Pryapisme - Futurologie cover« Pryapisme est un groupe qui ne sait pas écrire de biographie depuis 2000″, peut-on lire concernant ce groupe qui reste définitivement un OVNI sous tout rapport. Le parcours ne sera donc pas simple à retracer. Les traces originelles de cette formation ont été retrouvées dans des résidus d’extra-terrestres au fond d’un cratère mauve à Clermont-Ferrand. Au fond dudit cratère, des logoglyphes inconnus et pas encore totalement déchiffrés nous racontent comment ce quatuor d’un autre espace-temps à vu le jour. Mais ce document étant classé top-secret, nous ne pourrons en révéler davantage. Sachez simplement que des reliques sont apparues de part et d’autre, paraissant s’assembler pour former un tout en forme de chat. Le nombre de pièces n’est pas encore connu.

Genre : 8 bits-core, Pryapisme, rococo-core, cat-metal - Date de sortie : 9 février 2014

Genre : 8 bits-core, Pryapisme, rococo-core, cat-metal – Date de sortie : 9 février 2014

Le premier fragment intitulé Rococo Holocaust a été découvert le 1er octobre 2010 sous forme d’un album musical. Le second, découvert le 1er avril 2013 et qui s’est révélé ne pas être un canular après enquête, fut nommé Hyperblast Super Collider. Des rumeurs d’apocalypse commencèrent alors à courir, sans fondement. Cependant, l’apparition d’une nouvelle relique le 3 février 2014, du nom de Blastbit Rococollider, reprenant des titres déjà connus réenregistrés uniquement avec des sons en 8 bits, faisait attendre le pire à l’humanité. Il nous est annoncé désormais pour le 9 février 2015 une nouvelle pièce, sous forme d’un « EP » constitué de treize titres.

La pochette est très colorée, incluant des motifs et formes étranges qui nous paraissent directement issues d’un travail informatique assez poussé. Le maître chat avec sa croix christique inversée est toujours présent et nous contemple d’un œil à la fois méprisant et amusé, plus diabolique que jamais. La thématique futuriste, ou futurologique, est bien représentée par cette pluie de couleurs sombres qui s’entremêlent pour former un tissu graphique hypnotisant qui amène immanquablement notre regard dans les yeux du chat. Va-t-il ne faire qu’une bouchée de nous ? Pour ceux qui ne connaissent pas encore le groupe, vous aurez déjà en partie compris comment vous allez être mangé, mais pas encore à quelle sauce.

Le son, dans la tradition des précédents fragments découverts, est d’une qualité irréprochable, tant dans les textures purement électroniques, les sonorités 8 bits, les incursions low-Fi, que dans les instruments « live » et/ou analogiques qui donnent bien entendu le change. La guitare qui apparaît un peu plus que sporadiquement avec une violence rare, passe dans le mix comme un coup de griffe féline de bon augure, à la fois bien dans les mediums avec une distorsion sauvage mais pas trop. La basse est ronde comme il faut, ronronnant parfaitement dans la masse sonore. Les synthés, qu’ils soient numériques ou analogiques, sont tout aussi parfaitement placés et à hauteur. Les batteries, live ou programmées ne font pas moins bien. Pour le dire clairement, la qualité du son enregistré, mixé et masterisé, atteint un très haut niveau qu’il nous a même semblé rare d’entendre.

