GloryHammer - Fales From The Kingdom Of Fife coverChose promise, chose due, voici la chronique qui fait suite au report du Masters of Symphonic Metal 3 à Pratteln (Suisse) le 6 décembre dernier [voir lien]. Gloryhammer y partageait donc l’affiche des habituels groupes de Metal symphonique. Voyons de plus près le contenu ainsi que l’univers musical et artistique que produisent les Ecossais à travers leur album Tales From The Kingdom Of Fife. En cette période où les adaptations cinématographiques des romans de J.R.R Tolkien tiennent lieu d’actualité, la musique que produit Gloryhammer nous plonge dans un univers similaire. La chevalerie va ainsi se mêler aux créatures mythiques telles que les gobelins, les trolls, les dragons.

 Style : Heroic Fantasy, Power metal - Date de sortie : 29 mars 2013

Style : Heroic Fantasy, Power metal – Date de sortie : 29 mars 2013

L’orientation épique est assumée dans son intégralité, autant dans les paroles que dans les prestations scéniques (costumes) ou la musique qui se coordonne avec l’histoire contée dans les onze titres de Tales From The Kingdom Of Fife. Le récit historique nous invite dans un pays imaginaire nommé le royaume de Fife qui est situé (sur une petite carte dans la pochette) en Ecosse dans la région de Dundee. Par contre, ne vous attendez pas à un scénario original, l’histoire est assez basique. Le fil rouge nous fait passer par les agissements d’un mage maléfique nommé Zargothrax qui prend le pouvoir sur Fife avec des licornes mort-vivantes. Angus McFife, le prince du coin, est chargé de délivrer son peuple et ce sont ses aventures qui nous sont contées à la recherche d’une arme (The Hammer Of Glory), d’une monture (Magic Dragon) et d’une amulette (Amulet Of Justice). La fin est assez simple à deviner mais cette histoire permet au groupe de se plonger pleinement dans son univers.

Gloryhammer est avant tout l’un des nombreux projets dans lesquels s’est lancé Christopher Bowes. Celui qui est principalement connu pour être le leader du groupe de folk/pirate Metal Alestorm en tant que claviériste et chanteur principal, est un habitué des costumes et univers spécifiques. Mais le gaillard est très éclectique et a bien d’autres projets entre de l’électro/techno que vous pouvez retrouver sous le nom ASDFGFA, un groupe de pop/rock nommé Splen et Gloryhammer donc, son dernier projet en date. Chris Bowes a toujours eu le souhait de jouer un Power Metal à tendance épique car cette musique a marqué une partie de sa vie. C’est de son esprit créatif que le projet Gloryhammer a vu le jour avec ses compères du pays de Braveheart.

Bowes a certainement dû procéder à un recrutement drastique car ceux qui l’accompagnent sont très bons. Le frontman de la bande se nomme Thomas Winkler. Sa voix est puissante et en capacité de chanter sur plusieurs octaves. Elle peut très bien rester dans des graves sur certains passages ou monter très haut mais ce n’est pas une voix typé opéra comme chez Fabio Lione (Rhapsody), elle se rapprocherait plus de celle de Tony Kakko (Sonata Artica). La technique du falseto qui permet de monter des octaves supplémentaires dans les aigus est parfois utilisée mais pas abusivement. Une autre grande force de ce groupe, c’est le guitariste Paul Templing. Les mélodies avec cet instrument et le clavier de Bowes se mêlent et s’entrecroisent pour créer l’architecture de la musique de Gloryhammer. La basse est bien présente bien que jamais trop en avant dans ce genre de Metal. Quant à la batterie, c’est la première fois qu’un abus de double pédale à la grosse caisse ne me lasse pas.

