The Gentle Storm - The Diary coverThe Gentle Storm va nous entrainer dans une fiction tirée d’un contexte historique, celle de la Hollande au 17ème siècle, période décrite comme un âge d’or. Dans un agenda se trouve la correspondance d’un couple dont le jeune homme est parti pour plusieurs mois en mer, dans la prestigieuse compagnie néerlandaise des indes orientales. Cette tragédie qui a été écrite avec l’aide d’un historien afin de coller au contexte réel de l’époque, servira de toile de fond. Elle est illustrée par un magnifique travail pour la réalisation de la pochette. C’est l’artiste française Alexandra Bach qui en est l’auteure et je vous laisse en bas d’article un lien vers son site internet, car ce talent pourrait être utile aux nombreux musiciens qui lisent ces lignes.

Genre : Rock/Metal Symphonique/Progressif - Sortie : 23 mars 2015

Genre : Rock/Metal Symphonique/Progressif – Sortie : 23 mars 2015

Les deux principaux acteurs de ce projet sont Anneke Van Giersbergen et Arjen Anthony Lucassen. La première multiplie les pistes depuis son départ de The Gathering il y a maintenant presque dix ans. Carrière solo, projets avec Devin Townsend, The Sirens, Lorrainville, voila une artiste qui montre différentes facettes et une recherche permanente du neuf. Sa voix si particulière possède un potentiel de séduction énorme, surtout chez l’auteur de ces lignes qui a tendance à subir l’effet ressenti par le cobra sous l’emprise du charmeur de serpent. Le deuxième est un maître dans son domaine : le Metal progressif et la composition de symphonies complexes. Ayreon est son principal projet mais il avait aussi lancé le groupe de Metal symphonique Stream Of Passion il y a quelques années. Ce dernier lien est important car plusieurs membres de ce groupe vont être sollicités pour la réalisation de The Gentle Strom ou pour la tournée européenne qui va suivre. Il s’est aussi entouré de collaborateurs réguliers de ses projets précédents. L’album est composé de deux CDs distincts, qui comprennent les mêmes titres avec des arrangements différents. Le premier nommée The Gentle est entièrement acoustique, le deuxième The Storm a des accents plus Metal même si cela restera léger pour certains. Nous allons donc concentrer cette chronique sur le deuxième disque mais nous dirons tout de même quelques mots sur le premier, sans lequel l’œuvre ne serait pas complète.L’écoute va nous emporter dans cette correspondance entre Susanne et Joseph à l’aide des instruments habituels du Metal mais aussi l’apport d’instruments à vent et des violons, violoncelles et autres instruments à cordes originaux. Très peu de samples créés numériquement et une véritable symphonie, une plongée dans un contexte et une époque.

The Endless See nous fait de suite embarquer sur le navire grâce à une remarquable introduction emmenée par les cordes frottées et les chœurs. La voix d’Anneke se fait d’emblée séduisante, la place lui est laissée pour que l’aventure soit racontée. Tout son potentiel vocal sera utilisé pendant cette écoute avec des montées dans les aigus comme elle en avait déjà habitué les fans de The Gathering. The Heart Of Amsterdam débute par des violons énergiques et un refrain comme toujours très accrocheur. Par contre, ce morceau souffre d’un solo à mon avis trop long et qui aurait pu être mieux inséré dans le reste du morceau. The Greatest Love est le titre le plus épique et mon gros coup de cœur de cet album. Il débute de suite dans l’intensité, la batterie de Ed Warby fournit un remarquable travail de mise en relief par un jeu tout en finesse. Le refrain va chercher loin les émotions et donne des frissons. Shores Of India nous plonge comme son nom l’indique dans les sonorités indiennes, le tout soutenu par une excellente section rythmique dont fait partie le bassiste Johan Van Stratum de Stream Of Passion. Le solo est réalisé par Arjen lui-même et est cette fois-ci beaucoup plus direct et dans le thème que celui de The Heart Of Amsterdam. Cape Of Storms fait toujours dans l’épique et nous offre une mélodie qui invite au voyage. Les habitués de la série Game Of Thrones remarqueront le clin d’œil voulu par Arjen, car la mélodie lui emprunte quelques notes. The Moment est la ballade de l’album, le chant est plus doux et moins conquérant, plus intimiste. La fin se termine par une partie instrumentale avec une flute et un instrument que j’ai du mal à définir, la sonorité ressemble au clavecin, puis la guitare électrique. The Storm nous fait entrer véritablement dans la tempête, c’est le titre le plus énergique de l’album. La mélodie n’est cette fois pas exécutée par une flute ou un violon mais par un riff à la guitare électrique fort aguicheur. Le travail des chœurs et de la « epic rock choir » est ici à souligner pour apporter toute la puissance dans les refrains et les réponses avec le phrasé de la soliste. Nous avons aussi droit à quelques paroles en néerlandais. Eyes Of Michiel est envoyé grâce à une guitare électrique aux notes intenses qui succède à un violon léger. Un chant qui mérite de se laisser porter par les paroles et le timbre cristallin d’Anneke qui passe des notes graves aux aigues comme un caméléon change de couleur. Brighest Light retourne vers un air plus punchy mais on sent une musique qui, même si elle garde son côté épique, prend une allure plus tragique pour coller à l’histoire réelle. New Horizons intègre la difficulté de devoir laisser la place aux paroles pour terminer l’histoire. Elle arrive tout de même à nous laisser dans le bain grâce aux formules déjà gagnantes sur les morceaux précédents. Le titre final reprend le tout début de l’album et une strophe de The Moment afin de boucler l’aventure comme un générique de fin.

