LOFOFORA-20150411-010Ça faisait longtemps que je n’étais pas venu à Mâcon. Ah, Mâcon, lieu de naissance du poète Alphonse de Lamartine, la Saône qui coule paisiblement, son architecture romane, sa cathédrale Saint Vincent… Et son désert musical en matière de Metal depuis que le Sovengard a fermé ses portes en début d’année. Heureusement pour nous, la Cave à musique accueille le vétéran français Lofofora ! Les locaux de Coredump feront l’ouverture et apparaissent dans ces colonnes pour la vingt-troisième fois. Au trentième passage, vous aurez un T-shirt Sons Of Metal, les gars ! Chose peu souvent observée à Mâcon dès qu’on parle d’un concert de Metal, la salle est presque pleine. Les spectateurs sont chauds, prêts à se débattre dans la masse.

Coredump

COREDUMP-20150411-001Après une semaine de résidence entre les murs de la Cave à musique, Coredump clôture sa semaine de travail par un concert à domicile. Comme lors de son précédent concert au Warmaudio, la formation mâconnaise présente de nombreux nouveaux titres, conséquence de la sortie récente de son nouvel album, De l’ombre à nos poussières, que nous avons chroniqué il y a peu de temps. Ce soir, Coredump profite d’un public fourni et connaisseur. Si certains n’ont jamais vu ou entendu les Mâconnais, ils reconnaîtront une certaine influence de Lofofora. Dès l’entame, on profite d’un gros son qui, s’il est mieux équilibré qu’au Warmaudio où il était brouillon, présente toutefois quelques défauts comme une guitare mixée un peu en-dessous du reste et un chant trop saturé. En ce qui concerne la section rythmique, c’est parfait. Nous avons un troupeau de bisons qui fonce droit sur nous ! Rapidement, quelques spectateurs provoquent un pogo de taille modeste qui ne s’arrêtera pas un seul instant. Max (chant) est une pile électrique qui ne cesse d’arpenter la scène de long en large. Devant lui, quelques spectateurs s’agitent et mettent l’ambiance qui a quand même un peu de mal à gagner les derniers rangs. Peu importe, le groupe a de sérieux arguments pour faire bouger une foule : Plat Du Jour, Ma Conne, La Dernière Chute, Cajun’s Style, Qu’importe… La basse saturée de Jean-Mat crée un groove irrésistible pour ces morceaux tandis qu’Alex nous assène d’excellents riffs avec sa gratte. Sans oublier Guillaume qui martèle ses fûts et cymbales avec une grande précision. Le groupe nous ressort un ancien morceaux, Fuckin’ Species et termine son concert par deux reprises. Comme au Warmaudio, nous avons droit à Purple Haze (Jimi Hendrix) et Ace Of Spades (Motörhead). Réarrangées (mais pas trop non plus) à la sauce Coredump, ces deux classiques donnent le coup final à une performance excellente, malgré le son un peu déséquilibré.

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Lofofora

LOFOFORA-20150411-010Inutile de présenter Lofo’ et son emblématique chanteur Reuno. Que vous soyez un quadragénaire ou un ado, vous connaissez ce groupe, au moins de nom. Lofofora, ce n’est pas seulement des albums de grande qualité comme Le fond et la forme, c’est surtout des prestations scéniques puissantes. Ce soir, Reuno et ses acolytes s’appliqueront à nous faire passer un très bon moment. Nous constatons la présence de deux micros d’ambiance placés de chaque côté de la scène. Reuno nous explique alors que le concert de ce soir sera enregistré en intégralité et qu’il faudra donc qu’on mette le bordel plus que d’habitude. Il y aura t’il donc une sortie Cd/Mp3 de ce live, en partie ou en intégralité ? Peut-être. Pour l’heure, on se concentre sur l’instant présent. Ça commence très fort avec l’hypnotisant Notre Terre, titre fermant le dernier opus, L’épreuve du contraire. Le ton est donné. Les spectateurs n’ont guère attendu pour se défouler : un énorme pogo est lancé dès les premières mesures. Impliquant une bonne quinzaine de personnes (dans une salle pouvant contenir environ 400 spectateurs), ce pogo perpétuel va provoquer de sacrés remous dans toute la salle. Reuno, en grande forme, magnétise un public qui ne demande qu’à se défouler. Daniel (guitare), Phil (basse) et Vincent (batterie) sont tous les trois très appliqués sur leurs partitions tout en gardant un contact visuel avec le public chauffé à blanc. Reuno agit en véritable leader et tient l’assistance dans sa main. Soudain, en plein milieu d’un couplet, le chanteur stoppe ses partenaires et interpellent deux spectateurs en pleine bagarre. Après avoir subi un camouflet de la part de Reuno, les deux protagonistes cessent de se battre et sont écartés. Le concert reprend alors de plus belle. Le dernier album est bien représenté avec de nombreux extraits comme La Tsarine, Pornolitique, Trompe la mort, le superbe Contre les murs et le punkisant Double A qui termine la prestation des Parisiens. Bien entendu, les classiques ont toujours leur place comme Le fond et la forme, moins prenant que d’habitude, hélas. Nous avons même droit à quelques surprises, des chansons peu interprétées ressorties pour l’occasion, pour le plus grand plaisir des fans. Ces derniers sont toujours en train de se jeter les uns contre les autres pendant que les autres spectateurs tentent de se protéger des coups involontaires. Nous l’avions prévu, ça se produit : c’est le bordel. Pas étonnant, cela dit. Le son parfaitement réglé et le jeu somptueux des lumières donnent un certain cachet à ce concert. Les images et les sons s’impriment en nous. Nous ne pouvons que regretter le peu de jeu de scène des musiciens, hormis Reuno qui ne tient pas en place plus d’une seconde. L’étroitesse de la scène n’aide pas, faut-il le préciser. Enfin, au terme de plus d’une heure d’exercice intense, le concert se termine sous les applaudissements et les gouttes de sueur. Le public ressort de la Cave à musique trempé, heureux. Lofo’ range ses instruments et ses amplis avant de rejoindre sa prochaine étape : Dijon.

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Grosse soirée à la Cave à musique. Lofofora garde sa place sur le trône tandis que Coredump prouve une fois de plus son statut de challenger bourré de talent. Les deux groupes se complètent parfaitement et il ne serait pas stupide d’imaginer ces deux formations partager une scène plus grande. En attendant que cela arrive (ou pas), nous saluons les musiciens, les techniciens et le public pour leur dévouement.

Kouni