Europe – Conférence de presse

Posté le : 25 février 2015 par dans la catégorie Interviews
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IMG_0554  Suite à notre pré-écoute du prochain album d’Europe, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir la conférence de presse donnée récemment par le groupe. Joey Tempest (chant) répond aux questions des journalistes avec sincérité et beaucoup, beaucoup, beaucoup de bavardages…

Joey Tempest : Bonjour ! Je suis le chanteur d’Europe (en français dans le texte). C’est tout ce que je sais dire en fait ! Oui, mais des fois les gens disent « ouais » au lieu de « oui ». C’est plus relax que « oui » ! Ok, ma première question est : que faîtes-vous ? (rires). Bref, vous êtes là pour parler musique, je pense ? (rires). Bon, nous venons de terminer la vidéo sur laquelle nous travaillions et vous la verrez dans une semaine, elle est incroyable.

Presse : Les cinq morceaux que nous avons écouté sont très orientés seventies, cela ressemble à un retour aux sources. Quelles ont été les influences ressenties lors de l’écriture de l’album pour obtenir ce son ?

Deux choses. La première, les autres membres du groupe ont collaboré au processus d’écriture avec moi-même. De bonnes idées et de bons riffs ont vu le jour, cela a été le fruit d’une bonne collaboration. Tout le monde a aidé et est allé dans le même sens. Le producteur souhaitait également, tout comme nous, que nous trouvions la bonne vibration et la bonne atmosphère pour travailler. Quelque chose de majestueux, de plus spécial. Je pense que nous y sommes parvenus avec l’aboutissement de cet album, c’est la chose la plus intéressante de mon point de vue. Nous en sommes très fiers. Les membres du groupe ont été l’inspiration. Nous avons répété onze morceaux. Nous sommes entrés en studio, nous avons écrit un morceau avec Dave Cobb qui s’appelle Angels With Broken Heart, je ne pense pas que vous l’ayez entendue, c’est une chanson très émotionnelle. Elle a été écrite la nuit où Jack est décédé et cela se ressent au travers des paroles, c’est très émotionnel (silence). Tout le monde a écrit ensemble, deux semaines où les idées ont fusé à travers le studio en utilisant plus de claviers, plus d’harmonies pour faire un disque vraiment différent, de plus majestueux. C’était l’idée. D’autres questions ? Je parle beaucoup trop (rires).

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Tu as parlé du producteur Dave Cobb, peux-tu nous parler plus de sa production qui semble incroyable ?

Oui ! Il a trouvé le bon feeling avec l’atmosphère du nouveau studio, du nouvel équipement et les claviers. Il a enregistré la batterie et la basse de la bonne manière. Nous l’avions découvert avec Rival Sons, un jeune groupe américain et nous avons été hypnotisés par le son de la batterie. C’est comme cela que tout a commencé. Il a enregistré les parties de batterie dans le même style et c’est incroyable. Le travail qu’il a fait avec Rival Sons est sensationnel et nous nous devions d’appeler ce producteur pour travailler avec nous. Nous avons demandé au mangement de l’appeler mais nous n’en attendions pas grand-chose car sa réponse pouvait être du style : « Je ne connais pas Europe, je n’ai jamais entendu parler d’eux, je m’en fiche » (rires). Mais il a dit : « Je jouais de la batterie sur Europe, quand j’étais gamin et j’aimerais vraiment vous produire ». C’était incroyable ! Maintenant, nous avons un nouveau producteur, une nouvelle aventure et Dave nous a dit qu’il voulait prendre part de près au projet en s’impactant sur la guitare, c’était très différent et il a été tellement créatif qu’il nous a aidé énormément.

Félicitations pour ce nouvel album, tu as prouvé que tu pouvais toujours faire de la bonne musique. Est-ce que vous avez abordé ce nouveau disque comme un challenge ?

Cela a été un tas de choses, en fait. Nous avons enregistré live autour de la batterie, en faisant confiance à notre instinct et nos capacités, et nous avons eu bonne presse pour cet album. Nous voulions franchir un pas de plus par rapport à Bag Of Bones qui était un album de rock aux influences blues taillé pour la route. Pour ce nouvel album, War Of Kings, nous ne voulions pas qu’il sonne encore plus blues mais nous voulions qu’il sonne plus comme un album classique de rock, majestueux, en utilisant plus de claviers. C’est ce que nous souhaitions. Je pense que nous avons pris Bag Of Bones et que nous l’avons amené au niveau supérieur. Je sais que c’est difficile à apprécier car vous ne l’avez probablement entendu qu’une fois mais après plusieurs écoutes, vous verrez que ce nouvel album est vraiment cool. Avez-vous un titre qui vous a marqué sur l’album ?

Il y a un morceau blues qui sonne très bien dessus.

