Nasty – Shokka

Posté le : 02 avril 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Nasty - Shokka coverNasty est originaire de Belgique et d’Allemagne et a posé sa tanière du côté de La Calamine, chez nos voisins belges. Le groupe évolue sous la forme d’un quatuor et est déjà l’auteur d’un premier coup de pied dans la tête qui fait mal et appelé poétiquement Love, sorti en 2013. Les énervés que sont Matthi au chant, Paddy à la guitare, Nash à la batterie et Berri à la basse viennent nous délivrer leur deuxième album intitulé Shokka. Si vous aimez le calme et la vie tranquille, ne lisez pas ce qui va suivre.

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Genre : Hardcore – Sortie : 25 février 2015

Genre : Hardcore – Sortie : 25 février 2015

Une pochette dans l’esprit de Never Mind The Bollocks des Sex Pistols, voilà une belle référence quant à la mentalité affichée. La comparaison s’arrête là car le contenu musical n’a rien en commun avec le Punk des années passées. Voici donc ce deuxième album qui nous tombe dessus. Une forme de Hardcore beatdown sans concession, des titres taillés pour déclencher émeutes et totale inhumanité dans les fosses. Ces musiciens sont des pourvoyeurs de génocides ayant un seul et unique but : annihiler toute forme de vie dans leurs concerts. Soyez prêts quand vous irez les voir jouer sur scène. L’entraînement physique sera de mise, mourrez ou restez près du bar. Penchons-nous plus en avant sur les titres présents sur cette mine anti-personnel. Shokka ouvre le bal par une balle. Le coup est franc, direct et fatal. Riff, voix, chœurs, tout y est. Le descriptif de l’album n’est pas aisé, c’est comme tenter de disséquer des tripes mises à l’état de puzzle par une grenade. Le son de l’album est particulièrement saturé, cela se ressent énormément sur le son de la guitare et de l’ensemble basse/batterie. Volontaire ou involontaire, le résultat peut plaire ou déplaire. L’ensemble de l’album reste dans la veine des deux premiers titres entendus. Phoenix sonne beaucoup plus Metal dans son exécution guitaristique. Il reste cette voix certes propre, mais le chant et les chœurs restent très (trop) proches du phrasé rap. Génial pour les uns, pénible et abusif pour les autres. Les compos oscillent entre raison et oubli total de soi, à savoir une musique allant des tempos medium jusqu’aux plus extrêmes. On ressent de la diversité et l’envie de bien faire est là. Lying When They Love Us est un titre parfait qui mettra tout le monde d’accord. The Heat est tout aussi efficace qu’un lance-flammes sur un barbecue, titre court mais on appelle au secours.

Au risque que votre serviteur du jour s’attire les foudres des fans du groupe, force est de reconnaître qu’au-delà de l’indéniable puissance de ces morceaux, l’ensemble sonne répétitif. Alors est-ce un défaut ? Tout dépend sous quel angle l’on regarde cette galette. Les puristes crieront au génie et ils n’auront sûrement pas tort, mais d’autres ne partageront peut-être pas ce point de vue car manquant de singularité. Interlude apparaît presque comme incongru dans cet ensemble, sorte d’ovni n’ayant que peu sa place dans cette démesure. Néanmoins, cette petite compo est très réussie mélodiquement. Irréversible reprend le mors aux dents et s’avère quant à lui être un titre les plus agressifs et aussi probablement le titre le plus abouti de cet album. Fire termine de flinguer ce qui reste de vivant après le passage du groupe. Natsy est un Attila moderne, sa monture possède la puissance de mille chevaux, rien bien sûr ne repoussera derrière lui. Outro qui vient clore les débats est simplement superbe, un vrai titre transpirant le Metal où le groupe parvient à faire jaillir un frisson en délaissant son pur côté Hardcore. La qualité réside dans ce groupe c’est indéniable, un ou deux morceaux de plus du même acabit aurait fait passer l’album de ravageur à génialement ravageur.

Ce deuxième opus de Nasty est donc incendiaire, on ne s’attendait pas à moins, mais ce genre fait poindre aussi ses limites de part une musique bien trop répétitive. Mais Nasty sait parfaitement jouer cette musique, là est le dilemme. Alors restons au premier degré et sachons apprécier la démence et la brutalité musicale délivrée. Nasty n’en a pas fini et son chemin, il poursuit.

Pat

Tracklist :

  1. Shokka
  2. No
  3. Phoenix
  4. Lying When They Love Us
  5. The Heat
  6. Real Talk
  7. Skit
  8. Fantasia
  9. Rebel With A Cause
  10. Skit
  11. Politessenhaas
  12. Interlude
  13. Irréversible
  14. Fire
  15. Outro

Liens :

Page Facebook : www.facebook.com/Getnasty

Bandcamp : https://bdhw.bandcamp.com/album/shokka