Betraying The Martyrs - Phantom coverLa formation voit le jour en 2008, à Paris. Après quelques répétitions et une bonne préparation, ils décident de sortir leur premier EP The Hurt, The Divine, The Light, auto-produit. Est-ce la magie de Stéphane Buriez au mixage ? Ou le seul talent ? C’est un démarrage foudroyant pour eux. 2 000 copies de l’album sont vendues uniquement en France, ce qui n’est pas rien en pleine crise de l’industrie du disque. En 2010, une première tournée européenne en ouverture de nombre de groupes renommés comme Whitechapel ou encore Dark Funeral viendra asseoir encore leur réputation et leur expérience du milieu. En 2011, donc très rapidement à la suite de cela, après avoir rencontré leur nouveau chanteur Aaron Matts sur la tournée, ils composent et sortent leur premier album, distribué par Sumerian Records en Amérique du Nord et Listenable Records ailleurs. Il s’agit de Breathe In Life. Ce disque est très bien accueilli et accompagné de surcroit par une tournée internationale en compagnie de pointures. En 2012, Mironov, batteur de My Autumn également rencontré en tournée, remplace Antoine à la batterie. Après une période finalement assez courte, c’est en juillet 2014 que sortira Phantom, deuxième album du groupe, sujet de la présente chronique.

Genre : Brutal Death, progressif, Metalcore - Sortie : 15 juillet 2014

Genre : Brutal Death, progressif, Metalcore – Sortie : 15 juillet 2014

L’artwork est fort sympathique et ira très bien avec l’ensemble, si l’on considère la qualité sonore également. Le son est tout simplement parfait. Mixage, mastering et enregistrement furent tous faits dans les règles de l’art et il n’y aura aucun réel défaut perceptible. Gageons que l’ensemble sonne sinon comme imaginé, sûrement même au-dessus de l’espérance des musiciens. Chacun est parfaitement audible. Les guitares et le chant ont été légèrement mis en avant, la basse reste bien présente et accompagne comme il se doit une batterie qui a bénéficié d’un traitement qui lui confère une agressivité évidente mais qui ne vrille pas les oreilles, comme cela peut parfois être le cas sur certains enregistrements avec des cymbales trop présentes. Le synthé s’intègre également à merveille, ne prenant pas le pas sur les autres et se faisant même plutôt discret, juste ce qu’il faut pour accompagner l’ensemble et apporter une couleur supplémentaire. L’alternance entre growl bien énervé medium et chant clair, donne bien et se fait assez naturellement, contrairement à ce que l’on pourrait penser.

Parlons maintenant des compositions, c’est là certainement que réside la clefs du succès de Betraying The Martyrs. En effet, la plupart du temps, nous avons droit à du Brutal Death d’une violence claire, nette et tranchée presque de bout en bout. Plus rarement, du synthé est intégré. Ici se rajoutent même des ambiances frisant la Pop ou même la Dance parfois, des passages plus néo, des passages définitivement mélo, des passages black, djent, etc… Pourtant, l’alternance de toutes ces ambiances n’est pas hasardeuse et se fait même d’une façon plutôt heureuse, preuve d’une réflexion préalable s’il en fallait une. Les passages en blast succèdent à des petites lignes de piano, façon BOF d’un film un peu glauque, pour rebondir sur des harmonies électriques, un petit solo, du Black et finalement revenir au riff de démarrage. Toutefois, l’ensemble, s’il a ses accalmies est définitivement violent et explicite. Les ambiances sont parfaitement gérées et permettent à l’auditeur de ne jamais s’ennuyer un seul instant. Il serait d’ailleurs intéressant de s’amuser à décortiquer chaque morceau, en notant chaque changement. Nous aurions alors une longue liste sous la main. Un petit grain de folie doit animer les musiciens du groupe et c’est tant mieux pour nos oreilles. D’ailleurs, notons au passage une reprise tout à fait surprenante d’un titre issue de La Reine Des Neiges de Disney : Let It Go. L’esprit correspond bien à l’original mais juste en plus… brutal. Cette reprise amusante et plutôt réussie sera pourtant un morceau à part. Peut-être un peu trop Disney en fin de compte, malgré les efforts de « brutalisation » effectués. Nous avons droit à deux interludes plus aériens et moins violents, même si des éléments death s’invitent évidemment. Il s’agit de L’Abysse Des Anges et Afterlife. L’album démarre et se termine par les morceaux les plus extrêmes qui sont Jigsaw, sans fioritures, la couleur est annoncée et Closure Found pour finir en beauté et nous rappeler que ce ne sont pas des Britney Spears qui ont créé cet album. Au milieu, rien à regretter. Chacun pourra se faire son avis sur la reprise.

Betraying The Martyrs a démarré en flèche et continue donc bien sur sa lancée sans frémir, et tout en nous donnant l’impression de faire quelque chose de plus posé, reste sur une musique assez spontanée qui délivrera sans aucun doute le maximum de ses capacités sur scène. Aucune crainte à avoir cependant si vous êtes plutôt sédentaires, le disque inséré dans une platine digne de ce nom, avec un wattage à deux chiffres, ou plus si affinités, devrait parfaitement faire l’affaire. Cet album nous semble bien être une réussite de plus à l’actif du groupe et ne peux nous annoncer que du bon pour l’avenir déjà radieux du sextette. Avec un deuxième album aussi bon, Betraying The Martyrs, si vous ne les connaissiez pas déjà, ne seront clairement plus des fantômes pour personne. Ou alors un fantôme effrayant et légendaire. De la catégorie de ceux qui hantent, frappent et peuvent fracasser une maison. Mais pardon. En fait, c’est nous qui avons cassé la maison en sautant partout. Mais ne craignez pas pour autant d’y jeter une oreille ou même d’investir dans un album de qualité, vous ne le regretterez pas.

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Line-Up :

  • Aaron Matts : chant principal
  • Victor Guillet : synthé, piano, chant
  • Lucas D’Angelo : guitare soliste, chant
  • Baptiste Vigier : guitare rythmique
  • Valentin Hauser : basse
  • Mark Mironov : batterie

Tracklist :

  1. Jigsaw
  2. Where The World Ends
  3. Walk Away
  4. Let It Go
  5. L’Abysse Des Anges
  6. Phantom (Fly Away) (avec Gus Farias)
  7. What’s Left Of You
  8. Afterlife
  9. Legends Never Die
  10. Lighthouse
  11. Your Throne
  12. Our Kingdom
  13. Closure Found

Liens :

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Clip de Let It Go sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=HtkGluLhnGU