COREDUMP-20150313-001C’est après une longue absence de sept mois que nous avons enfin l’occasion de revoir Coredump sur scène. Ce soir, le groupe originaire de Mâcon fête la sortie de son deuxième album, De l’ombre à nos poussières (chronique à venir prochainement dans nos colonnes) et pour ce faire, il est accompagné de BTK et Eight Sins, deux formations iséroises qui ont le vent en poupe. Peu avant l’ouverture des portes, le fond de scène de Coredump est dressé, deux bras musclés aux poings fermés, le ton est donné. Les spectateurs entrent et BTK s’apprête à ouvrir les hostilités.

BTK

BTK-20150313-001Les lecteurs assidus de notre cher webzine reconnaîtront sans problème cet acronyme de Bind Torture Kill, groupe régulièrement chroniqué par nos soins et qui compte un grand fan dans nos rangs. Les fins connaisseurs pourront également reconnaître là le surnom donné à un tristement célèbre Dennis Rader. Je vous laisse faire vos recherches sur cet homme peu recommandable pour me concentrer sur la prestation des Isérois. Et bon sang, quelle prestation ! On peut ne pas être amateur de Metal extrême (comme c’est le cas de votre serviteur) mais il faut reconnaître que ces trois musiciens sont techniquement très bons. Le niveau est vraiment très élevé. En plus de cela, BTK parvient à donner une couleur à sa musique. Si le noir profond pouvait avoir un son, nul doute que ce serait celui qui sort des enceintes lorsque BTK joue. Une ambiance malsaine et lugubre est alors créée. Les paroles crachées par Olivier suintent l’horreur et le malheur pendant que Yann (guitare) et Benji (batterie) nous aplatissent le cerveau. Impossible de rester indifférent devant une telle prestation. Nous regrettons toutefois le peu de contact avec le public, à moins que cela ne soit un parti pris, les musiciens évoluant dans leur univers si particulier, quelque peu renfermé et sombre. C’est alors aux spectateurs de faire l’effort d’y entrer pour apprécier pleinement la musique du trio. Quoiqu’il en soit, nous avons eu là un concert de haut niveau et il me tarde de voir BTK sur une plus grande scène.

Coredump

COREDUMP-20150313-009Certainement le groupe le plus attendu de la soirée, Coredump revient au Warmaudio près d’un an après son dernier concert entre ces murs. Cette fois, la salle est moins remplie mais tant pis, ça n’empêchera personne de s’amuser. Les Mâconnais entament leur concert par une intro qui va donner le ton : les nouvelles compositions sont plus abouties, plus puissantes que les chansons de Heij Tan Mayrd. Hélas, le son est brouillon : le chant est presque inaudible et la guitare d’Alex se retrouve noyée par la basse bulldozer de Jean-Matt. Le groupe est ravi des retrouvailles avec son public lyonnais, Max (chant) prenant souvent la parole pour nous remercier. Le nouvel album, De l’ombre à nos poussières, est plutôt bien représenté avec les titres Ma conne (une chanson d’amour, dixit Max), La dernière chute, Qu’importe ou encore le très groovy Cajun’s Style, probablement l’hymne de ce nouvel opus tant son refrain parvient à faire danser tout le public. Bien sûr, le premier album figure encore sur la setlist comme le prouve le rageur Le nerf de la guerre, véritable destructeur de cervicales, ainsi que l’explicite Assologie. Ce dernier achevé, Jean-Matt et Guillaume (batterie) descendent de la scène pour revenir avec un plateau rempli de verres de vin blanc qu’ils offrent aux spectateurs. Leur façon de nous remercier pour notre soutien. Une fois les verres distribués, le groupe redémarre avec une surprise, une reprise très convaincante de Purple Haze. Assaisonnée à la sauce Coredump, cette réinterprétation du hit de feu Jimi Hendrix remporte tous les suffrages. Une autre surprise nous attend puisque Max annonce un titre qui montre « ce que Coredump était avant » : Fuckin’ Species. Une autre occasion de bouger son fondement. Quelques pogos apparaissent mais c’est sur le dernier titre que le public va donner de la voix. En effet et comme à son habitude désormais, Coredump nous sert sa version du célèbre Ace Of Spades. Très fidèle à l’originale, cette chanson met un point d’honneur à une concert remarquable, nimbé d’une ambiance très amicale. Même si quelques couacs ont surgis ça et là, il demeure que cette prestation des Mâconnais était excellente, avec un public au taquet pendant tout le long.

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Eight Sins

EIGHT SINS-20150313-001Les Hardcoreux de Eight Sins prennent place devant un parterre de spectateurs quelque peu réduit. Du moins au début du concert car, une fois que les instruments se font entendre, plusieurs spectateurs reviennent mais la salle fait quand même bien vide. Eight Sins envoie le pâté immédiatement. Le son assourdissant nous oblige à nous munir de bouchons d’oreilles. Malgré le niveau élevé de décibels, le son reste clair. Chaque musicien est bien audible. Dans la fosse, les pogos ne tardent pas à être lancés. Un mosher fait son apparition dans les premiers rangs et les autres spectateurs s’écartent de lui afin d’éviter un mauvais coup. Le quatuor se démène sur scène, ça bouge et ça saute, le guitariste Arno lance sa guitare en l’air tandis que Loic fait les cent pas et donne son micro aux spectateurs qui hurlent les chœurs. Plus effacés, Julien et Mike, respectivement bassiste et batteur, assurent une rythmique solide et sans faille. Très professionnel, le groupe se donne à 1000 % et nous livre une prestation de très haute volée. Aucune erreur, aucune hésitation et un contact permanent avec le public. Nous avons là un groupe qui rivalise avec les meilleurs groupes américains de Hardcore. À quand un passage sur la Warzone du Hellfest ?!

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La release party est terminée, chacun rentre chez soi. Les trois groupes auront réalisé un excellent travail et bien que le public ne soit pas vraiment au rendez-vous, il aura fermement soutenu BTK, Coredump et Eight Sins. Nous l’avons déjà dit mais on le répète : le Warmaudio produit toujours de belles affiches. Nous ne pouvons que vous conseiller de vous tenir au courant de ce qui se fait là-bas. En plus, les gérants sont sympas.

Un grand merci aux trois groupes, au public qui a fait le déplacement et au personnel du Warmaudio pour son accueil et sa passion.

Kouni