Sombra Y Luz – Esclave moderne

Posté le : 29 mai 2015 par dans la catégorie Chroniques
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Sombra Y Luz - Esclave moderne coverAprès un premier album fort bien accueilli par de nombreux médias, les dénonciateurs Sombra Y Luz remettent ça une seconde fois avec Esclave Moderne, un cd encore plus subversif et anticonformiste envers la société actuelle. Vous comprenez donc ce qui va suivre, un concentré abrasif de paroles qui frappent toujours aussi juste et des mélodies à la fois déchirantes et envoûtantes. La pochette est aussi une merveille puisque l’on a un homme retenu en esclavage, privé de la vue et de la parole tandis que de nombreuses blessures marquent son corps. Vous pouvez aussi essayer de déchiffrer le code barre bien estompé du groupe, labélisé Esclavage moderne.

Genre : Ardecho Epileptico Narcotico Schizo Rock impulsif - Sortie : 13 mars 2015

Genre : Ardecho Epileptico Narcotico Schizo Rock impulsif – Sortie : 13 mars 2015

Le cd commence par La Graine humaine, avec une introduction légère à la guitare pour commencer en douceur. La basse vibre, bien grave sur de courtes lancées tandis que le chant est légèrement en retrait. Les paroles toujours autant compréhensibles donnent envies de les chanter en chœur, tandis que le rythme changeant aux alentours des trois minutes donne envie de se jeter dans une bataille. C’est d’ailleurs aux alentours de ce moment que le titre prend plus d’ampleur avec cette voix si particulière de Momo et cette ambiance plus sombre. Continuons avec Enfant guerrier, triste réalité dans une certaine partie du monde. Ici, pas besoin d’être devin, la chanson va faire mal en live avec des riffs violents à souhait entrecoupés de passages très lents. Une basse très développée, une batterie qui se donne bien et une guitare qui s’amuse permettent de se sentir dans la chanson. Vous aimez avoir des vendeurs présents qui vous conseillent ? Passez donc au Vendeur d’armes, il sera ravi de vous aider dans votre sélection. Pas de remords dans ce tempo avec des explosions de puissance maîtrisée et une batterie qui, bien que parfaitement contrôlée, donne une légère impression de fouillis. La guitare lance ses riffs sans soucis et vous fera headbanguer suffisamment entre deux blasts de batterie. La chanson est composée en deux parties, la seconde démarrant à 3’17 dans laquelle le vendeur éprouve quelques remords. Même s’ils sont vites étouffés, vous aurez l’impression d’entendre un homme presque cassé tandis que le tempo donne l’impression d’être dans sa tête et d’entendre son esprit se rebeller avec violence. Les riffs sont lancés les uns à la suite des autres et frappent forts, tout comme les paroles. La guitare se révèle véritablement sublime ici, tandis que l’on retrouve le martelage de la première partie sur la batterie. Passons à Fils de pub, tellement bien prononcé à un moment de la chanson que l’on comprendrait bien autre chose. Petit rythme de basse-batterie pour introduire la chose en rajoutant une guitare bien dans les aigus alors que le chant presque parlé nous permettent de s’introduire sans difficultés avant l’arrivée de l’explosion. Bref, un titre bien ficelé qui donne envie de se rebeller contre cette boîte présente dans un grand nombre de foyer. Vous avez ici la lente descente aux enfers d’un homme normal qui se fait laver le cerveau par une industrie, avec des riffs de guitare bien ficelés et une batterie qui s’élance comme pour un marathon avec des temps et contretemps bien maîtrisés.

Continuons avec le titre éponyme de l’album et son solo de basse durant les premiers instants. Le rythme très changeant laisse découvrir une sorte de tempo africain, répercuté dans les paroles du chanteur. Comme l’on revient très vite à une sonorité plus familières, je dirais qu’il est la fois le plus violent en termes de rythme et de timbre, tellement les transitions n’existent pas entre les passages doux et les autres. On peut imaginer aux deux tiers du morceau un superbe wall of death qui sera possible sur ce passage en live, entre le rythme lent qui prépare et les explosions violentes qui le lanceront et feront bouger une foule en folie. Une petite chanson pour faire plaisir aux écologistes avec Pauvre Terre. Celle-ci résonne avec des riffs et des techniques de guitare de la part de Manolo qui vous laisseront pantois. Les fûts de la batterie doivent avoir souffert durant l’enregistrement de ces six minutes parce qu’à aucun moment, Ju ne laisse ses toms tranquilles alors que la basse est plus discrète. Le chant passe toujours aussi facilement du clair au plus grave et totalement crié, déchirant parfois pour les oreilles. Passons à Mal-être et son rythme très Rock’ n’ Roll dès le départ. Les paroles sont puissantes et donneront immédiatement envie de les chanter (surtout avec le « Pourquoi je rêve d’être un dieu ? »). Le rythme est tranquille et assez constant mais donne envie de headbanguer. Les coups de vibrato sur la guitare donneront à tous une bougeotte sérieuse. Le solo de guitare fera plaisir aux fans du gratteux bien qu’il soit un peu court. Finissons avec Amour dégrisement et son intro à la guitare plaintive. Un tempo mélancolique et une voix languissante feront la plus grande partie de cette chanson. Un petit slow mélancolique pour finir et vous laisser vous noyer dans l’alcool à la fin de l’album. Quel coup de génie.

En conclusion, ce deuxième opus tient les promesses du premier avec un groupe qui a réussi à se renouveler tout en étant aussi tranchant et incisif sur notre société, même s’il est vrai que les sujets ne manquent pas en ce moment. C’est donc un album particulièrement travaillé tant dans le texte que les riffs et tempos que le groupe nous offre. Il ne reste plus qu’à espérer que le prochain sera là dans un an pour tripler la mise et faire que ces bons gars de l’Ardèche soient reconnus par le public français dans son ensemble pour ce qu’ils sont : de vrais musiciens.

Diamond

Tracklist :

  1. La Graine humaine
  2. Enfant guerrier
  3. Vendeur d’armes
  4. Made In
  5. Fils de Pub
  6. Esclave moderne
  7. Le Prix du Temps
  8. Pauvre Terre
  9. L’Envers du Décor
  10. La Corde
  11. Mal-être
  12. Succube
  13. Amour Dégrisement

Liens :

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