RAB-20141219-002Pour mon dernier concert de l’année, je me rends au Brin de Zinc, salle bien connue de nos lecteurs assidus. C’est pas loin d’être notre deuxième foyer ! Bref, ce soir, l’association grenobloise Rock Addiction organise une soirée intitulée Rock n’ Thrash Party avec comme invités les groupes RAB, Devil’s Dodge et Death Awaits. Ainsi, il y en a pour tous les goûts. Nous ne sommes que peu nombreux devant la scène mais tant pis, prenons le temps de profiter de cette soirée.

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RAB

Ce n’est pas la première fois que ce groupe lyonnais s’invite dans nos colonnes et ce n’est pas peu de le dire ! RAB, présenté cette fois comme l’acronyme de « Rillettes, andouillette et boudin » parRAB-20141219-005 Thibaud, le chanteur malade du quintet. En effet, le vocaliste est atteint d’une angine depuis quelques jours mais malgré cette infection, il va assurer le concert comme si de rien n’était. Seule sa voix un peu faiblarde le trahira à quelques reprises. Comme à son habitude, le groupe se donne à fond sur scène et les musiciens ne cessent de déconner les uns avec les autres. Il n’est pas rare de voir Sofiène (guitare) aller chahuter Romain (basse) qui le lui rend bien en le poussant presque hors de scène à coups de pied dans le fion. Le moral est au beau fixe, les chansons bien interprétée mettent de bonne humeur un public encore un peu timide. RAB sur scène, c’est l’invitation à la fête, à boire des canons jusqu’à plus soif, une invitation à pogoter ! Hélas, nous n’en verrons pas beaucoup ce soir. Le groupe ne se laisse pas abattre par une assistance quelque peu léthargique et finit en beauté avec un morceau énergique. C’est sous les applaudissements que RAB nous quitte, après avoir ouvert la soirée de superbe manière.

Devil’s Dodge

DEVIL'S DODGE-20141219-001Voici maintenant le quatuor Devil’s Dodge, donnant dans un Rock n’ Roll teinté de Blues et un peu de Glam. Nous reconnaîtrons à la fois dans leur musique et dans leur look l’influence d’un certain Guns n’ Roses, voire L.A. Guns ou encore Mötley Crüe. Ce qui n’est pas pour déplaire à votre serviteur. Si Devil’s Dodge semble encore jeune, il assure pourtant scéniquement, surtout Dodgy qui assure des soli précis et tranchants. Rythmiquement, nous percevons quelques approximations mais dans l’ensemble, ça se tient. Le groupe a encore du chemin à parcourir mais les bases semblent déjà très bonnes. Notons aussi la très bonne performance vocale de Jeff sur l’ensemble du répertoire qui contiendra deux reprises de classiques du Rock. La première est Born To Be Wild de Steppenwolf, reprise convaincante sur laquelle le public chantera le refrain archi-connu. Devil’s Dodge s’est approprié cette chanson intemporelle pour nous la resservir avec une touche de modernité. En revanche, la deuxième reprise qui mettra un terme au concert, est Paranoid de Black Sabbath. Moins maîtrisée que le précédent classique, elle est toutefois suffisamment bien interprétée pour gagner les faveurs du public. Malgré plusieurs défauts, dont le jeu de scène trop statique, Devil’s Dodge se présente comme un groupe prometteur. À découvrir dès que possible !

Death Awaits

Cette formation originaire de Lyon interprète un Thrash Death particulièrement rentre-dedans. Avant même le début du concert, le public opère une sorte deDEATH AWAITS-20141219-001 mutation : les spectateurs du début quitte la salle et laissent la place à une frange de métalleux sortis de nulle part. La salle s’est clairement vidée et seule une quinzaine de spectateurs occupent les premiers rangs, très clairsemés, cela va sans dire. Malgré tout, ces métalleux vont mettre l’ambiance. À ce jeu-là, Death Awaits n’est pas dernier, le groupe se donnant à 1 000 % pour faire bouger les gens et les murs. Un son puissant mais clair distille un Thrash Death féroce et sans concession. Sur scène, les Lyonnais semblent un peu à l’étroit, le chanteur et le bassiste moustachu se chargeant à eux deux du jeu de scène comme peuvent le faire Brian Johnson et Angus Young, par exemple. Musicalement, Death Awaits nous offre un set aux petits oignons. Toutes les chansons sont des balles meurtrières, sans exception. C’est bien exécuté, propre mais avec un grain de folie quand même. Seul reproche à faire : nous ne voyons pas les musiciens, ou si peu. C’est très certainement voulu et assumé de la part du groupe mais il ne faut pas oublier une chose : un concert, ça s’écoute mais ça se regarde surtout ! Même si le public averti passe le plus souvent son temps à remuer la tête… Mis à part ce point toujours négatif à mes yeux car il ne permet de créer d’empathie avec les musiciens (autant regarder une vidéo sur youtube avec le son à fond), le concert est une véritable réussite. Death Awaits nous montre que ce qu’il a fait sur son album The Abominable est tout aussi destructeur sur scène. Un grand bravo pour cette prestation.

Et voilà, l’année 2014 se termine sur ces dernières notes qui retentissent dans les amplis. Le Brin de Zinc se vide doucement, la pluie s’invite sur la terrasse et nous repartons vers nos foyers. L’année 2015 promet de commencer sur les chapeaux à Barberaz avec la venue des Suédois de Sister Sin, le 8 janvier prochain.

Tous nos remerciements et nos meilleurs voeux à l’équipe du Brin du Zinc, aux groupes, à Rock Addiction et bien sûr au public.

Kouni