Whyzdom - Symphony For A Hopeless God coverPour les amateurs de Metal symphonique, Whyzdom n’est pas un inconnu au bataillon. Les Français ont déjà acquis une bonne réputation qui les a conduits sur scène au MFVF (Metal Female Voices Fest) en Belgique (2009) ou encore d’assurer la première partie de Delain ou Tarja. Les précédents albums sortis en 2009 et 2012 ont déjà pu leur permettre d’avancer des qualités, notamment dans les compositions. Par contre, le groupe a certainement pâti de l’instabilité au poste de chanteuse car c’est quatre interprètes différentes qui ont tenu le micro de Whyzdom depuis leurs débuts. En effet, dans le style symphonique encore plus que d’autres courants, il se crée une identification du public avec ses frontwomen. Ce n’est donc pas une question de qualité des dites chanteuses. Depuis 2013 et son intégration dans l’équipe, Marie Rouyer s’est préparée à son entrée dans la grande famille du Metal symphonique par des prestations scéniques déjà remarquées et un single nommé Dancing With Lucifer.

Genre : Metal symphonique - Sortie : 17 février 2015

Genre : Metal symphonique – Sortie : 17 février 2015

Whyzdom nous offre un album à thème. La pochette nous donnera plus d’information à ce propos, la nouvelle cantatrice y est tenue dans la main d’une représentation divine. Semblable à des représentations que l’on trouve chez Michelangelo ou des sculptures grecques symbolisant Zeus, le grand barbu pleure des larmes de sang. À travers des textes profonds, Whyzdom poussera notre interrogation sur les questionnements humains à propos de l’au-delà. Si ce Dieu existait, que penserait-il de ce que les humains font en son nom ? Pourquoi l’homme a-t-il besoin de l’irrationnel pour vivre ? Un thème d’actualité.

Musicalement et d’un point de vue global, nous reconnaissons les bases habituelles du Metal symphonique : voix magnifiquement maîtrisée et majestueuse ainsi que des orchestrations proches des musiques de films. Vynce Leffe, le fondateur et leader du groupe, a toujours montré un sens aigu de la composition mélodique et Symphony For A Hopeless God ne dérogera pas à la règle. Par contre, là où la patte Wyzdom va poser ses coups de griffes acérées, c’est au niveau des instruments plus typiques du Metal. En effet, en rapport avec la plupart des groupes standards du genre, des instruments comme la batterie ou les guitares avec saturation ne sont pas en retrait de la symphonie. Ça cogne fort, ça piétine. Il y a dans la musique de Whyzdom à la fois puissance et volupté. C’est comme lorsque vous assistez à ces spectacles de dauphins dans les parcs d’attractions aquatiques. Vous ressentez toute la force tout en admirant l’esthétique. Le tout est réalisé avec un très bon son, mixé et masterisé au Powermania Studio, à Paris. C’est le label italien Scarlet Records qui promeut désormais nos dignes représentants.

Voyons de plus près quelques extraits de cette symphonie du Dieu désespéré. Tout d’abord, le meilleur titre a bien été placé en premier, While The Witches Burn démarre en trombe. Un petit son de cloche et un roll de caisse claire nous introduit dans les sonorités orchestrales. Non, ce n’est pas un orchestre symphonique, ces sons sont réalisés électroniquement mais la ressemblance est frappante. Puis, d’emblée les chœurs vocaux s’y fondent avant que la guitare accompagnée de la basse rentrent avec leurs gros sabots. Presque death-mélodique que ces riffs bien lourds et pesants. Marie allume la première banderille par une sublime voix claire qui est la première corde de son arc. La technique vocale est très bien maîtrisée, la voix est harmonieuse et puissante bien comme il faut. Ensuite, un beau contraste avec l’ajout d’une voix growl masculine dans les refrains. D’emblée, nous sentons avec ce titre introductif que tout le groupe donne beaucoup d’énergie. Je ferais bien un petit zoom aussi sur Let’s Play With Fire car il est représentatif du jeu de batterie excellemment exécuté par Nicolas Chomeaux. Ce morceau commence de manière thrashy, les guitares sont pesantes et la voix toujours tenue de haut diaphragme façon opéra pour commencer, puis en voix claire façon heavy. Don’t Try To Blind Me nous sort certainement le refrain le plus accrocheur qui n’a rien à envier à Charlotte Wessels (Delain) ou Floor Jansen (Nightwish, Revamp). Ajoutons à cela un excellent solo de guitare. Et puis, deuxième corde à son arc, Marie growle, brièvement mais ça mérite d’être souligné. The Mask débute lentement par un arpège doux, beau contraste avec la lourdeur qui va suivre, sauf le solo. Celui-ci est réalisé en partie à la guitare acoustique, en partie à l’électrique, il a le génie d’apporter une certaine douceur tout en ne faisant pas retomber l’intensité de la composition. Asylum Of Eden nous prouve grâce à son intro que le batteur ne tape pas seulement fort mais sait mettre de la diversité dans son jeu. Ensuite, l’harmonisation des voix est absolument magnifique, ce morceau mêle voix puissante de poitrine d’influence Power Metal et voix growl. Waking Up The Titans se chantera en voix d’opéra. Troisième corde à son arc, il y a une graine de Tarja Turunen aussi chez cette Mlle Rouyer. L’introduction de ce titre rappelle effectivement le Nightwish des débuts, avant que la patte Whyzdom ne revienne nous ramener dans le présent.

Après plus d’une heure de symphonie intense, les amateurs du genre se rendront compte des progrès de Whyzdom et son entrée définitive dans la cour des grands. Nous espérons que la perle qui leur sert de chanteuse ne quitte pas le bateau, ce serait bien dommage. Un album puissant, mélodique, intense mais qui s’apprécie mieux après plusieurs écoutes. En effet, le seul petit point que je me permets de soulever, mais c’est peut-être affaire d’habitude : cet album ne nous laisse pas trop l’occasion de respirer. Du début à la fin, la mélodie qui est par ailleurs superbe, part dans plusieurs directions. Il y a à mon avis un trop plein d’informations. Un ou deux titres un peu plus épurés avec davantage de contrastes calmes comme celui de The Mask, aurait à mon sens été bénéfique. Cela dit, je chipote comme le professeur qui ne souhaite pas mettre un 20/20 à son meilleur élève pour qu’il progresse encore. Le terme de « Philarmonic Metal » que l’on peut trouver dans la présentation succincte du groupe par son label n’est pas usurpé. Vraiment, nous avons là affaire à une œuvre symbiotique issue à la fois d’un chef d’orchestre, d’un compositeur de musique de film et d’un métalleux au sang viking.

Khaos

Tracklist :

  1. While The Witches Burn
  2. Tear Of A Hopeless God
  3. Let’s Play With Fire
  4. Eve’s Last Daughter
  5. Don’t Try To Blind Me
  6. The Mask
  7. Asylum Of Eden
  8. Waking Up The Titans
  9. Theory Of Life
  10. Where Are The Angels
  11. Pandora’s Tears

Liens:

Site Internet : http://www.whyzdom.fr/

Page Facebook : https://www.facebook.com/WHYZDOMproject?ref=ts&fref=ts

Clip de While The Witches Burn : https://www.youtube.com/watch?v=_F5DnRD2a8o

  1. […] Le groupe de Metal symphonique Whyzdom sort son deuxième extrait vidéo, mais premier clip issu de son dernier album Symphony Of A Hopeless God. Vous pouvez trouver la chronique ici. […]