Adam Nergal Darski  (1)C’est par une belle journée ensoleillé que je suis de retour en pays helvète, sur les bords du lac de Neuchâtel, plus précisément à Yverdon. Ce soir, la salle de l’Amalgame ouvre ses portes aux héritiers de Satan venus tout droit de la très catholique Pologne : Behemoth, en chair et en os. À l’occasion de The Satanist Tour Part II, Bölzer, Thaw et Backdawn les accompagnent. Mais avant de nous plonger dans l’univers des ténèbres, Adam Nergal Darski, chanteur et fondateur de Behemoth, nous invite dans l’après-midi aux caves du château d’Yverdon où il nous présente son livre Confessions Of A Heretic, dont la préface est écrite par D. Randall Blythe (chanteur de Lamb Of God). C’est aussi l’occasion pour les fans présents de lui poser toutes sortes de questions, en particulier sur ses problèmes de santé en 2010 (une leucémie) et sa guérison, les concerts, un voyage au Népal et d’autres sujets. Il s’en suit une séance de dédicaces et prises de photos où Nergal se montre très à l’aise et d’un naturel aimable. Je ne peux pas vous parler de ce livre qui semble fascinant et intéressant car je n’ai pas fini de le lire. Je peux déjà vous dire qu’il se présente sous forme d’une longue interview traitant de sujets aussi divers les uns que les autres. Cependant, pour ceux qui souhaiteraient l’acquérir, Confessions Of A Heretic est édité en anglais et bien sûr en polonais et est disponible sur le site de Behemoth (http://www.behemoth-store.com/). Après avoir passé un moment en compagnie de Nergal, je retourne à la salle de concert de l’Amalgame où nous attendent les autres groupes.

Backdawn

L’honneur d’ouvrir la soirée revient aux Français de Backdawn. Situation toujours peu aisé pour un groupe de chauffer la salle. Backdawn nous déploie une New wave of Thrash Metal d’après leur propre terme. Les Suisses semblent apprécier ce style malgré leur peu d’engouement à bouger. Les projecteurs plongent la scène dans un contre-jour alternant entre le bleu et le rouge.

Thaw

Thaw (4)C’est au tour des Polonais de Thaw de monter sur scène. Ce groupe adopte un style musical et scénique peu commun, les cinq musiciens sont coiffés d’une capuche noire. Il est difficile de distinguer leur visage d’autant plus que les deux guitaristes tournent le dos au public sans oublier nos lumières en contre-jour. Ambiance étrange. Thaw nous présente un style Black/Noise expérimental qui se traduit par de longs moments instrumentaux entrecoupés par la voix death de leur chanteur et l’un des guitaristes. L’autre guitariste utilisera pour le dernier titre un archer de violon pour faire sonner sa guitare ! Ambiance Metal psychédélique extrême garantie.

Bölzer

Bölzer (5)Bölzer est un duo de Zürich composé de HzR à la batterie et KzR à la guitare et au chant death. Oui, ils ont des noms bizarres. Après quelques soucis techniques en début de concert avec l’ingénieur du son, ce qui obligera le chanteur à se déplacera lui-même pour faire les réglages, Bölzer peut enfin lancer son Black/Death Metal. KzR est dans un cercle formé par les retours où il y fait brûler quelques encens. Les titres s’enchaînent les uns aux autres sans accros par la suite. Les fans apprécient beaucoup leurs compatriotes et le public est plus nombreux qu’en début de soirée et bouge aussi un peu plus. La dominante bleue des contre-jours ne quittera quasiment pas la scène. Le duo zürichois a su conquérir l’Amalgame.

