The Experiment – N°.Q

Posté le : 16 février 2015 par dans la catégorie Chroniques
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The Experiment - N°Q coverJe souhaiterais vous présenter aujourd’hui, à travers une petite chronique, le projet nommé The Experiment N°.Q, dont Paolo Villarga est l’initiateur. Artiste éclectique, celui-ci s’investit dans le théâtre, les jeux de plateaux ou la bande dessinée comme graphiste. Guitariste depuis qu’il est lycéen, il a toujours souhaité porter un projet musical mais il ne s’était pas encore concrétisé. C’est sa rencontre avec des musiciens de Therion alors qu’il travaillait sur leur court métrage « Adulruna Rediviva » et sur le projet de jeu pour plateau 011 que l’occasion d’une création musicale commune a pu s’engager. Pour cela, il s’est entouré de plusieurs artistes aux backgrounds différents : compatriotes italiens, membres de Therion ou découvertes originales. Démarche proche de celles de Arjen Lucassen avec Ayreon ou Tobbias Sammet avec Avantasia, nous allons planer dans des cieux portés par diverses voix et dans des ambiances assez contrastées.

Style : Metal Progressif, Metal expérimental - Sortie : février 2014

Style : Metal Progressif, Metal expérimental – Sortie : février 2014

Un coup d’œil sur la pochette nous aidera à comprendre. Le cerveau de cette statue de bois est composé d’un labyrinthe, de quoi perdre ceux qui voudraient caractériser avec précision la musique de The Experiment N°.Q. Nous retrouvons comme ingrédients quelques touches de Metal progressif à la Dream Theater construits sur des parties instrumentales réussies et des soli rondement exécutés. Nous y ajoutons quelques notes de New Wave Of British Heavy Metal à travers des passages à connotation Iron Maiden, par l’entremise de riffs acérés et une des voix choisies aux accents heavy. Pour finir, un assaisonnement aux ballades à orientation gothique agrémentées d’une voix grave d’outre-tombe et vous avez le tableau complet. Toute cette symphonie a été enregistrée, mixée et masterisée par Mattia Garimanno à Aenima recording.

