Orden Ogan – Ravenhead

Posté le : 13 février 2015 par dans la catégorie Chroniques

Orden Ogan - Ravenhead coverAprès l’interview de Seeb sur Sons of Metal (chanteur et guitariste de Orden Ogan) et en attendant le report du concert de Hammerfall à Lyon où ils assuraient la première partie, jetons une oreille à leur dernière galette sortie en ce début d’hiver. Orden Ogan en sont à leur cinquième album, dans la plus pure lignée du Power Metal tendance germanique. En effet, si certains groupes de ce courant font dans l’épique, le happy et la longue symphonie, ceux issus du pays de Goethe mettent en général les biceps bien en avant. L’imagerie également fait moins dans le « kitsch » que d’autres groupes, on le voit notamment à cette pochette à la couleur verdâtre peuplée de zombies peu sympathiques (mais qui en a déjà vu des sympas ?). Le clip de F.E.V.E.R qui peut être consulté plus bas donne aussi dans cette tendance qu’exploitent encore d’avantage leurs compatriotes de Powerwolf.

Style : Power Metal - Sortie : 16 janvier 2015

Style : Power Metal – Sortie : 16 janvier 2015

D’un point de vue musical, la formule employée par Orden Ogan est connue. Les introductions démarrent souvent en douceur par les claviers qui se mettent ensuite légèrement en retrait des guitares. Puis, c’est la déferlante des chevaliers teutoniques qui vous piétinent avec leur cavalerie. La batterie diversifie bien son jeu, alternant jeu en finesse et puissance d’attaque. Tout se joue sur les contrastes, surtout ceux entre la lourdeur rythmique et la magnificence du chant, encore accentué par les chœurs. Un album qui est aussi bien équilibré, il y a de l’énergie à revendre sans trop de beurre sur la biscotte et des passages plus calmes, mais pas excessivement nombreux, nous permettent de reprendre du souffle. Zoomons sur quelques titres afin de préciser tout cela.

Dans le bref titre introductif, tout démarre en douceur : nappes de claviers, arpège doux et chœurs qui sonnent légèrement monastiques. Tout cela progresse et s’enchaine avec le deuxième titre, l’éponyme, qui sort un hachoir de riff acéré typiquement power. Le chant débute aussi en légèreté, on ne met pas toute la gomme tout de suite. La batterie tape fort, vite et avec des rolls diversifiés. Le refrain très prenant est également typiquement du style avec en arrière fond une guitare lead qui assure la mélodie accrocheuse. Les soli qui s’enchainent n’ont quant à eux rien à rougir en comparaison avec certains des compatriotes de Orden Ogan tel que Gamma Ray. C’est un Power en division panzer qui déboule. The Lake démarre en trombe guitare au vent, laissant un petit espace de temps à autre pour un son au synthé. Dans ce titre, je trouve que toute la tension résulte entre les refrains où les coups de batterie sont assez lents avec une rythmique guitare/basse lourde et pesante ainsi qu’une voix assez grave. Puis, le tout monte dans les refrains comme une bonne mayonnaise les coups de fouets se font plus rapides, les six cordes ainsi que la voix de Seeb soutenue par les chœurs prennent leur ascension vers les aigus. Un bon coup de vent qui fait plaisir. Ambiance différente avec la ballade A Reason To Give que je trouve bien faite et je tiens à le souligner, car elle ne plombe pas l’ambiance comme c’est parfois le défaut chez certains groupes. Il demeure une tension apportée par le travail des chœurs, dont Seeb nous parlait dans l’interview. On arrive à se reposer les oreilles sans s’endormir et le refrain de cette ballade reste dans la tête. Leurs compatriotes de Blind Guardian ont dû leur filer quelques tuyaux. Le morceau qui suit nommé Deaf Amond The Blind me donne aussi envie d’en dire quelque chose. Il s’enchaine très bien avec le titre précédent même si on retourne dans le Power/Heavy bien membré. Encore une belle alternance entre passages violents et petits espaces de prise d’air avant de repasser en apnée avec une batterie en mode marteau piqueur. Quant aux soli qui s’enchainent par Seeb et Tobi, ils envoient alternativement des croches jusqu’aux triolets, en contraste avec des mélodies appuyées plus longuement sur les notes.

Pour conclure, Orden Ogan nous offre un album très travaillé, au son impeccable et avec toutes les qualités habituellement mises en avant par le Power Metal. Etant friand de ce courant du Metal, la musique de ce Ravenhead me cherche quelque part dans les tripes, c’est évident. Maintenant, en écoutant ces nombreux groupes allemands plus ou moins enfants de Helloween et Blind Guardian, j’attends d’être surpris pour pourvoir désigner une création comme étant un joyau. Chez Orden Ogan, c’est du travail de pro et l’essentiel est là, une petite marque plus personnelle leur permettrait de franchir encore un pallier de plus.

Khaos

Tracklist :

  1. Orden Ogan
  2. Ravenhead
  3. F.E.V.E.R.
  4. The Lake
  5. Eliv Lies In Every Man
  6. Here At The End Of The World
  7. A Reason To Give
  8. Deaf Among The Blind
  9. Sorrow Is Your Tale
  10. In Grief And Chains
  11. Too Soon

Liens :

Site Internet : http://www.ordenogan.de/

Facebook : https://www.facebook.com/ORDENOGAN?fref=ts

Youtube : Clip de F.E.V.E.R : https://www.youtube.com/watch?v=vZrT_w2TAIU