[Interview] Whyzdom – Vynce et Marie

Posté le : 04 mars 2015 par dans la catégorie Interviews
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SOM : Bonjour à vous ! Vynce, peux-tu nous présenter le groupe ?

Vynce : Whyzdom est un groupe de Metal symphonique, avec bien sûr du Metal mais aussi avec beaucoup d’orchestration symphonique, et nous avons une chanteuse. Je sais que certains n’aiment pas les étiquettes mais nous sommes en plein dedans ! Le groupe existe depuis 2008 et nous avons sorti deux albums. Notre troisième album va sortir en février prochain.

Marie : Nous avons deux guitaristes, un bassiste, un batteur et le chant. D’autres chanteurs et chanteuses interviennent aussi dans les chœurs sur les albums. Nous avons aussi Lionel et Mathieu qui font aussi partie de la famille Whyzdom ainsi que Magali Becart, des créations Vultus qui confectionne tous les costumes de scène et qui fait donc partie intégrante du visuel. Elle fait partie de l’aventure depuis le début.

Vynce : Le projet a véritablement démarré en décembre 2007, en fait. J’avais une hésitation entre 2007 et 2008 !

Ce soir, c’est la release party du troisième album, Symphony For Hopeless God. C’est un titre d’actualité non ?

Vynce : En effet, avec les évènements vécus en France en janvier (ndlr : les attentas de Paris) on imagine quelque peu ce titre en rapport. C’est curieux d’ailleurs car les textes ont été écrits il y a plus d’un an et cela nous a fait bizarre car tous ces meurtres commis au nom de la religion rentrent en résonnance avec ce dont nous parlons dans l’album. C’est-à-dire le rôle de la religion dans le développement de l’humanité et ce que la religion amène les gens à faire au nom d’un dieu, qu’il existe ou pas, là n’est pas le problème. Mais l’album est le témoin des questions que nous nous posons entre l’humanité et la divinité. Le thème central de l’album gravite autour de la religion, sur une période allant de l’inquisition jusqu’à la période moderne et même jusqu’à l’apocalypse.

C’est toi qui écris les textes ?

Vynce : Oui, en effet.

Tu écris la musique aussi ?

Vynce : C’est plus compliqué que cela pour la musique. Les morceaux sont composés par tous les membres du groupe. Des titres ont eu une base posée par Régis, un des guitaristes, par Xavier, le bassiste, par Marc et par moi-même. Marie est intervenue sur plusieurs chansons pour poser ses propres mélodies et j’en ai également écrit. Donc, tu vois que c’est un vrai travail d’équipe ! C’est très varié et chacun intervient pour écrire ses propres parties et proposer des chansons, et je m’occupe au final de l’orchestration de l’ensemble. Ce qui permet de donner de la cohérence à l’ensemble de l’album.

Vous êtes originaire de Paris mais quand on regarde en détail, vous êtes originaires de divers endroits en France, non ?

Vynce : Le groupe a débuté à Paris mais c’est vrai que les membres viennent de différents horizons. Par exemple, Marc est lyonnais et Marie vient de Montluçon.

Marie, racontes-nous ton périple !

Marie : Je suis Montluçonnaise, je travaille à Montluçon comme assistante sociale dans un hôpital, et je viens régulièrement à Paris pour les répétitions. Mais cela occasionne pas mal de déplacements ! Quatre heures de train à l’aller, alors je prends mon mal en patience et j’apprends mes chansons pendant ce temps-là ! Les gens me prennent pour une folle car j’ai les écouteurs vissés sur les oreilles et je remue juste les lèvres en playback, du coup les gens se demandent ce que je fais ! Mais tant pis je m’en fous ! C’est important de réviser car il y a des paroles au mètre carré ! À l’aller, je chante, au retour les quatre heures me servent à dormir aussi ! Surtout après les concerts. Mais comme j’habite à trois pas et demi de la gare, je suis dans mon lit rapidement ! C’est cool.

Vynce : Tu sais tout sur la vie de Marie maintenant ! (rires)

Marie, tu as rejoins le groupe il y a deux ans. Comment es-tu rentré en contact avec Whyzdom ?

