Ethernity – Obscure Illusions

Posté le : 27 avril 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Ethernity - Obscure Illusions coverSi certains amateurs de Metal en sont encore à considérer les formations à voix féminine comme un tout sans distinction, je leur conseille fortement, pour leur culture, de jeter une oreille attentive à ce que nous propose Ethernity. La formation nous vient de Belgique et est composée de plusieurs membres de la famille Spreutels. Elle fut fondée en 2000 par les deux frères, Nicolas à la Batterie et Julien aux claviers ainsi qu’aux backings. Le cousin François tient la guitare basse, les deux guitares étant jouées par Thomas Henry et Grégory Discenza. Julie Colin portera avec énergie le micro du combo belge. Notons également que les paroles sont composées par Jean Pascal Spreutels, le père de Julien et Nicolas. La formation a déjà pu produire deux albums complets en 2006 et 2008, ainsi que deux EP en 2005 et 2010. Le groupe considère cependant ces productions comme des démos.

Genre : Metal Progressif/Power Metal - Sortie : 20 mars 2015

Genre : Metal Progressif/Power Metal – Sortie : 20 mars 2015

La pochette nous présente un homme dont l’intérieur à l’air d’imploser, alors qu’il est retenu au sol par des mains. Certainement un cauchemar, au vu du titre de l’album, mais dans l’esprit de chacun ce type d’image peut avoir différentes significations. La lutte intérieure entre le bien et le mal qui peut ronger chacun de nous. Rejoindrons-nous le côté obscur ? C’est ce que nous allons voir en plongeant à présent dans l’atmosphère des cousins d’outre Quiévrain, place à la musique.

Le style revendiqué par le groupe est le Metal Power/Progressif, mais que cela n’effraie pas les non initiés au progressif « classique ». En effet, un seul morceau pourra être considéré comme du Prog pur jus. Il s’agit du titre éponyme qui clôt l’album, nous en reparlerons plus loin. Pour le reste, il ressort un aspect bien plus direct et puissant. En mettant de côté un petit interlude instrumental, dix titres sur douze renteront plutôt dans la catégorie Power Metal, même si certains soli à la guitare excellent dans le shredd. D’ailleurs, pour avoir chroniqué le dernier album d’Angra récemment, certains liens peuvent être faits entre les deux groupes. Parlons de suite de l’un des grands atouts de la formation : la voix de Julie. Très loin des chanteuses au ton mélancolique, le grand avantage qu’elle défend se situe au niveau de la puissance et de l’énergie. Le tonnerre gronde en permanence et nous en envoie plein les tripes. Doro a donc une fille ou Loora Nouhimo (Battle Beast) une sœur. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’émotions non plus. Autre caractéristique qui montre où se situe l’un des capitaines, la batterie est très énergique et mixée assez en avant. Chez Ethernity, celui qui tient les futs dirige la manœuvre et ne se contente pas de suivre. De plus, les claviers de Julien, l’autre chef d’orchestre, sont au même niveau que les guitares, tel un instrument à la fois rythmique et mélodique. Pas de nappes de synthés façon musique de film comme dans le Metal Symphonique, son jeu est presque semblable à une troisième guitare. Pour les deux six-cordistes justement, Grégory se concentre plus sur les soli rondement exécutés alors que Thomas tient la rythmique en soutien.

Le tout premier titre, False Lamentations, vous confirmera d’emblée ce que je viens de décrire d’une manière plus globale. Batterie imposante, guitares acérées et vives, synthé bien audible, tous les ingrédients sont réunis. Julie ne créera pas de fausses pistes, toute la rage de vivre dans les vocalistes. D’entrée, les balises sont posées, Entities s’enchaine sans problème avec une intro hyper prenante guitare et claviers mêlés, pour le meilleur et seulement le meilleur. Les strophes se posent sur un parterre plus calme qui permet à l’auditeur de prendre quelque peu son souffle avant l’assaut des refrains. La batterie nous y projette tel un ressort par un jeu qui, malgré la puissance de frappe, montre aussi de la finesse. J’évoquerais aussi Secret Door, dont le refrain vous colle littéralement une baffe. Le gros atout de ce groupe, c’est que malgré un ensemble qui est très percutant, des espaces de respirations sont aménagés à intervalle réguliers. Cela permet de ne pas se sentir étouffé par un excès de miel sur la tartine. C’est le cas sur ce titre qui alterne temps calmes et plus puissants, ainsi que du mid-tempo qui suit, nommé Never Thought You Would Let Me Go. Un petit piano léger nous laisse penser, tel un courant d’air, que la porte entre-ouverte nous invite à entrer, avant qu’elle ne claque très près des doigts. La ballade After All Has Turned To Pain est aussi à écouter avec attention, les fans de Doro reconnaîtront une certaine filiation avec The Metal Queen. Je dis cela en ne sachant pas si Julie en est une admiratrice. Enfin, nous ne pouvons pas éviter d’évoquer Obscure Illusions que je recommande d’écouter seule afin de mieux l’apprécier. Comme souvent avec le Metal progressif, se concentrer et percevoir les détails, repérer les différents thèmes musicaux qui se croisent et se toisent. Julie obtiendra le renfort de précieux invités pour ce chant. Tom Engelund (Evergrey), Kelly Sundown Carpenter (Darkology) et Mark Basile (DGM) enchevêtreront leurs vocalises à intervalles réguliers. Quasiment un quart d’heure de vents tournoyants, passant par tous les états. Un synthé pour une fois en mode « musique de film » ou en piano épuré, des soli à couper le souffle et une rythmique qui reproduit les variations d’un électrocardiogramme dans un service de réanimation. En bref, vous passerez par tous les états et pour ceux qui n’apprécient pas de style Prog plus poussé, les morceaux précédents de l’album vous laisseront tout de même une excellente impression.

Je conclurai en disant que si la Belgique nous offre la bien connue Jupiter et bien d’autres breuvages savoureux, elle sait aussi donner naissance à de bons bardes. Les six membres de Ethernity, et je pourrais même dire les sept avec le compositeur des textes, nous offrent un album de haut niveau. Une histoire de famille qui nous offre marque musicale personnelle, des influences que chaque metalhead retrouvera, même si elles ne sont pas forcément voulues, et un ensemble très varié. Le combo est l’une des bonnes découvertes de l’année pour ma part. Si j’étais belge, j’irais souvent aux concerts d’Ethernity. La ville de Bruges est connue pour ses tailleurs de diamants, je ne sais pas si Ethernity en sont issus, mais ils savent faire briller leur talent.

Khaos

Tracklist :

  1. False Lamentations
  2. Entities
  3. Shadows On The Wall
  4. Secret Door
  5. Never Thought You Would Make Me Go
  6. Rancor
  7. Alone
  8. Broken Memories
  9. After All Has Turned To Pain
  10. XIII
  11. Interlude
  12. Obscure Illusions

Liens :

Site Internet : http://www.ethernity.be/

Page Facebook : https://www.facebook.com/ethernityband

Clip de Entities : https://www.youtube.com/watch?v=I99-OKEH0nc

Clip de Shadows On The Wall : https://www.youtube.com/watch?v=bQvl5AQr_ik#t=42