Anthropia – Non-Euclidean Spaces

Posté le : 01 avril 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Anthropia - Non Euclidean Spaces coverAnthropia fut fondé en 2003 par Hugues Lefebvre et ce fut tout d’abord un projet solo. Féru de Metal progressif, celui-ci s’inspire de Dream Theater, Symphony X et surtout Ayreon, dont on peut percevoir la principale influence. Peu à peu, il s’entoure de musiciens et le projet devient un groupe. Hugues, qui chante et joue de la guitare acoustique et électrique, est accompagné pour cette nouvelle création par Damien Rainaud à la batterie, Yann Mouhad aux guitares, Julien Negro à la basse et Nathalie Olmi au chant. Non-Eucidean Spaces est le troisième album du groupe après The Ereyn Chronicles (2006) et The Chain Reaction (2009). Il y a aussi eu un album live acoustique en 2010. Le groupe possède son propre label nommé Arcadia Records.

Genre : Metal progressif - Sortie : 15 mars 2015

Genre : Metal progressif – Sortie : 15 mars 2015

Anthropia va, comme le fait également Arjen Anthony Lucassen à travers le projet Ayreon, nous conter une histoire fantastique qui va servir de fil rouge. L’inspiration choisie se matérialise dans le mythe de Cthulhu, créé par l’auteur Howard Phillips Lovecraft. Il y a visiblement des fans de cet univers que j’avoue ne pas maîtriser. Ils sauront apprécier dans un premier temps l’artwork réalisé par David Demaret, qui s’est déjà fait connaître auprès d’eux puisque ses illustrations sont présentes sur un jeu de carte issu du même univers fantastique. Je ne rentrerai pas dans les détails de l’histoire qui nous est contée là, pour cela faites vos recherches par vous mêmes. Il y a deux invités prestigieux dans cet album. Le premier est « le maître » lui-même en la personne d’Arjen Anthony Lucassen qui tient un rôle de narrateur et l’ancien chanteur d’Angra, Edu Falaschi, qui chante sur le titre The Snake Den.

Pour décrire la musique de Anthropia et ce que vous pouvez découvrir dans ce nouvel album, je vais plutôt m’attacher à une perspective globale. Souvent, pour décrire le Metal progressif, j’utilise la métaphore de la route sinueuse de montagne. Car, si certains styles de Metal s’adressent avant tout aux tripes quand d’autres vont chercher les sentiments ou la puissance, le Prog va exceller en technicité par ses nombreux changements. Un Metal avant tout cérébral. Comme sur cette route sinueuse, cela demande une attention constante pour éviter les dangers. Tout peut se passer : voiture en contre sens, virage serré, éboulis, traversée d’animal ; pas d’occasion de rêvasser. Cette musique n’est donc pas là pour que nous nous laissions porter, il faut être attentif et disponible pour l’écoute uniquement. Pour ma part, pas de vaisselle ou autre activité en même temps qu’une écoute d’une musique inspirée prog. D’ailleurs, je suis aussi un grand amateur d’Ayreon et je retrouve dans la musique d’Anthropia des ambiances et même des sons (programmations aux synthétiseurs, guitares) assez proches. Certes avec moins de moyens que le Néerlandais, Hugues nous montre une réelle connaissance de la musique et une capacité de composition de qualité. Les musiciens autour de lui font tous un bon travail, que ce soit la batterie par ses nombreux virages du lourd au lent, du plomb à la plume. La basse aussi nous offre des passages intéressants et produit un beau son. Les deux voix, si elles nécessitent encore de s’affirmer, se marient bien ensemble et réussissent une prestation plus que correcte.

Par contre, je ne peux pas taire cela et pour être honnête, le grand défaut de cet album réside pour moi dans un côté indigeste. Oui, nous le savons, nous les amateurs de Metal progressif, il y a de nombreux changements de rythmes, de mélodies. Sauf que là, malgré de gros efforts de ma part pour ne pas effectuer un jugement trop rapide, après plusieurs écoutes attentives, j’ai à chaque fois des grandes difficultés à terminer l’écoute. À mon avis, les changements sont trop nombreux. En plus de la route de montagne, je me retrouve au milieu de la forêt, sans carte ni GPS, le tout dans un pays dont je ne parle pas la langue. Le progressif, un peu c’est bien mais là c’est vraiment trop. Je pense sincèrement que le message aurait pu être transmis de manière beaucoup plus simple, directe. Deux ou trois changements d’ambiances et de mélodies par morceau mais pas plus.

Je terminerai ma chronique en nuançant légèrement mon propos précédent, car le but d’une chronique n’est pas de décourager un artiste qui prend du temps et de l’énergie pour son œuvre. Peut-être n’ai-je, malgré plusieurs écoutes, pas compris ce qu’Anthropia voulait transmettre. Il existe certainement des amateurs qui auront le sens de l’orientation dans ce labyrinthe musical. Ce n’est pas mon cas. En témoigne les contributeurs du financement participatif qui fut bouclé assez rapidement. Je retiens tout de même une grande qualité musicale d’un point de vue technique, bien supérieure à de nombreuses formations. En résumé : fort mais pas facilement accessible.

Khaos

Tracklist :

  1. Strange Aeons
  2. The Melancholy of R.C.
  3. Silver Twilight Lodge
  4. The Part Of Them In Me
  5. Unknown Kadath
  6. Seeds Of Decay
  7. When The Stars Come Right
  8. Crawling Chaos
  9. The Snake Den
  10. Lost In Time And Space
  11. Fuoco
  12. Credits

Liens :

Site internet : http://www.anthropia.org/

Facebook : https://www.facebook.com/anthropiametal