FLAYED-20150123-016Lorsque trois excellents groupes de la région Rhône-Alpes s’associent le temps d’une soirée, il n’est pas concevable de rater une telle opportunité. Ainsi, votre serviteur équipé de son fidèle appareil photo prend la route de l’ancienne capitale des Allobroges pour témoigner de cette soirée. Organisé par Romain, musicien officiant dans RAB et Mercy en plus d’être l’ingé-son de Flayed, le concert aura lieu dans la MJC viennoise qui affiche complet au bout d’une heure seulement ! Les vigiles devront même refuser du monde pour des raisons de sécurité. Amis lecteurs, installez-vous confortablement, c’est parti !

Mercy

MERCY-20150123-002Une semaine me sépare du dernier concert de Mercy en Ardèche (lire notre reportage ici) et son accueil chaleureux par le public du Barbar. Bien que la prestation sera similaire (même setlist), quelques nouveautés ont fait leur apparition. Tout d’abord, Marie (chant) possède désormais une paire de micros, l’un donnant un effet « megaphone » à sa voix afin de recréer au mieux les différentes parties vocales présentes sur l’album sorti deux semaines plus tôt. L’autre changement est esthétique puisque la chanteuse est vêtu d’un superbe haut évoquant les habits d’une geisha. Musicalement, Mercy reste fidèle à lui-même : c’est carré, propre et captivant. Entre les titres orientés Punk qui déboitent sévère et les chansons bluesy parfaites pour être jouées en cabaret, il y a suffisamment le choix pour que tout le monde s’y retrouve. Le plus fort, c’est que les musiciens sont bons dans chaque domaine. Une chanson calme jouée uniquement par Kick (guitare, chœurs) et Marie ? Ça hypnotise l’auditoire. Un titre bourrin sur lequel la vocaliste pète un câble, secondée par Romain (basse, chœurs) qui s’époumone dans son micro ? Terriblement efficace ! Mercy pose une ambiance particulière, hors du temps et des modes pour nous entraîner dans son univers. Marie possède toujours ce « petit grain de folie » qui passionne autant qu’il surprend. Imprévisible, la jeune femme est clairement le centre d’attention mais elle ne prend jamais toute la place. L’humilité est de mise dans ce groupe. En effet, Kick, Romain et Steph (batterie) sont également bien mis en valeur par un réglage du son très équilibré. En quarante-cinq minutes de jeu, Mercy s’adjuge les faveurs d’un public ravi et conquis. Encore une fois, les Lyonnais ont montré qu’il faut compter sur eux et que leur projet est largement digne d’intérêt. Vivement la suite !

RAB

RAB-20150123-012Là aussi, nous avons à faire à des habitués de Sons Of Metal. En effet, RAB peut se targuer d’être apparu à plusieurs reprises dans nos chroniques. Après un entracte d’environ quinze minutes, les Lyonnais montent sur scène devant un public encore un peu plus garni. Les nouveaux arrivants ne cessent d’affluer devant la salle. RAB débute son set comme d’habitude : les watts à fond et le sourire aux lèvres. Thibaud (chant) est en pleine possession de ses moyens, contrairement à Chambéry où il était atteint d’une angine. Cette fois, il peut se lâcher et ce ne sera pas pour nous déplaire. Le groupe est à l’aise et l’esprit de franche camaraderie toujours aussi présent. Il suffit de regarder Romain et Sofiène (guitare) s’affronter à coups de pied et de tête tout en jouant, ou encore Guillaume (guitare) prendre la pose sur la grosse caisse de Seb. Durant un morceau, nous apercevons les membres de Flayed monter sur scène pour offrir des verres de whisky et de bière à leurs collègues. Comme Mercy, RAB rencontre le succès auprès des Viennois. Les titres That’s How We Do et Jack The Ripper sont redoutables, à l’instar du nouveau titre récemment composé. On ne s’ennuie pas un instant, captivés que nous sommes par la prestation énergique de la formation lyonnaise. Alors, quand arrive la fin d’un concert ponctué par des chansons bien Rock n’ Roll et les perles humoristiques servies par Thibaud, on ne peut qu’applaudir et souhaiter les revoir. En attendant, plusieurs spectateurs se pressent devant le stand du groupe pour acquérir leur album.