Oui ! Praise You, c’est mon titre préféré sur cet album.

Donc, tu dirais que le nouvel album est le parfait successeur de Bag Of Bones ?

Oui, je pense qu’il l’est vraiment. Nous l’avons vraiment préparé au niveau des mélodies, de la composition des titres en studio. Nous avons laissé le producteur collaborer avec nous dans le processus d’écriture, c’était un vrai travail d’équipe avec Dave Cobb. C’est le niveau au-dessus de Bag Of Bones. Mais l’enregistrement a été le même que sur ce dernier avec deux semaines d’enregistrement live. Praise You est mon morceau préféré, mais j’aime aussi War Of Kings et Hole In My Pocket, titre rapide qui pourra être joué sur scène.

Vous allez ouvrir pour Scorpions, pourquoi ce choix ?

On nous a posé la question et nous avons dit oui immédiatement. Nous avons grandi avec Scorpions et nous avions été les voir jouer à Stockholm, au tout début des années quatre-vingt. Def Leppard avait ouvert pour eux et venait de sortir son premier album, On Through The Night (le 14 mars 1980, ndlr). Scorpions venait de sortir Lovedrive(le 25 février 1979, ndlr), nous étions gamins et nous les trouvions incroyables ! Depuis ce moment, nous les avons toujours suivi et écouté tous leurs albums. Tokyo Tape, leur album live (1978), a été une grande influence pour nous. C’est un honneur de jouer avec eux. C’est aussi une belle opportunité pour nous de rencontrer beaucoup plus de gens en France en jouant dans des endroits plus grands.

Allez-vous jouer The Final Countdown en concert ?

Oui, nous aimons cette chanson. C’est assez incroyable de la jouer live. Nous aimons aussi jouer Rock The Night du même album, ainsi que Superstitious aussi. Mais The Final Countdown marche vraiment bien sur scène. Un titre comme Firebox de l’album Bag Of Bones fonctionne aussi très bien sur scène. Nous aimons aussi jouer Last Look At Eden de l’album éponyme. Pour ce qui est du nouvel album, nous n’avons pas encore décidé quels morceaux nous jouerons sur scène. Nous allons répéter dans quelques semaines pour la tournée anglaise qui va démarrer le 2 mars mais nous devrions jouer quatre ou cinq nouveaux morceaux. De façon certaine, nous jouerons War Of kings et Hole In My Pocket. Il y aura aussi Praise You et Angels With Broken Hearts qui sont toutes les deux des chansons très émotionnelles. Et nous déciderons pour une autre, peut-être Second Day ? Mais il y aura quatre ou cinq morceaux, c’est sûr.

Tu as dis que les nouveaux morceaux avaient une connotation très seventies ou eighties mais ce qui a été entendu sur cinq titres sonne aussi très moderne. Cela vient-il du fait de votre producteur Dave Cobb ou bien du fait que vous ayez tous écrit ensemble ?

C’est un ensemble de choses, mais en studio il n’y pas trop de place pour être nostalgique. Sur scène, je pense que le côté nostalgique est important mais en studio tu dois penser à aller de l’avant, avancer par rapport à ton dernier album, prendre ton instrument et être encore meilleur. Il faut avoir de nouvelles idées. C’est probablement pour cela que l’album sonne aussi moderne. Mais nous portons aussi l’héritage des anciens groupes en nous ! Nous voulons avoir un côté « frais » mais toujours porter la légende avec nous. Ce sont deux choses qui sont présentes. Tu ne peux pas juste recréer le passé, tu dois aussi avancer. Dave Cobb est aussi une part importante avec des idées très novatrices dès lors qu’il s’agit d’effets et de sons. Il a appris beaucoup de son histoire depuis qu’il est jeune et il a appris beaucoup avec de nombreux producteurs. C’est un très bon musicien et un très bon producteur. Il a fait de Rival Sons un groupe qui sonne vraiment à part, il a enregistré le son de la batterie avec trois micros, avec un son très chaud. Le tout sonne très rock classique mais c’est également très frais. C’est vraiment ce qu’il faut faire.

Vous sentez-vous toujours jeunes alors que vous jouez une musique influencée par Black Sabbath, Led Zeppelin ou encore Deep Purple ?

Oui, bien sûr ! La musique que tu écoutes entre l’âge de quinze et vingt-cinq ans te reste gravée pour la vie ! C’est ce que j’ai ressenti, quand tu as écouté ces albums, ces artistes, cela reste au fond de toi et puis tu avances dans la vie, les années passent mais ce que tu as écouté te revient toujours automatiquement et t’accompagne dans ta vie. Nous n’essayons pas de sonner comme ça, c’est juste automatique, c’est tout. Je parle trop, c’est ce que les gars du groupe me disent souvent (rires).

