent instantanément Black Sabbath, les Melvins et autres mastodontes pionniers du genre tout en ne passant pas à côté de Witch Mountain ou Red Fang. Une bonne place est faite au côté plus psychédélique que bestial sur cette lourdeur traditionnelle du Sludge. Une véritable musique d’ambiance que nous pouvons cependant écouter sans problème pour passer un bon moment. Les émotions passent. Ces quatre compos, longues et parfois répétitives, passent pourtant très, très vite. Des soli qui n’en font pas trop mais sonnent juste comme il faut là où ils sont, à ces moments précis de la musique agrémentent encore l’ensemble.

Le verdict est simple et sans ambiguïté. Les Space Fisters nous ont fait une bonne impression. Le nom du groupe n’est pas une invitation à un nouveau genre de pornographie, si ce n’est du Sludge-porn pour les aficionados. Effectivement, pour les accros de ce style de musique, il y a là tous les éléments pour que vous fassiez de ce trio un nouveau groupe fétiche, se taillant une place non plus de choix dans votre collection, mais directement sur le podium. Pour les amateurs de bon vieux Heavy ou de Rock psychédélique, vous ne serez pas en reste non plus. L’espace nous a livré un opus de qualité avec ce Volume 1 qui ne nous donne plus qu’une seule envie, à part de relancer la lecture des pistes quand cela s’arrête, c’est de savoir à quoi va ressembler le Volume 2.

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Line-Up :

  • Clément : basse, chant principal
  • Robin : guitare, chant
  • Léo : batterie

Tracklist:

  1. Short Daze
  2. Yellow Hills
  3. Goddes Of Love / Priestess Of Pain
  4. Bozz

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