RAB-20150123-007 RAB-20150123-011

Flayed

FLAYED-20150123-014Les enfants du pays s’apprêtent à prendre d’assaut la scène. La salle est désormais remplie et j’apprends que le service de sécurité est maintenant obligé de refuser l’entrée aux retardataires qui se présentent. Sold-out ! Personne n’y croyait et pourtant c’est arrivé. Il faut dire que depuis quelques mois et la sortie de son premier album salué par la critique, Symphony For The Flayed (récemment complété par la diffusion gratuite de l’EP Rejects From The Flayed), le groupe viennois-lyonnais est sur une pente ascendante qui ne semble pas connaître de fin. Pourvu que ça dure, c’est tout le mal que nous leur souhaitons ! Flayed débute son set avec Sweet Coverage qui annonce la couleur : synthé 70’s manié par Rafinet, batterie « Phil Ruddesque » aux mains de JP, la voix faussement écorchée de Renato. Le retour aux sources du Hard Rock se fait inévitablement grâce aux guitaristes Julien et Rico, sans oublier Charly et sa superbe basse Warwick Buzzard grondante, très présente dans le mix pour le plus grand bonheur des amateurs de basse (dont je suis). Le public est déjà au taquet, ça headbangue et ça tape du pied en cadence. Bien que le groupe se montre parfois un peu brouillon à plusieurs reprises, le concert reste de qualité et la très forte cohésion qui règne au sein du groupe fait vite oublier cet écueil musical jusqu’alors exceptionnel. Si vous êtes coutumiers de nos chroniques, vous aurez certainement remarqué que Flayed a toujours donné des représentations de haute qualité, le point d’orgue étant leur passage au Sylak Open Air l’an passé. Ça arrive même aux meilleurs mais pas d’inquiétude, le concert est loin d’être décevant. Bien au contraire. Les gars de RAB font à leur tour irruption sur scène pour servir à boire aux musiciens. Le concert contiendra deux surprises. La première étant l’invitation de Romain pour jouer un titre avec Flayed. Charly lui confie sa volumineuse quatre cordes et s’en va chercher une bouteille de Jack Daniel’s n°7 qu’il partagera avec Romain et ses compagnons. Ce « one shot » plaisant terminé et après une ovation accordée à Romain, Charly réintègre les rangs et le concert se poursuit avec la deuxième surprise : une chanson inédite, « jouée pour la première fois hier » selon Renato. La nouveauté prend la forme d’un Blues d’environ cinq minutes, agrémenté d’un superbe solo de Julien. Ce dernier est le foyer qui donne la flamme au Hard Rock de Flayed avec ces riffs tranchants à la AC/DC et ses soli que n’auraient pas renié un certain Angus Young ou encore Keith Richards. Ça pulse à mort et le public y contribue grandement en applaudissant vivement chaque morceau, notamment Old Manners qui a provoqué une vague de headbangs dans les premiers rangs. Après trois quarts d’heure de jeu, Flayed s’apprête à tirer sa révérence avec un final ponctué de nombreux soli. Lucianne, la guitariste de The Foxy Ladies présente dans le public se verra portée par Renato après avoir reçu la Gibson de Julien pour nous gratifier d’un court solo. Une conclusion à l’image du concert : la fête, les potes et la bonne humeur.

FLAYED-20150123-020 FLAYED-20150123-016

FLAYED-20150123-022 FLAYED-20150123-003 FLAYED-20150123-019

Pour une première visite à Vienne, ce fut particulièrement réussi. Chaque groupe était pro et avait envie de nous faire plaisir. Un accueil royal au sein de cette MJC et un public fantastique.

Merci aux groupes, au personnel de la MJC de Vienne et surtout un grand merci aux spectateurs qui sont venus en masse.

Kouni