Si je termine ma chronique à ce stade, je ressors enchanté par cette nouvelle création qui montre le meilleur d’Anneke et d’Arjen. Le chef d’orchestre aura simplifié son jeu en ne restant pas dans du pur progressif, tout en gardant intacte ses qualités de composition. Cependant, je ne peux pas taire la première version acoustique qui, si elle garde toute la finesse et même d’avantage de raffinement, perd en puissance et intensité. La voix d’Anneke n’est pas autant portée, ce qui entraine pour ma part une légère perte d’attention lors de l’écoute.

Pour conclure, avec The Storm, vous entrez dans un restaurant à l’accueil irréprochable et très bien soigné. Le personnel est souriant et chaleureux, il vous sert des plats succulents faits de légumes naturels cultivés en biodynamie, le tout avec une sauce onctueuse et une viande bien cuite. N’oublions pas le vin tiré des meilleurs tonneaux. Pour la partie The Gentle, c’est le même plat mais avec une autre sauce qui n’a pas la même saveur. Arjen Lucassen s’en sort toutefois très bien dans l’ensemble et la seule chose qui pourrait lui être reprochée, c’est d’avoir visé un objectif trop ambitieux. En effet, il n’est pas aisé de composer en tenant compte de l’adaptabilité des titres en version acoustique et électrique. Projet qui rate donc de peu la perfection, mais qui offre une nouvelle corde à l’arc d’Anneke Van Giersbergen dont le carquois se remplit d’une nouvelle flèche. L’amazone n’a plus qu’à l’envoyer tel un cupidon pour qu’elle traverse les cœurs des plus rudes métalleux habitués à la fournaise des volcans. À voir au Divan du Monde le 22 avril, votre serviteur du jour ne ratera pas ce rendez-vous.

Khaos

Tracklist : Cd1 : version The Gentle / Cd2 : version The Storm

  1. Endless Sea
  2. Heart Of Amsterdam
  3. The Greatest Love
  4. Shores Of India
  5. Cape Of Storms
  6. The Moment
  7. The Storm
  8. Eyes Of Michiel
  9. Brighest Light
  10. New Horizons
  11. Epilogue : The Final Entry

Liens :

Page facebook : https://www.facebook.com/TheGentleStorm?fref=ts

Site de Alexandra Bach (Artiste illustratrice) : http://alexandravbach.fr/

Clip de Endless Sea : https://www.youtube.com/watch?v=iPE3j6Gg_r4

Clip de The heart Of Amsterdam : https://www.youtube.com/watch?v=2q2Wx5H6wkg&list=PLTx3PhfqR2g35obsnxHozAZ5ON0dsqpdj

Clip de Shores Of India : https://www.youtube.com/watch?v=nY0Y1AwOyw0