6:33 – Deadly Scenes (Album)

Posté le : 12 janvier 2015 par dans la catégorie Chroniques
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6-33 Deadly Scenes coverPour les détails biographiques de base, nous vous renvoyons simplement à nos deux précédentes chroniques qui vous en apprendront certainement un peu plus. En ce qui concerne les changements, il est a noter que 6:33 et Arno Strobl (chant) ne font plus équipe ensemble, étant entendu par avance qu’ils ne collaboreraient que le temps de l’album The Stench From The Swelling – A True Story. C’est donc Rorschach qui reprend l’intégralité de ses fonctions au sein du groupe. Comme nous le verrons par la suite, le changement n’est pas trop déstabilisant. Il aura fallu à peine un an et demi pour voir la sortie de ce troisième opus après le précédent. Autant dire que nous avons à faire à des bosseurs.

Genre : Expérimental, Prog, Death, Gospel, OST - Date de sortie : 12 janvier 2015

Genre : Expérimental, Prog, Death, Gospel, OST – Date de sortie : 12 janvier 2015

La pochette du disque représente sur un fond blanc assez inhabituel, une poussette sur laquelle est fixé un mobile un peu particulier. Là où l’on devrait trouver des petits objets naïfs et innocents, nous pouvons voir un revolver, une seringue, un soutien-gorge et d’autres choses qui paraissent déplacés. Bien entendu, le bras du bébé qu’on ne voit pas en dehors de ce bras, se tend vers ces objets. Le nom du groupe et le titre de l’album se trouvent juste en dessous, sobrement. Deadly Scenes. Image dérangeante et décalée mais sobre. Un bon point car cela attire effectivement l’œil et peu pousser à la réflexion.

Qu’en est-il du son alors sur cet opus ? Et bien, restant dans la lignée du précédent album, il sera très bon. Notons malgré tout une amélioration appréciable. Comparativement, The Stench From The Swelling – A True Story avait un peu trop de basse. Ici, tout est équilibré et à l’audition, rien ne dérange ni ne choque. La voix de Rorschach se trouve juste au niveau du mix, à part peut-être sur certains passages où la mise en avant est bienvenue. La guitare sonne avec un gros son medium la plupart du temps, ou alors en acoustique bien rond sur Last Bullet For A Gold Rattle, par exemple. Des chœurs apparaissent régulièrement et nous noterons aussi qu’ils sont bien enregistrés et mixés, très agréables. Les synthés ne sont pas envahissants comme cela peut arriver parfois et agrémentent l’ensemble de leurs sonorités spécifiques. Un accent a été mis sur les sons d’orgue, ce qui colle parfaitement au style. La batterie est légèrement en retrait mais perce comme il faut dans le mix. La basse se fait discrète mais reste bien présente. Mixage et mastering de qualité. Le son est bien celui d’un très bon disque.

En ce qui concerne les compositions, nous retrouvons la formule qui avait fait mouche la dernière fois avec ce mélange de nombreux styles musicaux, pouvant aller du gospel au Brutal Death en passant par des touches flamenco et de la Pop grand public, de la musique de film façon Danny Elfman au Black Metal. Ce joyeux bazar restera cependant bien organisé et les transitions ne paraissent pas du tout illogiques, loin s’en faut. Le style du groupe qui fut exploré et mis en avant sur Orphan Of Good Manners, évolua ensuite sur quelque chose d’un peu plus pop, tout en restant expérimental sur la collaboration avec Arno Strobl, passe désormais à un niveau encore un peu différent. L’impression de se rapprocher encore un peu de Faith No More et Mister Bungle et éventuellement Peeping Tom, est désormais un peu plus palpable et parfois à la limite de la simple inspiration. Par exemple, il est possible de comparer Lazy Boy avec un titre issu de Album Of The Year de Faith No More. 6:33 reprend donc la formule qui fait mouche et tente de perfectionner son style particulier en peaufinant un peu ses compositions et le son global. Alternance d’ambiance brutale avec des parties sautillantes pop, des nappes de synthés, des chœurs. La voix de Rorschach qui se métamorphose et donne dans à peu près tous les registres reste assez impressionnante et remarquable. Là encore cependant, nous ne pouvons nous empêcher de penser à Mike Patton sur ses différents projets.

