125-20C’est en cette belle et douce journée estivale néo-zélandaise du 27 décembre que votre serviteur se rend pour à Lower Hutt, petite ville située à trente minutes de train de Wellington. Le temps de prendre le bus pour rejoindre la gare, me voici parti pour une soirée qui promet d’être riche en émotion. Et pour cause, si vous avez un jour rêvé d’assister à l’affiche parfaite et bien pour ma part ce soir, c’est chose faite. La raison est simple, The Rock propose au public de la région de Wellington un cadeau de noël des plus splendides, pour la première des sept dates. Au menu : Cairo Knife Fight, les Londoniens de I Am Giant, The Datsuns (votre serviteur avait déjà pu les voir quelques mois auparavant à Lyon, sur la péniche Ayers Rock Boat) et l’ouragan Shihad. Le tout au The Station Village Complex.

Cairo Knife Fight

124-5Après une lutte acharnée de cinq à dix minutes pour entrer dans The Station Village Complex, votre serviteur se trouve enfin dans la place. Cairo Knife Fight a déjà commencé depuis quelques minutes mais ce n’est pas ce qui arrête Sons Of Metal. Le public est présent en nombre pour ce splendide line-up qui aurait dû à la base compter dans ses rangs Airbourne et non pas The Datsuns. Ce n’est cependant pas l’annulation de dernière minute qui aura découragé certains. On attaque par un puissant duo avec Joel Haines (guitare) et Nick Gaffanay (basse, batterie, chant, loop). Pour ma part, c’est la troisième fois que j’assiste à la performance d’un duo et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela n’avait été très concluant. Surtout que le dernier en date se trouvait être Bölzer au Fall Of Summer, où le bassiste aurait pu tenir la scène à lui seul. Mais aujourd’hui, il faut bien admettre que la formation néo-zélandaise tout droit venue de Christchurch nous propose un démarrage en trombe en cette fin d’après-midi. Le public est totalement subjugué qu’il se laisse porter par les douces et fracassantes notes qu’envoie Cairo Knife Fight. Quand le duo met un point final à son set, ce sont des spectateurs ravis qui demandent un rappel que nous ne pourrons avoir. Dommage car la dose était tellement bonne qu’il aurait été intéressant de repartir pour un tour.

I Am Giant

124-9Le temps de récupérer le précieux sésame permettant d’accéder au pit photo qu’il est temps de se placer pour I Am Giant. D’emblée, l’ambiance monte d’un ton. Heureusement que nous sommes à l’extérieur car il m’est avis qu’en salle, nous aurions très vite atteint les deux cents degrés. Bref, après cette petite touche d’humour, il est temps de revenir aux choses sérieuses car si Cairo Knife Fight avait été fabuleux, le quartet emmené par Ryan Redman (chant) va être tout simplement monstrueux. Les mots manquent pour décrire l’intensité qui règne sous le grand chapiteau monté pour l’occasion dans The Station Village Complex. En effet, Ryan Redman est déchainé et ne se calme jamais, si bien qu’il faudrait presque avoir deux paires de yeux pour suivre ses va-et-vient incessants ! Sa vivacité est telle qu’il emmène rapidement avec lui ses trois compères qui ne laisseront pas indemnes eux non plus. C’est l’extase pour les spectateurs, surtout que rien n’est laissé au hasard. Le guitariste Stuart Steele ainsi que son frère de corde Paul Matthews (basse) nous offre un véritable feu d’artifice et que dire de la leçon de batterie donnée par Shelton Woolright qui mettra tout le monde d’accord sur un point : la première claque de la soirée vient d’être donnée et elle fût d’une telle violence que nous autres, pauvres mortels, aurons du mal à nous relever.

Setlist I Am Giant :

  1. Echo From Gallows
  2. Razor Wire
  3. Death Of You
  4. City Limits
  5. Neon Sunrise
  6. Standing On The Sun
  7. Purple Heart
  8. Transmission

125-49

The Datsuns

125-19Encore quelques secondes avant le départ de The Datsuns mais profitons-en pour jeter un coup d’œil derrière pour se rendre compte que nous avons certainement atteint un peu plus du millier de spectateurs. Cela fait plaisir à voir et au son des « Datsuns ! Datsuns ! » s’échappant de la foule, je me dis en mon fort intérieur que le concert à Lyon en mai dernier fut magistral mais que sur le territoire néo-zélandais, l’énergie promet d’être plus intense. D’entrée, la formation va donner le ton avec l’entame du premier de leurs seize titres Caught In The Silver. La partie est lancée et les spectateurs aussi. En effet, le public ne tarde pas à partir en pogos sur une vingtaine de mètres. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour que la masse collée aux crashs barrières ne fasse plus qu’une. En même temps, le line-up de cette soirée est si parfait que Cairo Knife Fight et I Am Giant seront à féliciter pour leur excellent travail qui aura rassemblé tout le monde sous une même bannière. La magie de la musique se fait sentir au fil des minutes tandis que le quartet continue de dérouler son set haut en couleur à coup de baguette de la part de Matt Osment, de soli tous plus éblouissants les uns que les autres avec le duo guitariste Phil Somervell et Christian Livingstone. La puissance, l’énergie et la violence sont au rendez-vous, propulsant la formation originaire de Cambridge (Nouvelle-Zélande) au firmament. L’engouement et le plaisir sont tellement visibles que le virus se transmet de manière significative au public. La joie se lit sur les visages de tous, sous les yeux ravis du quartet emmené par Rudolf de Borst (chant, basse) pratiquement méconnaissable par rapport à son passage à Lyon. Vous l’auriez très certainement remarqué, si la date lyonnaise fut superbe, ce soir pour la première date de la tournée avec Shihad, la barre a été mise très haute. Comment ne pas finir un set aussi explosif avec les titres Gods Are Bored et What Would I Know ?, finissant à merveille cette prestation sous une pluie d’applaudissements.

