Red Mourning coverIl y a un peu plus de dix ans, en 2004 à Paris, Red Mourning voyait le jour parmi nous. Ce rejeton démoniaque de musiques qui paraissent avoir évoluées dans des directions opposées et qui pourtant se retrouvent bien par chez eux, n’est pas resté tranquille pendant tout ce temps, rassurez-vous. En effet, après avoir publié une démo éponyme l’année même de sa création, ils sévissent à nouveau en 2006 avec un EP intitulé Six Four Six. Pour garder le rythme et afin d’aller un peu plus loin dans ses démarches de croissance personnelle, un album s’ensuit en 2008, Time To Go. Dés lors, les dates de concert s’enchaînent de plus en plus, que ce soir en France ou ailleurs en Europe. En 2011 nous retrouvons Pregnant With Promise, le second album, produit par Francis Caste. Trois ans et encore quelques concerts plus tard, en mars 2014, c’est avec Where Stone And Water Meet que nous reviennent les quatre excités. C’est de ce dernier album que nous parlerons ici.

Genre: metal, hard rock, stoner, blues - Sortie : 3 mars 2014

Genre: metal, hard rock, stoner, blues – Sortie : 3 mars 2014

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la pochette est belle et bien travaillée. Nous pouvons y voir une sorte d’immense homme de pierre enchaîné à la roche d’où il semble sortir. Il fait face à une étendue d’eau encadrée par quelques herbes. La teinte sépia de l’ensemble renforce le côté rocheux. Ce que nous ne remarquons pas immédiatement, en fonction de la taille de l’image, ce sont des hommes, vraisemblablement des prisonniers condamnés aux travaux forcés qui creusent la roche pour sortir le gigantesque homme de pierre, à moins qu’ils ne soient miniatures et l’homme de taille normal. De la poussière s’élève autour, donnant une impression d’énorme énergie se dégageant de l’ensemble de l’image, et peut-être que ce titan est en train de se libérer de ses entraves, cumulant toutes ses forces pour se faire. Vous pourrez vous faire votre propre idée mais cette image à elle seule raconte toute une histoire. Ce qui est déjà plus que correct.

La qualité de l’enregistrement est par ailleurs de très bonne qualité. La voix est placée au cœur du mix, peut-être même légèrement en retrait. La guitare avec sa sonorité medium-grave, relevée de juste ce qu’il faut afin qu’elle n’agresse pas nos oreilles sensibles et délicates tout en conservant son côté rentre-dedans et puissant. La basse paraît plus en arrière mais fait parfois étalage de sa tessiture sur certains passages. Notons qu’elle bénéficie également d’un petit boost de présence plutôt agréable qui fait ressortir certaines grosses attaques, lui conférant un son un peu plus moderne. La batterie martèle comme il se doit et chaque élément de son kit est bien audible comme il faut. La production ne présente pas de défaut notable. Le mixage et le mastering sont à la hauteur d’un bon album.

Parlons des compositions, le point crucial sur lequel nous allons pouvoir nous étendre. Si vous ne connaissez pas encore Red Mourning, vous allez imaginer. Oui, imaginez que vous êtes dans le désert du Nevada. Bon, si cela ne vous dit rien, imaginez un bon vieux western, au moment où la tension monte. Deux cowboys se font face. La sueur dégouline de leurs fronts poussiéreux, lentement. Tout le monde retient son souffle : qui va dégainer le premier et descendre l’autre ? Si vous visualisez bien cette image, vous saurez ce qui vous attend sur ce disque : une musique qui, sans le western, le blues, la tension, la puissance qui va se déclencher, le revolver qui va se décharger sur vous. Et vous qui êtes là et attendez, prêt à dégainer aussi. Ce disque pourrait être la BO d’un western moderne et sans concession, avec ses passages plus calmes. Guitare en slide, harmonica, chœurs accompagnés de claquements de mains vont ponctuer ça et là des compositions qui se balancent entre une violence bien comme il faut, vive et haute en couleur, et ce côté blues-metal qui rajoute une couleur particulière. Impossible de ne pas penser à Pantera, Mudvayne ou Hellyeah par moments. La voix de Hoog est parfaite pour le style et si elle nous a rappelé Chad Gray et Phil Anselmo, c’est plutôt pour le mieux. Les parties plus calmes vous laisseront une sensation psychologique de lourdeur et de tension qui ne s’estompe pas. Si vous vous reposez, c’est bien parce que vous allez en reprendre dans les cages à miel.

L’ensemble est tout à fait plaisant. Les ambiances changent de part et d’autres de façon très cohérente. Les intermèdes sont placés à des endroits stratégiques. Les musiciens savent ce qu’ils font et ce qu’ils veulent. L’ensemble sonne tellement comme un groupe américain qu’il est difficile dés lors d’imaginer que se sont bien des Français qui jouent, des Parisiens même. Pour les amateurs de Metal incluant des influences blues façon stoner et un côté plus brut rappelant les belles années de Pantera et du Metal de cette période, vous ne pourrez qu’être conquis. Il y a fort à parier que les concerts ne seront pas moins bons que ce que l’on entend. Car si l’album est très bon, l’énergie qu’il délivre mérite très clairement une prestation sur scène. Ici, pas de fioritures. L’endroit où la roche et l’eau se rencontrent est un bien bel endroit. Venez le visiter vous aussi.

F4R537KTP09

Line-Up :

  • Hoog : chant
  • Romaric : guitare
  • Sébastien : basse
  • Aurélien : batterie

Tracklist :

  1. Intro
  2. The Sound Of Flies
  3. Gun Blue
  4. Rabid Dog And Twisted Bitches
  5. Emily
  6. White Line
  7. The Simple Truth
  8. Work Song
  9. Over The Rail
  10. Candlelight
  11. Touched By Grace
  12. There Goes The Chair
  13. Where Stone And Water Meet

Liens :

Site officiel : https://www.facebook.com/RedMourning?fref=ts

Page Facebook : http://www.redmourning.fr/