Tendons l’oreille à présent pour voir de plus près ce que vaut cette création. L’introduction samplée nous donne l’impression d’entrer dans ce labyrinthe étrange ou de traverser un espace intemporel avec un vaisseau spatial. Puis, c’est le riff très maidenien de To The Wise And Undrestanding River qui fera tendre l’oreille à tous ceux pour qui la mélodie de The Trooper produit une certaine joie. Ils sont plusieurs à chanter sur ce titre. Kevin Zwierchascewski, dont nous nous permettrons de n’utiliser désormais que le prénom, est accompagné de Linna Vikström et Nalle Pahlsson respectivement chanteuse et bassiste de Therion. Les trois voix collent très bien ensemble en mêlant douceur, énergie et harmonie. Le long et très trippo-accrocheur solo commence au synthétiseur et se poursuivra à la guitare très bien maîtrisée par le duo composé de Andrea Palazzo et Emmanuel Victor. Les compères s’en sortent par ailleurs à merveille sur l’ensemble de l’album, assurant la plupart du temps les six cordes avec maîtrise et précision. Malheureusement, l’ambiance retombe fortement au deuxième titre Upainted Leaves. Ce n’est pas que cette chanson soit moche ou mal construite, mais à mon avis mal placée si tôt sur l’album. À nouveau introduite par des sons issus d’un monde étrange, elle est construite sur un rythme très lent. La voix de Linna, qui a un rôle leader sur cette chanson, s’y exprime bien ainsi que les refrains chantés avec son camarade du groupe suédois. Le problème est qu’en regard du titre précédent, l’oreille redemanderait bien un peu de son musclé avant de passer à une ambiance plus intimiste. Notons ici une basse très bien jouée par Sabrina Rivalgi et bien audible dans le mixage. Elle aussi va assurer sur une grande partie de la galette. Toute l’intensité et la profondeur de ce morceau est donné par cet instrument qui va à nouveau soutenir un solo qu’aurait très bien pu jouer John Petrucci (Dream Theater). Romantisesque, qui par son nom aurait pu faire penser à une ballade, nous remet pourtant dans une ambiance plus énergique. Encore une basse bien ronde, cette fois par l’entremise de Jimmy Mattsson du groupe Loch Vostok. C’est un certain Teddy Möller, chanteur du même groupe, qui assure le travail vocal avec une voix bien virile. Les guitares sont en mode BTP, ce qui contrastera bien avec un petit son en arrière fond. Un sample étrange et digital, comme si R2D2 s’était mis à faire un chœur, apporte une touche originale. The Dream Of The Whales nous replonge dans une ballade mais cette fois-ci d’orientation gothique. Le travail des voix se montrera remarquable grâce au duo proposé par Linnea et la voix grave de Kevin qui s’épanouit encore mieux dans ce type de titres que sur les plus rock. The Ship And The Poet continue dans le même registre que le titre précédent, presque comme s’il s’agissait du même coupé en deux. Cette fois, nous avons droit en agrément à une flute traversière (et là, je vois déjà mon camarde chroniqueur Pat se ronger les ongles). Au niveau des arrangements, cette ballade est très bien construite mais c’est évident que celui qui souhaiterait se lancer dans un pogo se sentira bien seul. The Black Horizons Of The Monodist a le mérite de regonfler les abdominaux mais paradoxalement, c’est le titre le moins réussi au niveau de l’harmonie des voix. Parlons un peu de la batterie qui est réalisée par différents intervenants mais ici, c’est un duo nommé Mamagari qui assure le rythme. Il s’en sort très bien même si cet instrument est un peu plus en retrait dans le mixage. Retour dans la mélancolie gothique avec The Labyrinth. Ceux qui ne sont pas amateurs de ce style pourraient trouver cela redondant. Vous pouvez voir le clip plus bas pour entrer encore plus dans l’univers mais, à titre personnel, ce sont des ambiances que j’apprécie. Légèrement dans des sonorités ressemblantes à The Gathering ou Theatre Of Tragedy, mais avec une voix bien grave sortie des tombeaux. Nous retrouvons du muscle avec The Testament Of Creamer qui retourne vers des accents plus NWOBHM. L’intro part en douceur avec deux guitares, une acoustique et une électrique. La montée en puissance est progressive mais les voix de Nalle et Kevin, bien graves, permettent au morceau de ne pas trop coller à l’inspiration vierge de fer. Terminons par une nouvelle ballade qui repose sur la même mélodie que The Ship And The Poet, sauf qu’elle est introduite par un air de flamenco et chantée en italien par Fabio Privitera.

Pour conclure cette chronique, je sors enchanté par certains points et un peu moins enthousiaste par d’autres. Les grands points forts sont des voix superbes et des morceaux qui sont très bien construits. Tout le personnel choisi pour la réalisation de ce premier opus de The Experiment est de grande qualité et Paolo sait mettre en valeur leurs principaux atouts. Moi qui suis amateur à la fois du Heavy classique mais aussi des ambiances plus gothiques, naviguer entre tempête et eau calme ne me dérange nullement. Cependant, il faut un esprit musical assez ouvert pour pouvoir apprécier l’ensemble de l’œuvre et c’est là qu’est la limite de cette création. Toutefois, je trouve que l’ensemble aurait mérité un ou deux morceaux plus musclés entre un To The Wise And Understanding River mal placé et un Il Commandante peut-être de trop. The Experment N°.Q n’en est qu’à sa première étape, une deuxième est en préparation. Gageons que Paolo Villarga sera encore mieux mettre en avant les qualités qu’il nous montre ici.

Khaos

Tracklist :

  1. Enter N°Q
  2. To The Wise And Understanding River
  3. Unpainted Leaves
  4. Romantiquesque
  5. The Dream Of The Whales
  6. The Ship And The Poet
  7. The Black Horizons Of The Monodist
  8. Labyrinths
  9. The Testament Of Cremer
  10. Il Commandante

Liens :

Site internet : http://www.numberq.net/

Compte Facebook : https://www.facebook.com/TheExperimentNoQ?fref=ts

Clip de The Labyrinth : https://www.youtube.com/watch?v=qqTqG9Kxfbs#t=16