Marie : Avec mon ancien groupe Antropia, nous avions eu la chance de faire un festival à Paris organisé par des potes de Vynce. Whyzdom était en tête d’affiche et nous nous sommes rencontrés à ce moment-là. Quelques années après, j’ai quitté Antropia et je prenais des cours de chant à Lyon et Asphodel, chanteuse de Penumbra qui est mon coach vocal a parlé de moi à Vynce et Whyzdom qui cherchaient une chanteuse à ce moment-là. Vynce m’a contactée pour venir faire un essai. J’ai eu quatre morceaux à bosser en quinze jours, et des morceaux pas faciles en plus ! Et puis ça a marché, ça a collé dès les premiers instants de l’audition avec Vynce et le groupe. Je ne pensais pas y arriver puisque je passais du Metal extrême au Metal sympho, je me demandais si j’allais avoir les épaules pour cela. Mais tout s’est bien passé avec le groupe et également sur scène.

Vynce : Entièrement d’accord avec tout ce qu’a dit Marie. Nous avions décidé de n’auditionner que Marie car nous étions quasiment sûrs qu’elle serait retenue. C’était juste une confirmation pour nous et nous sommes ravis que Marie soit là. Ce sont deux belles années de passées et nous sommes très fiers d’avoir fait cet album avec elle et l’on espère que cela continuera encore très longtemps comme ça !

C’est toi qui as fait le mixage sur l’album ?

Vynce : Oui, en effet.

Le son résonne très Metal pour un groupe de Metal symphonique. C’était voulu de se démarquer de cette façon ?

Vynce : Tout à fait, c’était complètement voulu. Nous avions le sentiment que les productions actuelles de Metal symphonique ne mettaient pas assez en avant les guitares et les riffs, voire même au niveau de soli. Nous sommes donc partis dans le choix artistique de faire sonner l’album de façon très Metal mais en même temps très symphonique. Et l’on entend que les guitares ne sont pas positionnées derrière, elles sont vraiment hargneuses mais sans pour autant faire reculer l’orchestre. Il a fallu vraiment soigner le mix et la composition pour que ces deux éléments soient vraiment sur le même plan et que l’un ne pâtisse pas de la présence de l’autre. Cela a été un vrai challenge, j’espère que nous avons réussi. Ce sera les auditeurs qui se feront leur propre idée.

L’album va bientôt sortir, il y a un clip qui est sorti avec Marie. Il y a autre chose de prévu ?

Vynce : Oui, tout à fait. Nous avons sorti en fait ce que l’on appelle un « lyric video », c’est-à-dire une vidéo assez statique où défilent les textes. Parce qu’il était important qu’il y ait un single qui sorte juste avant l’album pour faire connaître au public un « preview » de ce qui va figurer sur l’album. Mais nous avons aussi l’envie de sortir un vidéo clip. Le problème étant que cela prend du temps pour en sortir un de qualité et nous sortons tout juste du mix et de la réalisation de l’album, ce qui fait que nous n’avons pas eu le temps nécessaire de le mettre en boîte. Mais il a été tourné fin décembre, les images sont dans la boîte et il reste le montage à faire et les effets spéciaux à mettre en place. Donc cela va prendre du temps. En accord avec notre maison de disques, nous avons convenu de le sortir fin mars.

Peut-on s’attendre à quelque chose de la même classe que Dancing With Lucifer ?

Vynce : On l’espère ! En tous cas, le projet du clip est assez ambitieux et basé sur le morceau Tears For A Hopeless God. C’est le titre qui se rapproche le plus des évènements de janvier dont nous avons parlé plus tôt, puisque qu’il parle de Dieu pleurant en voyant des crimes commis en son nom. C’est un clip qui nous tient à cœur et j’espère qu’il plaira autant que celui de Dancing With Lucifer. En tous cas, nous y mettons les mêmes moyens.

Après l’album, une tournée à venir ?

Vynce : Oui, déjà ça commence assez fort en 2015 car nous sommes invités sur plusieurs festivals à l’étranger. En Italie, en Angleterre, en République Tchèque et aux Pays-Bas pour l’instant. Des festivals avec des têtes d’affiche assez remarquables comme Epica, Therion, Sirenia et des affiches assez alléchantes. En France, nous commençons par Lyon, ensuite Nice et Limoges. Ce sont les premières dates annoncées pour 2015. La tournée pour le deuxième semestre est en cours d’élaboration et on peut s’attendre à avoir d’autres dates en France. On espère aussi en 2016.

