Pour ceux qui ne seraient pas encore venus par ici, le Backstage By The Mill se situe exactement à côté du Moulin Rouge, au fond d’un pub O’Sullivans. Il sera donc possible pour qui le souhaiterait de savourer une bière en attendant le concert de la soirée, et c’est bien ce que certains font. La salle paraît récente et de l’intérieur du pub, cela fait penser à une sorte de grand studio d’enregistrement. La journée fut belle et ensoleillée, donc chaude aussi, alors nous sommes plutôt heureux de retrouver une ambiance plus sombre et fraîche ici, ce qui nous permet de reprendre des forces avant ce concert assez rare pour être noté. En effet, The Algorithm se produit suffisamment rarement en France pour que cela soit un fait notable. Pryapisme n’est pas non plus parmi les groupes qui se produisent tous les jours. Quant à Stömb, après les avoir chroniqués dernièrement pour leur album The Grey, nous étions curieux de voir ce que cela pouvait rendre en concert. Nous avons également eu la chance de rencontrer les Pryapisme avant la prestation, pour parler un peu d’eux, de chats, et de ce qui se trame en coulisse. Interview à venir très prochainement.

Stömb

Ce sont les Parisiens qui ont l’honneur d’ouvrir le bal pour nous ce soir, et quoi de mieux que de représenter leur fief en cette chaude soirée, dans tous les sens du terme ? En effet, pour ceux qui ont pu jeter une oreille sur leur dernier album, la qualité que nous étions en droit d’attendre fut au rendez-vous. La lourdeur d’un son qui prend aux tripes, des riffs qui sont à la fois précis et gras, tantôt prog, tantôt djent et tantôt plus ambiant. Nous avons droit a un hommage vibrant et à une véritable exposition de leur dernière œuvre. Le set est excellent. L’exécution ne souffre d’aucune faille et c’est en vain que nous chercherions un éventuel défaut ici. Le son est très bon, les basses vibrantes, les guitares tranchantes et comme sur le disque, nous ne manquerons pas de la voix qui a été remplacé par des compositions mélodiques à souhait qui permettront de faire oublier cette ligne traditionnelle des groupes plus conventionnels du genre Metal. Ici, le champ a été laissé libre à l’expression d’une certaine émotion qui ressort relativement mieux en live que sur enregistrement. C’est d’ailleurs peut-être le côté poétique qui y a fait, ou bien le public n’est pas encore bien réveillé ce soir ? Les mouvements dans la foule se font légers, voire inexistants, pourtant les gens sont bien là et paraissent quasiment envoûtés. Peut-être sont-ils simplement surpris par ce qui se passe sur scène. Notons que ce sera le groupe le moins “électro” de la soirée. En tous les cas, une prestation qui en valait la peine et qui nous donne fortement envie de remettre le couvert avec Stömb, pourquoi pas avec un set plus long, car une demi-heure, quoi qu’on puisse en dire, c’est vraiment très court.