Ainsi donc, ce troisième album qui est, selon la tradition des sorties d’album des groupes en général, défini comme « l’album de la maturité », censé être révélateur du groupe et un signe annonciateur de son devenir, est un excellent disque. Le choix de l’enchaînement des pistes est judicieux et permet de changer d’ambiance sans nous prendre en défaut, en évitant de nous laisser constamment en tension ou en pression, parce qu’à force de sauter dans tous les sens, nous finirions par casser tous les meubles chez nous. Force est de constater que 6:33 assoit bien son style, en continuant dans la droite lignée de sa collaboration avec Arno Strobl et c’est bien ce que nous trouvons dommage, en fin de compte. Car, ce groupe, avec toutes ses qualités, des compos au poil et un son de folie, n’a en dernier recours pas tellement évolué depuis son dernier album. Certes, il y a quelques innovations intéressantes avec une intégration des chœurs gospel plus marquée, un passage vraiment intéressant avec des percussions tribales sur The Walking Fed, une partie en guitare acoustique sympa sur Last Bullet For A Gold Rattle. Mais à part cela, le reste ne bouge pas. Les refrains finissent par se ressembler un peu. Par moments, au cours de l’écoute, nous pouvions penser à Burn In, I Like It, I Should Have Known (Her Name Was Boogie). La formule grosse guitare, plus orgue avec des sons de cloches sur les accentuations rythmiques a fait ses preuves, il est vrai. Mais ne serait-il pas temps d’essayer de trouver d’autres choses ? D’en user avec plus de parcimonie ? Oui, cet album est excellent. Oui, les compositions sont bien trouvées et intéressantes. Oui, le style est original. Oui encore, le son est très bon. Mais à vrai dire, peut-être en attendions-nous trop de cet album après avoir été aussi enthousiastes pour le précédent et avons-nous imaginé des choses à leur place. Nous avons donc été un peu déçu.

Pourtant, il est très facile de passer outre cette déception après une écoute : pas mal mais il y a quand même un petit quelque chose. Deux écoutes, finalement c’est plutôt sympa. Trois écoutes : c’est vraiment très bon ! En fin de compte, le disque tourne. Les compos sont entraînantes. Si nous imaginons que c’est la suite logique pour le groupe, tout va bien. Cette histoire de troisième album, c’est quelque chose d’un peu compliqué en soi. Justement, le public a ses attentes. Le groupe en a d’autres. Mais il était indispensable d’asseoir d’abord sa volonté, sa recette magique. Quelques ingrédients furent rajoutés dans la marmite. Désormais, il n’y a plus qu’à touiller et déterminer le bon temps de cuisson. Et quoi que nous en disions, cet album en vaut vraiment la peine. Pour vous faire une idée, le clip de Black Widow est très intéressant, original et bien dans l’ambiance du morceau. Pour les voir en concert, cela sera sans aucun problème. Nous leur souhaitons tout le meilleur et bien entendu, les attendons au tournant pour la prochaine galette. En attendant, nous en reprendrons bien un peu.

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Line-Up :

  • Rorschach : chant
  • Niko : guitare
  • S.A.D. : basse
  • Howahkan Ituha : synthé
  • # : machines et synthé

Tracklist :

  1. Hellalujah
  2. Ego Fandago
  3. The Walking Fed
  4. I’m A Nerd
  5. Modus Operandi
  6. Black Widow
  7. Las Bullet For A Gold Rattle
  8. Lazy Boy
  9. Deadly Scenes

Clip de Black Widow : http://m.youtube.com/watch?v=UQR7CwV5WqU

Facebook officiel : https://fr-fr.facebook.com/6h33official

Site officiel : http://www.633theband.com/

  1. Maryska dit :

    Ce qu’il parle bien, le chef ! 🙂 Danke !