Coredump - De l'ombre à nos poussières coverPour les lecteurs assidus de Sons of Metal, Coredump ne sera pas un petit nouveau. En effet, les Mâconnais ont déjà connu l’honneur de nos colonnes à travers chroniques, interviews et reports de concerts. Il nous faut ajouter que les gars sont productifs puisque depuis leurs débuts en 2007, ils nous avaient déjà envoyé dans la tronche deux EP, un album complet ainsi qu’un album live. Nous trouvons donc au chant Max, à la guitare Alex, à la basse Jean Matt et aux baguettes Guillaume. Voyons voir ce que les brutaux nous réservent, place au skeud.

Genre : Hardore/Rock'n'roll - Date de sortie : 13 mars 2015

Genre : Hardore/Rock’n’roll – Date de sortie : 13 mars 2015

N’étant pas un spécialiste du style, je vais emprunter un champ lexical métaphorique pour décrire ce disque, ce sera celui de la préhistoire version dinosaures. Toutefois, que les historiens me pardonnent si certaines espèces ne se sont jamais croisées dans la réalité, nous allons dire que nous sommes à Jurassik Park, tout est possible dans une fiction. Pourquoi ce monde ? Parce qu’après quarante minutes d’écoute, ce qui ressort, c’est avant tout de la violence, même si le disque se termine en douceur, nous y reviendront plus loin. Je suppose que ça devait crier fort à l’époque vu la taille des bestiaux, surtout qu’apparemment ils étaient plus proches des oiseaux que des reptiles. Et bien, chez Coredump c’est aussi le cas. Les hurlements, non pas de Léo mais de Max, déchirent les tympans. Fuyez pauvres fous, la furie arrive. Une tempête qui alterne la puissance et la lenteur du T-rex avec la dextérité et l’endurance du vélociraptor. Le changement, c’est souvent mais toujours en nous réveillant. La section rythmique fonctionne à merveille et porte le tout sur une immense colonne vertébrale de brachiosaure. Que j’aimerais bien parfois voir les groupes de sympho/power que j’écoute habituellement prendre au sérieux la guitare basse et ne pas en faire un instrument décoratif. Car si le style Metalcore met en avant un atout fort intéressant, c’est bien de ce côté-là avec une rythmique très prenante. Coredump le montre notamment dans les titres Plat du jour ou le début de Le nectar des honneurs. Et puis ce serait trop lassant tout le temps le même rythme, donc parfois on accélère, on martèle la batterie comme dans Dictat heure, un peu comme si le stégosaure vous mettais un coup de queue à gauche, puis à droite jusqu’à la perte de connaissance. À écouter aussi le titre introductif déjà évoqué qui accélère superbement après quelques minutes.

Devant ce tapis sonore fait de violence, de « sans pitié » et de « pas de quartier », la guitare électrique nous sort des mélodies presque planantes. La plus probante est encore une fois dans Le nectar des honneurs où le vol gracieux du ptérodactyle détourne l’attention du carnage que s’offrent les T-Rex après des heures de jeûne. Mention également à Ma conne, une chanson d’amour. D’amour, oui, car si cette insulte de titre pourrait faire craindre le pire sur le contenu, les paroles sont bien humaines. Cet homme esseulé après une rupture est pris en tenaille entre ses sentiments toujours intacts pour son amour déchu et une certaine violence verbale fixée dans sa déception. Pas de lézards cette fois-ci, nous parlons là de l’humain dans ses plus élémentaires sentiments de peine et de colère. Et puis deux petites perles. Cajun’s Style nous emmènera t’il dans les bayous ? On pourrait le croire aux premières notes d’accent bluesy mais, assez vite, le joli petit tricératops que voilà est une mère prête à protéger sa couvée. Barrez-vous, sous peine de vous faire piétiner. La guitare basse bien lourde vous fera ressentir la force de ses pattes musclées si jamais vous trébuchez. Et puis pour finir, un EPNI (Etre Préhistorique Non Identifié) dans cet album, le titre final The Seven Stages of Griefs qui est complètement instrumental et très calme par rapport au reste. Il y avait bien des papillons ou des libellules à la préhistoire, et bien c’est cela, chers amis, qui nous conclut l’album. Et c’est beau, ça montre une belle versatilité de la part de Coredump qui passe avec réussite du Metalcore au post-rock instrumental.

En conclusion, un album de Coredump fort efficace qui ravira les fans du genre. Les aficionados de Lofofora notamment remarqueront la grande proximité entre les timbres de voix de Max et Reuno (chanteur de Lofo’). Le son et la production d’ensemble est très bien réussie, je donne une mention particulière à la section rythmique et surtout la guitare basse, instrument pas négligé. La guitare aussi n’en reste pas à des accords basiques saturés, elle nous envoie des mélodies bien accrocheuses, en particulier sur le titre final. Un chant un peu plus varié et moins monocorde propulserait même ce groupe vers une dimension encore supérieure. Les Mâconnais montrent cependant là qu’ils possèdent de beaux spécimens, à ne pas trop lâcher dans la nature sous peine de découvrir un carnage.

Khaos

Tracklist :

  1. Le nectar des honneurs
  2. Ma conne
  3. Plat du jour
  4. La dernière chute
  5. Cajun’s style
  6. Dictat heure
  7. Qu’importe
  8. Clown et bourreau
  9. Happiness
  10. The seven stages of griefs

Liens :

Page facebook : https://www.facebook.com/pages/CoredumP/134243949970873?fref=ts

Bandcamp : http://coredump.bandcamp.com/

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