Pryapisme

Pour le deuxième round, se sont les Pryapisme qui s’y collent pour nous en mettre plein la vue et, surtout, les oreilles. Ils nous viennent de Clermont-Ferrand et ils ont fait le déplacement à Paris rien que pour nous. Ce concert succède à une dernière venue au Klub, l’an passé avec les amis 6:33. En début d’année, l’EP Futurologie était sorti, chroniqué dans nos lignes et nous avions donc plutôt hâte de les voir à l’œuvre. Le concert démarre dans une bonne ambiance, une partie du public paraît les avoir attendu de pied ferme puisque du monde est déjà en place. Il y a à peine plus de remplissage que pour Stömb mais le mouvement se fait un peu plus palpable. Face à nous, sur scène, deux guitaristes, un bassiste, un synthé et le batteur sont prêts à nous donner ce qu’ils ont. Nicolas (guitare) assure aussi l’animation en nous présentant les morceaux et nous communique sa joie et sa bonne humeur par des phrases humoristiques avec un ton nonchalant qui colle bien. Le son est plus que correct et il ne nous est pas bien difficile de reconnaître les morceaux qui sont joués ici. Il n’y aura pas de déception possible dans le set joué, mais sachant qu’ils ne disposent que d’une demi-heure pour assouvir notre besoin de musique décalée et originale, la liste des morceaux a été choisie avec attention. Nous avons donc droit principalement et exclusivement à des morceaux des deux albums. Futurologie n’aura pas été représenté mais il est compliqué, en effet, de jouer un morceau unique de vingt-deux minutes en live. L’une des particularités de Pryapisme aussi, est que les morceaux joués en live diffèrent des enregistrements. Ainsi, l’arrangement et les sons ne seront pas joués à l’identique. Si cela peu surprendre, cela fera partie cependant des points positifs. Nous n’aurons ainsi pas une redite de la version album, mais une version unique live qui fait que venir les voir en concert rajoute un petit plus, car c’est différent. Les morceaux défilent ainsi, la violence de certains passages engendrant le premier pogo de la soirée et une ou deux tentatives de crowd surf. Hélas! Le set se termine déjà et il nous faut les quitter. Une excellente prestation qui nous donne envie de les revoir vite. À quand le prochain ?

The Algorithm

Enfin arrive le moment tant attendu par la plupart : le passage de Rémi Gallego, alias The Algorithm, sur scène pour clore une soirée qui s’annonçait et se déroulait déjà magnifiquement bien. Si vous ne connaissez pas encore ce charmant monsieur, sachez qu’il est le seul maître à bord de son projet. Aussi n’est-il pas réellement surprenant de le voir arriver avec sa guitare, accompagné uniquement par un batteur et ses machines. La vision, pour inhabituelle qu’elle soit, n’est pas réellement choquante même, si, au début, nous pouvons se demander ce qui se passe et si d’autres musiciens vont arriver en cours de route. Mais non. Et en fait, ce n’est pas nécessaire. Pour chaque morceau, une piste de sample défile avec toutes les sonorités de synthé, à quelques exceptions près quand Rémi prend les commandes sur l’une de ses machines et qu’il n’y a pas de guitare, par exemple. Autrement, il bouge dans tous les sens avec son instrument sur des rythmiques syncopées à souhait. Le batteur assure une section rythmique qui n’a pas d’autre choix que d’être carrée et qui l’est, effectivement. La musique oscille entre du bon gros dubstep, du djent, de l’électro et bien d’autres incursions en territoire Metal. Le son est énorme et malgré qu’il n’y ait que deux quidams sur scène, nous prenons une overdose énergétique en pleine face. Et toujours sans surprise, le public saute partout, se donne à fond et suit les différentes ambiances. C’est à peine si le crowd surf se calme sur les parties les plus ambiantes des morceaux. Tout ceci s’enchaîne d’une façon tout à fait naturelle, pendant une heure qui paraît assez courte finalement. Rémi sait animer son public et s’il clame qu’il est content d’être là, nous devons constater que cela semble bien vrai. The Algorithm nous a donné une expérience de qualité et il est certain que si une nouvelle occasion se présente, il ne faudra pas la manquer.

Au final, la soirée s’est déroulée dans d’excellentes conditions. La salle fut bien remplie, même si pas au maximum de ses capacités. En tous cas, le public a été bon, les musiciens nous en ont donné pour notre argent et l’organisation nous a permis de passer un bon moment. Dans un premier temps, la programmation de Stömb aurait pu paraître un peu décalée mais elle aura finalement été une bonne idée. Quant à Pryapisme et The Algorithm, cela paraissait plus naturel. Dans tous les cas, il s’agissait de l’un de ces événements qu’il vaut mieux éviter de manquer. Pour vous rattraper si vous n’étiez pas là, nous vous invitons à jeter une oreille sur leurs productions respectives qui valent le détour.

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