Il y a une chose de marquante quand Whyzdom est sur scène, c’est toute la scénographie avec le groupe. Vous travaillez cela pour chaque album ? Chanson par chanson ?

Marie : La scénographie fait partie des choses qui m’ont plu quand je suis arrivée dans le groupe. Grace au costumes de Magali, les créations qu’elle fait, les corsets et j’en passe, cela crée tout un terrain de jeu à explorer. Les précédentes chanteuses de Whyzdom avaient déjà un jeu de scène où elles interprétaient les chansons en fonction de leur propre ressenti.

Vynce : C’est surtout à l’époque de Telya Melane que c’était très scénographique.

Marie : Lorsque je suis arrivée dans le groupe, on m’a dit que cela existait avant et on m’a demandé si je souhaitais poursuivre dans cette direction. Comme c’était d’accord pour moi, nous avons travaillé le jeu de scène. J’ai également fait des propositions autour des accessoires, autour des cartes à jouer et de la canne notamment. L’idée était d’associer une image à une chanson. Cela permet au public d’avoir une mémoire visuelle, la mémoire auditive n’étant pas celle que nous développons le plus. Ce que l’on voit sur scène permet une autre approche par rapport à ce que l’on entend. Nous travaillons aussi beaucoup nos déplacements en répétition. Les répétitions musicales sont très intuitives, très pros, chacun bosse de son côté et tout se met en place facilement aux répétitions. Cela nous laisse beaucoup plus de temps pour choisir l’interprétation des morceaux sur scène.

Le fait de voir Whyzdom en deuxième ou troisième position sur les affiches, ça évoque quoi pour vous ?

Vynce : Ça nous fait plaisir ! Ça fait plaisir d’être invités dans des festivals internationaux et aussi que parfois nous soyons bien placés sur l’affiche, comme en Angleterre ou aux Pays-Bas. Je le prends comme une récompense du travail effectué et des efforts consentis depuis les débuts du groupe en 2007.

Marie : Cela nous permet aussi d’aller à la rencontre de publics que l’on ne connait pas forcément. Nous sommes un groupe qui est quand même dans l’underground, tout le monde ne nous connait pas. Nous sommes un petit groupe ! Nous sommes comme tous les autres groupes de Metal français, nous bossons à côté pour avoir ce loisir ! Mais nous sommes classés comme un groupe sérieux. Nous ne sommes pas dans le « real underground », nous sommes la classe au-dessus ! (rires). Cela nous sert d’un côté mais nous dessert de l’autre également. De ce fait, nous ne savons pas vraiment si c’est notre place ou si c’est la place que les gens se font de nous !

Vynce : En fait, nous sommes un petit groupe et on rame à mort ! Autant que les autres ! Effectivement, nous avons la chance de décrocher des places sur les affiches mais nous continuons à ramer et c’est toujours très difficile de trouver des dates en France. Donc ça fait plaisir mais ce n’est pas un indicateur qui va nous faire prendre la grosse tête. Si certains se posent encore des questions, nous sommes un groupe amateur ! Je le dis encore une fois. On ne gagne pas d’argent, on ne fait qu’en perdre. Si cela permet de clarifier auprès du public Metal, nous sommes amateurs, nous perdons de l’argent et n’avons aucun espoir d’en gagner un jour ! On est là pour se faire plaisir, pour faire la musique que l’on aime et nous avons de la chance car des gens l’apprécient. À tel point que nous sommes un peu plus haut sur l’affiche et, ça, c’est notre récompense. Jouer dans de bonnes conditions, c’est notre récompense et c’est tout ce que l’on recherche. On n’a pas d’ambitions plus que ça.

Je suppose qu’il y a des groupes dont vous aimeriez faire la première partie ?

Vynce : J’aimerais qu’on fasse la première partie de Nightwish ou d’Epica ! Mais c’est très difficile et ça coûte très cher.

Marie : Mais nous allons pouvoir être sur la même affiche avec les festivals ! C’est l’avantage des festivals, on se retrouve sur les mêmes scènes que ces gros groupes-là !

