Interview Nicolas, guitariste de Seyminhol

Posté le : 01 juillet 2015 par dans la catégorie Interviews
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Quand l’album de Seyminhol est arrivé à la rédaction, c’est une curiosité que nous avons découvert : allier Shakespeare et Metal ? En voilà des manières ! Et puis, l’ovni s’est révélé très plaisant alors dès que nous avons pu, nous avons contacté Nicolas, guitariste et compositeur de The Wayward Son pour en apprendre un peu plus sur cet album particulier !

Sons Of Metal : Peux-tu te présenter, toi et ton groupe ?

Nicolas : Je suis Nicolas, alias Nico, je suis guitariste et claviériste, pour le studio, dans Seyminhol. C’est un groupe originaire de Loraine et de la Moselle. On vient de sortir notre nouvel album The Wayward Son. Seyminhol a été formé en 1992 par notre bassiste et chanteur sur une base plus Hard Rock à consonance Punk et au fur et à mesure des années et de l’évolution du line-up, nous avons évolué vers une musique plus Power Metal, voir Metal mélodique.

Aujourd’hui, nous parlons de votre quatrième album, The Wayward Son, sortit en mai dernier. Ce qui nous amène à la question principale : pourquoi ce choix d’avoir voulu adapter Hamlet de Shakespeare ?

C’est une pièce qui nous a plu parce qu’elle reflète vraiment l’esprit du groupe et surtout la direction musicale que l’on voulait prendre à la suite des deux précédents albums. On voulait garder la puissance de notre dernière album, OvAsylum, avec des riffs acérés et des couplets très manichéens et le côté psychiatrique de la chose avec cette interrogation sur soi-même. Et il y a le fait que ce soit une saga mythique qui reflète la mythologie du nord, dont elle a été inspirée. Donc, il y a un petit fil conducteur entre nos albums basés sur les Vikings et celui-ci, en tout cas d’un point de vue géographique.

Vous écrivez principalement sur le Nord ?

Alors, c’est tombé comme ça mais ça ne veut pas dire que le prochain album sera aussi sur le Nord. On voulait surtout mettre en corrélation notre passion pour les Vikings et notre passion pour la littérature.

Comment s’est passée la composition ? Est-ce que ça n’a pas été difficile de s’attaquer à l’un des plus grands classique de la littérature ?

On s’est surtout posé beaucoup de questions avant de commencer parce que c’est un album qui aurait pu être casse-gueule. À partir du moment où l’on s’attaque à un monument de la littérature, on peut le défendre de plusieurs façons : soit on le respecte point à point et on fait un album de deux heures, soit on fait des choix et l’on tranche un peu dans la pièce. On a fait des choix, on a sélectionné des ambiances pour en faire quelque chose d’équitable et garder la quiescence de l’œuvre. Nous, on s’est plutôt orientés sur le second choix avec un gros travail de relecture et de réécriture. On a séparé les interludes d’un côté qui sont les liants de l’album et les titres qui rendent compte d’une action marquante de la pièce. Une fois que l’on a eu ça, j’ai tout composé, j’ai envoyé les morceaux aux membres du groupe pour qu’ils écoutent et donnent leurs avis, on a retravaillé ce qu’il y avait à travailler, tout le monde a bossé et l’on s’est réuni chez moi pour enregistrer.

Ce fut un peu directif comme méthode de travail, non ?

Directif, non, mais je dirais plutôt qu’ils m’ont laissé les clés du camion.

Quelque chose qui a retenu notre attention sur l’album, ce sont les interludes qui peuvent, des fois, n’être que de quelques secondes. Comment t’es venu l’idée de ces interludes ?

Je voulais vraiment un album avec des morceaux qui s’enchaînent. J’ai composé cet album comme une musique de film. Que l’on ait l’impression de lire Hamlet et donc, je me suis posé la question : qu’aimerait entendre la personne qui lit Hamlet ? Enfin, à condition d’aimer la musique électrique, bien sûr. Je me suis mis dans la peau du lecteur et j’ai vraiment composé les interludes dans cet esprit de continuité avec la note de fin du morceau précédent, la note de début du morceau suivant et une atmosphère qui corresponde au liant du livre.

T’es-tu déjà demandé ce que penserait Shakespeare de ton album ?

(Rires) Je ne sais pas, j’espère déjà qu’il dirait que l’on a respecté l’esprit de son œuvre. Pour moi, un compliment ce serait ça, de dire que l’on n’a pas galvaudé son travail et son talent, que l’on a respecté l’œuvre et que l’on n’a pas fait l’impasse sur des éléments qui, pour lui, étaient fondamentaux. Déjà, ce serait une grande chose pour nous.

