The Last Embrace – The Winding Path

Posté le : 08 avril 2015 par dans la catégorie Chroniques
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The Last Embrace - The Winding Path coverDames et damoiseaux, laissez devant l’entrée vos haches de guerre, vos épées à deux mains et autres masses d’armes. Aujourd’hui, cette chronique va nous plonger dans l’univers de The Last Embrace qui est doux et chaleureux. La pochette aux couleurs chaudes et qui aime la vie vous donnera une bonne indication. Si vous voulez du sang, passez votre chemin. L’établissement accepte tout voyageur mais il faudra qu’il puisse se tenir convenablement. Les Parisiens commencent à avoir bonne réputation et s’il est vrai que leur musique ne fera pas sortir les zombies des tombeaux, elle montrera d’autres qualités capables d’amadouer même les esprits les plus rebelles.

Genre : Rock atmosphérique/progressif - Sortie : 23 mars 2015

Genre : Rock atmosphérique/progressif – Sortie : 23 mars 2015

Le groupe a connu quelques bouleversement de personnel depuis ses débuts il y a maintenant quinze ans. Le leader toujours présent est le guitariste, compositeur et manager Olivier. Il est accompagné de la douce voix de Sandy, des mélodies planantes aux claviers et piano de Pierre-Henri. À la section rythmique, nous retrouvons les fines lames que sont Anthony à la basse et Chris à la batterie. Dans le passé, nous avions déjà droit à un premier EP suivi de trois albums dont un entièrement acoustique. The Winding Path nous replongera dans un rock progressif et atmosphérique proche de certaines productions des groupes Anathema ou Antimatter.

Place à la musique, entrons dans la danse et dans la transe. Six titres, le groupe nous offrirait-il un EP ? Non, l’aspect progressif fait que cet album comprend plusieurs titres assez longs dont la pièce majeure est The Field Of Minds qui dure plus de dix huit minutes. Nous partons donc pour presque une heure d’écoute. L’intégralité des titres commence en douceur, souvent par un arpège léger ou des sons plus surprenants les uns que les autres produits par des instruments traditionnels : violons, violoncelles, hautbois, clarinette. De quoi faire pâlir plusieurs fois Pat. Il y a ensuite un effet montagne russe permanent qui fait passer l’auteur par différents états et sonorités, allant de l’intense et énergique au calme et planant. Ce groupe nous réapprend que les silences et soupirs font aussi partie du solfège. Cependant, comme il y a des bons et des mauvais chasseurs, il y a du bon et du mauvais progressif. TLE fait assurément partie de la première catégorie. À part pour ceux que le genre fera fuir d’emblée, les autres pourraient être séduits par le côté chaleureux qui se dégage de la musique. Contrairement à une autre chronique réalisée récemment, je ne me suis pas perdu en chemin pendant l’écoute. La surprise qui se tapit derrière chaque passage maintient l’attention et surtout, Sandy envoie beaucoup d’émotions avec sa voix. Ce n’est pas une voix qui collerait aux groupes de Metal à chanteuse habituels, couverte qu’elle serait pas les cogneurs qui l’entoureraient. Dans la musique de TLE, elle s’épanouît pleinement car ce qui compte avant tout, c’est la recherche du son juste et de l’équilibre. Nous pouvons ressentir cette tendance à chercher la sonorité qui va surprendre dans les arrangements et les rythmes très changeants qui comprennent de nombreux contre temps. Les soli également sont à souligner car s’ils n’ont rien à rougir d’un point de vue technique, ils ne s’enferment pas dedans en visant l’essentiel : produire du beau.

Voyons par exemple le titre introductif On My Own, dont la guitare débute par quelques notes envoyées comme des gouttelettes annonçant la pluie. Petit air étrange soutenu par les claviers et instruments traditionnels qui poussent l’auditeur à se demander dans quel monde il entre. Puis, l’ensemble batterie/basse entre à son tour pour soutenir la voix chaleureuse de la vocaliste. Vers cinq minutes, le morceau prend une nouvelle dimension avec une guitare électrique qui remplit plus l’espace sonore alors que la batterie multiplie les roulements et frappe un peu plus énergiquement. Le chant aussi se fait plus rythmé avant de retrouver les petites notes du début. Il y a une continuité avec le deuxième titre Nescience dont l’introduction me rappelle un peu les sonorités de Vangelis. La basse se fait bien ronde pendant les strophes posées comme des tapis de plumes. Les refrains contrastent bien car ils sont plus énergiques avec un riff de guitare en arrière fond qui lui donne une belle couleur. Plusieurs passages instrumentaux qui montrent une belle maîtrise et un jeu dans la composition entre le guitariste et le claviériste. Je résumerai The Field Of Minds en disant qu’en dix-huit minutes, l’impression est laissée d’avoir écouté cinq ou six morceaux différents. Une pièce comme on en entend chez les auteurs de musique classique. The Fear Of Loss est un duo entre la voix de Sandy qui excelle dans l’expression, soutenue par une guitare acoustique à l’arpège énergique. Let The Eight Take Us est un titre instrumental. Inutile de rentrer dans les détails descriptifs, fermez les yeux et laissez vous porter, vous pouvez vous imaginer sur un parapente en observation d’un magnifique paysage. White Bird fait entrer progressivement les instruments tout en montrant encore les grandes qualités de composition du combo. Ce titre est cependant un peu moins accrocheur que les autres sans toutefois que cela ne choque.

Pour conclure, The Last Embrace vous fera découvrir des musiciens et une vocaliste talentueux. Il y a un aspect rock progressif évident, mais qui est aussi agrémenté par les influences du rock atmosphérique qu’on peut trouver chez Anathema ou The Gathering. D’ailleurs, en matière de qualité de composition, pour trouver des belles mélodies et faire passer l’auditeur du feu à l’eau claire, les franciliens n’ont rien à envier aux frères Cavanagh (Anathema). Cela tient aussi en grande partie grâce au talent vocal de Sandy. En bref, c’est du prog’ mais pas du prog’ « emmerdant », il se dégage de leur musique une chaleur et une finesse qui pourrait séduire en dehors des aficionados des musiques progressives.

Khaos

Tracklist :

  1. On My Own
  2. Nescience
  3. The Field Of Minds
  4. The Fear Of Loss
  5. Let The Eight Take Us
  6. White Bird

Liens :

Site internet : http://www.thelastembrace.fr/

Page Facebook : https://www.facebook.com/thelastembraceband?fref=ts

Soundcloud : https://soundcloud.com/thelastembrace