Sur votre nouvel album, il y a un titre bonus nommé Vasastan. Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Vasastan est l’endroit où le studio se trouve à Stockholm, c’est dans le district nord de la ville. Vasa était un ancien roi (Gustave Ier Vasa, roi de Suède entre 1523 et 1560, ndlr) et Stan veut dire ville. Voilà l’origine de ce titre, qui se trouve être un excellent morceau.

Tu connais le groupe suédois H.E.A.T, qui est originaire de la même ville que toi ?

Oui, je les connais, bien sûr. Ils ont grandi au même endroit que nous, du moins pour certains membres du groupe. Nous les avons rencontrés plusieurs fois, c’est un groupe talentueux. Je pense qu’ils ont été inspirés par des groupes comme nous, ils font du très bon travail. Ce sont de bons musiciens qui assurent sur scène.

Est-ce que War Of Kings parle des grands groupes des années quatre-vingt qui sont destinés à faire de la scène pour toujours ?

C’est un point de vue intéressant, si tu penses que c’est peut-être ça, j’aime cette idée ! Donc c’est de cela qu’il s’agit, alors ! (rires). Je suppose que c’est un peu nous contre le monde en fait, nous avons toujours eu ce sentiment au sein du groupe. Toutes les décisions sont prises au sein du groupe, nous n’écoutons pas trop ce qui vient du dehors. Pour revenir aux paroles de War Of Kings, elles ont été inspirées par un livre suédois que l’on peut traduire an français par : Les bateaux du nord. Ce livre parle de l’origine de l’époque viking, comment elle a commencée, avec les guerres de rois autoproclamés ou élus, s’appropriant des terres, des vieilles légendes entre Suédois et Danois ainsi que les batailles les plus importantes. Voilà sur quoi sont basées les paroles de ce titre. Nous avions spécifié que pour la pochette de l’album, nous ne voulions pas d’épées, de feu, pas de choses comme cela qui rappelleraient de nouveau ce passé. Il y a juste une connexion avec ce passé au travers des paroles. La pochette est plus actuelle et c’est une belle pochette. Je ne sais pas si j’ai répondu à ta question, mais je parle toujours trop !

En écoutant les paroles du quatrième titre (Praise You) tu dis à un moment : « Je veux te remercier pour la première fois où je t’ai vu ». De qui parlais-tu exactement ?

C’est une chanson très personnelle, très émotionnelle pour moi. Musicalement incroyable avec un solo de guitare magnifique… C’est très personnel. Les paroles ont attrait à des relations très proches. Nous avons déjà parlé de Angels With Broken Hearts, je crois et tout cela est une histoire de sentiments, pour des choses qui t’entourent ainsi que pour des choses qui arrivent dans le monde. Je ne veux pas expliquer chaque parole, c’est aux gens de les lire et de se faire leur idée aussi. Mais j’aime jouer avec les expressions, c’est du pop’art, mais il y a toujours du jeu dans les paroles.

Cela fait douze ans que vous êtes revenus et tu dis que votre musique possède toujours le groove, mais qu’est-ce qui a changé dans le groupe ?

Le fait que les autres membres du groupe écrivent beaucoup maintenant. Aux débuts de groupe, je voulais écrire beaucoup. Quand j’avais huit ou neuf ans, le père d’un ami m’a donné des cours de guitare et nous avions un piano à la maison, ma sœur était supposée en jouer. Elle avait aussi une guitare que j’ai cassée au passage, j’ai dû lui donner une autre guitare neuve il y a dix ans de cela. Bon, j’arrête de parler de ma famille ! Le processus d’écriture a changé aussi, les autres musiciens sont influents maintenant, les idées fusent entre nous. Tout ça a changé, comme le business de la musique en général. Des médias sociaux comme Facebook ont changé la donne et nous nous en servons. Les concerts sont aussi devenus plus importants mais la vidéo l’est aussi. Nous venons de finir les vidéos de War Of Kings avec la même personne qui avait fait Firebox et Not Supposed To Sing The Blues, et le résultat est incroyable. C’est très important de montrer aux gens votre travail, vos efforts pour faire de bonnes choses et la manière de le faire.

Vous venez donc de finir le travail sur la vidéo de War Of Kings, peux-tu nous en dire plus ?

Nous nous sommes rendus à Göteborg et il y avait une place énorme où nous avons installé quatre podiums. Il y avait des écrans à l’arrière où étaient projetés du feu et d’autres choses. Nous avons joué le morceau peut-être cinq ou dix fois. Nous sommes revenus quelques jours plus tard et le résultat est incroyable, c’est vraiment un grand réalisateur.

À quoi t’attends-tu sur la nouvelle tournée ?

