Ghusa – 25 Years Of Death Metal

Posté le : 06 avril 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Ghusa - 25 Years Of Death Metal coverGhusa est un ancien/nouveau projet de « Chuck » l’ex chanteur No Return. Apparu au début des années quatre-vingt dix, le groupe français pratique un Death Metal typé suédois et nous revient sous la forme de deux Cds contenant une mine de bonnes choses. Le groupe s’est toujours entouré d’une certaine forme de secret et de discrétion, mais il sort du bois avec ce génial coffret qui sort chez Great Dane Records.

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Genre : Death Metal  – Sortie : 15 mars 2015

Genre : Death Metal – Sortie : 15 mars 2015

Le premier Cd intitulé Come Sweet Death affiche cinq titres dont trois reprises. Le deuxième Cd, Letter To My Son, est le reprise de l’album du même nom sorti en 2006 mais amputé de deux titres : I Am Not The Only One et I Want To Give. Mais il contient en plus trois des quatre titres de la démo sortie en 2002 autoproduite et intitulée The 4th Nail. Notons aussi la présence de la promo tape sortie en 1994. Il est temps maintenant de visiter ou de revisiter tout ça. Vingt-cinq ans, ça n’est pas rien. Ce premier Cd ne contient que cinq titres mais c’est équivalent à un rasoir à cinq lames. Blessed Me s’impose comme une des pièces maîtresses de ce premier volume, ce titre d’Entombed résonne de la plus belle des manières. Le chant parfaitement exécuté y est pour beaucoup. Genocide s’impose avec autant de souffrance et de violence pour le profane et paisible auditeur, passé une intro assez stressante et retenue, l’agile lourdeur du riff peut scalper n’importe qui s’y risquerait de trop près. Un excellent titre. Ce premier uppercut sonore se clôt par Soulless, une reprise de Grave cette fois-ci. Un morceau sous forme de bombe pour finir en trombe, aller simple pour la tombe. Ce premier skeud est assez court mais c’est un nouveau pavé apposé au temple de la douleur. Pas le temps de reprendre son souffle, le deuxième volume attaque par The Nail, au son terriblement brutal. On monte en gamme dans la puissance, ce titre est une poudrière à ciel ouvert, le danger est permanent et ce morceau fait preuve d’une rare solidité. Cet album sorti en 2006 était une tuerie de masse, et quelques neuf années plus tard, il n’a pas pris une ride, c’est toujours le même coup derrière la tête. Le growl règne ici en maître et les riffs sont tous aussi tranchants qu’une lame de boucher.

Inutile de fuir ou de se cacher, la lutte est vaine et Ghusa sans pitié. Violation Domaine, reprise de Benediction, se montre l’égal de l’original et sied parfaitement à l’ensemble. Un titre pour faire tomber les têtes dans les fosses, il n’y aura qu’à recouvrir le tout et le tour sera joué. Il y a aussi Nechema, une pure douleur, parfaite et précise. Les changements de rythmes sont légions, ode à la destruction. Une image ? Avez-vous déjà essayé de mordre dans un parpaing à pleines dents ? Essayez et vous aurez alors une idée du rendu de ce titre et si vous trouvez ça bon, et bien reprenez-en un morceau, c’est cadeau. Ponctual Choice ou l’intro dantesque accompagnée d’un chant d’une grande profondeur et d’une grande noirceur, le tout dans la langue de Molière s’il vous plait, et ça nous plait. The Wind continue le travail de sape sous une forme quelque peu différente mais tout aussi efficace, l’aptitude de ce groupe à trouver des riffs destructeurs est presque sans pareil, l’auditeur sera aussi surpris par le chant entendu à la moitié du titre mais il s’inscrit pleinement dans l’ensemble. Le solo de guitare qui suit est aussi d’une grande beauté, oui, l’on parle ici de beauté dans ce royaume de brutalité. Silence résonne comme une suffocation sans fin, où chaque inspiration vous entraîne un peu plus loin dans le néant. Superbe. RU486 est un titre issu de l’EP de 2002 et déjà à l’époque la compromission n’était pas de mise. La rage se vomit sur ce morceau, pas de calcul, tout à fond, ce titre est le débarquement allié à lui tout seul, la puissance de feu de cent croiseurs. The Warrior, lui aussi de l’EP de 2002, porte bien son nom. Un guerrier sans pitié où les guitares sont autant de lames magnées avec la plus grande des dextérités. L’œuvre s’achève par la démo de 1994, des claviers, une intro toute en arpèges où la guitare s’exprime parfaitement. Un témoignage d’un passé pas si lointain que cela. Bien sûr, le son s’en ressent, le côté garage est là, livré brut. Plus de vingt et un ans que cela a été écrit mais c’est comme si c’était hier. La lumière revient de nouveau après dix-huit minutes et trente secondes. Amen.

Un coffret génial et brutal de la part de Ghusa. Un double Cd aussi raffiné qu’un cochon pataugeant dans sa marre, et c’est bien cela qui est bon. Ce petit joyau discographique devra faire absolument partie de la collection de tout amateur du genre, il n’est pas facile de tenir vingt-cinq ans, puisse Ghusa encore nous en offrir autant.

Pat

Tracklist :

CD1 : Come Sweet Death

  1. Casket Garden (reprise Dismember)
  2. No Good For Living
  3. Blessed Me (reprise Entombed)
  4. Genocide
  5. Soulles (reprise Grave)

CD2 : Letter To My Son

  1. The Nail
  2. Letter To My Son(s)
  3. Violation Domaine (reprise Benediction)
  4. Nechema (The Jon’s Song)
  5. Ponctual Choice
  6. The Colour
  7. The Wind
  8. Silence
  9. RU486 (EP 2002)
  10. The Warrior (EP 2002)
  11. Promo Tape 1994

Liens :

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