SICK OF IT ALL-20150409-002La salle du Transbordeur sera ce soir le théâtre d’une soirée qui s’annonce énorme. Sounds Like Hell Productions ont monté une affiche des plus réjouissantes. Jugez par vous-mêmes : les New-Yorkais de Sick Of It All sont là, soutenus par Tagada Jones, Dagoba, Black Bomb A et Aqme. Oui, c’est du lourd. De gros moyens sont déployés puisque ce n’est pas moins de quatre caméras numériques dont une installée sur une louma qui vont filmer la soirée. On m’annonce le chiffre de 1 200 spectateurs. Bref, ça promet d’envoyer du bois. On y va !

Aqme

AQME-20150409-003Les Parisiens de Aqme ont la lourde tâche d’entamer la soirée. Il est 18h30 et la salle est loin d’être remplie. Il est encore tôt, beaucoup ne sont pas encore sortis du travail et il faut compter avec les embouteillages sur le périphérique. Quoiqu’il en soit, Aqme s’accommode de cet état de fait et fait un travail remarquable. Le son est très puissant mais clair, les musiciens sont en grande forme. Vincent (chant) s’attire les faveurs du public avec son bagout. Sa performance vocale est impeccable de justesse. Quelques walls of death auront lieu et vers la fin du concert, le chanteur demande au public de s’asseoir pour ensuite sauter le plus haut possible à la reprise. L’assistance s’exécute dans un superbe effet de lumière qui donne un aspect surréaliste à cette scène. Aqme réalise une prestation très solide et professionnelle. L’ambiance est bien là, le public bien chauffé pour la suite. Celle-ci s’appelle Black Bomba A et arrive dans quelques minutes.

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Black Bomb A

BLACK BOMB A-20150409-005Après un très rapide changement de plateau, le quintet parisien Black Bomb A monte sur les planches. Déjà, une clameur s’élève de la fosse désormais bien remplie. Les membres du groupe sont tous au taquet dès l’entame du concert. Très vite, des pogos apparaissent. Une nouvelle fois, un braveheart est organisé (il y en aura près d’une dizaine durant toute la soirée) sous les regards amusés de Arno et Poun, les deux vocalistes. Le groupe nous présente plusieurs titres de son dernier album en date, Comfortable Hate, dont vous pouvez lire la chronique publiée ce matin. Les nouveaux morceaux passent très bien l’épreuve du feu, à l’instar de The Point Of No Return où les fans se pressent contre la crash barrière et chantent les refrains. Des deux côtés, la bonne humeur est de mise. Spectateurs comme musiciens se donnent à 100%. La présence des caméras ne fait qu’accentuer cette folie collective. Le son est énorme, bien équilibré, ce qui permet de profiter pleinement de la compatibilité des deux chants. Derrière les fûts, Hervé abat un travail toujours aussi impressionnant de puissance et de précision. Le concert passe vite et lorsque Jacou entonne l’intro du classique Mary sur sa basse à cinq cordes, c’est tout le Transbordeur qui se prépare à un gigantesque pogo. Comme prévu, ça pète dans la fosse ! Black Bomb A nous a gâté une nouvelle fois et avant de nous quitter, le groupe prendra une photo du public en compagnie d’un enfant à leurs côtés.

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Dagoba

DAGOBA-20150409-004Seul véritable groupe de Metal de la soirée avec Aqme, Dagoba est attendu de pied ferme. Les Marseillais sont eux aussi impatients d’en découdre, à l’image de Francky, intenable derrière son impressionnant kit de batterie. Comme d’habitude, le cogneur fait étalage de sa rapidité d’exécution et de sa précision chirurgicale. Il est clairement le moteur de Dagoba. Devant lui, Shawter mène la danse ou plutôt le combat. Le chanteur n’a de cesse d’invectiver la foule pour qu’elle bouge et organise un énième wall of death. Les hématomes vont se compter par dizaines demain matin… Nous apprendrons le lendemain que quelques spectateurs sont repartis de la soirée avec des nez ensanglantés. C’est que ça ne rigole pas ce soir ! Ou plutôt si, mais à notre manière… Sur scène, Dagoba tient à marquer le coup, son concert étant filmé comme les autres. La performance globale est très bonne, dispose d’un très bon son. Sur les trois groupes, aucun n’a souffert d’un défaut du mix. Werther (basse) arpente la scène de long en large et échange régulièrement sa place avec le guitariste Yves Terzibachian alias « Z ». Ce dernier, plus discret scéniquement parlant, a peu de contact visuel avec son public mais s’applique sérieusement sur ses riffs. Après environ une heure de jeu, Dagoba se retire après avoir retourné une bonne partie du public.

