Interview de Shuffle, le 30 avril 2015

Posté le : 28 mai 2015 par dans la catégorie Interviews
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IMG_4870Quand nous avons reçu Upon The Hill, le nouvel album de Shuffle, à la rédaction nous avons tout de suite été sous le charme de cette musique terriblement bien ficelée et envoutante (lire la chronique de l’album). Alors quand nous avons su que les Manceaux étaient de passage à Paris, nous en avons profité pour rencontrer Jordan et Alex, respectivement guitariste chanteur et batteur, et essayer d’en apprendre plus sur cette musique qui vaut définitivement le détour.

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Bonjour Shuffle. Avant tout, pouvez-vous présenter votre groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Jordan : Shuffle, c’est un groupe de rock alternatif avec une petite touche progressive. On est formés depuis 2009 mais nous sommes réellement en activité depuis 2011. On a déjà bien tourné, y compris à l’étranger avec une tournée qui nous a mené en Allemagne, en Belgique et en Suisse, tout ça avec un premier EP, Desert Burst, que l’on a enregistré par chez nous, au Mans. On passe maintenant à la vitesse supérieure avec notre premier album, enregistré à Paris avec Arnaud Bascuñana (No One Is Innocent).

Justement, ce qui frappe sur cet album, c’est l’ambiance sonore et la qualité du mixage. Quels ont été vos critères pour savoir qui allait mixer cet album ?

Jordan : En fait, depuis les débuts du groupe, on a pris l’habitude de travailler en home-studio, histoire de pouvoir entendre ce que l’on fait. Mais, pour cet album, on voulait se rapprocher d’un son plus américain, un peu californien à la Deftones, LimpBlizkit et Arnaud est un mec qui travaille pas mal à Los Angeles et est branché sur ces styles-là. On a été mis en contact par un producteur et on a un peu foncé tête baissée. On a tout de suite eu le feeling avec lui, ce qui est assez rare. Donc pour répondre à ta question, les critères étaient vraiment le son américain et la prod’ vraiment propre. On a beaucoup travaillé sur le son en rajoutant des éléments par rapport à un enregistrement live : des guitares, des claviers, des samples. Notre but était d’avoir un album très produit.

IMG_4873Et donc, pour ces ajouts, c’est un travail que vous faites tranquilles en home-studio ou vous en trouvez aussi en répétition ?

Jordan : C’est vrai que lorsque nous sommes en répète, on n’est que quatre musiciens donc il y a un gros travail en studio après pour les arrangements. Du coup, on doit réadapter les chansons après pour arriver au même résultat à quatre seulement.

Petite question sur le nom du groupe : Shuffle, d’où vient ce nom ?

Jordan : Pour le nom du groupe, on a pris Shuffle parce que ça sonnait bien et comme référence au mode aléatoire d’une playlist. Au début, on ne voulait vraiment pas s’enfermer dans un style et ça représentait bien cette idée. On écoute un peu de tout : du jazz fusion au métal en passant par le rap, le hip hop et nous voulions se rapprocher un peu de ces groupes qui mélangent un peu tous les style, et Shuffle reprenait vraiment cette idée. On part d’une compo et si elle sonne métal, ce sera une compo métal. Si elle sonne hip hop, bah… Ce sera une compo hip hop.

Donc peut-être une chanson hip hop sur le prochain album ?

Jordan : Sans doute, oui. (rires) On déjà réarrangé une compo métal en version beaucoup plus hip hop pour un set acoustique. J’ai posé ma guitare et on a laissé un clavier ambiant. Ça donne vraiment bien.

Vous avez des influences assez larges. Est-ce que ça vient des goûts musicaux personnels de chaque membre ou vous avez des influences communes qui vous guident ?

Jordan : On n’écoute pas tous la même musique, mais c’est vrai que l’on a tous cet attrait pour le Rock californien et… Tout ce qui est après Pink Floyd, on va dire.

Vous faites du Post Pink Floyd, c’est ça ?