Tout débute par une introduction au synthétiseur qui sonne très musique de film tel qu’on pourrait l’entendre dans les adaptations de Peter Jackson. Cet instrument n’est pas pour rien joué par le leader du groupe. Les nappes incessantes et ce, pendant l’ensemble des titres de l’album, sont un générique à elles seules. Cela nous plonge d’emblée dans le bain avant que le deuxième titre soit crié en chœur, laissant la place à une rythmique assez simple mais qui est bien en adéquation avec le récit. Car c’est l’invasion des Licornes sur Dundee qui nous lance dans la quête. La rythmique batterie/basse/guitare mime un bruit de galop d’une manière rapide et énergique. Une bonne entrée dans le sujet. La voix du méchant de l’histoire introduit un solo de guitare qui permet à Paul de se montrer une première fois avec réussite. Puis, c’est le héros Angus McFife qui fait son apparition sur un air beaucoup plus martial et glorieux avec des chœurs. La guitare quitte la rythmique pour entrer plus dans la mélodie et nous distiller un air qui a une forte tendance à rester dans les oreilles. Quest For The Hammer Of Glory se joue sur un rythme plus lent et lourd. Le synthé va nous introduire à travers une symphonie de cuivres. Le refrain typique du style power est très entrainant et le solo de guitare à nouveau superbement exécuté. Magic Dragon revient vers un rythme plus rapide avec un synthé qui laisse les nappes symphoniques pour entrer dans un rythme à petites notes comme le fait souvent Stratovarius. Contraste réussi entre des strophes chantées sur des notes basses et une montée progressive vers les aigus, grâce à un pont très réussi et les refrains qui sont là aussi très entrainants. Deux soli pour le prix d’un puisque le synthé va débuter et être relayé ensuite par la guitare. Silent Tears Of Frozen Princess nous offre une ballade qui ne révolutionnera pas le genre mais qui laisse transparaitre toute la tristesse de la princesse du pays de Fife. Les claviers sont à l’honneur pour plonger l’auditeur dans son âme perdue. Une chanson typique power ballade mais avec aussi, je trouve, un léger accent Doom. Amulet Of Justice est mon titre favori de l’album. Il surprend car il est beaucoup plus speed et a un esprit très Helloween, la batterie cartonne et le refrain, là aussi, reste dans les tympans. La guitare joue des riffs accrocheurs tout en maintenant une mélodie puis une partie solo synthé/guitare terrible où la batterie entre presque dans le Thrash Metal. Hail To Grail est un peu en dessous musicalement mais il est taillé pour le live car il favorise la participation du public. Il permet tout de même à Thomas de monter très haut dans les aigus, ce qui contraste bien avec la musique qui se joue sur un rythme lent et plutôt lourd. Un instrumental nommé Beneath Cowdenbeath permet à Paul Templing de montrer tout son talent de guitariste, bien soutenu par ses petits camarades de la rythmique. Le synthé se mêle à la mélodie et prouve à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que ces gars-là ont un sens élevé de la mélodie. On ne pouvait cependant pas terminer un album dans le style power/épique sans la fameuse chanson de dix minutes qui contient une espèce de synthèse de tout le reste, tout en permettant à l’histoire de se terminer. Démarrage très épique et glorieux comme l’entrée du héros en futur vainqueur, une rupture au bout de quelques secondes nous fait pénétrer de pleins pieds dans la bataille grâce à un rythme plus rapide. Après six minutes, un passage calme marque une deuxième rupture avec une voix féminine (interprétée par une certaine Marie Lorey) avant que le rythme speed revienne pour finir sur la voix de Zhagothrax défait qui s’éteint dans l’orage.

Gloryhammer, pour son premier album, nous offre une production réussie et de qualité. Elle ne permettra certainement pas aux détracteurs du genre nommé parfois « le gay metal » non sans un certain sarcasme, de se rallier à la cause car ce que produite les Ecossais n’a pas peur de la caricature. L’orientation est assumée de bout en bout et c’est ce qui donne de l’originalité au groupe. Musicalement, tous les fans de groupes comme Blind Guardian, Rhapsody Of Fire, Stratovarius ou Sonata Artica devraient trouver leur compte dans Tales From The Kingdom Of Fife qui d’après Bowes, ne s’arrêtera pas à un seul album. En revanche, ceux qui voudraient trouver du neuf et de l’original à tout prix en seront pour leur frais. C’est le petit pas supplémentaire qu’on pourrait attendre d’un groupe professionnel comme celui-là, surtout au vu des qualités qu’ils viennent de montrer. Une patte musicale bien à eux qui ne les identifiera pas aussi facilement à leurs prédécesseurs du genre les fera monter de quelques étages supplémentaires. Peut-être un jour se posera-t-on la question de savoir quel est le projet principal de Christopher Bowes. C‘est tout ce qu’on leur souhaite.

Khaos

Tracklist :

  1. Antruther’s Dark Prophecy
  2. The Unicorn Invasion Of Dundee
  3. Angus McFife
  4. Quest For The Hammer Of Glory
  5. Magic Dragon
  6. Silent Tears Of Frozen Princess
  7. Amulet Of Justice
  8. Hail To Grail
  9. Beneth Cowdenbeath
  10. The Epic Rage Of Glorious Thunder
  11. Wizzards ! (uniquement sur la version digipack)

Liens :

Facebook : https://www.facebook.com/gloryhammer?fref=ts

Site Internet : http://www.gloryhammer.com

Clip de Angus McFife : https://www.youtube.com/watch?v=VTW30Q4B3Go