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Tagada Jones

TAGADA JONES-20150409-006Avant-dernier groupe de la soirée et dernier représentant français, Tagada Jones est descendu de Bretagne avec la ferme intention de provoquer un carnage sur les terres lyonnaises. C’est tout de suite ce que l’on constate lorsque les Rennais ouvrent les hostilités avec De l’amour et du sang, titre d’ouverture du dernier album en date, Dissident. Les spectateurs des premiers rangs chantent le couplet à l’unisson avec Nico (chant, guitare) et lorsqu’arrive le premier refrain, c’est l’explosion dans la fosse ! Un énorme pogo naît et devient un circle pit. Nico n’a même pas besoin de motiver le public, il le fait de son propre chef. À chaque cartouche tirée par Tagada Jones, c’est la folie dans la fosse. Elles sont nombreuses et toutes létales, comme Descente Aux Enfers, Cargo et son nouveau single, Je Suis Démocratie, récemment mis en ligne. Ce titre, que vous avez certainement pu écouter, passe très bien en live, tout comme les autres chansons du quintet. Waner (basse) fait presque le show à lui seul, en courant le long de la scène, balançant sa Fender Précision, la faisant tournoyer autour de lui… On a du mal à regarder les autres musiciens tant Waner déborde d’énergie et de charisme. Nico lui renvoie la balle en s’époumonant dans son micro, crachant ses paroles corrosives mais pleines de vérités. Tagada Jones règle ses comptes avec la société et s’éclate avec son public, complètement acquis à sa cause. Les spectateurs ne cessent de pogoter, chanter, lever les poings en l’air et, chose peu commune dans un concert de Punk Rock, un wall of death est exécuté ! Faudra pas s’étonner s’il y a des arrêts de travail dès demain matin… Bref, après trois quarts d’heure de jeu intense dans une ambiance bon enfant, Tagada Jones se retire de la scène sous de fervents applaudissements.

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Sick Of It All

SICK OF IT ALL-20150409-008Là, on ne rigole plus. Le patron du Hardcore new-yorkais arrive sur scène. Sick Of It All, mené tambour battant par les frères Lou et Pete Koller (respectivement chanteur et guitariste), accompagnés du cogneur Armand Majidi et du bassiste Craig Setari, s’apprête à donner un concert que nous qualifierons de mémorable. Si les groupes précédents nous avaient déjà mis une claque à chaque round, SOIA va carrément nous mettre K.O. dès le premier uppercut. Le niveau technique est haut, vraiment très haut. Commençons par l’exécution. Il n’y a rien à redire, le groupe est carré, précis dans les moindres riffs, patterns, notes… Scéniquement, c’est du même tonneau. Pete Koller ne cesse de sauter et de danser tout en frappant ses pauvres cordes, avant de s’approcher de son micro pour hurler les chœurs. Son frère Lou réalise lui aussi une superbe performance. De sa voix aigue et tranchante, il balance ses paroles et donne parfois la parole aux fans. Désirant être au plus près de leur public, les musiciens s’approchent de nous en montant sur les enceintes placées entre la scène et la barrière retenant les spectateurs. Les cameramen doivent avoir du mal à suivre le rythme, tant celui-ci est élevé. Les New-Yorkais interprètent de récents morceaux mais c’est lorsque qu’il va pêcher dans les anciens (et donc les classiques) que les fans pètent littéralement un câble ! Un mosh pit éclate en plein milieu de la salle et dure presque trois minutes, ce qui fera dire à Lou Koller à ces moshers qu’ils sont complètement tarés. Un wall of death est demandé par le chanteur peu avant la fin du concert. Au rythme de la basse de Craig et de la grosse caisse d’Armand, le public se sépare en deux lentement, à l’exception d’un spectateur qui tient à rester en plein milieu. Lou, en voyant cet homme très sûr de lui, dira avec le sourire : « Ce n’est pas une bonne idée, mon pote. Ce n’est vraiment pas une bonne idée ! ». Fatalement, la foule vient s’écraser sur lui au signal donné par le groupe. Nul n’a vu ce qui est arrivé à ce fougueux spectateur. Toujours est-il que de ce braveheart naît un circle pit qui doit impliquer une bonne trentaine de personnes. Vous l’avez compris, on parle ici d’un carnage festif. Sick Of It All annonce la fin et ce sont quatre titres qui vont épuiser les dernières réserves d’énergie des spectateurs. Impérial jusqu’au bout, le groupe assure une fin en apothéose. Une fois les instruments posés, les New-Yorkais viennent serrer les mains des fans puis disparaissent dans leurs loges. Une prestation très impressionnante de la part d’un groupe culte qui n’a plus rien à prouver mais qui est resté très humble et proche de son public.

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Sounds Like Hell Productions a abattu un travail remarquable pour organiser cette soirée. Les moyens humains et techniques étaient là, comme la passion et l’envie de bien faire. Mission accomplie pour cette association. Une soirée mémorable, rythmée par des groupes qui le sont tout autant, que l’on soit fan ou non. Un grand merci à tous ces groupes et à toutes les personnes qui ont travaillé sur cette date, vous avez fait un travail remarquable. Enfin, merci au public qui est venu nombreux et a tout donné pendant près de cinq heures.

Kouni