Jordan : Oui, c’est un peu ça.

Alex, au niveau de la batterie, ça se passe comment pour toi dans tout ça ? Est-ce que tu ne serais pas un peu l’élément Metal du groupe ?

Alex : Ha, non, je ne m’attendais pas à ce que l’on me dise ça. Pour moi, le but du jeu c’est de servir la basse et le groupe. Pour le son de la batterie, c’est surtout un choix du groupe. Contrairement au son de notre premier EP qui restait très pop, c’est notre volonté d’avoir un son un peu plus méchant et un peu plus dur. Donc, ça passe aussi par le son de la batterie d’avoir un son plus dur.

« On a un message et en même temps un certain feeling à faire passer. Le but est que nos auditeurs le perçoive. C’est vraiment le but ultime pour nous. » Alex

Pour vous, qu’est-ce qui était important dans cet album, qu’est-ce que vous vouliez en faire ressortir ?

Jordan : Avant tout, ce sont les mélodies et les émotions. On part toujours d’une composition guitare/chant ou clavier/chant et c’est vraiment la chanson qui est mise en avant dès le départ. On réarrange surtout par rapport aux émotions que l’on veut faire passer.

Alex : Le but c’est vraiment d’avoir les mélodies qui servent les émotions voulues. On a un message et en même temps un certain feeling à faire passer. Le but est que nos auditeurs le perçoive. C’est vraiment le but ultime pour nous.

IMG_4871Sur cet album, est-ce que ce sont des morceaux composés exclusivement pour Upon The Hill, ou alors vous les jouiez déjà sur scène ?

Jordan : Il y a peut-être deux morceaux que l’on jouait déjà avant mais pour la plupart, ce sont des morceaux que l’on a vraiment composés pour l’album. Du coup, en sortie de studio, on avait des morceaux que l’on n’avait jamais vraiment joués tels qu’ils le sont sur l’album. On a dû les réarranger pour le live et on a maintenant un nouveau set où il n’y a quasiment plus d’anciens morceaux.

Est-ce que c’est dur de retranscrire des morceaux aussi travaillés sur scène ?

Jordan : Et bien, c’est difficile pour certains morceaux mais en général ça passe très bien. On a encore pas mal de travail avant de retrouver la scène à la rentrée mais il reste l’été pour voir ça et pour peut-être huit morceau sur dix, il n’y a pas de problème. Sur scène, on a tout de suite l’énergie et ça a toujours été notre point fort depuis le début du groupe. On s’en sert beaucoup justement pour retransmettre sur scène ce que l’on a voulu créer en studio.

Justement, puisque l’on parle de scène, vous prévoyez des tournées avec de gros groupes pour promouvoir cet album ?

Jordan : Effectivement, c’est le but mais il faut le temps que tout se mette en place. On a enregistré l’album il y a assez peu de temps donc il y a eu un gros boulot de production et de promotion, notamment le financement participatif et donc les tournées et festivals seront surtout pour 2016. On attend déjà pas mal de réponses, ça devrait arriver mais il faut être patient pour cela.

On va parler un peu de l’iconographie du groupe. D’où viennent l’illustration et le titre de l’album ?

Jordan : Alors, justement, ça a été une grosse discussion entre nous. On a repris les paroles de l’album pour en distinguer ce qui ressortait. Au final, les paroles parlent un peu du monde, une vision un peu innocente mais dans laquelle on se pose certaines questions sur le monde qui nous entoure. Nous avons trouvé que ce serait bien de l’illustrer par ce titre, Upon The Hill, qui représente le regard d’une personne perchée sur la colline et regarde le monde. La pochette représente un monde un peu dévasté, dark, avec de petits dessins pour signifier la renaissance de ce monde, ce cycle comme dans toutes les civilisations. Ce recommencement sans fin.

Lien :

Clip de Tomorrow’s Relics : https://www.youtube.com/watch?v=F4bdA1-KzWA

Eladan