TAGADA JONES-20150507-004Une fois n’est pas coutume, l’équipe de Sons Of Metal se rend à Besançon pour une soirée qui s’annonce énorme. Après environ trois heures de route, Mike et moi-même arrivons enfin dans la capitale comtoise. La salle de La Rodia est située au bord du Doub, juste en face d’une citadelle construite par l’architecte Vauban. Sur la rivière, un équipage de rameurs fait avancer un aviron à toute allure tandis que le soleil couchant et sa lumière dorée donne un cachet très romantique à cet endroit. Nous profitons un peu de la terrasse suspendue, entièrement en bois, pour boire quelques bières avant d’attaquer les choses sérieuses. La Rodia et Topaze Prod accueillent ce soir Tagada Jones, Les ramoneurs de menhirs et FDC. La soirée affiche complet et ce sont pas moins de neuf cent personnes qui vont se serrer dans la fosse et chanter les hymnes du Punk Rock made in France.

FDC

FDC-20150507-005C’est le groupe local FDC qui a l’honneur d’ouvrir les hostilités. Pour celles et ceux qui nous lisent régulièrement, vous avez déjà lu ce nom. Le quatuor bisontin était venu à deux reprises à Annonay en 2013 puis en début d’année. À chaque fois, nous avions été enchantés de leur set mélangeant Fusion Rock et quelques touches jazzy. Cette fois, FDC se produit à domicile, devant son public encore un peu clairsemé. L’album Toilettes publiques est évidemment majoritairement présenté et ses extraits remportent le succès auprès des spectateurs. Soirée punk oblige, les Bisontins nous proposent une version ralentie, presque reggae, de Cayenne, l’hymne du tant regretté Schultz. Un clin d’œil sympathique et original à ce grand monsieur. Mathieu (chant) arpente constamment la scène, comme à son habitude, et trébuche sur le retour de son guitariste, manquant de le faire tomber dans la fosse. À ses côtés, le guitariste Nico s’en donne à cœur joie sur les soli, montrant une certaine aisance et un plaisir non dissimulé. À l’opposé de la scène, Max est fidèle à lui-même, déguisé en Huckleberry Finn et triturant les quatre cordes de sa Fender Precision, tout en grimaçant devant le public. Enfin, Aurélien assure une rythmique carrée, à mi-chemin entre Funk et Jazz. Si le son est très bon, excepté celui du micro de Max, il n’en est pas de même des lumières. Leur gestion se révèle catastrophique, nous ne distinguons qu’à peine les musiciens alors que l’arrière de la scène est parfaitement éclairé, comme les premiers rangs du public. Expliquez-moi l’intérêt, s’il vous plait. La scène est plongé dans le noir durant tout le concert mais, heureusement pour nous, nous entendons bien ce que les musiciens jouent. FDC, pour son premier concert dans sa ville natale, qui plus est devant neuf cent personnes, a réalisé une très bonne performance, à la fois musicalement et scéniquement. La soirée débute bien, nous attendons la suite impatiemment.

