Mercy + FDC, le 17 janvier 2015 au Barbar (Annonay)

Posté le : 21 janvier 2015 par dans la catégorie Lives Reports
Tags: , , , , , , , ,

MERCY-20150117-007Le Barbar, bistrot annonéen bien connu des amateurs de musique alternative, accueille ce soir deux groupes déjà chroniqués dans nos lignes. Le premier est Mercy, formation lyonnaise qui vient de publier son premier album, décortiqué la semaine dernière par un Diamond très enthousiaste. Marie et ses acolytes vont nous montrer de quel bois ils se chauffent. Le second groupe est FDC que nous avions vu, Mike et moi, l’an dernier dans un American Dreamer boudé par le public malgré l’ultime prestation de Kickback. Cette fois, les Bisontins auront une assistance de choix avec un Barbar presque plein et des spectateurs motivés.

FDC

FDC-20150117-003Le quatuor donne le ton d’entrée de jeu, le bassiste Max demande à la foule : « Comment ça va bande de moules ?! ». En face, la réponse ne se fait pas attendre, les spectateurs lèvent leurs verre en hurlant. Le concert débute sur les chapeaux de roues et nous constatant que le niveau technique des musiciens s’est grandement amélioré depuis leur performance à l’American Dreamer, un an plus tôt. La bonne humeur transpire des paroles chantées par Mat et se voit sur les visages explicites de ses compagnons, notamment Max et Aurélien (batterie) qui ne se quittent pas des yeux afin de jouer le plus précisément possible. Plus en retrait mais d’un efficacité à toute épreuve, le guitariste Nico nous donne une leçon de guitare que nous ne sommes pas près d’oublier. Concentré sur son manche de palissandre, Nico tisse une toile sonore imperméable aux erreurs, dotée de soli très mélodiques et agrémentée d’un mixage aux petits oignons, assuré par le très compétent Kazy. Le matelas groovy crée par Max et Aurélien lui permet de se plonger dans des soli dignes d’un Chuck Berry. FDC nous présente plusieurs extraits de son premier album, Indignation, fraîchement sortit et disponible en format Cd. Ainsi, nous pouvons découvrir les versions live de Débauche, Toilettes publiques, BSP, Addict… Le Rock blues Ska passe très bien auprès de la clientèle du Barbar et quelques spectateurs se lancent dans de petits pogos. Nous verrons Yoann, le gérant des lieux, fendre furieusement le public pour démarrer un mosh pit. Sur scène, c’est l’éclate totale. Le groupe prend son pied à jouer devant nous et ne manque pas une occasion de faire des blagues entre chaque morceau. L’accueil des Annonéens est tellement chaleureux que FDC devra exécuter un rappel sous les acclamations du public. Le rappel durera trois titres, tout aussi réjouissants que le reste et il faudra l’intervention du batteur pour calmer les ardeurs Mat qui ne veut plus quitter les planches. Toutes les bonnes choses ont une fin mais une chose est sûre, nous aurions bien voulu que cette fin n’arrive jamais.

FDC-20150117-011 FDC-20150117-005

Mercy

MERCY-20150117-007Le « all star band » lyonnais s’installe sur la scène du Barbar quelques minutes après FDC. Marie (chant, Brice et sa pute), Romain (basse, RAB), Kick (guitare, Calmos, ex Tasmaniac) et Steph (batterie, eLZed) vont littéralement électriser la foule avec leur Rock Stoner psychédélique. Le titre d’ouverture, Here Comes The Black Eyes donne le ton avec un riff simpliste mais ô combien fédérateur. Les musiciens sont en grande forme et ne cesse de donner de leur personne, surtout Marie, pour faire bouger un public d’abord un peu timide mais qui se lâchera enfin après quelques chansons. Là aussi, nous avons droit à une large présentation du premier album éponyme du groupe, disponible depuis le début du mois. Le son parfaitement calibré nous permet d’apprécier toutes les subtilités présentes dans la musique de Mercy. Nous avons devant nous un groupe carré, pleinement investi dans ce qu’il fait. Marie communique à sa façon avec un public ravi et réceptif. Il faut dire que Marie est un personnage à part entière, atteinte d’une folie douce rafraîchissante dans ce monde trop sérieux et triste. Le morceau Bad Dishes en est l’exemple le plus parlant. Romain se joint même au pétage de câble de la vocaliste en hurlant dans le micro tout en grimaçant, comme s’il avait ses parties génitales prises dans un étau se resserrant inexorablement. Steph aligne les patterns potentiellement dangereux pour les cervicales tandis que Kick, caché dans le coin de la scène, grattouille sa Fender Strat’ tantôt à la manière d’un bluesman, tantôt comme un keupon. D’ailleurs, le titre The Child With Electric Hands démontrera que le groupe maîtrise le Blues. Cette chanson pleine de sensualité sera une pause bienvenue dans la prestation énergique du combo à l’instar de The World, uniquement interprétée par le guitariste et Marie qui prend des airs de chanteuse de cabaret. La bière coule à flot dans le public et plusieurs verres seront déversés sur le sol du fait des pogos. Yoann, toujours prêt à mettre le souk, monte sur son bar et saute sur les spectateurs sans aucune sommation. Un rappel sera réclamé à Mercy qui nous l’accordera bien volontiers mais faute de matériel, le groupe rejouera une chanson interprétée plus tôt, Looking 4 For 3, terriblement efficace. C’est logiquement sous les applaudissements et les cris que Mercy prend congé de son public.

MERCY-20150117-001 MERCY-20150117-003

Les instruments sont rangés, les amplificateurs éteints, la lumière refait son apparition et la bière continue de couler inlassablement jusqu’à deux heures du matin. C’est qu’à Annonay, les nuits sont très longues. Nos remerciements à FDC, Mercy, au Barbar pour son accueil et au public qui sera venu en nombre dans le quartier de la Cance.

Kouni