Milkilo – Ostéologie des pères (album)

Posté le : 08 janvier 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Milkilo coverMilkilo est un duo basse-batterie qui a vu le jour à Saint-Etienne en 2010, sous l’égide du Vox Project qui regroupe quelques artistes un peu décalés et hors norme. Un bon vivier selon nous. Un duo est une formule assez peu commune de par notre milieu musicale. Mais qu’importe ? Le but est de faire avancer la musique, quitte à revenir à des formules qui peuvent paraître étranges. Quoi qu’il arrive, notre duo a déjà fait du chemin. Un split avec Maria Magdalena en 2012 appelé Antilustre, puis un EP intitulé LIV/E/P en 2013 et pas mal de concerts en France et en Europe de l’est, principalement. Finalement, le mini-album que nous vous présentons couronne ce parcours qui ne demande qu’à s’allonger.

Genre : Noise, Sludge, expérimental, Rock - Date de sortie : 16 octobre 2014

Genre : Noise, Sludge, expérimental, Rock – Date de sortie : 16 octobre 2014

La pochette arbore des motifs étranges et pour peu que vous ayez le digipack dans les mains, il vous faudra peut-être réfléchir un peu avant de déterminer un sens à tout cela, s’il y’en a un. Effectivement, les traits rouges qui semblent de l’art abstrait, inscrivent en fait le nom du groupe. Dans les lignes blanches plutôt courbées, nous pourrons y voir un peu de tout, sans doute des ossements ou d’autres représentations que nous laissons à votre jugement. Un fond brun beige achève de poser un ensemble intrigant. Le style est définitivement moderne et partiellement abstrait. Un reflet de ce que l’on pourra retrouver entre les sillons du disque ?

L’enregistrement a été bien réalisé. Nous ne noterons aucune faille audible. La batterie est tout à fait claire et perceptible sur chacun de ses éléments. L’égalisation est tout aussi bonne. Pour la basse, c’est un régal. La sonorité en distorsion passe toute seule. Nous avons droit à des graves bien ronds, des médiums qui ressortent et évoquent facilement une guitare électrique. Les aigus sont là mais, bien entendu, liés à la tessiture de l’instrument, beaucoup moins mis en évidence. Ils n’ont cependant pas été oubliés. En plus de la distorsion, nous avons droit à d’autres effets utilisés avec parcimonie. Il y a bien entendu des passages en son clair aussi. Dans l’ensemble, nous avons une sensation d’enregistrement live avec cette sonorité un peu brute et directe mais très propre qui rappellera du bon vieux Rock, ou l’essence du Punk.

Pour les compositions, si vous avez peur de vous ennuyer avec un duo, détrompez-vous. Si le groupe est qualifié dans des styles tels que Noise, Sludge et Rock, il y a de bonnes raisons à cela. Le premier morceau, Ghoul, est un peu surprenant avec ce petit riff sautillant de joyeuseté naïve mais il est alterné avec une ligne mélodique plus inquiétante et qui sonne davantage Metal, du type bien sombre. Tout un registre musical y passe sans concession et si la répétition se fait parfois sentir un peu lourdement, c’est le moment où cela change. Vous étiez prévenus dés lors que vous aurez lu le terme de Sludge, comme cité plus haut. Et comme tout amateur de Sludge le sait, le son et l’ambiance se doivent d’être lourds. Ici, il n’y aura aucune déception possible ni envisageable. Ce duo de gravité basse et lourde ne vous agressera pas les tympans, mais bien davantage la psyché. Le jeu maîtrisé des deux protagonistes vous permettra de voyager dans ces ambiances étouffantes faites d’obscurité, éclairées de-ci de-là par quelques flambeaux à moitiés éteints. Vous poursuivez le son hypnotisant de cette basse qui vous obsède finalement.

« Milkilo ? Un groupe qui pèse lourd ! » pourrait être une accroche journalistique à la fois pauvre et pourtant méritée, tant ce duo fait preuve non seulement d’un son qui apporte cette ambiance pesante, mais aussi des atmosphères qui lui sont propre. Pour un peu, nous pourrions nous croire dans un film d’heroic fantasy, au cours d’une scène dépeignant un hiver sans fin, au bout de l’espoir élimé comme un vieux vêtement qui ne protègerait plus du froid. Et pourtant, dans cette froideur transparaît toujours cette flamme créatrice qui va réchauffer un peu nos méninges. Ce mini-album d’environ vingt-sept minutes ne pourra pas vous décevoir, si vous recherchez quelque chose qui pourra bousculer les codes qui ont cours actuellement, la formule sempiternelle qui fait mouche. Laissez-vous ainsi surprendre par « juste » une basse et une batterie, avec quelques beuglantes pleines de hargne plutôt rares mais placées où il faut. De la musique qui permet de revenir en quelque sorte à la source. Une réflexion sur le minimalisme orchestrale. Pourquoi ne pas oser « que » deux instruments ? En écoutant Milkilo, vous vous rendrez compte que deux instruments sont déjà largement suffisants pour faire de la musique capable de porter un message, d’exprimer des émotions et simplement de vous surprendre. Vous oublierez rapidement, à l’instar de notre personne, qu’il n’y a que deux protagonistes. Et c’est bien la magie de ce groupe. Tentez l’expérience et vous ne le regretterez pas. Et si d’aventure vous apercevez une affiche avec leur nom, vous aurez la chance de passer un bon moment.

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Line-up :

  • Anto : basse
  • Gab : batterie

Tracklist :

  1. Ghoul
  2. Fracture
  3. Quatorze
  4. Thétrahèdre

Liens :

Page facebook : https://www.facebook.com/milkilo?fref=ts

Site internet : http://milkilo.tumblr.com/