Kamelot – Haven

Posté le : 14 mai 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Kamelot - HavenAh, Kamelot, voilà un groupe que j’apprécie beaucoup. Les Floridiens nous proposent en ce mois de mai leur nouvelle création nommée Haven. Le départ de leur chanteur emblématique Roy Khan, en 2011, aurait pu laisser un vide mais le précédent album de la troupe, nommé Silverthorn (2012), avait déjà montré que son remplaçant était la personne idoine. Rares sont les formations qui éviteront l’excès de comparaison entre leurs frontmen. Ce sera le cas de Kamelot, car Tommy Karevik reste très proche de son prédécesseur au poste, que ce soit au niveau de la tessiture de voix ou de son charisme sur scène. Pour ce qui est de la place du groupe dans la scène Power Metal, il a toujours possédé son identité propre, rarement imitée, jamais égalée. Les contrées habituelles de ce style musical, que ce soit les pays germaniques ou scandinaves, nous proposent un son différent de celui de Kamelot. Les preux chevaliers blancs empruntent également quelques références au Metal Symphonique et aussi au Progressif. J’ai nommé leur style ainsi : Romantic Power Metal. Pour quelles raisons ? Tout simplement parce que malgré une musique qui monte souvent dans la puissance, elle garde toujours un aspect très lisse et doux. Ceci est encore accentué par le fait que le vocaliste ne possède pas un organe qui sonne trop aigu et qu’il fait preuve d’une belle versatilité, capable d’être aussi à l’aise haut perché que ventre à terre. Zoomons donc sur cette nouvelle galette sortie des presses de Napalm Records. C’est parti.

Genre : Power Metal - Sortie : 5 mai 2015

Genre : Power Metal – Sortie : 5 mai 2015

Ce que je viens de décrire est vérifiable dès le départ de l’album. Fallen Star débute par un piano mélodieux et la voix « Love Me Tender » de Tommy. Une volonté de séduire d’entrée mais aussi de plonger l’auditeur dans le bon bain. Il ne faudra pas longtemps pour que, tel une comète traversant la Voie lactée, la guitare mélodique de Thomas Youngblood fasse son entrée sur une déferlante. Le synthé se met en retrait, créant un tapis sonore pendant que la batterie galope avec sa copine, l’instrument rythmique à quatre ou cinq cordes. Tout se déchaîne mais la voix de Tommy reste très mélodieuse et passe avec aisance des graves aux aigus, comme Brian Joubert se lançant dans une série de triples boucles piqués. Le titre se calme en son milieu, avant que la mélodie du départ revienne suivie d’un solo court mais incisif. Insomnia, dont vous pouvez consulter la vidéo sur YouTube, ne laisse pas de doute sur son esprit. D’emblée, le rythme est assez élevé et ce sont les claviers d’Oliver Palotai qui seront à l’œuvre pour la mélodie d’introduction. Les riffs de guitares se présentent plus lourds, l’ambiance est légèrement inspirée du Metal Symphonique. Le refrain se montre hyper efficace et reste dans la tête. Toujours charmeur le Tommy, il en fait craquer des cœurs. Le solo est plus long que sur le titre précédent mais nous sentons la maîtrise impeccable. Au passage, la guitare basse de Sean Tibbetts est également bien audible, souvent en doublon avec certaines percussions de la batterie, mais elle pilonne comme une pièce d’artillerie de campagne. Le deuxième tube sorti récemment est Veil Of Elysium et il est terriblement ravageur. La batterie de Casey Grillo percute énergiquement d’entrée de jeu, alors que le synthétiseur reste clinquant et mélodieux. Puis, arrive le guitariste soliste prêt à éblouir l’auditoire par ses tonalités qui cherchent une adhésion large. Un morceau à l’humeur positive. Un nouveau filon pour les énergies renouvelables ? Ce qui est très fort chez Kamelot, c’est qu’ils allient à merveille des sonorités rassembleuses, tout en ne reniant aucunement leurs racines Metal. Cela nous permet de faire la transition vers les deux ballades de l’album. La première nommée Under Grey Skies est pour moi la seule déception de l’album. J’apprécie pourtant les Power ballades et Charlotte Wessels (Delain) qui accompagne Tommy sur ce chant. Néanmoins, ce titre est excessivement attendu, au bord de la caricature. Idéal pour le générique du prochain épisode de La Reine des Neiges. Je n’en dirais pas autant de la deuxième ballade Here’s To The Fall, aux sonorités gothiques. Celle-ci permet au grand séducteur de montrer tout son talent avec une sublime expression vocale, accompagnée d’un simple piano.

Je ne pourrais pas conclure cette chronique sans évoquer la présence remarquée et remarquable de Alissa White-Gluz (Arch Enemy). Collaboratrice depuis plusieurs années du groupe lors de prestations live ainsi que sur l’album précédent. Elle intervient avec voix claire et growl dans deux compositions de ce nouvel opus. C’est tout d’abord Liar Liar (Wasteland Monarchy) qui l’accueille progressivement. Le déluge intervient d’emblée avec une batterie entrainante pendant que la guitare nous gratifie encore une fois d’un jeu aussi précis qu’un coup d’épée de D’Artagnan. Les refrains mêlent avec réussite la vitesse de la section rythmique avec la chaleur vocale de Tommy. Alyssa est tout d’abord légèrement en retrait par quelques growls. Après quatre minutes, elle prend plus de place grâce à un chant guttural plus intense avant d’user également de sa voix claire sur la fin du morceau. Revolution sera sa deuxième contribution pour le titre le plus heavy de l’album. Le riff d’intro est déchirant et cette pièce nous présente la belle et la bête, mais à l’envers. En effet, la vocaliste à la chevelure bleue enverra ses ondes rauques alors que le chevalier servant fera briller son costume de prince. Enfin, le titre éponyme qui clôt l’album est entièrement un jeu au synthétiseur, je mise une pièce qu’il servira d’introduction lors des concerts.

Pour terminer cette chronique, je dirais que si Silverthorn avait déjà montré que Tommy était un remplaçant de qualité après le départ de Roy Khan, ce nouvel album le confirme définitivement. En mettant légèrement à part la ballade qui manque d’originalité, Haven est un très bon album. Il possède tout le potentiel à mes yeux pour rejoindre Karma (2001) et Epica (2003) parmi les meilleurs du groupe. Personne ne sera surpris, car le style que revendique le combo est resté stable, hormis l’apport intéressant des growls d’Alissa White-Gluz. Cela dit, cet album est plus efficace que son prédécesseur et nous sentons un chanteur qui a pris sa place d’interprète ainsi que de compositeur (Roy Khan avait composé une partie des lignes vocales de l’album précédent). Ceux qui prévoient d’aller aux concerts, prenez vos places assez tôt car, à mon avis, il risque d’y avoir pas mal de sold out.

Khaos

Tracklist :

  1. Fallen Star
  2. Insomnia
  3. Citizen Zero
  4. Veil Of Elysium
  5. Under Grey Skies
  6. My Therapy
  7. Ecclesia
  8. End Of Innocence
  9. Beautiful Apocalypse
  10. Liar Liar (Wasteland Monarchy)
  11. Here’s To The Fall
  12. Revolution
  13. Haven

Liens :

Site Internet : http://www.kamelothaven.com/

Page Facebook : https://www.facebook.com/kamelotofficial

Clip de Veil Of Elysium : https://www.youtube.com/watch?v=JEch2Zdq7b0

Clip de Insomnia : https://www.youtube.com/watch?v=VvUeqRwWorM