C’est le gros défi de l’adaptation ?

C’est ça. C’est pour ça que ça aurait pu être casse gueule. On ne pouvait pas faire trop long sous peine d’être rébarbatif, mais pas non plus aller trop à l’essentiel sans mettre d’interlude et arriver avec un œuvre qui n’est pas respectée et des atmosphères très vite évoquées. Il nous a donc fallu trouver un bon compromis pour satisfaire un plus grand nombre et nous en premier.

On parle de l’adaptation du livre en album mais vous allez aussi avoir l’adaptation de l’album en live. Comment préparez-vous la scène ?

Sur scène, on va essayer, avec nos moyens, de retranscrire l’album et de scénariser un peu. Forcément, c’est compliqué quand on fait une première partie ou un festival en plein jour, on n’a pas les mêmes possibilités que ce soit au niveau lumières comme pour ce qui est des costumes. Mais on essaie de scénariser la scène avec notamment le crâne d’Hamlet, une représentation du vin empoisonné, etc… On essaie d’apporter de plus en plus d’éléments tout en vérifiant ce qui fonctionne en live puisque, sur scène, les déplacements sont plus compliqués. On va faire en fonction de la salle, des moyens dont on dispose mais effectivement, l’objectif serait d’avoir un show complet avec un orchestre, pourquoi pas un balai. On est vraiment très axés sur le côté littérature de la chose. Ça nous collerait vraiment à la peau, ce serait excellent.

Vos concerts devraient se rapprocher encore plus du théâtre ?

Exactement, dans la mesure du possible, oui.

Pour ce qui est de la pochette de l’album, peux-tu nous en dire un peu plus sur la signification de cet artwork ?

La pochette représente toutes les composantes de la tragédie d’Hamlet : le crâne du percepteur d’Hamlet, avec le fameux « To Be Or Not To Be », l’épée qui symbolise le duel et la vengeance, la rose pour la pureté avec Ophélie et on a même les petits oiseaux sur le logo Seyminhol pour le passage dans l’au-delà, la résurrection etc… Tous les éléments de la pochette renvoient vraiment à la pièce. Et il y a aussi la serrure sur le crâne qui montre tous les secrets qu’Hamlet découvre au cours de la pièce et on a voulu matérialiser ces secrets comme un coffre dans le crâne.

Seyminhol - The Wayward Son coverToujours sur le design de l’album, est-ce voulu de ne pas avoir précisé sur la pochette de The Wayward Son qu’il s’agit d’une adaptation d’Hamlet ?

Il est vrai que le nom Hamlet n’est pas prononcé sur la pochette, mais c’est aussi pour une question de droits. Nous ne connaissions pas trop la jurisprudence anglaise donc, par précaution, nous n’avons pas marqué, par exemple : « adaptation d’Hamlet ». On a fait la promo sur le net par rapport à ça mais on ne voulait pas le mettre sur la pochette pour ne pas risquer d’être attaqués. Par contre, c’est marqué à l’intérieur de la pochette.

On parlait des concerts tout à l’heure, vous prévoyez des dates prochainement ?

Concernant l’actualité immédiate, le 21 juin nous avons la chance de pouvoir faire la première partie d’Evergrey pour leur seule date française de 2015. Après, on va se laisser un peu de temps pendant les vacances pour finir le clip que nous sommes en train de tourner. Clip qui va vraiment mettre en scène l’aspect visuel de l’album et, donc, plutôt que de sortir le clip uniquement sur Youtube, on propose à nos éditeurs d’ajouter une espèce d’alternative à Hamlet sur le passage d’Ophélie dans l’au-delà pour ressortir un petit EP à l’automne, quatre titres plus un clip. Et, donc, on est en train de chercher des dates autour de cette actualité. Mais ce n’est pas toujours facile de caller des dates avec cet aspect théâtral, bien que sur scène, on reste, bien sûr, un groupe de Rock. C’est l’intérêt de mélanger deux univers qui paraissent diamétralement opposés.

Un dernier mot pour la fin ?

Déjà, merci à vous pour le temps que vous nous consacrez pour que l’on puisse un peu défendre notre album. Un album osé mais qui, j’espère, saura ravir un public de plus en plus nombreux, curieux et amateur de littérature et de Metal. Je tiens aussi à remercier tous les gens qui nous aident au niveau promotion, management et qui nous permettent de faire vivre notre musique. Et au plaisir de vous voir sur scène, en espérant que notre show vous plaise !

Interview réalisée au téléphone par Eladan

Site Internet : http://www.seyminhol.net/actus.html

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