Behemoth

Copia (1) di 2015-04-13 641 (533x800)Changement de rythme, de déco, tous les techniciens s’affairent pour tout mettre en place sur scène. Malgré sa petite taille, ils parviennent à caser un maximum de déco. Les magnifiques pieds de micros dont celui du milieu est éclairé par une bougie et embaumé d’encens. Des ventilateurs sont placés devant, les panneaux aux deux têtes d’aigles noirs, les serpents de chaque côtés devant la batterie. Même le drap de scène a réussi à être casé. Ça y est, la scène est fin prête pour accueillir les maîtres satanistes par excellence incontestés depuis leur tout début, il y a presque vingt-quatre ans : Behemoth ! Quatre silhouettes apparaissent dans la pénombre. L’une d’entre-elles fait virevolter du feu dans de petites coupelles. Le rituel de The Satanist Tour Part II peut enfin commencer. Blow Your Triumpets Gabriel ouvre l’office. Nergal ainsi que Orion (basse), Seth (guitare) et Inferno (batterie) vont nous embarquer sur leur arche à un rythme d’enfer. En effet, les riffs de chacun sont rapides et saisissant. Inferno possède une force de frappe incomparable. Ses trois acolytes viennent souvent au plus près des fans, leurs tenues et maquillages sont assez impressionnants. Non seulement il y a un grand dynamisme sur scène, mais aussi une énergie qui s’en émane. Ora Pro Nobis Lucifer poursuit le rite et au troisième titre, Conquer All, il ne fait aucun doute que nos âmes ont été conquises par le charisme et la puissance de Behemoth. L’ambiance est telle que l’Amalgame a rapidement atteint les degrés de l’enfer. Les musiciens s’éclipsent régulièrement de scène pour changer de tenue, tel un rituel à respecter où Nergal revient avec un encensoir afin d’embaumer les disciples de l’Amalgame et, bien sûr, nous bénir du signe de la sainte croix satanique comme il se doit. Les titres s’enchaînent sans temps mort, la cadence infernale dictéeBehemoth 2015-04-13 198 - Copie (533x800) (2) par les maîtres de cérémonie ne s’essouffle pas, bien au contraire. Leur maquillage et les jeux de lumières leurs assignent un aspect encore plus sombre, Behemoth semble réellement sorti tout droit des ténèbres, tel en témoigne leur regard, en particulier celui de Nergal lorsqu’il transperce ses fans. Seth, Nergal et Orion se tiennent tout devant le public, les têtes penchées en arrière, les notes de Chant For Eschaton 2000 retentissent dans la salle, le sang coule de leur bouche puis ils le crachent sur les premiers rangs comme l’ultime sacrement de la soirée. Les riffs deviennent plus endiablés, Seth se lance dans un furieux headbang à se demander comment sa tête arrive à tenir sur ses épaules. Orion n’est pas en reste non plus. Behemoth disparaît derrière la scène, on attend, on les appelle. Ils reviennent pour le dernier titre de la soirée. O Father O Satan O Sun envahit la salle de l’Amalgame, les fans sont à leur comble et reprennent les paroles. Les maîtres de cérémonie finissent leur messe noire en arrière-plan de la scène avec un masque cornu sur le visage. C’est ainsi qu’ils nous salueront avant de quitter définitivement la scène. À grand regret, on aimerait que le concert continue.

Malgré la petite taille de la salle, Behemoth nous a offert une excellente prestation scénique, en discutant avec quelques fans qui les ont vus dans des festivals et dans de plus grandes salles. Tous ont dit que c’était de loin le meilleur concert de Behemoth qu’ils avaient vu. L’Amalgame a rendu ce concert plus convivial que les autres, à en croire ces fans.

Pour celles et ceux qui ont pu rencontrer Nergal à la présentation de son livre Confessions Of A Heretic dans l’après-midi, nous avons vu un homme sympathique, décontracté et charmant se métamorphosant en un véritable démon sur scène bien au-delà de son maquillage, il suffit de capter son regard.

Setlist :

  1. Intro
  2. Blow Your Triumpets Gabriel
  3. Ora Pro Nobis Lucifer
  4. Conquer All
  5. Decade Of Orion
  6. Christians To The Lions
  7. On Fire And The Void
  8. Ben Sahar
  9. Alas, Lord Is Upon Me
  10. At The Left Hand Of God
  11. Slaves Shall Serve
  12. Chant For Eschaton 2000
  13. O Father O Satan O Sun

La soirée était sous le signe du Black Metal par excellence. Un grand merci à Behemoth, Bölzer, Thaw et Backdawn qui nous ont présenté différentes nuances dans ce même style. Merci à l’Amalgame ainsi que les caves du château D’Yverdon pour cette rencontre et ce concert excellent.

Melissatanas