Cela va être une longue tournée qui va démarrer par le Royaume-Uni, le 2 mars prochain pour trois semaines en Europe. Nous allons retourner à Dublin pour la première fois en vingt ans. Nous allons passer aussi par l’Ecosse et l’Angleterre, bien sûr. Il y aura une courte pause pour aller tourner vers l’est, je pense, et ensuite un départ pour une tournée aux Etats-Unis pour la première fois en dix ans. Ce sera une courte tournée. Tout le travail est à faire là-bas. Ce n’est pas comme en Europe où on nous connait et où notre album est attendu. Après cela, nous allons faire les festivals d’été et nous viendrons ensuite en France avec Scorpions et nous ferons également d’autres dates en Europe à l’automne, jusqu’à noël. Nous continuerons l’année prochaine. Nous aimons jouer sur scène !

Ne penses-tu pas qu’au vu de la conjoncture actuelle, The Final Countdown pourrait s’avérer être l’hymne politique ultime ?

(Rires) C’est une question étrange ! Je ne l’aime pas particulièrement, ce morceau a été inspiré par David Bowie et son Space Oddity, le fait de quitter la terre et de voyager dans l’espace. C’est même assez drôle de savoir que titre est choisi pour les mariages. Space Oddity a été une inspiration partielle pour les paroles, le reste venant de moi-même, côté musique, c’était plus une inspiration venant de groupes de rock britannique. J’avais une grande fascination pour l’espace et les voyages depuis que je suis gamin. Mais ça n’a jamais été écrit pour un but sportif ou politique ! Ça ne veut pas dire grand-chose pour nous, en tous cas.

Comment fonctionne le processus d’écriture au sein du groupe et a t’il a évolué avec les années ?

Oui, il a changé. J’écrivais beaucoup plus au début. Et c’est génial d’avoir les autres membres qui collaborent. Nous travaillons beaucoup et c’est un vrai travail d’équipe. C’est fantastique d’avoir autant d’aide et de pouvoir s’aider les uns et les autres. Nous sommes chanceux d’être là les uns pour les autres. Nous fonctionnons aussi comme une entreprise vous savez, on met les droits sur notre musique, nous possédons notre musique et nous veillons à toutes sortes de choses, c’est vraiment comme une entreprise. C’est beaucoup de travail mais c’est aussi plaisant.

Sur le premier morceau du nouvel album War Of Kings, le titre et le chant ressemblent beaucoup celui de Ronnie James Dio, as-tu travaillé cela spécialement ?

Wow ! Merci, mais non. Avant que nous commencions l’album, nous avons parlé entre nous d’albums de Black Sabbath et tu as raison, cela a pu avoir des connections avec Heaven And Hell et Ronnie, je suppose. J’aime beaucoup cet album et nous avons grandi avec. Je me souviens que lorsque cet album est sorti, nous étions hypnotisés et que nous chantions les paroles de Heaven And Hell. Peut-être qu’en studio avec Dave Cobb nous parlions de commencer à chanter haut pour descendre bas, tu vois ce que je veux dire, et Ronnie le faisait aussi parfois. C’est une chose naturelle que de chanter comme cela, alors c’est ce qui s’est retrouvé sur War Of Kings avec des parties hautes et basses ensuite. C’est arrivé comme ça.

Le business de la musique est en plein chaos. Est-il toujours bon d’être musicien dans ces conditions et que penses-tu du téléchargement ? Et de ce que tu en attends pour le nouvel album ?

C’est une bonne chose, si tu prends l’exemple de notre dernier album en date Bag Of Bones ainsi que le nouveau War Of Kings, vous êtes là à pouvoir l’écouter, nous sommes ensemble à échanger, c’est une forme de créativité. Mais le business a changé. Je ne suis pas très emballé par le streaming, je préfèrerais si pendant trois mois après la sortie d’un album il n’y avait pas de streaming. Les gens pourraient alors profiter de leurs albums, de leurs cds et ensuite il pourrait y avoir le streaming. Mais tout change très vite alors nous devons nous adapter. Nous aimons travailler avec les réseaux sociaux. Nous avons un management à San Francisco qui reçoit les milliers de lettres pour le groupe. Nous ne pouvons pas aller là-bas pour lire le courrier alors, tout est posté sur Facebook et tout le monde peut savoir ce que nous faisons, c’est incroyable. Alors, il y a quand même des choses positives dans tout cela. On doit faire avec et s’adapter à tout cela. Beaucoup de groupes ont dit par le passé qu’ils ne feraient plus d’albums et ils en font de nouveau maintenant. Si tu ne sors pas de nouvel album, les gens retournent vers les anciens et tu ne progresses plus. Il ne reste que la nostalgie, du coup. Nous devons toujours avancer, albums et vidéos. On a dit que le Rock était mort, mais il était juste en vacances… Jusqu’au 2 mars ! (rires). Merci beaucoup à tous !

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