Souhaitez-vous réellement que nous vous parlions des compositions ? Et bien soit. Cependant, il nous faut en premier lieu vous prévenir, comme cela a déjà été mentionné plus haut et ce qui s’expliquera maintenant : il s’agit bien d’un EP et non d’un LP, malgré ses presque 44 minutes et treize titres. Pourquoi ? Il s’agit ni plus ni moins que d’un seul et unique titre découpé en douze pistes. Certainement pour faciliter la lecture et la récupération, en cas d’interruption par votre animal de compagnie qui aurait cassé un vase en entendant cet opus particulier. Ensuite, ce titre qui est d’abord joué avec tous type d’instruments et sons, est réinterprété sur une dernière piste dans son intégralité cette fois-ci, d’une traite, en version orchestrale. Pour ceux qui n’auraient pas compris : avec uniquement des sons issus de la musique classique. Pour décrire le style de jeu envoyé par Pryapisme, il est difficile de faire mieux que de vous inviter à écouter. Dans un souci de compréhension, nous allons pourtant tenter de vous en dire plus. Cette musique part, littéralement, dans tous les sens. Sur cet opus particulier, nous avons droit à des ambiances orientales en début de piste, disons jusqu’à la troisième, avec parfois des réminiscences. Les parties calmes et ambiantes alternent sans honte et sans crainte avec du Brutal Death mélodique, du cartoon-core symphonique, du nintendo-blast-funky, du black-progressive-chopstick-core, nous en passons et des meilleurs. Pryapisme ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même. Dans les parents éloignés, nous osons à peine citer Mr Bungle avec l’album Disco Volante, tant il y a de différence. La similitude vient de ce vent de folie géniale qui souffle de bout en bout à l’écoute de la musique. L’évolution, comparativement aux autres œuvres du groupe, viendra de la « symphonisation » plus présente et des ambiances toujours mieux maîtrisées. Les transitions sont plus fluides. Pour faire court, le Pryapisme vieilli bien et cette incommodité impliquée autant par leur nom que par leur musique, n’est pas prête de s’arranger s’ils continuent comme cela.

Les amateurs de Metal et de musique déjantée réunis se feront une joie d’écouter tout d’abord la première partie, alias les douze premières pistes, pour savourer le goût des sonorités diverses et variées qui fusent dans chaque coin et recoin de nos oreilles. Des samples apparaissent de-ci de-là pour mettre des touches humoristiques sur le parcours, avec des « Vous devez payer le loyer ! », « Mais je ne peux pas payer le loyer !!! » dans des tons suraigus, conclus par un « Ta gueule Flipper ! ». Vous voyez un peu l’ambiance… Le tout magnifiquement intégré dans tout un lot de joyeusetés musicales de tout horizons. Nous pourrions aimer à croire que cette musique touchant à tous les domaines avec brio pourrait plaire à tous, mais il est plus probable que certains seront rebutés par cette multi-diversité, ou par les parties moins Metal. Ou l’inverse, d’ailleurs. Tout cela sera en fonction de l’ouverture d’esprit de l’écoutant et de ses affinités. Pour nous, ces histoires de chat, de loyer et de nageoires caudales sont tout simplement l’une des plus belles avancées musicales actuelle, sans vouloir trop nous emporter. Ici, tout n’est pas simplement mélangé et mis bout à bout sans raison. La logique simple des compositions rend fluide cet agrégat a priori hasardeux, et nous permet d’entrevoir quelque chose de plus dans ce monde où l’innovation tend à être absorbée par la reproduction de ce qui fonctionne. Pryapisme porte en tous cas très bien son nom. Et si vous voulez savoir de quoi nous parlons, allez vite voir dans le dictionnaire. Sinon, vous pouvez jeter une oreille aux précédents opus qui vous donneront déjà une idée de ce qui vous attend. Et vivement un concert dans les parages.

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Line-Up :

  • Aymeric Thomas : batterie, percussion, électronique
  • Ban Bardiaux : claviers, voix
  • Nils Cheville : guitare
  • Anthony Miranda : basse, moog, percussions, voix
  • Nicolas Sénac : guitare, synthés

Tracklist :

1 à 12 : Petit Traité De Futurologie Sur L’Homo Cretinus Trampolinis (Et Son Annexe Sur Les Nageoires Caudales)

13 : Petit Traité De Futurologie Sur L’Homo Cretinus Trampolinis (Version Orchestrale)

Liens :

Ecouter Rococo Holocaust sur Bandcamp : http://pryapisme.bandcamp.com/

Ecouter Blastbit Rococollider : http://pryapisme.bandcamp.com/album/blastbit-rococollider

Site officiel du groupe : http://www.pryapisme.net/