Vynce : Partir en tournée avec ces groupes, ça se joue au niveau des maisons de disques ou bien ça coûte très cher car il faut payer des cachets aux groupes de tête d’affiche. Et comme je l’ai dit, nous restons un groupe amateur. Et quand les budgets deviennent trop gros, il faut savoir se montrer raisonnable. En plus, il faudrait que ces groupes veuillent bien de nous ! Il y a beaucoup de concurrence pour décrocher les premières parties sur les tournées !

Marie : Comme dans tout, il faut mesurer ce que l’on y gagne et ce que l’on y perd. Les conditions de jeu ne font pas envie parfois quand tu fais la première partie de certains grands groupes. C’est une chose qui doit se réfléchir. Mais en terme de première partie, je me vois bien jouer avec des groupes de potes aussi et avec lesquels on a plaisir à jouer, que ce soit Apparition ou d’autres.

Il y a une dizaine d’années en France, on a pu assister un très gros boum du Metal mélodique avec la création de plusieurs groupes. Aujourd’hui, cela donne l’impression de s’être calmé, y a t’il pour vous à ce jour une grosse scène Metal mélodique française ?

Vynce : Non ! (rires de Marie)

Marie : C’est quoi le Metal mélodique ? Si l’on parle de Metal mélodique avec des chanteuses, quelques-uns ont survécu mais il y a aussi des groupes avec des chanteuses mais qui ne donnent pas dans le Metal mélodique. Il en reste quelques-uns quand même : Dreamslave, Benighted Soul et d’autres.

Pour revenir à votre album, et chacun votre tour, quelle est votre chanson préférée ?

Marie : Question piège ! Donc, la chanson préférée que j’écoute, c’est Eve’s Last Daughter. Pour faire mon jogging c’est génial ! Ceux qui écouteront l’album essaieront !

Vynce : Content que m’aies posé la question car je ne me la suis jamais posée ! Je suis vraiment en train de me demander laquelle et je ne peux pas répondre à cette question ! Les chansons ont toutes un petit truc qui font que je les adore. Très honnêtement, je ne peux pas répondre à cette question.

Y a-t-il des morceaux qui plus été composés pour la scène ?

Marie : Forcément, il y a des riffs taillés pour le live mais ça n’a pas été composé que pour ça. Quand nous avons joué certains trucs, nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à faire côté scénographie. Comme sur Tears Of A Hopeless God qui est une chanson plutôt longue avec des parties calmes. Nous avons des idées qui nous viennent pour la scène, oui.

Vynce : Au niveau de la composition, j’ai pensé à deux morceaux à jouer en live en les écrivant, il s’agit de Let’s Play With Fire et Where Are The Angels. En composant, j’ai vu le public chanter avec nous !

Marie : En répétition, on voit également ce qui pourra être adapté pour le live au niveau scénographie.

Vynce : C’est comme la question d’avant, tu m’obliges à me refaire la tracklist de l’album dans la tête !

Marie : C’est un album où ça n’arrêtes pas, c’est tout le temps à fond alors, potentiellement, tout peut être joué sur scène avec plein d’idées ! Si on avait les moyens, il y aurait des flammes partout et on tomberait du plafond en volant !

Vynce : En résumé, je crois que la totalité de l’album est faite pour être jouée live. Je ne vois pas quelle chanson j’enlèverais pour la scène. Evidemment, le problème est que l’on ne peut pas toutes les jouer ! Et souvent, nous n’avons pas plus de quarante minutes pour nous exprimer alors nous sommes forcés de faire des choix. C’est un crève-cœur car elles sont toutes bien pour le live. Elles sont toutes bien tout court, d’ailleurs ! Cela dit, je fais partie de ceux qui les ont composées, je donne mon avis ! Mais c’est aux auditeurs de se faire le leur.

Un petit mot à passer à vos fans qui n’étaient pas là ce soir ?

Vynce : Nous avons des fans sur toute la France, en Europe et même jusqu’aux Etats-Unis, alors on ne pouvait pas leur demander de venir ce soir pour la release party ! De toute façon, le restau est trop petit ! Mais ça nous a fait plaisir de voir certains de nos amis venus ici ce soir et ça va surtout nous faire plaisir de voir tous ceux qui ne sont pas venus, à nos concerts !

Interview réalisée le 7 février 2015