Nerv – Vergentis In Senium

Posté le : 27 mars 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Nerv - Vergentis In Senium coverNerv a vu le jour sur cette terre en 2005. Bon anniv’ ça fait dix ans. Le groupe est originaire de Paris, Annecy et Chambéry et se compose de Jeremy à la batterie, de David à la basse, de Raph à la guitare et enfin de Krys au chant. Le quatuor vient jeter à la face de ce pauvre monde son Vergentis In Senium. Serez-vous prêts ? Sommes-nous prêts pour cela ? Surmontons nos peurs et osons l’innommable.

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Genre : Post Metal/Post Hardcore – Sortie : février 2015

Genre : Post Metal/Post Hardcore – Sortie : février 2015

Une pochette sobre, un artwork digne d’orner les murs d’un asile de déments. Très reposant. En effet, fini les bambous, l’eau qui coule sur les pierres, le zen et Cie. Ici, c’est l’isolement, le repli sur soi. La peur que vous ressentez jusque dans vos tripes, vous pouvez la sentir, la toucher même puisque vos tripes sont toujours attachées à vous mais elles sont dehors, sur une table. Voilà pour imager le contexte de cet album. Amis metalleux, vous êtes maintenant dans la dimension de Nerv. Il est temps pour vous d’en prendre la mesure. Analyse : il n’est point de salut sans démesure. Tel semble être le crédo du combo. Dès le premier titre Cathares, le ton est donné. Le chant vous mènera lentement mais sûrement à l’agonie. Ce titre affiche un riff intense et les changements de rythme sont constants. La voix éraillée poussée à son maximum achève de vous plonger définitivement dans un univers sans espoir. Tortures, le deuxième morceau, enfonce le clou encore plus loin. Musicalement, les très nombreux changements et breaks opérés pourront en dérouter certains, à n’en pas douter mais aussi en fédérer énormément. La ligne de basse est omniprésente, fil rouge de douleur rendant un parfait pendant à la saturation de la guitare.

La musique de Nerv demande notre plus grande attention et ce serait une erreur pour le profane de se limiter à une seule écoute. Plusieurs seront nécessaires pour apprécier son contenu. Plus c’est long et plus c’est douloureux, ou comment vivre en communauté avec des dingues dans un asile du même nom. Une preuve ? Un petit clin d’œil à Catherine Deshayes dite La Voisin (1640 – 22 février 1680), tueuse en série qui, de mémoire, devait avoir à son triste actif plus d’une bonne centaine de bébés assassinés. Imaginez le nombre de congélateurs qu’il aurait fallu si cette charmante personne avait été contemporaine. Nerv, c’est ça aussi, vous compter de belles histoires pour ne pas vous endormir. Sa musique n’est pas si éloignée de celle d’Anna Sage, même si des disparités existent. Les changements de rythmes incessants sont un vrai facteur de stress auditif, ils poussent même le vice à utiliser un saxophone sur Savonarole, c’est dire. Vous aurez compris que tout est démesure dans cet opus et il sera difficile d’en sortir indemne. L’entreprise de démolition qu’est Nerv remplit parfaitement son rôle de destructeur par le biais de son rejeton. Il cogne sans relâche, Captive image cela à la perfection, véritable ode à la folie la plus profonde, celle qui vous mène droit à la tombe mais vivant, bien sûr. Martyr et Suffer viennent clore la galette et votre tête ressemble à un lendemain de fête. Cet album est une mine antipersonnel, une arme à la limite de l’interdiction par les conventions de Megève. Sacrés Savoyards.

Nerv vous fait du mal là où ça fait du bien, c’est un coup de pied direct aux parties intimes, efficace et sans détours. Alors quand vous les croiserez sur scène, n’oubliez pas votre coquille, au risque de finir à l’hôpital. Et là, nul ne sait ce qui vous arrivera avec ces quatre gars.

Pat

Tracklist :

  1. Cathars
  2. Tortures
  3. Catherine Deshayes
  4. Savonarole
  5. Captive
  6. Martyr
  7. Suffer

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/NervHxc

Bandcamp : http://nervhxc.bandcamp.com/