Setlist The Datsuns :

  1. Caught In The Silver
  2. Bad Taste
  3. Bullseye
  4. Gold Halo
  5. Axe Thrower
  6. Sittin Pretty
  7. Harmonic Generator
  8. Helping Hands
  9. That’s Why
  10. Stuck Here For Days
  11. Emperor’s New Clothes
  12. Looking Glass Lies
  13. Claw Machines
  14. MF From Hell
  15. Gods Are Bored
  16. What Would I Know ?
Shihad

125-44Il est l’heure de l’ouragan Néo Zélandais Shihad mais avant de parler de leur prestation, que dites-vous d’un petit tour d’horizon rapide sur l’histoire du groupe ? La formation existe depuis 1988 et possède neuf albums studios à l’heure actuelle, dont le dernier FVEY est sorti le 8 août 2014. C’est d’ailleurs la raison de leur tournée et son nom : 2014/2015 FVEY Tour. Le quartet est à l’origine issu de la Nouvelle-Zélande mais opère maintenant sur le territoire australien. Pour l’occasion, la setlist comportera huit des onze chansons se trouvant sur le dernier opus. Maintenant qu’un bref historique ai été fait, que dites vous de partir sur le direct. Bonne idée, n’est-il pas ? Si, pour The Datsuns le chapiteau s’était embrasé, l’ambiance régnant dans The Station Village Complex va se transformer en une boule cosmique rayonnante avec l’entrée imminente de Shihad. Les seules fois où je ressens un tel affolement pour l’arrivée d’un groupe est pour Iron Maiden. Autant vous dire que cela promet un set grandiose. Le temps de finir les derniers réglages que le public de Lower Hutt se met à scander d’une seule voix : « Shihad ! Shihad ! Shihad ! ». La passion se fait sentir. Cependant, le meilleur reste à venir. Dernière petite touche, le temps d’installer mamie sur une chaise à l’arrière de la scène et le quartet fait son entrée. Dès ce moment, le millier de spectateurs ne fait plus qu’un. On attaque le concert par les deux premiers titres du dernier album Think You’re So Free et FVEYqui vont poser les bases de la prestation pour l’heure et demie à venir. En effet, à eux seules ces chansons démontrent à quel point la musique de Shihad est violente, technique, douce, prenante… Les mots manquent pour décrire la sensation qui nous envahit. Les slams s’enchainent au gré des soli de Phil Knigt ainsi que sur les coups de baguettes dévastateurs de Tom Larkin, tandis que la voix de Jon Toogood jette un harpon allant s’accrocher à chaque individu et les entrainer sur les sentiers du Metal alternatif. Vous l’aurez compris, les titres déboulent à une vitesse folle sous le regard du public captivé et ne loupant aucune des paroles du chanteur. Le tout sous la déferlante lancée par chaque accord posé par le bassiste Karl Kippenberger. Quand nous arrivons à l’heure du rappel, c’est avec une pointe d’amertume que l’on se rend compte à quel point la soirée est passée trop vite. Le quartet à cependant plus d’un tour dans son sac et nous gratifiera d’un final des plus touchant avec le titre Pacifier, laissant des étoiles pleins les yeux aux spectateurs ainsi qu’à votre envoyé spécial.

Setlist Shihad :

  1. Think You’re So Free
  2. FVEY
  3. The General Electric
  4. My Mind Sedate
  5. The Living Dead
  6. Song For No One
  7. Wait & See
  8. You Again
  9. The Great Divide
  10. Wasted In The West
  11. Factory
  12. Comfort Me
  13. Cheap As

Rappel :

  1. Grey Area
  2. Home Again
  3. Pacifier

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Il est temps pour moi de regagner le train afin de rentrer sur Wellington. La soirée fut riche en émotion dans cette enceinte du The Station Village Complex où le public aura été présent en nombre pour soutenir cette superbe affiche. Trois découvertes qui laissèrent des traces sur l’âme de votre serviteur et The Datsuns qui m’aura encore fait une très grosse impression d’une qualité mille fois supérieure à leur passage à Lyon, en mai dernier. Merci à The Rock Fm pour l’organisation de cette magnifique soirée.

Elovite