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Les ramoneurs de menhirs

RAMONEURS-20150507-002Le groupe de l’ex Bérurier noir Loran arrive sur scène, devant une salle désormais pleine à craquer. Les fans se pressent au premier rang, prêts à encourager leur groupe fétiche. Dès l’ouverture, nous sentons l’invitation à la fête. Chant en breton, guitare saturée, biniou et bombarde… Nous voici désormais en Bretagne franche-comtoise ! Le Punk celtique des Ramoneurs de menhirs transforme La Rodia en sauna en l’espace de quelques minutes. Tant et si bien que nous verrons régulièrement des va-et-vient entre la salle et la terrasse, où souffle un léger vent rafraichissant. Les cinquante degrés sont rapidement atteints devant la scène, si ce n’est plus. Loran envoie le pâté avec sa Gibson SG qui a l’air d’avoir traversé bien des aventures, tout comme son propriétaire. Les deux sonneurs Eric et Richard nous plongent dans la musique folklorique bretonne avec leurs mélodies celtiques. Quant à Gwénaël, le chanteur, son chant puissant et grave nous porte littéralement et nous incite à danser la ronde, bras dessus bras dessous avec sa partenaire. Paradoxalement, il ne ressemble pas à ses confrères car il est le seul à ne pas arborer de crête ou de tatouages, ni même posséder une apparence physique épuisée par une longue consommation d’alcool ou de produits illicites. Mais comme on dit, la crête se trouve à l’intérieur du crâne ! Un spectateur fait soudainement son apparition sur la scène, cherchant à s’approcher au plus près des musiciens, allant jusqu’à gêner Loran. La sécurité l’attrape alors et l’évacue de la salle façon western, les genoux trainant au sol et les épaules fermement maintenues. Il ne manque plus que la plume et le goudron. Les ramoneurs continuent leur fête celtique devant un parterre de fans chauds bouillants. Après une heure, le quatuor breton quitte les planches sous les applaudissements.

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Tagada Jones

TAGADA JONES-20150507-004Après quelques minutes d’installation, les Rennais montent enfin sur les planches et ouvrent leur concert avec la chanson De l’amour et du sang. La montée en puissance est idéale pour mettre le public dans le bain. Les pogos démarrent alors mais sont assez gentils. Il faut préciser que l’assistance est assez jeune, nous voyons beaucoup d’individus ayant entre 18 et 20 ans. La fête bat son plein, Nico en profite pour encourager ses spectateurs qui ne se le font pas dire une deuxième fois. Tagada Jones pioche alors dans son album précédent, Descente aux enfers, pour lancer son Yec’Hed Mad (À votre santé, en breton) et provoquer l’hystérie qui continue de plus belle grâce à Zéro de conduite. Le public chante toutes les paroles, refrains compris, et débute un pogo. À l’instar des deux formations précédentes, Tagada Jones dispose d’un mix idéal, avec une légère mise en avant de la batterie de Job. Ce dernier est au sommet de sa forme et de son art, frappant avec précision son kit et ses cymbales. Devant lui, Nico saute entre deux phrases tandis que Waner court de long en large tout en faisant la toupie avec sa basse. Steph est plus modéré mais s’applique sur ses parties de guitare et ses chœurs. Comme d’habitude, les Rennais réalisent une performance de haute volée. Impossible de rester de marbre devant une telle exécution. Le concert file à grande vitesse et tous les tubes du groupe y passent, la setlist étant assez similaire à celle jouée au We Rock Lyon. Un slammer grimpe sur la scène puis saute dans le public, à un endroit un peu vide et où personne ne regardait. Sa rencontre avec le sol fut assez brutale mais le slammer semble aller bien. La fête continue de battre son plein sur scène comme dans la fosse. Toutefois, après une heure et trente minutes de jeu, elle s’arrête. Le groupe nous salue chaleureusement une dernière fois et s’en va, les lumières s’éteignent et le son est coupé. Les spectateurs quittent lentement la salle pour rejoindre le bar puis la terrasse.

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Pour une première visite à Besançon, nous ne sommes pas déçus. Topaze Prod a mis sur pied une affiche alléchante et la soirée fut extraordinaire, mis à par quelques incidents sans trop de gravité dont un vraiment cocasse (sauf pour le principal concerné) : un homme est resté enfermé dans les w.c durant près de trois heures. Une jeune femme fut également évacuée par les pompiers, suite à une sérieuse blessure à la jambe. Beaucoup d’autres auront certainement la fameuse barre au front mais ça, c’est le lot habituel des soirées keupons…

Un grand merci à Topaze Prod et au personne de La Rodia pour leur accueil et leur professionnalisme. Merci également aux groupes et au public qui a littéralement explosé les ventes de tickets. Besançon et La Rodia, vous êtes prévenues : nous reviendrons !

Kouni